NON AUX MASSACRES
DE LA FAUNE SAUVAGE

Nuisibles




LES NUISIBLES

Ne sont pas traités le problème des rats et souris ni des insectes tués eux aussi massivement.
En France tout animal peut être considéré comme « nuisible » (même s'il est dans la liste nationale des espèces protégées) par les pouvoirs publics. Mais les procédures sont diverses suivant l'espèce considérée.
Toute la loi est organisée pour pouvoir tuer sans encombre tout animal considéré comme nuisible. Il ne faut pas trop s'attarder aux textes de lois qui de toute façon sont modifiés suivant les circonstances. Mais il reste un grand principe directeur : l'animal n'a aucun droit et dès qu'il gêne un groupe de pression divers il est systématiquement éliminé. C'est la seule solution qu'on a trouvée pour gérer la difficile cohabitation de l'homme civilisé et hyper-envahissant avec l'animal. Un peu facile non ?
LOIS FRANÇAISES
la liberté de tuer

Espèces protégées : autorisation ministérielle (domaine public et privé).
Espèces sauvages diverses sans prescriptions particulières : autorisation préfectorale ou municipale (domaine public et privé).
Espèces sauvages classées nuisibles dans le département choisies sur une liste nationale que les personnes privées peuvent tuer (souvent toute l'année) sur leur propriété.
Espèces sauvages dites fauves que les personnes privées peuvent tuer sur leur propriété.
Oiseaux domestiques considérés comme nuisibles que les personnes privées peuvent tuer sur leur propriété.
Espèces sauvages « gros gibier » soumises à un plan de chasse obligatoire et à des battues ordonnées par le préfet ou par le maire sur délégation.
Les animaux de compagnie ou domestique de rente abandonnés, euthanasiés au bout d'un délai de garde obligatoire.
Les animaux domestiques ou sauvages propagateurs de maladies contagieuses : autorisation ministérielle.
D'un point de vu scientifique la notion de nuisibles n'a aucun sens. Les parasites d'une espèce non sujet de sollicitude (le plus souvent non domestiquée) ne sont pas qualifiés de nuisibles. Cette notion n'est donc pas utilisée en écologie, tous les animaux jouant un rôle dans leur écosystème. Un organisme nuisible est un organisme dont l'activité est considérée comme négative envers l'homme. Il peut s'agir de plantes, d'animaux, de virus, de bactéries, de mycoplasmes ou autres agents pathogènes. C'est un concept relatif à un lieu et à une époque : aujourd'hui, certaines espèces considérées autrefois comme nuisibles sont protégées et bénéficient parfois de programmes de réintroductions : c'est par exemple le cas en France de grands carnassiers comme le lynx, ou encore l'ours, du Hamster d'Europe ou de certains vautours.

Dans la majorité des cas des méthodes indirectes de prévention suffisent à contenir les « nuisibles » sans les massacres de masses habituels mais encore faut-il s'en donner les moyens; mais c'est tellement plus facile de tuer!

En fait il existe une grande variété dans la nocivité d''un animal. Quoi de commun entre un requin attaquant un homme, des termites détruisant une charpente et un pigeon biset de ville qui fiente sur le bord de votre fenêtre? S'ils sont tous considérés comme nuisibles ce n'est pas au même titre.
Pour le requin : on peut considérer qu'il est normal de tuer un animal (sans le faire souffrir et si on ne pas d'autres méthodes disponibles) pour protéger sa vie.
Si vous découvrez une maison infestée de termite, là aussi vous n'avez pas le choix car ces insectes sont de véritables nuisibles. Mais à l'avenir il faudrait privilégier les structures naturellement non cibles de ces animaux pour la construction (méthodes alternatives).
Pour le pigeon cela devient plus que subjectif, tolérez-vous la nature, le vivant ou ne suivez-vous pas la tendance moderne hygiéniste qui ne supporte plus aucun animal. C'est une tendance profonde de notre civilisation technoscientifique où la population vit enfermée dans des bâtiments aseptisés autour de machines et communiquant sur de longues distances de manière instantanée avec des outils toujours plus raffinée. Un monde virtuel coupé de la nature et des animaux sauvages qui font peur et qu'on doit détruire. L'animal devient une machine, de la viande, une ressource, un vecteur de microbes, un danger, une nuisance, qu'on utilise, fait multiplier, détruit sans considération de sa valeur en soi, de sa richesse; plus aucun respect dans un monde obnubilé par le culte de la puissance de soi baigné de croyances pseudo-scientifiques matérialistes. Un réductionnisme matérialiste fatal pour les animaux.

Dans la mouvance appropriatrice du vivant une nouvelle tendance conceptuelle a pris de l'ampleur ces dernières années. Les espèces invasives. On considère ici que les écosystèmes doivent être permanents et inchangés et qu'on doit intervenir pour les protéger en détruisant les nouveaux entrants indésirables. Une ineptie scientifique puisque les équilibres naturels sont impermanents par nature et les écosystèmes interdépendants. A l'époque de la mondialisation qui génère un déplacement toujours plus important des hommes il est normal que des espèces sauvages fassent de même. C'est inévitable. La mondialisation pour l'homme oui mais pas pour les animaux! Il va falloir en tuer beaucoup d'espèces invasives si on veut maintenir artificiellement les territoires isolés et inchangés, aux paysages simplifiés par l'activité humaine.
En fait en asservissant égoïstement la nature à son appétit jamais satisfait l'homme détruit peu à peu celle-ci.
Massacres en pure perte puisque selon certains experts :
il est difficile de soutenir que l'expansion d'une minorité d'espèces exotiques puisse être à l'origine du bouleversement généralisé des écosystèmes et de la raréfaction des espèces spécialistes, en France et ailleurs.
C'est bien plutôt la transformation massive des habitats depuis quelques décennies, due au changement d'usage des terres, à l'intensification de l'agriculture, au changement climatique, qui a fragilisé les espèces spécialistes ( en particulier celles des milieux agricoles) et permis l'expansion d'espèces généralistes ou adaptées aux milieux perturbés - qu'elles soient natives ou exotiques. Plus exigeantes sur leurs conditions de vie, les espèces spécialistes deviennent moins compétitives que les généralistes dans les habitats perturbés, et leur cèdent la place.
La conversion de forêts en terres agricoles et la pollution des sols ne font pas que modifier la composition des communautés animales, végétales et microbiennes ; elles réduiront aussi considérablement le nombre d'espèces qui peupleront la biosphère.


Et si nous relâchions notre mainmise sur les êtres et les choses et renoncions à les asservir à nos projets et leur rendions leur liberté primitive, peut-être que nos entraves se briseraient.

MENU



La notion de nuisible en protection des végétaux

Dans le domaine de la protection des cultures, un organisme nuisible est un organisme vivant appartenant au règne animal ou végétal, ainsi que les virus, bactéries ou autres agents pathogènes, dont la présence n'est pas souhaitée en raison d'un effet néfaste pour les végétaux ou les produits végétaux. On parle de « ravageurs » pour les animaux déprédateurs ou parasites des plantes, et de maladies pour les attaques de champignons, bactéries, phytoplasmes et virus.

Les animaux considérés comme des ravageurs des cultures appartiennent aux groupes suivants :
des mammifères (mulot, campagnol, lapin de garenne, taupe, sanglier) ; des oiseaux (corbeau freux, corneille noire, étourneau sansonnet, pie bavarde, pigeon ramier) ;
des mollusques (limace, escargot) ;
des arachnides (acariens, comme les tétraniques ou araignées rouges);
des insectes (groupe de loin le plus important) ;
des myriapodes (mille-pattes, blaniule) ;
des nématodes (anguillule).

Les végétaux supérieurs peuvent aussi être des ennemis des plantes cultivées :
plantes parasites (gui, cuscute, orobanche, rhinanthe…) ;
mauvaises herbes, dont l'action néfaste sur les cultures s'exerce, en tant que parasites indirects, par une concurrence pour l'accès aux éléments nutritifs, à l'eau, à la lumière et à l'espace.
Alternatives à la destruction des oiseaux nuisibles à l'agriculture



- absence de volonté politique

- opposition du milieu rural pour développer de nouvelles approches

- absence de financement d'une recherche fondamentale et appliquée suffisamment étoffée

- manque d’intérêt du secteur industriel pour la protection des cultures contre les oiseaux

- nombreuses lacunes sur le plan de la connaissance biologique et comportementale de certaines espèces prédatrices

- répulsifs chimiques : désintérêt des groupes industriels pour la fabrication de ce type de produits compte tenu du coût de la recherche et de l’homologation dans ce domaine


M. Philippe CLERGEAU écologue, chef du laboratoire de faune sauvage (I.N.R.A. - université de Rennes) envisage une nouvelle approche qui est la gestion intégrée des populations d’oiseaux. Cette méthode qui implique une gestion raisonnée et simultanée des populations et des ressources (notamment nourriture) débouche directement sur une modification des types de cultures et des paysages.


M. Bruno HAMONET de la fédération régionale des groupements de défense contre les ennemis des cultures a expérimenté une méthode de déstabilisation de populations d’oiseaux menée sur les étourneaux pendant sept ans. Cette méthodologie menée parallèlement aux classiques effarouchements acoustiques a utilisé l’effarouchement pyro-optique associé à des mises en éclaircies des peuplements résineux servant de dortoirs.
A l’issue de l’expérimentation cette méthode conduit à la conclusion suivante:

- Certains matériels techniques ont une efficacité relative mais aussi ils conduisent à un report des populations sur d’autres sites.

- Le concept de déstabilisation d’une population d’oiseaux sur un espace géographique a largement montré ses limites.


