NON AUX MASSACRES
DE LA FAUNE SAUVAGE

Les principaux mammifères chassés




LES MAMMIFÈRES

CHASSE
Arrêté du 26 juin 1987
Fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée.

Art. 1. La liste des espèces de gibier que l'on peut chasser sur le territoire européen de la France et dans sa zone maritime est fixée comme suit : …..

(cliquez sur le nom de l'espèce considérée pour plus de détails)

Mammifères :
blaireau, belette, cerf élaphe, cerf sika, chamois isard, chevreuil, chien viverrin, daim, fouine, hermine, lapin de garenne, lièvre brun, lièvre variable, marmotte, martre, mouflon, putois, ragondin, rat musqué, raton laveur, renard, sanglier, vison d'Amérique.



Le lapin de garenne


Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculuc) appartient à la famille des Léopéridés qui comprend notamment le lièvre d'Europe, le lièvre variable et le sylvilagus américain. Lapin de garenne et lapin domestique sont de la même espèce.
Originaire d’Europe, le lapin est actuellement presque présent dans le monde entier.

Identification

Le mâle est appelé lapin ou garenne, la femelle lapine et les jeunes jusqu'à 2-3 mois, lapereaux.
Son pelage est globalement brun foncé, excepté le ventre qui est gris clair. D'un poids de 1100 à 1500 g, il est plus petit que le lièvre et s'en distingue par des pattes moins longues, une tête plus ronde et des courtes oreilles qui ne présentent pas les extrémités noires caractéristiques du lièvre. Il n'y a pas de différence morphologique entre mâles et femelles. Sa longévité atteint 6 à 8 ans.
Même s'il est possible de le rencontrer en plein jour, son activité est principalement crépusculaire et nocturne. Il passe ses journées dans les garennes ou des gîtes aménagés sous des couverts. Divers indices trahissent sa présence : grattés, amas de crottes, terriers, coulées, ... Il vit en colonies dans des terriers organisés en garennes et installés en général dans des sols meubles, profonds et bien drainés. Une colonie occupe une surface de quelques dizaines d'hectares.

Alimentation

Herbivore, son alimentation est très diversifiée même si les graminées dominent généralement. Opportuniste, il est capable de consommer une grande variété de végétaux, y compris des ligneux ou semi-ligneux tels que ronces, ajoncs, bruyères, arbustes, ..
Il digère les aliments en deux fois, c'est la caecotrophie. Une première digestion aboutit à la production de crottes molles, les caecotrophes, qui sont réabsorbées et transitent donc une deuxième fois dans le système digestif. Cela permet au lapin de tirer le meilleur profit d'une alimentation de faible valeur alimentaire.

Reproduction

L'espèce est organisé en groupes sociaux. Au sein de chaque groupe, les mâles et femelles dominants assurent la majorité de la reproduction qui s'étale généralement de fin janvier à mi-août. Les jeunes naissent nus et aveugles dans un terrier appelé rabouillère après une gestation d'environ 30 jours. Les femelles mettent au monde chaque année de 15 à 25 petits en 3 à 5 portées. Cette forte productivité est compensée par une forte mortalité juvénile puisque seuls 5 à 6 jeunes parviennent à l'âge adulte. Les principales causes de mortalité sont les noyades dans les nids dues à de fortes précipitations, la prédation et les travaux agricoles qui détruisent un grand nombre de rabouillères.

Habitat

D’origine méditerranéenne, le lapin a été introduit depuis l'époque romaine jusqu'au Moyen Age dans la plupart de nos régions. Il est présent sur l'ensemble de la France, à l'exclusion des montagnes au dessus de 1400 m. Sa présence est limitée dans les grands massifs forestiers et dans les zones d'agriculture intensive. Il affectionne les milieux diversifiés. On le trouve aussi bien dans les bocages de l'ouest de la France que dans les garrigues méditerranéennes ou en bordure des villages pourvu que couverts et zones ouvertes se mélangent harmonieusement. En revanche, il a tendance à disparaître des secteurs où le milieu se ferme.

Gestion de l'espèce

Gibier très populaire, le lapin de garenne a vu ses effectifs fortement régresser depuis le début des années 50. Depuis cette époque, il a payé un lourd tribut à deux maladies virales, la myxomatose et le VHD (maladie virale hémorragique), ainsi qu'à une forte dégradation de ses habitats. Les principes de base de sa gestion résident dans la gestion et l'aménagement des territoires et dans une maîtrise des prélèvements cynégétiques. La restauration et le développement de populations à des fins cynégétiques doit s'inscrire dans une réflexion conduite en partenariat avec agriculteurs et forestiers. En effet, le lapin de garenne est susceptible de commettre d'importants dégâts aux cultures et plantations forestières.
Depuis quatre à cinq années, les populations de lapin accusent une diminution importante qui touche la plupart des régions. La myxomatose, la VHD et la coccidiose n'en finissent pas de décimer l'espèce. Mais le lapin souffre aussi des dégradations des biotopes et parfois; d'une pression de chasse trop forte.
En Bretagne, la chasse du lapin aux chiens courants est presque une institution.

Chasse

L'espèce est chassable en France. Le lapin de garenne peut être chassé soit à tir avec une arme à feu ou à l'arc, soit au vol, soit à courre. Il figure également dans la liste nationale des espèces pouvant être classées nuisibles.
L'estimation du tableau de chassse de l'enquête nationale 1998-1999 était de 3 200 000 animaux. Cette estimation place le lapin au 4e rang des prélèvements nationaux, derrière le pigeon ramier, le faisan et les grives.

La chasse à courre.
Si elle reste encore confidentielle, la chasse a courre du lapin se développe depuis une dizaine d'années. On compte en France une bonne quarantaine d'équipages, pour la plupart basés dans l'ouest et le Nord-Ouest. ils découplent le plus souvent des beagles, des artésiens normands et des griffons.

La myxomatose

L’homme a introduit le lapin de garenne dans de nombreux pays dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Argentine. Ces introductions ont été de très grandes réussites mais pas dans le bon sens du terme. Les lapins se sont attaqués aux cultures et ont mis en péril la faune locale. Devenus nuisibles, l’homme a tenté de les exterminer. Au 20e siècle, toutes les méthodes ont été utilisées : chasse massive, appâts empoisonnés, produits repoussants, clôtures, pièges divers. En Australie, les populations de lapins se chiffraient en milliards après l’introduction de 24 lapins en 1859. Cette invasion exigeait une solution plus radicale. On employa donc l’arme bactériologique : le virus de la myxomatose. Ce virus est mortel pour le lapin de garenne chez qui il multiplie les centres infectieux. De plus, il est contagieux, notamment par l’intermédiaire des moustiques et des parasites du pelage. La myxomatose a eu un effet foudroyant en Australie en 1951-1952 et provoqua la mort de 99,8% des animaux infectés. Mais, depuis, les lapins ont développé une certaine immunité et les cas mortels sont en constante diminution. Ce virus a donc largement diminué les populations mais ne les a pas éradiqués.

