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Les avantages et inconvénients du pigeonnier


L'histoire française du pigeonnier urbain de contrôle des pigeons de ville. Ou l'enfer pavé de bonnes intentions.
Texte d'Alexandre Pommier, Président de R.D.V.O. (Rassemblement Pour le Droit à la Vie des Oiseaux)


Tout le monde maintenant connaît les pigeonniers urbains qu'on voit fleurir un peu partout en France. Il en existe plusieurs centaines maintenant. Tous fonctionnent suivant le même concept. Ce concept français a été mis au point par Mme Nadia Fontenaille, présidente de la Société Protectrice des Oiseaux de Ville (SPOV) qui a développé cette idée en 1990 avec Christian Gendry dont l'entreprise (SREP service de régulation et d'entretien des pigeonniers) est une entreprise classique de dépigeonnage-dératisation mais qui se targue de ne pas tuer les pigeons. Un premier pigeonnier a été installé à Chatillon (29000 habitants, Hauts-de-Seine) en 1995 puis d'autres installations de pigeonnier suivaient après : Bobigny (93) première installation en 1999, Fontenay-sous-Bois deux pigeonniers en 1999 et 2001, Aulnay-sous-Bois (93) deux pigeonniers, Montrouge (92), Meudon-la-Forêt (92), Paris, Boulogne-Billancourt (92), Clamart (92) trois pigeonniers, Puteaux (92) jusqu'à maintenant où on en installe un peu partout. Mme Fontenaille avait copié le concept sur l'expérience de la ville de Bâle en 1990.

Le problème est que le concept de départ du pigeonnier Fontenaille-SREP était et reste erroné. En effet ils partent du principe que c'est un dispositif magique qui va résoudre les problèmes de pigeons. Même si l'intention était bonne les choses ne sont pas aussi simples et c'est cette simplification qui est à la source du pigeonnier bisness actuel. Un pigeonnier installé seul, sans la maîtrise et la compréhension des éléments qui concourent à la régulation des pigeons ne peut « fonctionner » Pour que les pigeons acceptent le pigeonnier il faut que leurs nichoirs habituels (dans les églises, les bâtiments, etc. ...) ne leur soient plus accessibles. Il est donc inutile d'installer un pigeonnier sans avoir « traité » les lieux de nidification qui sont parfois nombreux et difficiles d'accès. Et le concept Fontenaille-SREP n'en tient pas compte et comme tous les pigeonniers français sont installés suivant ce concept, il en résulte qu'on leur reproche en offrant aux pigeons nichoirs et nourriture d'accroître le nombre de pigeons dans une aire donnée au lieu de le diminuer. En soulignant qu'ils augmentent la quantité de nourriture disponible et le nombre de lieux de nidification, sans parler des protestations des riverains proches de l'édifice. Et ces critiques s'avèrent pertinentes pour bon nombre de pigeonniers commerciaux installés actuellement. Pourquoi? Premièrement les villes font appel à des entreprises sans avoir travaillé sur l'écosystème local, à savoir aucune étude préalable scientifique et écologique, aucune communication, aucune ou une mauvaise protection des bâtiments et règles d'urbanisme. D'autre part on donne de la nourriture dans les pigeonniers de façon permanente alors que celle-ci doit être distribuée uniquement au début pour appâter les oiseaux. En faisant ainsi on augmente la quantité de nourriture disponible et le nombre potentiel de sites de nidification. En plus comme les politiques répressives habituelles sont maintenues, ces pigeonniers ne servent même pas à réduire les conflits de voisinage et les plaintes qui s'en suivent. Certaines collectivités l'ont bien compris puisqu'elles financent conjointement des pigeonniers et des campagnes de destruction, parfois d'ailleurs c'est la même entreprise qui s'en charge.

Et là on arrive à la situation actuelle où toutes les municipalités déçues du manque d'efficacité du concept, soit reprennent les destructions, soit, et c'est ce qui se développe en ce moment, installent des pigeonniers exterminateurs qui outre la stérilisation des oeufs servent aussi de cages-pièges, les pigeons indésirables étant gazés. Tous les dépigeonneurs maintenant en installent, cela donne le change à la population, c'est tendance dans certains milieux bobos. Fini la maîtrise écologique de la reproduction des pigeons, fini la prise en compte de la souffrance animale, place maintenant aux affaires. En Allemagne un concept différent a été développé. C'est très souvent des bénévoles qui s'occupe des pigeonniers ou nichoirs artificiels, et des actions sont mises en oeuvre pour neutraliser les nichoirs naturels collectifs et responsabiliser les nourrisseurs qui n'ont le droit de nourrir les pigeons que dans certains endroits, un concept de pigeonnier qui outre la stérilisation des oeufs traite aussi la quantité de nourriture disponible et le nombre de lieux de nidification. Une démarche authentiquement écologique et dans le respect de l'animal.