M. Gérald GUEDON de l’association de coordination technique agricole a fait une synthèse de différents travaux de cette association qui constitue le premier groupe de travail sur des oiseaux en agriculture et qui comprend des représentants de l’I.N.R.A., de la protection des végétaux, du muséum national d’histoire naturelle et de divers organismes professionnels. Ses études menées depuis plus de vingt ans ont mis en évidence la difficulté de trouver d’autres solutions satisfaisantes, du fait notamment du manque d’intérêt du secteur industriel pour la protection des cultures contre les oiseaux mais aussi des nombreuses lacunes sur le plan de la connaissance biologique et comportementale de certaines espèces prédatrices. Le ministère chargé de l ’environnement, la fédération nationale des groupements de protection des cultures et l’assemblée permanente des chambres d’ agriculture participent aux réflexions engagées. L’objectif et la recherche de moyens pratiques de protection permettant d’abaisser le niveau des dégâts en dessous du seuil de nuisibilité et la limitation des populations. Pour le moment il ne s’agit que d’un objectif dont la satisfaction dépend du financement correct des groupes de travail eux mêmes alimentés par une recherche fondamentale et appliquée suffisamment étoffée.
Au sein de cette même association M. Pierre DOUVILLE de FRANSSU a étudié pour tenter d’éloigner les oiseaux de certains aliments l’utilisation de répulsifs chimiques. Il s’est heurté à l’inexistence de produits spécifiques (toujours pour des raisons de désintérêt des groupes industriels pour la fabrication de ce type de produits compte tenu du coût de la recherche et de l’homologation dans ce domaine). Ce sont donc des produits déjà homologués du genre insecticides ou fongicides, qui sont utilisés en solutions à dosages aléatoires avec une efficacité imprécise mais aussi des effets secondaires toxiques imprévisibles.


S.I.C.A. CEVAM. Cette association mène chaque année des essais en recherche, des expérimentations sur des cultures oléagineuses, protéagineuses et céréalières. Elle s’associe pour cela à des organismes comme le centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains, l’association blé dur développement, l’institut technique des céréales et fourrages et la chambre d’agriculture. Malgré les multiples protections testées (dont filets et canons Tonnfort) sur quelques cinq cents parcelles , des dégâts importants sont toujours constatés.
 




ESPÈCES NUISIBLES TRADITIONNELLES
qu'un particulier peut abattre sur sa propriété


Arrêté du 30 septembre 1988 Fixant la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles.

Article 1
Modifié par Arrêté du 2 décembre 2008
La liste des espèces d'animaux susceptibles d'être classés nuisibles par le préfet est fixée comme suit :
(cliquez sur le nom de l'espèce considérée pour plus de détails)


Mammifères
Chien viverrin (nyctereutes procyonoides).
Fouine (martes foina).
Lapin de garenne (oryctolagus cuniculus).
Ragondin (myocastor coypus).
Rat musqué (ondatra zibethica).
Raton laveur (procyon lotor).
Renard (vulpes vulpes).
Sanglier (sus scrofa).
Vison d'Amérique (mustela vison).
Putois (Mustela putorius).

Martre (Martes martes). arrête du 02/12/2008 suspendu le 26/02/09
Belette (Mustela nivalis). arrête du 02/12/2008 suspendu le 26/02/09

Oiseaux
Corbeau freux (corvus frugilegus).
Corneille noire (corvus corone corone).
Etourneau sansonnet (sturnus vulgaris).
Geai des chênes (garrulus glandarius).
Pie bavarde (pica pica).
Pigeon ramier (colomba palumbus).



ESPÈCES DONT LE PIÉGEAGE EST AUTORISÉÉS


Chien viverrin


Le chien viverrin également connu sous le nom japonais de tanuki (Nyctereutes procyonoides) est une espèce qui ressemble à un raton-laveur mais appartient à la famille des canidés dont il est le seul représentant à hiberner. C'est la seule espèce du genre Nyctereutes.

Ce canidé à la morphologie trapue est davantage un opportuniste alimentaire qu'un réel prédateur. Charognes, œufs, insectes, oisillons, escargots, petits rongeurs, grenouilles et même crapauds au venin desquels il semble résister, constituent l'essentiel de son régime alimentaire enrichi toutefois de quelques végétaux type baies ou champignons. Pêcheur très habile. Durant l'automne, le poids du viverrin augmente considérablement afin de lui permettre de constituer des réserves pour l'hibernation. Cependant, l'hibernation n'est pas systématique puisqu'elle dépend de la température.

Originaire d'Asie, il a été introduit en Russie pour sa fourrure (élevage). Depuis, il s'est répandu en Europe Centrale et se propage en France. Longueur : 50 à 65 cm. Queue : 15 à 20 cm. Poids : 10 kg maximum.

Habitat & moeurs: Régions boisées de plaine. Apprécie les forêts feuillues et mixtes touffues au voisinage de l’eau. Nocturne et crépusculaire. Très méfiant. En général solitaire.

Reproduction : Rut de février à avril – Gestation de 8 à 9 semaines – Entre 6 et 12 petits par portée – Allaite pendant 8 semaines – Indépendant à 4 mois – Maturité sexuelle à un an – Longévité : 12 ans.

Peu tués en France.

Les chasseurs lui reprochent de s'attaquer aux poissons, volailles, lapin, lièvre.

Prédateurs : Loup, chien domestique, renard, blaireau, ours, lynx et hibou grand-duc.

Pièges utilisés (toute l'année) : Boite à fauve, collet à arrêtoir, pièges à lacet.




Fouine


La fouine (Martes foina) est une espèce de mammifère carnivore d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie, au pelage gris-brun, courte sur patte, de mœurs nocturnes, qui s'attaque volontiers aux poules des poulaillers et surtout à leurs œufs. C'est une martre (ou marte) faisant partie de la famille des mustélidés, au même titre que la belette, le blaireau ou le putois, petits mammifères carnivores se caractérisant souvent par leur odeur forte.

Sa longueur va de 40 à 54 centimètres et son poids se situe entre 1,1 et 2,3 kilogrammes. La fouine vit a une espérance de vie de trois ans, l'âge maximal en liberté étant de 10 ans. Élevée par des hommes, elle peut toutefois atteindre l'âge de 18 ans.La fouine (Martes foina) est très proche de la martre commune (Martes martes), à tel point que lors d'une observation la confusion est possible même si elles ne sont pas interfécondes.

La fouine est capable d'occuper des milieux très variés. Elle vit spécialement dans la campagne (bois et vergers) mais aussi à proximité des habitations et jusque dans les villes, gîtant dans les granges et les greniers. Elle grimpe bien mais ne se risque pas aussi haut que la martre commune, plus liée à la forêt. Il s'agit d'ailleurs de la seule espèce de martre à ne pas vivre exclusivement dans la forêt.

Son activité est surtout nocturne. Elle est opportuniste et se nourrit selon les saisons, de petits mammifères, de fruits, d'oiseaux de déchets trouvés près des habitations. Il lui arrive de dévaster un poulailler lorsqu'elle est à la recherche d'oeufs. Excitée par la panique créée chez les poules, elle tue tout ce qui bouge. Bien qu'essentiellement carnivore, les produits végétaux constituent (baies et fruits) constituent une part importante de son alimentation.

Elle aimerait aussi s'attaquer aux circuits électriques des voitures et à l'isolation des maisons. Elle est pour cela souvent considérée comme “nuisible”, c’est alors un “puant” actuellement régulé par des piégeurs agréés alors qu’à l’époque de la Rome antique, elle était adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations.

Reproduction : le rut a lieu de juin à août, implantation de l'œuf différée de 8 mois, gestation réelle de 56 jours environ, mise bas de 2 à 7 jeunes en mars-avril, sevrage à 7-8 semaines. Longévité : 10 ans et plus.

Prédateurs : Renard, blaireau, hibou grand-duc.

Pièges utilisés (toute l'année) : Boite à fauve, piège à œuf, piège à appât carné, cage tuante et piège en X ; assommoir perché.




Le Putois


Le putois (Mustela putorius putorius) est un animal de la famille des mustélidés voisin de la belette, du vison, de la loutre et de l'hermine. Le furet (Mustela putorius furo) est la forme domestique du putois. Description : Longueur totale : 43 à 60 cm, queue :10 à 16 cm, poids de 430 à 1600 g, femelles plus petites que les mâles, 34 dents. L'espérance de vie maximum connue dans la nature est de 4 ou 5 ans et 14 ans en captivité. C'est un animal essentiellement nocturne, silencieux, furtif, et assez discret. Il se rencontre en forêt mais surtout dans les lieux humides: bordure d’étangs et marais. Il creuse souvent son terrier sous les racines des arbres.

Sa nourriture est principalement constituée de grenouilles et de campagnols, mais aussi parfois de rats ou d'autres petites proies. C'est un des rares prédateurs à amasser des proies (principalement des grenouilles) dans des "réserves alimentaires" au printemps. On considère souvent que l'une de ses proies favorites est le lapin de garenne qu'il surprend dans son terrier, mais il n'incorpore le lapin que dans son régime d'été. Plus rarement, il peut s'en prendre au jeune lièvre dont il remonte la trace. Pour ces dernières proies qui le dépassent souvent en taille (tel le lapin), on dit qu'il se contente le plus souvent de les saigner à mort et de dévorer ensuite les organes nobles (foie, cœur, poumons). Il est connu également comme prédateur des cailles et perdrix surprises au sol, de nuit, durant leur sommeil. Pour sa prédation relative exercée sur le petit gibier, il a longtemps fait l'objet, à tort, d'un piégeage intensif. Selon le professeur Thierry Lodé, spécialiste de l'espèce, son domaine vital s'étend sur un kilomètre carré et l'espèce est capable de s'hybrider avec le très rare Vison d'Europe (Mustela lutreola). Il grimpe rarement mais plonge et nage très bien. S’il est en danger, il glousse, siffle et gronde. Sous l’effet de la frayeur ou de la douleur, il libère le contenu de ses glandes anales sous la forme d'un aérosol dont l’odeur désagréable lui a valu le nom de “puant”. Les vêtements qui en sont imprégnés sont rendus inutilisables pour au moins 24 heures tellement l'odeur en est insupportable. le piégeage ainsi que la disparition d'un grand nombre de lapins de garenne à cause de la myxomatose ont contribué à sa raréfaction. La modification des milieux humides ainsi que la pollution de l'eau sont aussi des éléments à ne pas négliger.