Cette histoire aurait pu s’arrêter là si Armand Delille, un savant français n’avait pas eu la mauvaise idée de tester ce virus sur les lapins sauvages de sa propriété. Le taux de mortalité fut proche des 100% mais le virus, très contagieux, avait touché d’autres lapins. On retrouva des lapins morts à plus de 50 km de la propriété et la myxomatose gagna progressivement toute la France. Elle se répandit ensuite en Allemagne puis dans l’Europe entière. En 1952, près de 50% des lapins sauvages étaient déjà contaminés. Le Conseil de la chasse, appuyé par les éleveurs de lapins, réclama des dommages et intérêts au scientifique irresponsable qui fut condamné puis acquitté en appel. Il a fallu une dizaine d’années pour que les lapins développent une immunité. Dans les années 1960, un lapin sur dix survivait à la maladie. Les populations commencèrent à augmenter de nouveau. Aujourd’hui, les lapins ne sont plus menacés par ce virus bien que la population globale européenne soit très inférieure à ce qu’elle était avant l’apparition de la myxomatose.




Le lièvre


Le lièvre (du latin lepus) est un petit mammifère herbivore sauvage qui ressemble au lapin. Il existe une trentaine d'espèces de lièvres de par le monde qui diffèrent entre elles par leur taille, leur coloris ou leur mode de vie. Les lièvres sont des animaux relativement solitaires vivants parfois en couple. La femelle du lièvre s'appelle la « hase » (mot emprunté à l'allemand) ; le petit du lièvre s'appelle le « levraut » (ou « levreau ») ; le mâle reproducteur s'appelle un « bouquin » ; la hase a deux ou trois portées par an et possède trois paires de mamelles. La hase possède 2 matrices, et ainsi elle procrée en superfétation. Le cri du lièvre est le vagissement.

Les lièvres possèdent de longues pattes postérieures qui lui permettent de se propulser en bonds rapides lorsque c'est nécessaire ; le lièvre d'Europe peut ainsi se déplacer à la vitesse de 70 km/h et effectuer des sauts de 3 à 5 mètres longueur. Le poids d'un mâle adulte excédera rarement 4 kilos en Europe occidentale, alors qu'il pourra atteindre 5 à 6 kg. dans les pays de l'Est..
Les lièvres constituent un gibier de chasse. En Europe, il est parfois désigné par les noms de capucin, rouquin, oreillard, lebre, bossu (lebe en gascon).
Chez le lièvre d'Europe, la période de reproduction va de mars à novembre. Cette période porte le nom de bouquinage.

On distingue en France quatre variétés de lièvres :
Le lièvre variable de Scandinavie, le lièvre variable des Alpes ; ces deux lièvres ont la particularité de changer de pelage au gré des saisons. Le lièvre ibérique dont le poids est inférieur à 3 kilos. Le lièvre d’Europe, celui qui nous intéresse, est présent en Europe Occidentale et en Europe Centrale. Bien qu'il affectionne les espaces ouverts où alternent les cultures variées entrecoupées de haies et boqueteaux, on peut aussi le rencontrer au-dessus de 1500 mètres d'altitude où il cohabite avec le lièvre variable.

Le lièvre d'Europe est bien adapté aux paysages que lui offre l'agriculture traditionnelle : une mosaïque de cultures variées assurant couvert, nourriture et espaces libres toute l'année. Résistant au froid mais sensible à l'humidité, il aime établir son gîte, une simple dépression du sol, sur un terrain sain et filtrant. Généralement gîté durant le jour, le lièvre retrouve ses congénères au crépuscule et la nuit sur des parcelles dégagées. Il consomme de nombreuses plantes sauvages, mais aussi cultivées comme les céréales en herbe, le trèfle, la luzerne, le colza ou la betterave. Il se nourrit également de bourgeons, pousses et feuilles tendres, voire de l'écorce, d'arbustes ou d'arbres fruitiers, en particulier lorsque la neige recouvre le sol. Le lièvre possède plusieurs gîtes où il se repose le jour, ces gîtes sont choisis en fonction du vent, de la saison ou de la température, ce peut être dans un labour, un pré, une culture, au pied d'un arbre, très rarement dans un vieux terrier de renard ou de lapin. Le lièvre est très actif la nuit qu'il consacre presque exclusivement à la recherche de nourriture surtout végétale. Bien que la plaine soit le domaine préféré du lièvre, après le ramassage des récoltes, il va se réfugier dans les haies et les bois.
L'espèce est présente dans tous les départements sans exception, depuis les bords de mer jusqu'à une altitude de 1 500 m. Il est particulièrement abondant dans le Nord-Pas de Calais, la Picardie, dans les grandes plaines calcaires de l'Ouest qui s'étendent de la Beauce aux Charentes, et plus localement en Alsace. Les densités les plus fortes sont relevées dans les plaines où alternent pâturages, céréales et autres cultures industrielles ou fourragères. Les forêts de feuillus, homogènes ou parsemées de clairières, accueillent également le lièvre mais en densité moindre.

Gibier sa chasse en France

Très populaire, le lièvre est chassé dans toutes les régions de France où on le désigne sous plusieurs appellations : capucin, rouquin, oreillard, bossu, lebe en patois gascon.

Victime du remembrement, de la circulation routière et de la maladie, le lièvre s'est soudain raréfié dans nos campagnes.

Depuis la seconde moitié des années 80, sous l'impulsion de chasseurs « responsables », une politique de gestion et d'aménagement a contribué de façon sensible à la résurrection du capucin, notamment par la création des GIC (groupements d'intérêt cynégétique). Ces roupements se sont fixés des règles communes et efficaces ; la création de grandes réserves dans les secteurs les plus favorables, l'établissement d'un plan de prélèvement après avoir procédé à des comptages nocturnes.

La limitation des jours de chasse avec obligation de ne tirer le lièvre qu'à partir de la mi octobre, en effet, jusqu'à cette date, 2 femelles sur 3 allaitent encore leurs jeunes. On estime qu'une bonne population de lièvres sur un territoire donné doit compter 50% de jeunes chaque année. S'il y a 50% de jeunes à l'ouverture, les chasseurs peuvent prélever 15% du stock de base, s'il y a 40,5% de jeunes à l'ouverture il ne faut plus prélever que 10% de stock de base. S'il y a moins de 40%, il ne faudrait pas tirer les lièvres.

