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BLOG COUSIN PASCAL

Celui qui perçoit l'univers comme un amas d'écume en plein océan ambrosiaque de la Conscience,
c'est lui, en vérité, l'unique Siva.

Ksemaraja









La kundalini


La kundalini sakti est l'énergie d'illumination et de dissimulation du Seigneur Siva. D'une part elle éclaire, elle révèle, et de l'autre elle dissimule. Cette kundalini sakti n'est pas différente du Seigneur Siva, de même que la lumière et la chaleur dégagée par le feu ne sont pas différentes du feu. La kundalini est la vie-même de Siva, sa glorieuse lumière, étant Siva même.

Dans le sivaïsme du Trika la kundalini, cette énergie intérieure en forme de serpent enroulé sur lui-même, présente trois aspects.

Para kundalini (suprême)

La suprême kundalini ou para kundalini est de nature cosmique et les yogis ne peuvent la connaître ni en avoir l'expérience. En sa présence, le corps ne peut pas subsister. On ne la connaît qu'au moment de la mort. Elle est le cœur de Siva. L'univers entier est créé par elle, existe en elle, est animé par elle et se résorbe en elle. Quand cette kundalini crée l'univers, Siva dissimule Sa nature véritable et se trouve projeté dans l'univers. Il n'y a plus de Siva extérieur à l'univers. Celui-ci est son énergie créatrice. Et lorsque la kundalini résorbe l'univers, la nature de Siva se révèle. Ainsi l'énergie qui crée l'univers est celle qui résorbe Siva, c'est-à-dire qu'elle fait apparaître l'univers et simultanément dissimule le Seigneur Siva. Et l'énergie qui résorbe l'univers est celle qui crée Siva, c'est-à-dire qu'elle dissimule l'univers et fait apparaître le Seigneur Siva.


Cit kundalini (de la Conscience)

La cit kundalini est celle dont les yogis font l'expérience en se concentrant sur le vide interstitiel séparant deux respirations, deux pensées ou deux actions, séparant la disparition d'une chose et l'apparition d'une autre. En se concentrant sans interruption sur ce centre, le yogi pénètre dans cet interstice qui existe entre deux états de conscience du corps subjectif individuel (veille, rêve et sommeil profond). Son souffle se ralenti puis s'arrête et tourbillonne autour d'un point. Il se déplace ensuite vers le côté droit du conduit respiratoire. Si le yogi peut se maintenir dans cet état de conscience, son souffle (prana) devient vie (pranana) et dévale le canal central situé du côté droit du conduit respiratoire, atteignant le centre inférieur appelé muladhara, situé près du rectum. Vous ressentez alors dans le muladhara un bref fourmillement. Cela ressemble au moment qui précède l'orgasme dans l'accouplement. C'est le premier mouvement d'une intense sensation de plaisir. Puis le souffle de vie se précipite soudain vers le haut. A ce moment on est rempli d'une béatitude intense. Ce bonheur, cette béatitude est absolument ineffable. C'est l'extase suprême. C'est une béatitude analogue au plaisir sexuel, mais le bonheur éprouvé en cit kundalini est infiniment plus intense que celui éprouvé dans l'expérience sexuelle. En outre cette extase s'accompagne de la réalisation du Soi. Vous reconnaissez votre véritable nature et vous éprouvez : « Je ne suis que béatitude (ananda) et conscience (cit) ». Quand, par la grâce de votre Maître, vous demeurez plongé dans cette béatitude, alors la cit kundalini perce le bhrumadhya, qui se trouve entre les sourcils. A ce moment se produit une violente expiration ; une seule expiration et pas d'inspiration, puis de nouveau la respiration demeure suspendue. La cit kundalini s'élève ensuite du bhrumadhya jusqu'au brahmarandhra, au sommet du crâne. On sent le courant ascendant de la cit kundalini envahir le canal qui va du muladhara au brahmarandhra. De nouveau se produit une soudaine expiration et vos yeux s'ouvrent. Mais l'instant d'après vous êtes de nouveau intériorisé, le souffle suspendu, et la kundalini poursuit son ascension. Une nouvelle expiration se produit alors, vos yeux s'ouvrent et pendant un moment le monde extérieur vous semble baigner dans l'extase et la béatitude. Ceci se répète de nombreuses fois. Tantôt vous êtes intériorisé, goûtant la béatitude produite par l'ascension de la cit kundalini, tantôt vous faites une expiration tandis que vos yeux s'ouvrent, et vous prenez conscience que le monde baigne dans l'extase. Ce processus se poursuit, et à chaque fois l'extase se fait de plus en plus intense. Ce processus est appelé krama mudra. Quand on est établi dans ce processus de krama mudra, on éprouve l'extase pendant l'activité. En mangeant, on demeure dans la béatitude, de même en marchant, quoi que l'on fasse, on demeure dans cet état universel. C'est le niveau de jivanmukti, de libération. Seuls les grands yogis en font l'expérience, pas les autres yogis. C'est l'état véritable de la cit kundalini. Pendant la montée de la cit kundalini, vous n'en aurez qu'un aperçu, puis vous en sortirez. L'ascension complète de la cit kundalini ne se produit que par la grâce de votre Maître et l'intensité de votre prise de conscience. La montée complète et définitive de la cit kundalini par le processus de la krama mudra peut se produire en une journée, en une vie ou au bout d'une centaine de vies.