Prédateurs : Blaireau, renard, martre, hibou grand-duc.

Pièges utilisés : Boite à fauve, pièges en X.




Le ragondin


Le ragondin (Myocastor coypus) est un mammifère originaire d'Amérique du Sud, introduit en Europe au XIXe siècle pour l'exploitation de sa fourrure. Tous les individus présents en Europe proviennent d'évasions ou de lâchers volontaires.

Poids moyen : 5–9 kg. Taille : un corps de 40–60 cm et une queue de 30 à 45 cm.

De mœurs à tendance crépusculaire et nocturne, il peut avoir une activité diurne non négligeable. Présent dans seulement quelques départements français lors de son introduction, il est désormais présent dans plus de 70 départements. Il a colonisé des régions telles que le marais Poitevin, la Camargue ou les Landes dans une moindre mesure. Il est maintenant présent dans les régions du sud de la France (Lot-et-Garonne, Pyrénées-Orientales, Aude, Gard, Tarn, Haute-Garonne,...) mais on le trouve également sporadiquement dans certaines régions plus au nord (sud de l'Île-de-France et Alsace notamment...). Sa durée de vie de 4 à 5 ans lui permet cependant d'avoir 2 à 3 portées de 5 à 6 petits par an. e. Le ragondin, animal très prolifique, n'a pas de véritable prédateur.

Prédateurs : Fouine et vison (jeunes), loutre, blaireau, renard, chien domestique.

Pièges utilisés : Boite à fauve, piège en X, cage tuante, bidon à ragondin (1ère catégorie) et bidon tuant par noyade (6ème catégorie).

Dégâts attribués : Cultures (maïs, céréales), cultures maraîchères, talus et digues.

Considéré comme une espèce invasive.




Le raton laveur


Le raton laveur, ou plus exactement le raton laveur commun (Procyon lotor, Linnaeus 1758), est un mammifère omnivore originaire d’Amérique et réintroduit en Europe dans les années 1930 après sa disparition, un siècle plus tôt. Il doit son nom à son habitude, plus ou moins réelle, de tremper ses aliments dans l’eau avant de les manger. L’animal, de la famille des procyonidae, est essentiellement nocturne et grimpe facilement aux arbres grâce à ses doigts agiles et à ses griffes acérées. Taille allant de celle du chat domestique à celle du renard, en plus trapu. Pattes courtes, museau pointu, queue touffue. Pelage gris à gris brun, ventre plus clair, masque blanc en noir, queue annelée de blanc en noir. Longueur : 46-70 cm. Queue : 20-30cm. Poids : 5-6 kg. Femelle légèrement plus petite.

Habitat & moeurs: Forêt de feuillus et mixtes, paysages de parc avec eaux stagnantes ou assez lentes. Nocturne ou crépusculaire. Grimpe et nage bien. Solitaire sauf à l’époque du rut et lorsque les jeunes sont nés. Se repose le jour dans un trou dans un arbre (assez élevé). Dort pendant plusieurs jours l’hiver mais n’hiberne pas.

Omnivore, le raton laveur a un régime alimentaire varié mais préfère néanmoins les invertébrés, les insectes, les vers et les larves. Étant protégé des piqûres par son épaisse fourrure, il s’attaque aussi aux nids d’insectes. Il mange de petits animaux aquatiques : palourdes d’eau douce, moules, écrevisses, poissons, grenouilles, tortues, amphibiens et huîtres. Il s’alimente aussi de petits mammifères (rats musqués, mulots). En été et en automne, il privilégie le maïs, les fruits, les baies, les glands et les noix. Dans les villes, il fouille dans les poubelles qu’il ouvre aisément avec ses doigts agiles. Il lui arrive de manger des charognes. La croyance populaire selon laquelle le raton laveur lave sa nourriture avant de la consommer vient du fait qu’il se nourrit généralement de petits animaux aquatiques et frotte souvent sa nourriture entre ses mains comme pour la pétrir. Ainsi, des amas de coquilles de palourdes sur la rive d’un cours d’eau ou de tiges rompues dans les champs de maïs sont des signes de sa présence.

Reproduction : Rut de décembre à mars. Gestation : 8 à 10 semaines. Portée de 2 à 7 petits. Allaitement : 6 semaines. Maturité sexuelle au cours de la deuxième année. Atteint 20 ans.

Dans les années 1930, le raton laveur est réintroduit en URSS et en Allemagne pour sa fourrure, dans des fermes d’élevage et pour ajouter à la faune des forêts une espèce disparue depuis plusieurs siècles en Europe. Parfaitement acclimaté et en l’absence de prédateurs, il a proliféré depuis. Aujourd’hui, on compte environ 100 000 ratons laveurs en Europe. L’espèce est présente au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France (Aisne où il aurait été introduit par des soldats américains), en Suisse, en Pologne et en Belgique. Aujourd’hui, il est considéré comme une menace pour la biodiversité et a été classé par le Conseil de l’Europe comme espèce invasive dont l’éradication est conseillée en raison de son impact sur la faune locale,

Prédateurs : Chiens errants, renard, loup, lynx, chat sauvage, blaireau et autres mustélidés pour les jeunes.

Pièges utilisés : Boite à fauve, collet à arrêtoir, pièges à lacet.




Le rat musqué


Le rat musqué (Ondatra zibethicus) est un rongeur de la famille des muridés de 30 à 40 cm de long, pesant jusqu'à 1,5 kg (sec). Il est réputé pouvoir vivre une dizaine d'années en captivité, mais il ne dépasse que rarement 3 ou 4 ans dans la nature. Excellent nageur, il peut parcourir près de 100 m sans respirer sous l'eau ou y rester submergé et immobile plus de 15 minutes s'il se sent menacé.

Originaire d'Amérique du Nord, il a été introduit en Europe au début du XXe siècle pour sa fourrure et comme sujet de curiosité (en Bohême au début du XXe siècle). Il a été élevé dans de nombreux élevages en Europe, avant que des individus échappés d'élevages ou volontairement libérés dans la nature ne colonisent les milieux naturels et agricoles. Il est devenu dans les années 1960 le mammifère le plus commun des cours d'eau des zones agricoles d'Europe de l'Ouest où il cause d'importants dégâts. C'est un herbivore, mais si son régime alimentaire est essentiellement composé de végétaux, il le complète en hiver par quelques animaux aquatiques. C'est un animal relativement ubiquiste, mais qui reste amphibie.

Il ne vit qu'à grande proximité des eaux dormantes ou courantes ; il creuse des terriers dans les berges débouchant normalement sous l'eau, ou lorsqu'il n'est pas dérangé construit des « huttes » rappelant celles des castors : amoncellements de branches et débris végétaux dans les roselières. Il apprécie peu les berges en pentes très douces, notamment si elles sont piétinées par les animaux (son terrier s'effondre). Dès qu'il peut y creuser un terrier, éventuellement en passant sous les parois de béton, il n'hésite pas à coloniser les berges de canaux très fréquentés.

Cette espèce invasive a colonisé les cours d'eau du nord de la France et de la Belgique dans les années 1960 à partir d'animaux introduits ou échappés d'élevages, ou relachés par des éleveurs alors que le cours de la fourrure chutait.

Il fait partie des espèces invasives en Europe, classé nuisible et faisant l'objet d'une lutte intensive dans les zones agricoles situées entre les Pays-Bas et la région parisienne. Il cause des dégâts physiques aux digues et aux berges qu'il sape avec ses terriers. Il a aussi un impact significatif sur les roselières (mesuré par l'ONCFS en France en comparant des zones de roselières protégées par des grillages (exclos) avec des zones non protégées). Capable de mobiliser environ 1 m3 de terre par an, le rat musqué y dégrade en effet les berges raides des fossés et des cours d'eau qui drainent les zones cultivées. Il déchausse les saules plantés au bord des mares et cours d'eau. Il est très difficile de le chasser et plus encore de l'éradiquer, car il se reproduit rapidement et il bénéficie dans ces régions d'une quasi-absence de prédateurs et d'une nourriture facile et très énergétique partout où les champs avoisinent les cours d'eau, ce qui est devenu très fréquent depuis que les remembrements dans les années 60 à 80 ont mis en culture des milliers de prairies alluviales et de bas-pays (céréales, maïs et pommes de terre ainsi que les betteraves sont appréciés de l'Ondatra).

Dans cette région, l'USAN (Union des Syndicats d'Assainissement du Nord) coordonne la lutte contre le rat musqué sur son territoire et en lien avec ses homologues belges (flamands et wallons) depuis avril 1968.

Prédateurs : Surtout la loutre, vison, putois, renard, hibou grand-duc, busard des roseaux (pour les jeunes).

Pièges utilisés : Boite à fauve, cage tuante, pièges en X, pièges de 6ème catégorie.