La chasse du lièvre aux chiens courants
se pratique le plus souvent en équipe de 3 ou 4 chasseurs aidés de 5 ou 6 chiens courants.
Lorsque les chiens arrivent à la mort du lièvre certains chasseurs ouvrent le ventre de celui-ci et leur donnent les tripes encore chaudes et sanguinolantes pour les récompenser. Lorsqu'il y a de jeunes chiens dans la meute qui n'ont pas encore eu l'occasion de sentir un lièvre de près, il arrive même que le chasseur sacrifie le premier lièvre de l'année en le laissant dévorer aux chiens, certainement pour mieux les motiver et les conditionner pour les prochaines sorties.

La chasse à courre du lièvre ou petite vénerie
Les équipages de petite vénerie peuvent être composés de Beagles-Harrier, d'Anglo-français, de Porcelaine...




Le chamois


Le chamois est un ruminant de la petite tribu des Rupicaprinés dont les caractères sont intermédiaires entre ceux des chèvres et ceux des antilopes : chèvre blanche des Rocheuses, goral de l’Himalaya, sérow du Sud-Est asiatique. Il porte des cornes noires, fines et en crochets, légèrement plus épaisses et plus recourbées pour le mâle que pour la femelle. Long d’1,20 m, haut de 0,75 m, il pèse 25 à 50 kg. La robe, gris fer à beige sale d’été, devient presque noire en hiver, surtout chez les mâles. La composition des hardes varie au fil des saisons. Les mâles sortent de leur isolement en novembre pour participer au rut. A partir de sa 3ème année, chaque femelle met bas presque chaque année un unique chevreau, à la fin du mois de mai. Les chamois peuvent vivre jusqu’à 25 ans, mais peu dépassent 15 ou 16 ans. À partir de 10 ans commence la sénescence ou vieillesse. Les glandes rétrocornales : C’est une des particularités du chamois, elles sont présentes chez les deux sexes à l’arrière des cornes ; elles sont de la taille d’une noix. Chez les mâles, elles grossissent dès septembre et au moment du rut elles sécréteront une odeur très forte qui servira à marquer leur territoire. Les animaux en imprègnent les arbres et les rochers. Il semble également que l’odeur des glandes excite la femelle pour favoriser l’accouplement : c’est pourquoi elles sont appelées glandes de rut.

Son cadre de vie : de l'edelweis à la lavande

Le chamois vit dans une grande diversité de milieux, entre 300 et 3000 m, à condition toutefois qu’il y trouve suffisamment d’affleurements rocheux pour s’y user les sabots. Dans les hauts massifs alpins, il est l’hôte des prairies alpines, des éboulis et des rochers à la limite des neiges éternelles mais, beaucoup plus fréquemment, il vit toute l’année ou presque en forêt montagnarde. Son aire de répartition est en phase de progression vers les milieux méditerranéens. Ses aliments de base sont les plantes herbacées des prairies. Pour subsister en hiver, il doit dans certains sites se contenter de bourgeons de feuillus ou d'aiguilles de résineux. Il commet çà et là quelques dégâts forestiers.
Les chamois se regroupent par bandes appelées hardes. Une harde se compose du mâle appelé bouc, vivant en solitaire de juin à octobre. Durant la période des amours – le rut – dès le mois d’octobre, il se met dans tous ses états et devient très agressif envers les autres chamois. Il peut aller jusqu’à charger un homme en le confondant avec un chamois, l’évitant lorsqu’il se rend compte de sa méprise.
Dans le groupe, on trouve également la femelle, appelée chèvre. Au mois de juin, elle quitte la harde pour aller s’isoler sur d’étroites falaises herbeuses et mettre au monde un cabri qu’elle élèvera jusqu’à l’âge d’un an.
Le cabri est aussi appelé chevreau. Il ne quitte jamais sa mère et lorsque cela se produit, la chèvre le rappelle auprès d’elle par un bêlement sourd et rauque. Si c’est lui qui la perd, il émet un chuintement bêlé auquel elle répond. Les cabris sont très joueurs, ils se poursuivent, font des cabrioles, glissent sur les névés. Après 20 jours des bosses annoncent l’arrivée des cornes. Un cabri ne peut se passer de sa mère qu’après quatre mois, sinon il risque la mort, à moins de se faire adopter par une autre femelle. Mais, l’adoption est un phénomène très rare chez les chamois. L’éterlou qui est un chevreau mâle d’une année vit encore avec sa mère, tout comme l’éterle, la femelle d’un an. La dernière bête composant la harde est la bréhaigne, celle-ci est une vieille femelle stérile.
La vie harde peut être constituée d’une centaine de chamois mais également de quelques têtes. Sa composition ne change pas de juillet à octobre où l’on trouve des mères escortées de leur chevreau, leur éterle ou éterlou, ainsi que des femelles stériles, des jeunes boucs et parfois de vieux boucs. Les boucs adultes ont quitté la harde et vivent en solitaires ou par groupe de deux ou trois du printemps au mois d’octobre quand débute la saison des amours. C’est la vieille femelle stérile, la bréhaigne, qui mène le groupe. Dans les couloirs d’avalanches ou les passages délicats, c’est elle qui passe la première et les autres suivent un par un. Étant stérile, la perte est moins grave en cas d’accident. Lorsque la chèvre met bas, vers le premier juin, elle chasse l’éterlou qui l’accompagne depuis sa naissance et s’isole à son tour de la harde. L’été suivant, le petit est débrouillard mais il rejoindra tout de même à la harde avec sa mère. La harde est très bien organisée, c’est pour cela que lors d’une attaque l’ordre est maintenu. Elle peut changer de direction avec la précision impeccable d’un escadron.

En France
Le chamois est naturellement présent dans toute la chaîne des Alpes, ainsi que dans le Jura français qu'il a repeuplé naturellement à partir de la Suisse, après en avoir presque disparu. Il a été introduit avec succès dans les Vosges et dans le Massif Central. Le chamois est une espèce gibier soumis à plan de chasse.