Pascal Cousin a élaboré pour la France une méthode holistique qui est valable partout et a été validée par des vétérinaires qui critiquent le modèle français pratiqué actuellement. Elle est basée principalement sur le contrôle des lieux de nidification collectifs des pigeons qui ne sont jamais traités (les ponts notamment) alors qu'ils crachent sans arrêt leurs flots continus de pigeons. Et ils ne le sont pas car les pouvoirs publics ne sont pas mobilisés (par ex. les ponts des fleuves ou rivières dépendent de l'État et pour intervenir c'est toute une histoire, idem pour les ponts SNCF, etc.). En plus cette méthode laisse la porte ouverte au contrôle de la nourriture. Elle tient compte de la psychosociologie. Bref c'est la méthode la plus abouti que nous connaissons et c'est celle que nous promouvons.

Les pigeonniers qu'on voit un peu partout installés et gérés par les entreprises de dépigeonnage ne servent certainement pas à contrôler la reproduction des pigeons. Ils sont un élément d'une stratégie globale destinée à détruire les pigeons : gazage + faire périr de faim :

- captures et gazages massifs en terrain de fond

- installation d'un pigeonnier servant à éduquer à la fois la population, expliquer qu'il ne faut pas nourrir les pigeons, c'est le volet médiation

- organisation de campagnes de rééducation massives et régulières (dans la commune et dans la presse) visant les nourrisseurs (personnes âgées, colombophiles traditionnels et musulmans, bouddhistes, hindouistes pour qui donner à manger aux pigeons peut être un culte) pour expliquer qu'on ne doit pas nourrir les pigeons, c'est le volet propagande

- le volet répression : Tout contrevenant à l’article 120 du Règlement sanitaire départemental est susceptible d’être verbalisé (de 183 € à 450 €).

Vous noterez que les pigeonniers ne servent certainement pas à contrôler la reproduction des pigeons, ou alors c'est la cerise sur le gâteau, comme on dit. Les fabricants de pigeonniers prétendent que leur boite peuvent abriter 200 pigeons. Ne le croyez pas. En fait très souvent ils ne peuvent héberger au grand maximum que 50 pigeons, vu l'espace très réduit, l'absence d'aération adaptée, sans compter qu'ils y mettent de l'eau et du blé de mauvaise qualité, souillés par les fientes des oiseaux. Ces cercueils ne servent qu'à endoctriner la populace : ne pas donner à manger aux pigeons.


EXTRAITS DE LA THESE pour le doctorat vétérinaire présentée en 1999 à l'université Paul-Sabatier de TOULOUSE
par Anna SCHNITZLER
Le pigeonnier dans la ville :
intérêt dans la maîtrise de la population des pigeons urbains
B. LE PIGEONNIER : UNE SOLUTION POUR LES NUISANCES



Installer un ou plusieurs pigeonniers en ville peut permettre de limiter les nuisances dues aux pigeons.
1. UNE SOLUTION POUR LES DÉJECTIONS
Le mode de vie des pigeons montre que ce sont des animaux qui défèquent essentiellement là où ils dorment et sur leur lieu de nidification. Rassembler les pigeons dans un pigeonnier permet donc d'éviter la plupart des déjections que l'on trouve sur les toits, les fenêtres, les statues... Il n'y a plus à ce moment la qu'un seul endroit à nettoyer : le pigeonnier.

A Bâle, 9 petits pigeonniers sont installés dans des combles d'église, d'école et accueillent environ 300 pigeons. En 1992 1050 kg de fientes furent retirés de ces colombiers et n'ont ainsi pas souillé les immeubles ou monuments des alentours. De même, toutes les brindilles et les plumes que les pigeons utilisent pour faire leur nid se retrouvent dans les pigeonniers et ne bouchent plus les conduits tels les gouttières.

A Châtillon, lorsque le pigeonnier a été installé, les propriétaires de certains immeubles ont remarqué que leur toiture était libérée de colonies entières de pigeons et restait ainsi beaucoup plus propre.
2. LE BRUIT
Le roucoulement des pigeons est surtout mal supporté quand la ville est calme. Installer les pigeons dans des pigeonniers évite les nichages sur les fenêtres et les abords d'immeuble et permet ainsi d'éviter ces nuisances sonores.

Il faut bien sur choisir correctement l'emplacement du pigeonnier qui doit être installé loin des habitations. Les parcs, les bois, les combles d'église ou d'école qui sont vides le matin constituent des endroits de choix.
3. LES DÉTÉRIORATIONS DES PLANTATIONS FLORALES
Les pigeons mangent les parterres de fleurs pour combler un déficit en vitamines et minéraux.

Un pigeonnier permet de distribuer facilement un complément vitaminé et minéral sous forme de grit sans pour autant distribuer de la nourriture.

A Bâle, l'expérience réalisée montra que les dommages causés à la végétation avaient diminué de façon importante (50%) après que ces mesures aient été appliquées.



Conclusion : Il est difficile d'installer dans une ville suffisamment de pigeonniers pour tous les pigeons urbains mais en construire un ou plusieurs permettrait de réduire de façon intéressante les nuisances causées par ces oiseaux. Sur Paris 2 à 3 pigeonniers par arrondissement pourraient être déjà très bénéfiques.





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La bataille est rude pour éviter que les pigeons, sous le prétexte de la grippe aviaire soient encore massacrés.






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