Considéré comme une espèce invasive.




Le vison d'Amérique


Le vison d'Amérique (Neovison vison) est un animal de la famille des Mustelidae. Habitat & moeurs: Le vison fréquente les forêts et les broussailles à proximité des rivières et des cours d'eau. On le trouve aussi dans les marais et le long des côtes, et parfois en milieu urbain le long des cours d'eau. Le vison habite souvent le terrier abandonné d'un rat musqué mais peut également creuser le sien. Il est actif à l'année et s'affaire surtout la nuit. Lorsque menacé, il grogne, chuinte et émet un liquide nauséabond par ses glandes anales. Ce liquide sert également à marquer son territoire.

Régime alimentaire : Il se nourrit de poissons, de grenouilles, de serpents, d'écrevisses et autres invertébrés. Il mange aussi des oiseaux, en particulier des canards, et s'attaque à divers petits mammifères. Grâce à ses pattes légèrement palmées, il peut plonger sous l'eau jusqu'à une profondeur de 5 mètres pour capturer des poissons. Il s'introduit parfois dans les poulaillers et les piscicultures.

Reproduction : L'accouplement a lieu en février et mars et il n'y a qu'une porté par année. De 2 à 10 petits (moyenne 3 à 4) naissent en avril ou mai après une gestation moyenne de 51 jours. Ils ont les yeux fermés et sont nus ou couverts d'un fin duvet blanc. Ils ouvrent les yeux à 25 jours, sont sevrés à l'âge de 5 ou 6 mois et parviennent à maturité à 10 mois. Le vison vit en moyenne de 3 à 6 ans.

Inféodé à l'eau, le vison d'Amérique construit sa tanière dans les rives des rivières et cours d'eau. On le trouve à l'origine aux États-Unis et au Canada, mais il a été introduit en Europe et élevé pour sa fourrure. Des individus échappés ont ensuite colonisé les milieux naturels, dans les pays du nord (Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Suède, Finlande), mais également en France ou en Espagne. En France, Le vison occupe environ 2 km de rives des cours d'eau et il est particulièrement répandu en Bretagne. Il exploite une niche écologique proche de celle de son cousin européen, le Vison d'Europe (Mustela lutreola) . Ces deux espèces entrent donc en compétition, ce qui participe à fragiliser les populations de visons d'Europe. Un programme expérimental de contrôle du vison d'Amérique est en cours dans le sud des Landes avec capture, dépistage sérologique puis stérilisation.

Prédateurs : Loutre, renard, chien viverrin, raton laveur, hibou grand-duc.

Pièges utilisés : Boite à fauve, pièges en X.

Considéré comme une espèce invasive.




Le geai des chênes


Le geai des chênes (Garrulus glandarius) est un passereau de la famille des corvidés. Le geai des chênes se distingue du merle par sa taille et son plumage contrasté. La femelle et le mâle ne se distinguent que par la taille, 30 à 36 cm, plus modeste chez la femelle. Son régime alimentaire est omnivore mais à dominante végétale. Il affectionne particulièrement les glands des chênes qu'il cache pour l'hiver, et en particulier du chêne pédonculé. Il se régale de préférence de glands qu'il sélectionne rigoureusement en fonction de leur maturité, de leur taille et de leur qualité, en particulier, il veille à ce qu'ils soient exempts de parasites. Au printemps et en été, il se nourrit des glands enterrés et qui ont germé, mais aussi d'autres graines diverses, qu'il n'hésite pas à aller chercher dans les cultures à la lisière des bois. Il apprécie particulièrement le maïs, qui dans certaines zones est devenu une part importante de sa consommation, mais ses prélèvements sont suffisamment limités et localisés, pour ne pas qu'il soit réellement considéré comme « nuisible ».

Il consomme aussi des insectes, des vers de terre, des fruits. Il peut à l'occasion être prédateur et n'hésite pas à s'attaquer aux nids des autres oiseaux pour manger les œufs et même les oisillons, ce qui lui a donné une solide réputation de pilleurs de nids.

Sous son bec, il possède une petite poche dans laquelle il peut aisément stocker les graines qu'il récolte. La capacité de cette poche est de trois à quatre glands qu'il peut ainsi transporter avant de les cacher, car tout au long de l'automne, il se constitue des réserves, qu'il dissimule sous des racines, des mousses, à l'intérieur de souches d'arbre ou même sous le tapis de feuilles. Pour retrouver ses réserves, il a la capacité de mémoriser des points de repères qu'il observe soigneusement. Lorsque les points de repères ne sont pas suffisants, il va jusqu'à placer à côté de sa cachette des petits cailloux qu'il utilisera comme autant de balises. Cependant si ses points de repères sont déplacés ou disparaissent, le geai des chênes devient incapable de retrouver la cachette de ses réserves. Ainsi le geai des chênes est le meilleur propagateur des chênes et des hêtres. Il a été estimé que chaque geai des chênes disperse plus d'un millier de glands chaque année. Il en mange une partie d'entre eux et en oublie une autre qui pourra germer et croître.

Son chant est très varié, passant de cris rauques, brefs, forts et stridents aux gloussements, sifflements et parfois même à des espèces de miaulements, on dit que le geai cacarde, cajole, cageole, frigulote ou jase. C'est en fait un bon imitateur et il a la capacité de reproduire des chants ou des cris d'autres oiseaux et même de mammifères comme le chat ou le cheval. À la fin de l'hiver et au début du printemps il émet une multitude de sons inspirés de ceux qu'il a entendus dans la forêt ou à sa lisière. Dans les parcs et jardins des villes, il apprécie les arachides, les vers, les légumes, les céréales, les noix et les baies. Le geai des chênes ne se sent pas à l'aise sur les terrains découverts, il niche de préférence dans les bocages et dans les bois (feuillus aussi bien que conifères, également en altitude), mais peut aussi vivre dans les parcs et jardins des villes, petites et même grandes. Le geai des chênes est une espèce protégée en Belgique et en Suisse, mais pas en France, où, du fait de l'accroissement général des forêts (naturel ou de reboisement), ses effectifs progressent de manière continue.

Prédateurs : Chat forestier, lynx, martre, rapaces diurnes et nocturnes.

Pièges utilisés : Piège à filet, "pousse au cul"

Dégâts attribués : Principalement vergers.




L'étourneau sansonnet


L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un oiseau passereau de la famille des sturnidés, originaire de la plus grande partie de l'Eurasie, mais qui a été introduit en Afrique du Sud, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. C'est l'une des quelques espèces qui semble bien s'adapter au contexte urbain. Ses populations urbaines et périurbaines se sont récemment densifiées, au point de le faire considérer localement comme espèce envahissante, voire invasive.

Description : Taille : 21 cm Poids : 75 à 90 g. Identification : Les adultes paraissent noirs avec des reflets verts et violines, visibles surtout sur la tête et la poitrine chez les mâles adultes. Bec pointu jaune orangé et légèrement incurvé.

Habitat & moeurs: Régions cultivées, lisières de bois, villages et villes.

Régime alimentaire : C'est une espèce omnivore. Il peut être présent en bandes nombreuses dans les endroits où la nourriture est abondante (décharges, poubelles, mangeoire à bétail, vergers et mangeoire de jardin). La nourriture naturelle comprend des pommes, des cerises, des chenilles, des larves de tipule, des fourmis volantes.

Reproduction : Ponte : La femelle pond 4 ou 5 oeufs blanc pâle uni et brillants par portée.

Lorsqu'il est migrateur il constitue des bandes immenses qui s'organisent en dortoirs pour la nuit. Il est opportuniste et omnivore, son penchant pour les fruits (cerises, olives, raisin...) fait qu'il est peu apprécié par les cultivateurs en Europe de l'Ouest et au bord de la Méditerranée, mais il est apprécié par ceux d'Europe de l'Est car il y est essentiellement insectivore. C'est une espèce hautement grégaire qui forme d'énormes bandes en hiver, donnant un spectacle impressionnant à voir et à entendre, quand ils viennent le soir se percher dans des buissons de roseaux, attirant par là souvent des oiseaux de proie tels que les émerillons ou les éperviers. Originaire des forêts de feuillus, l'étourneau s'est établi au voisinage de l'homme : de grandes bandes (exceptionnellement jusqu'à un million d'individus), peuvent se former dans les centres des villes, où ils provoquent beaucoup de dommages avec leurs fientes. Le chant des mâles présente d'importantes variations qui semblent avoir une importance pour le choix de partenaire sexuel par les femelles

Prédateurs : Chat domestique (éventuellement), rapaces, corvidés.

Pièges utilisés : Piège à filet. Peu de pièges adaptés.

Dégâts attribués : Essentiellement cultures maraîchères et fruitières. Nuisances réelles en ville (fientes dans les dortoirs).




La corneille noire


La corneille noire (Corvus corone) est un oiseau de l'ordre des passériformes et de la famille des corvidés. La corneille est un oiseau qui se rencontre couramment en Europe du nord et en Amérique, principalement à la campagne, mais également en zone urbaine. Elle mesure de 44 à 51 cm de long pour un poids de 540 à 680 gr. Son envergure est de 94 à 109 cm. Elle possède une robe noire brillante, des pattes noires, un bec gris foncé à noir, trapu et effilé, qui la différencient de sa sœur, la corneille mantelée et de ses cousins plus grands et beaucoup plus rares, le corbeau freux ou le grand corbeau. Les deux sexes sont identiques. Son cri est rauque et puissant, on dit qu'elle criaille, craille, babille, corbine ou graille.