La chasse

La chasse abusive a conduit au bord de l’extinction plusieurs espèces des Alpes, telles l’ours, le lynx, le loup ou le bouquetin. Le chamois était également très menacé : les densités de populations étaient au plus bas jusque dans les années 1960, et l'étendue de son territoire bien moindre qu’aujourd’hui. Le record mondial de chasse est détenu par le prince Auguste de Saxe-Cobourg (Autriche), qui en abattit 3412 à lui seul. Le braconnage incontrôlé des populations rurales faisait des ravages dans les populations. Aujourd'hui, grâce au dépeuplement des zones rurales, à la recolonisation forestière, à la création de réserves de chasse, de réserves naturelles et surtout de vastes parcs nationaux ainsi qu'à la mise en place de plans de chasse, l’homme gère mieux les prélèvements ; ainsi le chamois prospère de nouveau et s’étend sur de nouveaux territoires quelques fois grâce à des translocations de populations.




Le cerf élaphe


Les cervidés sont apparus sur notre planète, il y a plusieurs millions d'années en Asie (par comparaison, l'homme est apparu il y a seulement 2 millions d'années). Les cervidés se sont rapidement répartis sur toute la planète. Leur trait caractéristique est la présence de bois chez les mâles. C'est une excroissance osseuse fourchue qui tombe tous les ans. Actuellement, environ seize genres sont référencés en Amérique et Eurasie, de l'Arctique aux tropiques.

De la famille des cervidés, le cerf élaphe (Cervus elaphus) est le plus grand des animaux sauvages vivant en France.
Dans notre pays, il a connu des fluctuations d'effectifs importantes au cours des derniers siècles. Le point le plus bas a été atteint au XIX siècle. Depuis 1945, les repeuplements et la politique cynégétique ont conduit à la progression de l'espèce dont les effectifs atteignent aujourd'hui les 70 000 à 100 000 têtes. Le cerf occupe le tiers de la superficie forestière nationale, soit près de 5 millions d'ha. Il fait actuellement l'objet d'une réintroduction en Corse d'où il avait disparu.

On l'appelle également cerf rouge et cerf d'Europe. C'est une espèce chassable soumise au plan de chasse.
Le poids des adultes va de 130 à 250 kg pour un mâle et de 90 à 130 kg pour une femelle. Celle-ci appelée biche a le corps plus fin que celui du mâle qui peut mesurer jusqu'à 1,30 m au garrot.
Cerfs et biches possèdent une petite queue. Leur pelage est brun-roux en été et gris-brun en hiver. Le faon naît couvert d'un pelage brun clair tacheté de blanc qu'il perd vers l'âge de trois mois.
Le brame ou raire est le cri impressionnant du mâle, à l'époque du rut.
Le jeune est appelé faon, le mâle est dit hère jusqu'à 8 mois puis daguet et cerf au delà de deux ans. Le cerf atteint sa taille adulte entre 5 et 7 ans. La durée de vie est de 12 à 18 ans.

Seul le mâle porte des bois ramifiés qui tombent chaque année en fin d'hiver et repoussent aussitôt sous le velours, en 3-4 mois. Les premiers bois apparaissent vers l'âge d'un an.
Leur taille augmente à chaque repousse, mais le nombre de pointes, ou andouillers, n'indique pas l'âge de l'animal. Sa ramure est à son apogée vers l'âge de 8 à 10 ans. Elle régresse au delà de 12 à 15 ans.

Vie sociale et Reproduction

Le cerf est une espèce grégaire et sociable qui s'organise en hardes, de 3 à 8 individus en forêt, ou de plusieurs dizaines d'individus en milieu ouvert. On compte des hardes de biches et de jeunes, sous la conduite d'une biche expérimentée, des hardes de mâles et des hardes mixtes, en hiver surtout. De décembre à août, les adultes des deux sexes vivent séparés.

La cellule de base est le trio familial, composé d'une biche et de ses deux jeunes, celui de l'année en cours et celui de l'année précédente. Vers deux ans, le jeune mâle rejoint les hardes de mâles, la jeune biche s'installe à proximité de sa mère.

Cerf et biche peuvent se reproduire dès leur deuxième année. Le mâle est polygame. Le rut a lieu entre début septembre et mi-octobre avec un pic durant la deuxième quinzaine de septembre.
Après une gestation de huit mois, la biche donne naissance à un faon unique, qu'elle allaite au moins jusqu'en novembre.

Alimentation

Un animal adulte ingère 10 à 15 kg de végétaux frais par jour. Il sait adapter son alimentation aux disponibilités des milieux et selon les saisons. Celle-ci se compose de graminées, de feuillages d'arbres ou d'arbrisseaux et de sous-ligneux. En hiver, des rameaux de résineux et même des rhizomes de fougères sont consommés. Les cultures agricoles périphériques aux forêt sont aussi visitées.

Indice de présence et Habitat

Il laisse des empreintes, des fumées ou crottes. Mais les indices les plus spectaculaires sont les dégâts faits aux arbres, comme les abroutissements (prélèvements des bourgeons, ... ), les frottis sur les tiges qui sont alors dénudées voire arrachées et l'écorçage, prélèvement de l'écorce avec les dents.

Bien qu'écologiquement adapté aux milieux ouverts, le cerf est aujourd'hui attaché au milieu forestier où il trouve refuge, protection et tranquillité. On le rencontre des forêts de feuillus aux futaies de résineux, en plaine ou en montagne, parfois jusqu'à 3000 m d'altitude, de l'Atlantique à la Méditerranée.

Un cerf adulte vit annuellement sur 2000 a 5000 ha. Le secteur de rut d'automne et la zone occupée au printemps sont généralement distincts. Le cerf recherche un habitat à forte valeur alimentaire et la biche qui exploite des surfaces plus petites, privilégie des habitats fermés offrant un refuge diurne et une protection maximale.

La chasse

chasse à tir en battue ou individuelle et la vénerie, dans le cadre d'un plan de chasse. Le prélèvement à réaliser sur chaque territoire est fixé, annuellement, par le préfet.






le cerf sika


Originaire des îles du Japon, le cerf sika (Cervus sika nippon), qui n'est pas un cerf élaphe, fut pour la première fois introduit en France en 1890 à la suite d'un cadeau du Mikado au Président Carnot. Les animaux qui se sont reproduits dans le parc de Rambouillet sont à l'origine de toutes les populations françaises vivant générale- ment dans des parcs clos.

Quatre populations de sika vivant en liberté ont été individualisées sur le territoire français. Elles se situent dans les forêts de la Hardt (Haut-Rhin), d'Armainvilliers (Seine-et-Marne), d'Ubaye (Alpes-Maritimes) et dans l'île de Porquerolles (Var). Les effectifs se situeraient aux alentours de 150 animaux répartis sur environ 20 000 hectares. A l'exception des prélèvements autorisés sur des animaux échappés d'enclos, 10 à 20 cerfs sika sont prélevés par la chasse chaque année, essentiellement dans le massif de la Hardt. L'espèce est soumise au plan de chasse.