Prana kundalini (du souffle)

La prana kundalini entre en jeu elle aussi au cours du processus d'installation dans le centre, mais seulement chez les yogis qui, en plus de la spiritualité, sont aussi attachés aux plaisirs du monde. Si l'on n'a d'autre désir que la spiritualité, alors c'est cit kundalini qui se manifeste. La montée de kundalini sous l'une ou l'autre forme, de cit ou prana kundalini, est fonction des attachements. Si l'on est attaché à la fois à la spiritualité et aux plaisirs du monde, la kundalini s'élève sous son aspect de prana kundalini. Si l'on n'éprouve aucun attachement pour les plaisirs du monde mais uniquement pour la spiritualité, alors la kundalini s'élève sous son aspect de cit kundalini. Personne n'est en mesure de choisir le type de montée qui aura lieu. La kundalini s'élève comme elle l'entend, en fonction de vos attachements.

Jusqu'au moment où votre souffle est violemment aspiré vers le bas à travers le conduit central jusqu'au muladhara cakra et où vous ressentez un fourmillement se produire, la montée de la cit kundalini et celle de la prana kundalini coïncident exactement. Mais au cours de la montée de la prana kundalini, quand disparaît la sensation de fourmillement, un cakra (roue) est activé, dans l'état de muladhara, et se met à tourner à grande vitesse dans le sens des aiguilles d'une montre. Simultanément le yogi perçoit le son engendré par ce mouvement. Au bout de quelques temps, cette force s'élève à une distance de 12 doigts au-dessus du muladhara, jusqu'à qu'au nabhi cakra, le cakra de l'ombilic. Quand elle atteint ce cakra, il se met lui aussi en mouvement et l'on sent que deux roues tournent à présent simultanément ; on perçoit également le son engendré par leur mouvement. Ici, comme en cit kundalini, le véritable amour s'épanouit dans toute son intensité. Un tel amour, une telle béatitude, éclipse totalement le plaisir sexuel à son point culminant. Il est important de savoir que ce déploiement de la prana kundalini peut se limiter au muladhara cakra ou au nabhi cakra, il se peut que l'on revienne à la conscience ordinaire. Il faut alors reprendre la pratique de l'établissement dans le centre. Pour maintenir l'expérience intégrale de la prana kundalini, que vous soyez chef de famille, marié ou célibataire, vous devez lui consacrer toute votre vie. Cette force s'élève ensuite du nabhi cakra au hrdaya cakra, le cakra du cœur, situé juste au centre, entre les deux seins. A ce moment, cette roue se met elle aussi en mouvement et vous sentez que trois roues tournent à présent à grande vitesse, vous entendez le son qu'elles émettent et vous percevez également les rayons dont ces roues sont formées. L'énergie du souffle monte ensuite du hrdaya cakra au kantha cakra, le cakra du creux de la gorge ; ce dernier se met à son tour à tournoyer à toute vitesse. L'énergie du souffle passe ensuite du kantha cakra au bhrumadhya cakra, le cakra situé entre les deux sourcils, et celui-ci se met à tournoyer. Le bhrumadhya cakra est le dernier à se mettre en mouvement. Quand l'énergie du souffle s'élève du bhrumadhya cakra au sahasrara cakra (situé au sommet du crâne), ce dernier ne se met pas en mouvement, mais se trouve transpercé. Ceci ne survient que chez les grands yogis. Cette percée se produit ou non suivant que l'on est ou non attaché aux plaisirs du monde. Quand ce cakra est percé, on est totalement envahi par la béatitude et l'on entame le processus de la cit kundalini.
Si l'on ne perce pas ce cakra, on s'arrête à bhrumadhya, d'où l'on ressort en possession des astasiddhi, les 8 grands pouvoirs yoguiques : anima, laghima, mahima, garima, isitvam, vasitvam, prakamyam, et kamavasayitvam-vyapti. Anima est la faculté de se rendre invisible. Laghima la faculté de rendre plus léger que l'air ; mahima, celle de créer et de conserver un corps énorme. Garima est la faculté d'alourdir son corps et de le rendre inamovible. Isitvam est la faculté de maîtriser les forces naturelles. Vasitvam est la faculté de séduire, d'exercer sur les autres un attrait irrésistible. Prakamyam est la faculté de maîtriser les fonctions physiologiques du corps, elle permet par exemple de créer ou d'éliminer la sensation de faim ou de soif. Vyapti est la faculté d'omnipénétrance qui permet de savoir ce qui se passe en n'importe quel point de l'univers. Ces pouvoirs présentent un certain danger : si vous les utilisez, vous perdrez peu à peu votre spiritualité ; vous ne pourrez plus vous passer d'eux et ils vous entraîneront de plus en plus dans les plaisirs du monde.