La corneille noire vit en couples territoriaux quand elle est adulte, en bande pour les juvéniles. Sa période de nidification s'étend de mars à juin : le nid, constitué de brindilles, est installé le plus souvent sur la fourche d'un arbre, mais on en voit aussi dans des structures métalliques et parfois même au sol. Elle pond une seule fois, jusqu'à une demi-douzaine d'œufs.

Elle se nourrit surtout de cadavres, de petits animaux (en bord de mer, elle est capable de se nourrir de coquillages) et, en zone d'habitation humaine, de déchets. Elle pille également les autres nids. A la campagne elle craint le voisinage de l'homme qui souvent cherche à la détruire ignorant les services qu'elle lui rend et ne lui reprochant que les dégâts qu'elle peut occasionner aux cultures, mais en ville elle a su parfaitement s'y habituer, s'approchant de très près de ceux qui la nourrissent. Sa longévité serait d'une vingtaine d'années.

Prédateurs : Pratiquement aucun prédateur important. Occasionnellement rapaces, chat forestier et lynx.

Pièges utilisés : Essentiellement la cage à corvidés (corbeautière)

Dégâts attribués : Vergers, céréales (maïs), lapereaux, levrauts, petit gibier à plume. Il lui arrive aussi d'attaquer les agneaux, voire les veaux, nouveaux nés en leur crevant les yeux.




Le Corbeau freux


Le Corbeau freux (Corvus frugilegus) est un corvidé de la même taille que la Corneille noire avec laquelle on peut le confondre. Les corbeaux freux sont des animaux grégaires qui nichent en colonies. Ce passereau mesure de 40 à 47 cm et pèse 380 à 520 g pour une envergure de 77 à 90 cm et une longévité de 20 ans . Son plumage noir a des reflets métalliques variant du violet au bleuâtre. Son bec est droit et clair avec une peau blanchâtre à la base, ce qui le distingue de la corneille noire. Mâle et femelle sont rigoureusement identiques et vivent en colonies (très) bruyantes. Le cri nasillard varie du grave (kraa, kraa) à l'aigu (kiou, kiou). On dit que le freux croaille, croasse ou graille. Il se nourrit de vers, de noix, de fruits, d'insectes, de rongeurs et de déchets. Il a bruyamment investi les arbres des parcs et des espaces verts des villes. Plusieurs facteurs expliquent son repli en ville : la tempête de 1999 a détruit les bosquets où il nichait habituellement. Comme pour l'humain, la ville constitue pour le freux un lieu de ralliement pour passer la nuit en groupe, après une journée de recherche de nourriture dans les régions environnantes. D'autre part, les arbres des villes, notamment les platanes, sont parmi les arbres les plus hauts dans certaines régions, et sont protégés du vent et du froid par les bâtiments environnants. L'abattage des arbres en bord de route le pousse à gagner les cités. Les habitants se plaignent de son croassement strident, des poubelles crevées, des déjections corrosives sur les carrosseries. Pour lutter contre sa prolifération, les villes ont plusieurs stratégies : effarouchement par rayon laser (ou haut-parleur), taille automnale des grands arbres et démontage des nids.

Prédateurs : Pratiquement aucun prédateur important. Occasionnellement rapaces, chat forestier et lynx.

Pièges utilisés : Essentiellement la cage à corvidés (corbeautière)

Dégâts attribués : Vergers, céréales (maïs), pelouse (terrains de golf) , lapereaux, levrauts, petit gibier à plume.




Pie bavarde


La pie bavarde (Pica pica), est l'un des grands corvidés les plus connus. Elles peuvent aisément être identifiées grâce à leur morphologie et à leur plumage noir et blanc caractéristique. Elles sont aussi connues sous le nom d'ageasse (dialecte poitevin) ou ajaça (occitan limousin) dans le sud-ouest de la France, ou encore d'agace (agaça) en Provence.

La pie jacasse. La pie bavarde a une longévité moyenne de 16 ans.

Taille : 40 à 51 cm Taille de la queue : 20 à 30 cm Envergure : 52 à 60 cm Poids : 200 à 250 g

La pie bavarde est omnivore : son régime alimentaire est constitué de petits rongeurs (dont le campagnol), de lézards, d'insectes et d'autres invertébrés, de fruits et de graines divers, d'œufs et d'oisillons, de détritus humains et de charognes.

La pie bavarde, Pica pica, est commune dans toute l'Europe mais aussi en Asie, au nord-ouest de l'Afrique et dans le nord de l'Amérique. L'espèce est plutôt sédentaire et vagabonde, en petit groupe, en hiver. Elle affectionne particulièrement les lieux où sont présents des bosquets, des petits bois ainsi que les parcs et jardins des zones urbaines. On la retrouve donc dans tous les types de milieux à l'exception des forêts denses. Comme d'autres corvidés, la pie bavarde, de nature grégaire (en particulier l'hiver), est une espèce bruyante et peu farouche qui aime à vivre dans le voisinage de l'homme, où elle trouve protection contre les rapaces et nourriture. Si elle sait se faire méfiante et discrète en cas de danger, c'est également un oiseau extrêmement curieux et attiré par les objets brillants ; ce comportement est sans doute à l'origine de sa réputation de voleuse.

Prédateurs : Chat forestier et domestique, lynx, rapaces.

Pièges utilisés : Cage à pie avec un appelant.

Dégâts attribués : Vergers, cultures maraîchères, nids.



BILAN DES QUELQUES ASSOCIATIONS DE PIÈGEURS

piégeage et tir au fusil, non comptés les piégeurs non adhérents, et les empoisonnements des corvidés par AlphaChloralose
ESPÈCES AISNE 2004 Pas-de-Calais 2000 piégeurs et déterreurs Saône-et-Loire 2004 Morbihan 2006 défense contre les ennemis des cultures Moselle 2007 Loir-et-Cher 2006 Eure 2006 Nord 2007 Ain 2007
renards 6 904 4 821 2 855 13 000 5 219 4 158
fouines 1 088 2 833 1 587 460
putois 159 1 707 715
ratons laveurs 572
Corneilles et corbeaux freux 11 578 22 072 3 567 2 272 8 000 9 033 6 218 18 076 23 500
pies bavardes 2 274 2 697 1 500 2 356 10 275 6 332
ragondins 7 236 12 522
rats musqués 463
pigeons de ville 20 000
pièges utilisés


 




LES ESPÈCES INVASIVES

Une espèce invasive ou espèce envahissante est une espèce vivante exotique qui devient un agent de perturbation nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes naturels ou semi naturels parmi lesquels elle s’est établie. Les phénomènes d'invasion biologique sont aujourd'hui considérés par l'ONU comme une des grandes causes de régression de la biodiversité, avec la pollution, la fragmentation écologique des écosystèmes et l'ensemble constitué par la chasse, la pêche et la surexploitation de certaines espèces. En réalité, il faudrait parler de « population invasive » et non d'espèce invasive.

La notion écologique d'espèce invasive est récente. Pour la comprendre, il faut savoir que les équilibres entre espèces au sein des écosystèmes, à échelle de temps humaine au moins, sont relativement bien établis. Sans intervention humaine, les phénomènes d'extension brutale de l'aire de répartition d'une espèce (dite invasive) sont extrêmement rares. L'homme, depuis qu'il a développé la chasse, l'agriculture et l'élevage, et plus encore depuis qu'il dispose de moyens techniques lui permettant d'être présent et de se déplacer rapidement sur tous les continents, est devenu le principal vecteur de déplacement d'espèces, volontairement ou accidentellement. Certaines ne sont devenues envahissantes que quand la chasse a fait disparaître leur prédateur ou que l'homme leur a offert une alimentation facile ou nouveau milieu facile à coloniser (par exemple pour le sanglier qui bénéficie de cultures et forêts monospécifiques notamment). Parfois elles colonisent simplement l'aire de répartition et la niche écologique d'espèces que l'homme a fait disparaître ou a affaibli. Beaucoup d'espèces introduites l'ont été involontairement ; le ballastage et déballastage des navires de commerce, le transport par les coques de péniches et de navires par exemple, est un vecteur d'introduction d'espèce qui a d'abord été ignoré, puis sous-estimé, et contre lequel peu de mesures sont prises. Certains comme Charles-François Boudouresque préfèrent parler d' espèces introduites pour marquer ce fait, mais toutes les espèces introduites ne se naturalisent pas, ni ne produisent une invasion biologique. Certaines demeurent très dépendantes des conditions artificielles provoquées par l'homme.

Les populations naturalisées échappent souvent au contrôle humain, mais toutes ne deviennent pas invasives. On estime qu'environ une espèce introduite sur mille devient invasive, c'est à dire en induisant un impact écologique (Cf. définition) mais cette notion a tout d'abord été une notion anthropique parce ce sont les impacts économiques ou sociaux sérieux que les humains ont remarqué en premier lieu.

L’homme est - depuis la préhistoire, mais de manière très exacerbée depuis 3 siècles - la cause d'introductions volontaires et involontaires d'espèces allochtones ; de trois manières :

- Introduction directe d'espèces allochtones (Ex : espèces cultivées, chassées, élevées, animaux de compagnies, dont NAC, arbre d'ornementation ou de sylviculture), mais aussi via le transport des biens et personnes (aérien et maritime notamment, via les eaux de ballastage de cargos et péniches..),

- Modification anthropique des habitats (Ex : creusement de canaux reliant deux bassins versants ou deux mers (Canal de Panama, Canal de Suez), bandes végétalisées homogènes (ex : Alignements de clones d'ormes dans le bocage et long de certaines routes, favorable à la diffusion de la Graphiose de l'orme, alignements de clones de peupliers le long de canaux, favorable à la diffusion de la rouille du peuplier, plantations monospécifiques de rosacées qui ont pu propager le feu bactérien le long des bandes centrales des autoroutes...)