Le sika ne concurrence pas le chevreuil mais son introduction est absolument incompatible avec la présence du cerf élaphe. Ces deux espèces peuvent s'hybrider, provoquant une pollution génétique dramatique des cerfs autochtones. De plus, les produits résultant des croisements sont féconds et causent de très importants dégâts forestiers. La Grande-Bretagne connaît actuellement ce grave problème. L'espèce ne présente donc pas d'intérêt à l'état sauvage en France et les lâchers devraient être interdits.




Le renard roux


Le renard roux appartient à la famille des canidés comme les chacals, le loup et le chien. Sa taille est moyenne (6 à 7 kg) et son pelage, à dominante rousse, peut varier selon les individus du jaune isabelle au marron foncé.
Les renards vivent en couples ou en groupes de 3 à 6 individus, composé d'un couple dominant et de femelles qui leur sont apparentées.

La femelle met au monde en mars ou avril 2 à 7 jeunes, le plus souvent dans un terrier. A partir de la fin de l'été la plupart des jeunes de l'année se dispersent à la recherche de leur propre territoire. La mortalité des renards dans la nature est importante et, chaque année, environ les deux tiers d'une population sont renouvelés.
Son cadre de vie

Le renard est un animal opportuniste et colonisateur qui peut s'accommoder des milieux de vie les plus variés: paysage rural formé de petits bois, de pâtures et de cultures, mais aussi vastes étendues sauvages comme les forêts du nord de l'Europe ou encore milieux urbanisés comme les quartiers résidentiels des grandes villes.

Ses besoins alimentaires sont limités à environ 500 g de nourriture par jour et son régime est omnivore. Il comprend principalement des rongeurs ou des lapins. Les baies et les fruits, les déchets d'origine humaine ou les vers de terre représentent également des ressources importantes. Pendant la plus grande partie de l'année, il se nourrit surtout de mulots, de campagnols, de souris, mais aussi de grenouilles, d'insectes (de bousiers principalement), d'écrevisses, d'escargots, voire de charognes. Il adjoint à ce menu des oeufs, des oiseaux, des fruits et, lorsque l'occasion se présente, des pièces de gibier. A l'époque de la reproduction, les choses vont tout autrement obligé de subvenir aux besoins de sa famille, il s'empare de la volaille jusque dans les cours de ferme. Outre les lapins et les lièvres, il capture faisans et perdreaux et s'attaque même aux chevrillards, malgré les coups de pied que lui prodiguent les chevrettes, et dont il est parfois la victime. Lorsqu'une épaisse couche de neige recouvre le sol, il poursuit parfois les chevreuils adultes, qui se blessent sur la croûte gelée; il finit par les rattraper et les dévore tout vivants. Durant la nuit, et quelquefois de jour, les renards se groupent par deux - soit deux camarades, soit un mâle et une femelle - pour chasser : tandis que l'un d'eux suit le lièvre ou le lapin en donnant de la voix, l'autre se tient en embuscade à un carrefour ou dans une coulée propices.

Le rut du renard commence en janvier et se poursuit jusqu'aux premiers jours de mars. C'est surtout à cette époque que la violente odeur musquée de l'animal est perceptible en forêt et au coin des haies, probablement là où il a uriné. Cette odeur est celle de la sécrétion de glandes anales, mais surtout d'une zone glandulaire située à la base de la queue et, bien délimitée dorsalement, à l'endroit où le poil prend souvent une teinte plus foncée.
La gestation dure environ huit semaines; la renarde, après avoir visité plusieurs terriers, en choisit un qu'elle garnit des poils qu'elle arrache d'abord de sa poitrine, puis dans la zone des mamelles. Le nombre des renardeaux est généralement de cinq ou six, mais il peut osciller entre trois et huit; le nombre de douze, qui a été indiqué par plusieurs observateurs, doit constituer une rare exception, à moins qu'on ne l'explique par la promiscuité de deux femelles dans un même terrier. A leur naissance, les renardeaux sont de couleur gris souris et très passifs; ils sont aveugles pendant une douzaine de jours et leurs oreilles sont tombantes. Leur mère reste couchée sur ou près d'eux durant les premiers jours, mais ensuite elle ne les visite qu'à intervalles réguliers pour leur donner à téter, se tenant le reste du temps dans un autre terrier ou dans un coin du terrier, ou bien même dans des buissons aux alentours de celui-ci. Les dents des renardeaux font leur apparition au bout de trois semaines; c'est le moment où le père doit commencer à assurer le ravitaillement; malheureusement, comme il s'en acquitte bien, cela ne va pas sans heurts avec le garde-chasse et le fermier!

Les renardeaux grandissent rapidement et manifestent bientôt le désir de connaître le monde extérieur; ils sortent alors du terrier, et c'est l'époque où, par les belles journées ensoleillées d'avril et de mai, on peut les voir jouer avec une grâce charmante et enfantine. Quelquefois aussi leur mère prend part à ces jeux, se rasant, puis bondissant au milieu de ses rejetons.
Si rien d'intempestif ne survient, ceux-ci resteront groupes jusqu'au début de l'été au lieu qui les a vu naître; la mère a-t-elle au contraire l'impression que celui-ci a été découvert ou se trouve menacé, alors elle emporte un par un les renardeaux, par la peau du cou, dans une retraite plus sûre.
Le terrier du renard comporte trois parties distinctes : la maire, qui constitue l'antichambre; la fosse, dans laquelle l'animal accumule ses provisions et qui présente au moins deux issues; enfin l'accul, ou habitation proprement dite, qui n'a qu'une seule entrée.
On ne sait pas encore d'une façon certaine si le renard est monogame ou non; le fait qu'il ne prend aucune part, apparemment du moins, à la vie de la famille durant les quinze premiers jours ne permet pas d'être affirmatif dans un sens ou dans l'autre.

En France

Le renard est présent partout, des plages aux montagnes jusqu'à 2 500 m. Deux maladies, la rage et la gale, peuvent réduire épisodiquement les populations de façon considérable: la rage vulpine, arrivée en France en 1968, a actuellement presque disparue grâce à un programme de vaccination orale des renards tandis que la gale sévit surtout dans le sud-est. Le renard est chassé.

Avenir du renard roux

Le renard est une espèce très commune de la faune française. Des opinions contradictoires et souvent passionnées sont émises sur la nécessité de réduire ou non les populations de renards en raison des déprédations qu'ils peuvent commettre localement sur le gibier ou les animaux domestiques.

La chasse
Le renard, dont la description physique est superflue, personnifie, du point de vue moral, la ruse et la circonspection dans le monde animal; cette réputation n'est pas absolument justifiée, car le renard la doit surtout à sa physionomie et à l'acuité de ses sens. Pour le chasseur, cette réputation, jointe à celle que le renard s'est acquise comme destructeur de gibier et de volaille, a fait de « Maître Goupil » un ennemi que l'on cherche à anéantir par tous les moyens.

On chasse le renard aux chiens courants, mais le plus souvent c'est pour ainsi dire par accident, lorsqu'on cherche à attaquer un autre animal. On le tire aussi au cours des chasses en battue.
Déterrage voir ici
la chasse à courre

nuisible ?
Les scientifiques ont eux aussi leur opinion sur la nuisibilité du renard.
"On connaît de nombreux exemples où de fortes populations de renards coexistent avec des densités importantes de gibier."
Informations Techniques des Services Vétérinaires n° 64

Le vétérinaire C. Bougerol explique :
"6 à 10 000 petits rongeurs par an, voilà ce que mange un renard ! Nous sommes donc loin du "mangeur de poules" tellement détesté…. Il n'en capture guère dans les endroits non grillagés. Il en va de même de la volaille-gibier inconsidérément "relâchée" dans les bois et les guérets. Le renard se contente d'exercer son rôle de prédateur-nettoyeur".

Deux spécialistes de la biologie du renard, C. Rivals (Univ. de Toulouse) et Marc Artois (Lab. d'Études sur la pathologie des animaux sauvages de Malzéville) exposent les conclusions auxquelles ils sont parvenus : "Depuis toujours le renard est considéré comme un nuisible. Cette opinion est maintenant battue en brèche grâce aux études des zoologistes et éthologues : chaque renard est le destructeur de quelques milliers de rongeurs par an, particulièrement nuisibles, et de quelques lapins et volatiles le plus souvent maladroits ou malades. Dans l'équilibre du milieu, il participe donc tout naturellement à la lutte pour la vie, à la sélection des meilleurs et à l'élimination des faibles, des malades et des morts, évitant pullulation ou épidémies. Ce rôle de "policier sanitaire" a été maintes fois souligné compris par les plus grands chasseurs".
Bulletin de l'INRA, n° 29, décembre 1996.




Le chevreuil


Le chevreuil (Capreolus capreolus) est un mammifère ongulé ruminant, de la famille des Cervidés. Le chevreuil occupe tous les pays d'Europe sauf la Corse, l'Irlande, la Sardaigne, la Sicile et les Baléares.

C'est le plus petit cervidé vivant en France où ses populations, en forte progression, dépassent probablement 1,5 million individus. Les effectifs les plus abondants sont situés dans les quarts Nord-Est et Sud-Ouest du pays. Statut : espèce chassable soumise au plan de chasse.

Le mâle, appelé brocard, se distingue de la femelle ou chevrette par la présence de bois ramifiés. Les adultes pèsent de 20 à 25 kg pour une hauteur au garrot de 60 à 80 cm. Le jeune est appelé faon jusqu'à l'âge de six mois, puis chevrillard de six à douze mois. Le pelage du faon, appelé livrée, est roux tacheté de blanc et jaune.

Les adultes ont un pelage gris foncé en hiver et plus roux en été. Ils portent en hiver une tache clair, sur le fessier : c'est le miroir. Le chevreuil n'a pas de queue. Sa durée de vie est de 10 à 15 ans. C'est un "sauteur" qui avance par bonds spectaculaires.

Les bois sont des productions osseuses en relation directe avec le cycle sexuel du brocard. Ils tombent tous les ans à l'automne pour repousser en hiver. Leur repousse, variable d'un animal à l'autre, s'élabore à partir du "velours" et dure environ deux mois. L'apogée du développement des bois se situe entre 3 et 5 ans.

La reproduction

Le rut a lieu en été et les naissances en mai de l'année suivante. La chevrette élève généralement deux faons par an, parfois un seul, exceptionnellement trois, pesant de un à deux kilos à leur naissance, et qui ne seront sevrés que vers octobre-novembre.

Quand sur un territoire, la population est en densité trop forte par rapport à la quantité de nourriture disponible, la survie des faons diminue.

Territoires

Les chevreuils sont plutôt individualistes. Le brocard défend un territoire une partie de l'année, au printemps et en été, en laissant des indices : grattis sur le sol, frottis sur les arbres. En hiver, ils forment des groupes. Plus le milieu est ouvert et plus les groupes sont de taille importante.

L'étendue du domaine vital varie selon les milieux : de 30 à 60 ha en forêt jusqu'à 300 ha en plaine cultivée.

Alimentation

Ce cueilleur mange à plusieurs reprises suivies de périodes de rumination. On peut l'observer au gagnage tôt le matin ou le soir avant la tombée de la nuit. Il adapte son choix alimentaire en fonction de ses besoins, des disponibilités du milieu fréquenté et de l'époque de l'année : en forêt, au printemps et en été, feuilles d'arbustes et de jeunes arbres, plantes herbacées, en automne-hiver, espèces semi-ligneuses comme le lierre, la ronce, voir de jeunes semis de sapins, des glands et faînes.
En plaine, il consomme des céréales comme le blé, ou le colza et les betteraves.

Habitat

C'est avant tout un animal forestier exploitant aussi bien les fourrés les plus denses que les clairières. Si les paysages morcelés lui conviennent bien, il est capable de coloniser tous les types de milieux : grandes plaines céréalières, bocages, maquis, garrigues ou montagne où il n'est pas rare de l'apercevoir à des altitudes supérieures à 2000 m en été.

Gestion des populations

C'est une espèce qui commet peu de dégâts dans les cultures agricoles mais sa surabondance peut poser des problèmes aux forestiers, surtout dans les jeunes peuplements d'essences particulières (merisier, douglas ... ). Il incombe aux gestionnaires de veiller à l'équilibre entre population et forêts. Pour cela, des objectifs doivent être définis en accord avec tous les partenaires : chasseurs, forestiers et agriculteurs.

Pour suivre l'évolution du système "populations-environnement", des outils simples de gestion appelés indicateurs biologiques permettent de suivre, dans le temps, les fluctuations de niveau d'effectifs, de la condition physique des animaux et de leur pression sur le milieu.