- Modification de la structure des écosystèmes et des réseaux trophiques : en particulier dans le vieux monde où l'agriculture intensive a précocement contribué à une banalisation des paysages et des réseaux trophiques, alors que dans le même temps, la traque et la chasse des grands prédateurs (ont en Australie depuis 10 000 ans) faisaient disparaitre les grands prédateurs. L'introduction du chien, du rat, du chat, du mouton ou de bovins et caprins dans de nombreuses îles a été une cause fréquente de régression rapide de la biodiversité.

Notion d'espèces autochtone et allochtone. Elle est au cœur de l'étude des invasions biologiques.

Selon les définitions retenues en France par l'INRA, le CNRS et le Muséum, En zone tempérée ou nordique ; une espèce est dite « autochtone » dans un pays ou une entités biogéographiques, si elle s'y reproduit depuis le début de l'Holocène (dernière époque géologique s'étendant sur les 10 000 dernières années) ans les eaux douces (milieux dulçaquicoles) ou saumâtres ou dans les milieux terrestres, qu'elle y soit ou non encore présente, disparue ou de retour après une disparition temporaire (ex : castor dans les régions où il est récemment réapparu suite à réintroduction ou à migration à partir d'un bassin versant voisin).
Inversement, une espèce sera dite « allochtone » dans un pays ou l'une de ses entités biogéographiques, si elle ne se reproduisant pas dans ces mêmes milieux au début de l'Holocène, mais qu'elle y constitue aujourd’hui (ou y a constitué durant plusieurs siècles avant de disparaître), une ou plusieurs populations pérennes se reproduisant sans l'aide directe de l'Homme. La plupart des espèces allochtones ont été introduites par l'Homme, certaines étant considérées comme espèces envahissantes ou espèces invasives (ex : le rat noir (Rattus rattus), le rat musqué (Ondatra zibethicus) ou le ragondin (Myocastor coypus) en Europe).

À titre d'exemple, on estime que 154 espèces de vertébrés sont ou ont été allochtones en France depuis l'Holocène, dont plus de 50 % avaient toujours été absents de France avant la dernière glaciation. Et aucune de ces espèces n'avait en tous cas occupé toutes les régions biogéographiques de la France.
Liste non exhaustive

En Europe France

Mammifères :
Rat musqué, Ragondin, Vison d'Amérique

Oiseaux :
la Bernache du Canada, l’Ouette d’Égypte, l’Ibis sacré, la Perruche à collier, le Léiothrix jaune, le Cygne noir et l’Érismature rousse.

la Bernache du Canada

l’Ouette d’Égypte

l’Ibis sacré

la Perruche à collier

le Léiothrix jaune

le Cygne noir

l’Érismature rousse



Autres continents

le martin triste Acridotheres tristis (un mainate d'Asie, introduit dans des îles de l'océan Indien et du Pacifique)
la bernache du Canada Branta canadensis en Europe
la chèvre Capra hircus en Australie
le cygne tuberculé Cygnus olor en Amérique du Nord
l'âne Equus asinus en Australie
le chat domestique Felis silvestris catus en Australie, Îles Kerguelen…
les hérissons de la famille de Erinaceinae en Nouvelle-Zélande l'hermine (Mustela erminea) en Nouvelle-Zélande
le furet (Mustela putorius furo) en Nouvelle-Zélande
le vison d'Amérique (Mustela vison), au détriment du vison d'Europe (Mustela lutreola)
le ragondin Myocastor coypus en Europe et en Amérique du Nord
le rat musqué Ondatra zibethicus en Europe
le lapin de garenne, Oryctolagus cuniculus, en Australie
l'érismature rousse Oxyura jamaicensis en Europe
le moineau domestique Passer domesticus en Amérique du Nord et en Australie
le Trichosurus vulpecula (Possum en Nouvelle-Zélande)
Pycnonotus cafer (mammifère d'Australie)
les rats (mammifère de Nouvelle-Zélande)
Rattus exulans (mammifère d'Australie)
introduction du rat noir (Rattus rattus) et du rat brun (Rattus norvegicus) en Europe au Moyen Âge.
la souris commune Mus musculus, (mammifère, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande)
l'écureuil gris Sciurus carolinensis en Europe
l'étourneau sansonnet Sturnus vulgaris en Amérique du Nord et en Australie
le sanglier Sus scrofa en Amérique du Nord
Selon la LPO (Ligue protectrice des Oiseaux)

estrait du journal Ornithos 14-6 : 329-364 (2007)

DISCUSSION

Au cours des années 2000, 26 espèces allochtones ont été trouvées nicheuses de façon plus ou moins régulière en France, à côté d’une dizaine d’autres nettement plus occasionnelles : 11 sont des anatidés (dont 6 nicheurs réguliers) et 15 autres appartiennent à d’autres familles (dont 11 espèces nicheuses régulières). Il y a donc actuellement 17 espèces allochtones qui nichent régulièrement sur le territoire français. Parmi celles-ci, huit présentent une dynamique d’accroissement importante et cinq une dynamique très importante : la Bernache du Canada, l’Ouette d’Égypte, l’Ibis sacré, la Perruche à collier et le Léiothrix jaune. Les quatre premières représentent une menace avérée, en France ou ailleurs en Europe, pour l’avifaune locale (ou la faune en général). Deux autres espèces, à la dynamique d’expansion moindre – le Cygne noir et l’Érismature rousse – sont également une menace pour l’avifaune européenne. Deux passereaux – le Léiothrix jaune et le Capucin bec-de-plomb – ne semblent pas, en l’état des connaissances actuelles, présenter un danger pour l’avifaune locale. Il en est de même de l’Inséparable de Fischer,même si sa biologie reste totalement inconnue sur le territoire français. Il est patent que les enjeux de conservation vis-à vis d’espèces indigènes vont cibler un petit nombre d’espèces allochtones potentiellement ou réellement invasives. Les quatre espèces précitées sont, avec l’Érismature rousse, celles sur lesquelles des efforts doivent être réalisés dans de brefs délais. La Bernache du Canada, qui connaît un accroissement exponentiel dans quelques régions, doit être à présent considérée comme espèce envahissante. En Amérique du Nord, d’où elle est native, elle est localement surabondante et nécessite,outre la régulation, des mesures appropriées pour limiter son impact. Captures, repoussoirs chimiques non létaux, stérilisation d’oeufs ont été utilisés, et plus récemment, l’utilisation de laser est en phase expérimentale (Werner&Clark 2006). En Europe, sa chasse est autorisée dans certains pays (Blair et al. 2000), tandis qu’en France, toutes les bernaches (Branta sp.) sont protégées par la loi. L’ouverture de la chasse à la Bernache du Canada n’est actuellement pas envisagée, notamment en raison des risques de confusion avec la Bernache nonnette Branta leucopsis. La Perruche à collier reste, en Europe, très inféodée aux grandes villes. Sans doute y trouve-t-elle une nourriture accessible et des conditions de température meilleures qu’à la campagne. Ces facteurs peuvent en effet contraindre les psittacidés féraux à rester dans les limites des zones urbaines sans chercher à se répandre ailleurs (Butler 2005). C’est le cas actuellement des inséparables à l’est de Nice. Les Perruches à collier restent également très citadines en France. La concurrence est donc limitée aux espèces également citadines. Les conditions climatiques allant vers un réchauffement global, il est possible que la Perruche à collier puisse se développer davantage et ne pas rester limitée aux agglomérations. Avec, dans ce cas, un risque accru de concurrence avec des espèces cavernicoles comme les pics ou, dans le Sud, le Rollier d’Europe. Le cas de l’Érismature rousse et de l’Ibis sacré est différent. D’abord parce que des mesures de régulation ont été prises à l’échelle nationale pour la première, visant même son éradication (pour l’ibis, il n’y a cependant pas de politique nationale). Elles sont, d’un point de vue opérationnel, souvent difficiles à mettre en action. On ne peut tirer une érismature sur un plan d’eau quand celle-ci se trouve au milieu d’une vaste troupe de canards, ou qu’il y a un risque important de dérangement local. C’est donc un travail ponctuel, de longue haleine, très « chronophage » et donc onéreux. On peut cependant espérer endiguer l’expansion numérique de l’espèce comme cela se pratique en Grande-Bretagne. En France, les pouvoirs publics n’ont pas investi suffisamment dans cette action, si bien qu’aujourd’hui, il n’y a plus de véritable coordination nationale pour contenir l’espèce, à l’exception du site de Grand-Lieu (V. plus haut). La problématique est assez similaire pour l’Ibis sacré qui se trouve, de plus, avoir aujourd’hui des effectifs importants sur le territoire, rendant sa régulation de plus en plus problématique. La méthodologie pour y parvenir a pourtant été clairement proposée récemment par Clergeau et al. (2005). Rappelons qu’aux États-Unis, où l’espèce avait commencé à s’installer en Floride en 2005, les jeunes ont été collectés (G. Herring fide P. Yésou) et qu’en Grande-Bretagne, la RSPB a clairement fait savoir que l’espèce ne devait pas s’installer sur le territoire britannique. Dans les deux cas, la régulation ou l’éradication de ces espèces se heurte d’abord à une opposition de certains, qui manifestent une approche souvent émotionnelle, culturelle, voire philosophique sans apporter un travail scientifique permettant d’étayer leur point de vue. En pareil cas, les actions visent prioritairement à retarder les décisions administratives. Il conviendra d’éclairer les « opposants» afin que l’importance de la situation soit perçue par tous. D’autant que la France joue un rôle important aussi bien comme responsable de la propagation de ces espèces au-delà de ses frontières qu’au contraire, en servant de « parefeu» à la dissémination des oiseaux vers d’autres pays d’Europe. Quelles que soient les stratégies envisagées pour résoudre le problème, il conviendra de ne retenir que les méthodes respectant la condition animale.

Oiseaux :
principales espèces allochtones en France (invasives ou à risque).

Dendrocygne fauve Dendrocygna bicolor
Cygne noir Cygnus atratus
Oie à bec court Anser brachyrhynchus régulier
Oie à tête barrée Anser indicus occasionnel
Oie des neiges Anser caerulescens
Bernache du Canada Branta canadensis
Bernache nonnette Branta leucopsis
Ouette d’Égypte Alopochen aegyptiacus
Tadorne casarca Tadorna ferruginea
Canard carolin Aix sponsa
Canard mandarin Aix galericulata
Érismature rousse Oxyura jamaicensis
Faisan vénéré Syrmaticus reevesii
Colin de Californie Callipepla californica
Colin de Virginie Colinus virginianus
Pélican gris Pelecanus rufescens
Pélican frisé Pelecanus crispus
Ibis sacré Therskiornis aethiopicus
Flamant nain Phoenicopterus minor
Flamant du Chili Phoenicopterus chilensis
Perruche à collier Psittacula krameri
Inséparable de Fischer Agapornis fischeri ?
Inséparable masqué Agapornis personatus
Conure veuve Myiopsitta monachus
Léiothrix jaune
Martin triste Acridotheres tristis
Capucin bec-de-plomb Euodice malabarensis
Invasions d'espèces :
cause ou conséquence de la perturbation des écosystèmes ?


Anne Teyssèdre et Robert Barbault
Pour la Science - n" 376 - Février 2009

Extraits : morceaux choisis

Les petits écosystèmes isolés ...... sont à priori très vulnérables à la colonisation par de nouvelles espèces.

…..Dans les écosystèmes étendus ou peu isolés, en revanche, la chaîne de causalité pourrait être inversée.

…..Dans certains cas, on a montré que le déclin d'espèces natives a précédé l'expansion des espèces exotiques qui les remplacent ; ces dernières ne peuvent donc être la cause du bouleversement des écosystèmes considérés.

…..les écologues ont constaté une uniformisation croissante des faunes et flores régionales, associée à la transformation générale des habitats. Cette « homogénéisation biotique »se traduit par l'expansion d'une minorité d'espèces et la raréfaction d'une majorité d'autres- et ce dans des groupes aussi variés que les plantes vasculaires, les insectes, les poissons, les mammifères et les oiseaux. …..

les espèces aujourd'hui en expansion n'ont pas pour point commun leur origine exotique, mais bien certaines caractéristiques écologiques : ce sont principalement des espèces généralistes, peu exigeantes en termes d'habitat, de climat ou de nourriture, mais aussi des espèces adaptées aux milieux anthropisés riches en nitrates ou autres déchets organiques et, de plus, souvent mobiles.
Certaines de ces espèces en expansion sont d'origine exotique ; pour les oiseaux nichant en France, il s'agit principalement de la perruche à collier, de l'ibis sacré et de la bernache du Canada. Mais la plupart sont natives de la région, comme la mésange charbonnière, le rouge-gorge, le merle noir, le pigeon ramier ou la mouette rieuse. Ces envahisseurs venus de l'intérieur sont souvent en expansion rapide : ainsi, la population française de pigeons ramiers a doublé en moins de 20 ans ! …..

Et c'est bien dans les écosystèmes perturbés, aux côtés de nombreuses espèces autochtones et généralistes en expansion, que l'on trouve une petite fraction d'espèces exotiques.

….. Leur expansion géographique s'est bien sûr accompagnée du déclin d'espèces des forêts et d'autres habitats sauvages, mais elle n'en est pas responsable : on doit incriminer la conversion de ces habitats en terres cultivées ainsi que la chasse.
aujourd'hui, les espèces spécialistes des milieux agricoles et forestiers sont à leur tour menacées par la pollution des sols (nitrates, pesticides, excès de salinité) et des eaux qui les irriguent.

….. il est difficile de soutenir que l'expansion d'une minorité d'espèces exotiques puisse être à l'origine du bouleversement généralisé des écosystèmes et de la raréfaction des espèces spécialistes, en France et ailleurs.
C'est bien plutôt la transformation massive des habitats depuis quelques décennies, due au changement d'usage des terres, à l'intensification de l'agriculture, au changement climatique, qui a fragilisé les espèces spécialistes ( en particulier celles des milieux agricoles) et permis l'expansion d'espèces généralistes ou adaptées aux milieux perturbés - qu'elles soient natives ou exotiques. Plus exigeantes sur leurs conditions de vie, les espèces spécialistes deviennent moins compétitives que les généralistes dans les habitats perturbés, et leur cèdent la place.
La conversion de forêts en terres agricoles et la pollution des sols ne font pas que modifier la composition des communautés animales, végétales et microbiennes ; elles réduiront aussi considérablement le nombre d'espèces qui peupleront la biosphère.
En appliquant une relation habitat-espèces qui tient compte à la fois de la superficie des habitats modifiés et de leur capacité de charge pour les oiseaux, nous avons calculé que l'expansion et l'intensification de l'agriculture jusqu'en 2050 entraîneraient la disparition de 30 à 45 pour cent des espèces d'oiseaux, selon les politiques socioéconomiques et environnementales à venir. Et encore, ce chiffre ne tient pas compte de l'avantage compétitif actuel des espèces généralistes sur les spécialistes.
Saturées d'engrais, exposées à un climat changeant, les terres, rivières et côtes de Bretagne et d'ailleurs ne sont aujourd'hui accueillantes que pour une minorité d'espèces généralistes ou adaptées aux milieux perturbés. Ce n'est pas en boutant l'ibis sacré ou le buddleia hors de France que nous restaurerons la diversité de nos paysages, ni des espèces qu'ils hébergent.


........

En 2006, les chercheurs du CERSP(*) ont mis au point deux outils simples et pratiques de mesure de la spécialisation des espèces et des communautés d'espèces : les indices SSI et CSI. L'indice de spécialisation d'une espèce à l'habitat, dit SSI (pour Species Specialization Index), mesure la préférence de l'espèce pour certains habitats. Celle-ci est estimée par le coefficient de variation de l'abondance de l'espèce dans l'ensemble des habitats, ou plus simplement par la fonction approchée (H/h-1)1/2, où h/H la fraction des habitats occupés par l'espèce.
Estimé pour une centaine d'espèces d'oiseaux terrestres, présents ou non dans 18 principaux habitats tels que forêts mixtes, champs, landes, marais ou ville, l'indice SSI varie de 0,19 pour le très généraliste pigeon ramier, qui fréquente indifféremment de nombreux habitats, à 2,26 pour la perdrix grise, inféodée aux champs et prairies.
Au niveau supérieur, l'indice de spécialisation d'une communauté, dit CSI (pour Community Specialization lndex), est égal à la moyenne des indices SSI des espèces qui la composent.

(*) CERSP : Conservation des espèces, restauration et suivi des populations du Muséum national d'histoire naturelle
 




OISEAUX NUISIBLES DES VILLES

En France on en tue des millions.
Pigeons des villes

Presque toutes les villes (au moins 80 %) capturent puis tuent leurs pigeons de ville. Dans un but sanitaire disent-elles, se retranchant derrière des recommandations du ministère de la santé, non obligatoires et reprises au niveau départemental. Toutes ces tueries se font en cachette, sans publicité, les élus craignant, si cela se savait, une mauvaise publicité.

Plus de détails ici
MAIRES DE GRANDE VILLES
ENQUETE SUR LES NUISANCES CAUSEES
PAR LA PRESENCE DE CORBEAUX, CORNEILLES ET AUTRES OISEAUX
DANS LES GRANDES VILLES 2004
voir le document ici

89 % des villes qui ont répondu au questionnaire se plaignent de nuisances causées par des oiseaux (autre que les pigeons).

Ces villes, dans leur grande majorité, ont également précisé quelles étaient les espèces d’oiseaux les plus directement responsables de ces nuisances :
73 % se plaignent de la présence d’étourneaux,
34 % de celle de corbeaux et de corneilles
et 23 % de celle de lariformes (les goélands et les mouettes pour l’essentiel).

espèces d’oiseaux catégorisées sous la rubrique « autres » sont les cormorans et les tourterelles de Turquie.

Plus de 75 % des villes considèrent que le développement des populations d’oiseaux dans les centres urbains est principalement dû au fait que les oiseaux trouvent en milieu urbain des conditions favorables à leur développement (présence de nourriture en quantité - déchets, poubelles, etc. - , absence de leurs prédateurs naturels, absence de régulation animale…).

Si l’urbanisation du territoire national a considérablement réduit l’écosystème des oiseaux, ceux-ci se sont adaptés en colonisant l’espace urbain.
Près de 25 % des villes interrogées estiment en revanche que la prolifération des oiseaux dans les centres urbains est liée au fait que les espaces verts en ville comportent de plus en plus d’arbres de taille importante, ce qui correspond aux besoins des oiseaux pour nidifier.

Certaines municipalités ont précisé que le nourrissage leur apparaissait comme la cause première du développement des oiseaux dans les villes. Celui-ci constituerait l’élément fondamental favorisant la fixation de populations tributaires de ces distributions alimentaires.
Au-delà de ces facteurs, communs à toutes les villes, il convient d’examiner les éléments locaux qui peuvent favoriser l’installation des oiseaux dans la commune. En effet, certaines villes ont souligné que le phénomène relevait avant tout d’un échange ville-campagne complexe et particulier à chaque entité géographique. Ainsi la présence de forêts, de plaines céréalières, de vignes ou encore de zones d’élevage à proximité de la ville, qui apportent en complément des ressources alimentaires, notamment pendant la période hivernale, expliquerait-elle le développement de ces populations d’oiseaux en milieu urbain.