La chasse

Le chevreuil peut être chassé sur une période variable selon les départements. Il est le plus souvent chassé en battue, de septembre à janvier, mais aussi à l'approche ou à poste fixe, en particulier en été. Quelques équipages de vénerie (chasse à courre) sont spécialisés sur le chevreuil. Les prélèvements ont doublé dans la dernière décennie pour atteindre 400 000 têtes en 2000.
La battue en forêt est son principal mode de chasse en France. Elle est également considérée comme un moyen plus ou moins efficace et pratique d'en contrôler les populations. Mais on chasse aussi le chevreuil à l'affût, et comme il est également présent dans de nombreux territoires à boqueteaux dévolus au petit gibier, son passage sur la ligne en fait un gibier supplémentaire parfois improvisé et tiré à plombs, comme le lièvre. Cet animal autrefois typiquement forestier et des lisières passe une part croissante de son temps dans les découverts ou dans les champs. Lorsqu'il est tiré au petit plomb, il est souvent blessé et peut s'enfuir avec des grenailles de plomb incrustées.

Le chevreuil est également parfois chassé à l'arc.

En raison des dégâts qu'il peut faire sur les jeunes plants et parfois dans les champs, dans le monde agricole, et notamment en Grande-Bretagne, le chevreuil a longtemps été considéré comme animal nuisible et tiré en toutes saisons au fusil lisse, avec les lapins. En France, quand il n'était pas braconné, après le droit de chasse pour tous attribué par la Révolution française en réaction aux anciens privilèges de la noblesse, le chevreuil avait fortement régressé du 18ème au XIXe siècle. Il est ensuite devenu un gibier prisé et d'intérêt commercial. Sa rentabilité économique a alors compensé ses dégâts par ailleurs modestes tant qu'il ne constitue pas de populations importantes.
L'intérêt, voire la passion pour les trophées, s'est traduite dans certains pays par des tentatives de sélection qualitatives (on ne tire que les animaux dont les bois ne correspondent pas au standard recherché lorsqu’ils sont en pleine force reproductive, et on les tire quand ils sont vieux pour alimenter les collections de trophées). Cette chasse se pratique généralement à la carabine et à l'approche. Des trophées réputés sont ainsi maintenant tirés dans des pays où le chevreuil était autrefois peu considéré, par exemple dans le Sussex ou en Écosse.

La tradition cynégétique germanique accorde une place particulière à la chasse au chevreuil. Elle a encouragé spécialement en Allemagne la constitution de cheptels importants qui font aujourd'hui partie du paysage rural. Une distinction éthologique est même maintenant faite entre le chevreuil forestier, vivant dans les vastes massifs boisés homogènes, et un « chevreuil des champs », qui s'est habitué aux plaines cultivées parsemées de boqueteaux et s'y reproduit. Le tir sélectif est fait, environ six mois par an, à l'approche, à l'affût ou à l'appeau au moment du rut (Le chevreuil se laisse leurrer assez facilement, ce qui est mis à profit par les chasseurs d'Europe centrale, qui du 15 juillet au 15 août, appellent le brocard, qui n'est théoriquement tiré que lorsqu'il fait partie de la gamme des animaux à « sélectionner »).

La chasse sélective

C'est un principe important de la gestion dite rationnelle du gibier. En l'absence des prédateurs naturels, la sélection naturelle ne se fait plus normalement. Le plan de chasse applique une sélection artificielle du brocard, qui implique évidemment une capacité des chasseurs à apprécier son âge et son état de santé, mais qui dans les fait interfère beaucoup avec un jugement sur le trophée de l'animal. Facilement reconnaissables, les chevrillards de l'année sont surtout sélectionnés d'après leur aspect général, tout sujet chétif, blessé, amaigri ou taré devant être éliminé. Les meilleurs sujets qui portent leurs premiers bois dès l'automne, sous forme de petits boutons sont conservés au moins jusqu'à l'année suivante..
Le brocard d'un an au cou mince, au museau pointu et à la figure roussâtre doit être éliminé s'il ne porte pas deux dagues de la longueur des oreilles, les meilleurs sujets ayant déjà des bois fourchus.
Le brocard de deux ans, au cou moins mince, portant une tache blanche au-dessus du noir des naseaux, doit arborer des bois fourchus, ou mieux encore, déjà garnis de six pointes. Les porteurs de dagues, à cet âge, doivent être éliminés.
Le brocard de trois ans au cou épaissi, au front gris foncé et dont la masse du corps se porte sur l'avant-main, doit porter six pointes. Les bois ne sont ni épais, ni encore bien perlés.
Le brocard de quatre ans, dont la tache blanche nasale a disparu, consolide la masse de son trophée et ne doit pas être tiré, sauf anomalie des bois ou mauvais état du corps. À partir de cinq ans, le trophée du brocard est arrivé à son apogée, et il ne reste plus qu'à déjouer ses ruses et le foudroyer d'une bonne balle.

Un plan de chasse classique ne prévoit le tir que d'un faible pourcentage des brocards de deux et trois ans, car le chasseur est supposé avoir déjà éliminé, parmi les chevrillards et les sujets d'un an, presque tous les animaux indésirables. Les bienfaits de la « sélection » antérieure sont jugés se faire déjà sentir.

Le tir sélectif des chevrettes vise à éliminer les sujets dont la progéniture est faible, malingre, ou qui mettent bas trop tard, après la mi-juin.(Les chevrillards sont théoriquement tués avant la mère). Les chasseurs cherchent aussi à tuer celles qui ont engendré trois petits. Cette sélection exige des compétences et une bonne expérience ; choisir les femelles à conserver ou à éliminer est encore plus difficile que pour le brocard. Pour les faons de l'année et les chevrettes d'un an, le chasseur estime le sexe de l'animal à sa taille et à son embonpoint, que l'on compare - si possible - avec ceux des animaux du même âge. Les comparaisons de taille entre chevrettes d'un même territoire guident le chasseur dans son choix, mais sélectionner les animaux les plus grand n'est pas nécessairement rationnel sur les territoires difficiles.
La sélection des femelles se faisant à partir de septembre, le temps manque souvent pour terminer un plan de chasse, à l'affût ou à l'approche. De petits traques (sans chiens et à bas bruit sont alors pratiquées, en informant les autres usagers de la forêt en raison des risques de balle perdue). On cherche ainsi à faire sortir les chevreuils aussi lentement que possible, pour laisser aux chasseurs le temps de juger si les animaux doivent être tirés ou non. Ceci se fait si possible avant novembre, pour que les jeunes brocards ayant déjà posé (perdu) leurs bois ne soient pas tirés par erreur.

Le braconnage

Dans certaines régions, le chevreuil semble être un des animaux les plus braconnés. Cette activité est facilitée par le poids moyen de l'animal, la possibilité de le cacher facilement, une venaison réputée, qui se débite facilement et se vend à très bon prix. La pose de collets dans les passages, l'affût sur les lisières ou pistes forestières, le tir de nuit à bord de véhicules sont ainsi pratiqués. De même la vente illégale d'animaux tués ou blessés par la circulation, trouvés sur les bords de route semble encore pouvoir exister, avec des risques et responsabilités supplémentaires en raison du fait que des animaux malades et parasités, ou empoisonnés (par exemple par des pesticides) risquent le plus d'être victimes du roadkill.







Le Mouflon


Le Mouflon, ancêtre du mouton domestique, est, malgré un corps assez trapu, d'allure élégante. Les mâles pèsent de 35 à 50 kg et mesurent 75 à 80 centimètres au garrot. Les femelles sont plus légères, 25 à 40 kg. Les mâles portent de longues cornes spiralées à croissance annuelle.

Chez les femelles, il y a ou non-présence de cornes suivant les populations. Chez les deux sexes existe un masque facial blanc dont l'étendue varie avec l'âge. Le pelage est court et dense à l'exception du jabot des mâles. Brun Chocolat en hiver, il s'éclaircit en été. En général, une selle blanche apparaît en hiver chez les mâles.

Le rut a lieu entre octobre et décembre. La femelle donne naissance à un agneau, exceptionnellement deux, au printemps, entre mars et mai.

Le mouflon est un animal sociable. En règle générale, en dehors du rut, les mâles adultes et les femelles adultes accompagnées des jeunes vivent séparés au sein de groupes de taille variable suivant les saisons et les populations.

Son cadre de vie

Capable d'adapter facilement son régime alimentaire, le mouflon présente une grande aptitude à coloniser des milieux très divers.

Il affectionne les moyennes montagnes méridionales. Il recherche les altitudes moyennes, les successions de collines et de grands espaces ouverts, plus ou moins accidentés, peu enneigés en hiver, les sols rocailleux et bien drainés, couverts d'une végétation herbacée ou arbustive. Il utilise les zones boisées pour se protéger de la chaleur et des intempéries et pour se nourrir l'hiver en zones fortement enneigées. Cette souplesse d'adaptation a facilité la réalisation de nombreuses introductions en Europe.

En France

En Corse, une de ses îles d'origine, il est présent au nord (massif du Cinto) et au sud (Bavella), à raison de 400 et 190 individus environ (1989). Ces populations ont donc dépassé le seuil critique d'extinction. La chasse de l'espèce y est interdite depuis 1956.

En France continentale, la première introduction a été réalisée en 1949 dans le Massif du Mercantour. 65 populations sont présentes actuellement dans 25 départements avec un effectif total estimé à 11 317 individus en 1995 . On rencontre cette espèce dans nos régions méridionales, des Pyrénées aux Alpes. Le mouflon est une espèce gibier soumise à un plan de chasse obligatoire.

Avenir du mouflon de Corse

Les effectifs continentaux de mouflons sont en progression lente depuis une dizaine d'années et demeurent inférieurs aux potentialités des habitats méridionaux disponibles. Son avenir reste donc prometteur, et l'intérêt qu'il suscite auprès des utilisateurs de la nature, chasseurs, naturalistes, promeneurs le prouve. Malgré son statut d'animal "étranger", il a réussi son "intégration" dans de nombreuses régions. Il peut constituer, face à la déprise de territoires agricoles, une source complémentaire de revenus pour le milieu rural.

Enfin, il ne commet que peu de dégâts sur les cultures et ne pose aucun problème aux sylviculteurs lorsque le site d'introduction a été bien choisi et se prête à un développement normal des populations.

Si en Corse, la ferme poursuite des actions de protection est la meilleure garantie de sauvegarde de l'espèce, son développement sur le continent est désormais à maîtriser car les populations d'ongulés autochtones sont florissantes. L'ONCFS conseille plutôt d'améliorer la gestion des populations existantes et de réaliser une étude de faisabilité avant toute implantation d'une nouvelle population.




Le daim


Le daim (Dama dama) est un mammifère artiodactyle ruminant de la famille des cervidés, le mâle portant de grands bois plats et palmés.

Morphologie

Le daim est un cervidé de taille moyenne, le mâle mesure 130-150 cm en longueur, et 90-110 cm au garrot, son poid vari de 60 à 85 kg (certain male peuvent atteindre les 100 kg). La femelle (la daine) mesure 100-120 cm en longueur, 80 cm au garrot pour un poid de 30 à 55 kg. Sa robe fauve-roussâtre, est tachetée de blanc ( brune en hiver) et son écusson (tache sur les fessiers) est noir et blanc. Le mâle porte des bois plats ; la femelle, appelée « daine », n’a pas de bois.

Caractéristique

L'ouie et l'odorat du daim sont complétés par une vue exceptionnelle. On peut déterminé l'age d'un daim par l'usure de ses molaires. Des produits comme les bottes, les gants, les chapeaux, les vestes et autres vêtements sont faits en cuir de daim.

Distribution

Les daims sont originaires de l’est du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord mais ont été implantés dès l’Antiquité sur tout le pourtour méditerranéen. En France le daim est depuis très longtemps un animal d’ornement (parc et jardin). Le gros des populations sauvages actuelles se trouve en Europe centrale et résulte de lâchers effectués au Moyen Âge.

Habitat

Le biotope classique des daims est la forêt claire de feuillus, les régions boisés ou il vit en harde dirigé par une vieille femelle.

Alimentation

Le daim se nourrit d'herbes, de pousses, de feuilles, de fruits, de glands, de châtaignes. L'hiver il mange du lière, des ronces, de gui, écorces, de genets et graminées sèches (foin)

Reproduction

Les mâles sont solitaires et ne rejoignent les femelles qu’au moment du rut qui a lieu en octobre-novembre. Il se livre alors a des combats pour posséder le plus de daines. Ensuite le mâle se choisit un térritoire qu'il délimite avec son urine, et en frottant les arbres à l'aide de sa ramure, il pousse des cris rauques, le raire, pour appeler les femelles. La gestation de la daine est de 8 mois, nâit un faon parfois deux au mois de juin/juillet. Les bois des mâles atteignent leur plus grand développement en septembre et tombent en mai.

Vitesse

Le daim peut courir a la vitesse de 50 km/h et faire des bonds de 1,80 mètres de hauteur.

Longévité

Jusqu'à 25 ans, mais dans les climats rude de l'europe, sa durée de vie est de 16 ans.


 



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