Pour l’essentiel, les actions engagées afin de remédier aux problèmes posés par les oiseaux poursuivent trois objectifs :
les gêner dans leur vie quotidienne ( 48,08 %),
empêcher leur nidification (30,77%)
et les éliminer (21,15 %),

comme l’atteste le graphique ci-dessous : Les résultats de l’enquête attestent du fait que les communes ont plus largement recours aux méthodes d’effarouchement acoustique et visuel (46.97 %) et à l’élagage (28,79 %), qu’à l’élimination physique des oiseaux (21,21 % des villes toutefois ont recours à cette méthode).


Les méthodes d’élimination des oiseaux utilisées par les grandes villes sont variées :

- le piégeage implique le respect strict de certaines obligations : une surveillance et un entretien régulier des cages pièges, la libération immédiate de tout oiseau n’appartenant pas à la liste départementale des "nuisibles", des conditions de capture correctes et l’élimination sans souffrance des oiseaux capturés. Le piégeage ne donne pas nécessairement lieu à euthanasie : certaines villes ont préféré opter pour la stérilisation des oiseaux. Cette méthode, parmi celles visant à éliminer les oiseaux, est la plus prisée des grandes villes (plus de 40 %).

- le dénichage des nids en cours de construction ou venant d’être achevés conduit les oiseaux à en édifier d’autres, ce qui allonge la période de nidification. Il faut cependant s’assurer que les nids sont bien vidés de tout oeuf, condition juridique sine qua non du dénichage.

- la destruction des nids doit tenir compte des pontes d’autres espèces d’oiseaux dans de vieux nids de corbeaux. La destruction des oeufs et des jeunes corbillots doit impérativement faire l’objet d’une autorisation préalable. Plus du quart des villes ayant répondu à l’enquête ont recours à cette méthode.

- la stérilisation des oeufs consiste à pulvériser un produit formolé (de l’azacholestérol par exemple) sur les oeufs pour inhiber la formation du jaune et donc maintenir les adultes sur des couvées mortes.

- la pose d’appâts empoisonnés

- l’enlèvement des oeufs avant éclosion nécessite que les nids aient été préalablement identifiés. En période de construction des nids, un repérage photographique peut être établi à partir du listing des lieux de nichage et également sur la base de données de plaintes des habitants. Ensuite, à l’aide d’un camion nacelle piloté pour atteindre la canopée sans couper ni casser de branches en cette période de montée de sève, il faut procéder à l’enlèvement des nids enchevêtrés dans les fourches des cimes des arbres.

- le tir au fusil doit faire l’objet d’une demande d’autorisation en préfecture. Extrêmement réglementé en milieu urbain pour des raisons de sécurité, le tir est parfois autorisé dans les grands parcs urbains.

Il existe également d’autres méthodes d’élimination, qui n’ont pas été utilisées par les villes qui ont répondu à l’enquête. Il s’agit des pesticides aviens, (pulvérisations aériennes), des répulsifs sur les végétaux, des graines anticonceptionnelles (mais leur coût est prohibitif et les produits contraceptifs correspondants ne sont pas en vente libre sur le marché), des moyens de protection mécanique (grillages, filets) pour limiter l’accès aux zones de reproduction et/ou aux ressources alimentaires (décharges, arbres).

En effet, pour tenter de maîtriser la population des oiseaux sans pour autant leur nuire ou les maltraiter, certaines villes tentent d’agir sur les deux principaux facteurs de prolifération : la nourriture et la nidification. Dans cette optique, les communes peuvent utilement prendre un arrêté municipal stipulant « qu’il est interdit de déposer des graines ou nourriture pour attirer des oiseaux », et communiquer ensuite auprès des habitants en effectuant un rappel de cette réglementation.
 




SANGLIERS



En France le nombre de sangliers abattus est passé de 50.000 en 1975 à 466 352 sur la saison 2006/2007 et la population globale de ces animaux est estimée actuellement à environ un million. En Meurthe-et-Moselle cette année le plan de chasse est fixé à 12 000 « prélèvements ». Il s'agit, pour tous les experts, d'une prolifération exponentielle. Ces spécialistes ont inventorié les multiples causes de ce phénomène (IGE évaluation des risques lies a l’augmentation des densités des sangliers sauvages en France – 2003) : climatiques (température), météorologiques (conjoncturelle dont l’exemple le plus typique est la tempête de décembre 1999), ressources alimentaires naturelles en augmentation (conséquences des évolutions climatiques ou des conditions météorologiques), pratiques agricoles (déprise agricole, l’intensification de la culture du maïs), mises en réserves en augmentation et les pratiques cynégétiques.

Le rapport accuse les chasseurs :
MINISTERE DE L’ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE
INSPECTION GENERALE DE L’ENVIRONNEMENT

MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’ALIMENTATION, DE LA PECHE ET DES AFFAIRES RURALES
COMITE PERMANENT DE COORDINATION DES INSPECTIONS

Rapport N° C 2003 T 067
EVALUATION DES RISQUES LIES A L’AUGMENTATION DES DENSITES DES SANGLIERS SAUVAGES EN FRANCE
SEPTEMBRE 2003


voir ici le document

raréfaction du petit gibier sédentaire naturel - page 15 :
A l’époque où les chasseurs avaient la possibilité de trouver du petit gibier sédentaire pendant la période d’ouverture générale de la chasse, ils ne s’intéressaient que modérément au grand gibier qui était alors le fait d’une minorité notamment en raison de son coût financier élevé. La raréfaction du petit gibier sédentaire naturel, voire sa disparition quasi totale de la plupart des régions françaises sous les effets néfastes de certaines pratiques agricoles : déstructuration du paysage rural, développement de monocultures de céréales notamment du maïs sur de grandes superficies laissant le sol entièrement nu après les récoltes, traitements insecticides et pesticides…ainsi que la mise en place d’une chasse artificielle de lâcher de petit gibier, transformant la chasse devant soi en exercice de tir, ont entraîné une désaffection des chasseurs pour la chasse du petit gibier et un engouement pour la chasse du grand gibier, qui, bénéficiant des conditions favorables décrites ci-dessus et moins sensible aux pratiques agricoles voire favorisé par certaines d’entre elles, entamait le développement de ses effectifs, tandis que ceux du petit gibier naturel déclinaient irrémédiablement. L’urbanisation de notre société a amené de nouveaux chasseurs citadins, étrangers aux territoires, avec pour conséquence première un lien qui se distend entre les ruraux et le monde de la chasse et surtout, par un refus plus affirmé des agriculteurs devant la croissance des dégâts causés à leurs cultures et leurs récoltes.

pratique de l’élevage et recours à des métissages avec des porcs domestiques aux robes colorées produisant des animaux plus prolifiques et moins farouches – page 16 :
Pour faire face à une demande en expansion pour la chasse du grand gibier, certains organisateurs ou gestionnaires de chasses n’ont pas hésité à avoir recours à la pratique de l’élevage, en espaces plus ou moins clos, de l’espèce qui se prêtait le mieux à cette opération : le sanglier. Si certains ont procédé à la production de sangliers d’élevage avec toute la rigueur requise, d’autres plus soucieux des gains qu’ils pourraient en retirer que de la qualité des animaux offerts,n’ont pas hésité à avoir recours à des métissages avec des porcs domestiques aux robes colorées produisant des animaux plus prolifiques et moins farouches que l’on peut encore trouver dans certaines régions méridionales. Heureusement ces pratiques, dénoncées avec vigueur par nombres de chasseurs et rapidement contrôlées par les services chargés de la chasse, n’ont eu que des effets limités sur la plus grande part des populations de sangliers. L’élevage du sanglier a cependant permis de faire rapidement monter la densité des populations dans les régions où l’animal était implanté et de l’introduire dans des régions où il n’était pas présent.

Agrainage – page 16 et 17 :
Utilisé au départ pour cantonner les animaux sur les territoires où les détenteurs du droit de chasse avaient réussi à entretenir quelques populations, l’agrainage s’est ensuite voulu dissuasif pour protéger les cultures des sangliers pendant la période où elles sont particulièrement attirantes (de mars à novembre soit tout de même les ¾ de l’année !). Aujourd’hui, avec la densité atteinte par les populations, l’agrainage de cantonnement n’est plus nécessaire et l’aspect dissuasif n’est plus aussi efficace puisque pour éviter une trop grande concentration d’animaux sur le même territoire, source de conflits entre groupes, les sangliers préfèrent se répartir sur de plus grandes surfaces, dont les cultures de céréales. En outre, le sanglier est un omnivore opportuniste qui aime varier son régime alimentaire et ce n’est pas parce qu’on lui offre du maïs en quantité qu’il n’ira pas labourer les prairies voisines à la recherche de vers de terre et de petits rongeurs. En dépit de ces éléments, l’agrainage intensif se poursuit de plus belle en quantité et dans le temps, assimilable à ce niveau à un véritable affouragement, puisqu’il est pratiqué toute l’année et a, entre autres effets pervers, celui d’habituer le sanglier à l’homme dont la présence n’est plus systématiquement synonyme de danger, mais de distribution de deux éléments indispensables au sanglier : la nourriture et l’eau. Sur la biologie des laies, cette abondance de nourriture a pour effets : - de permettre l’accumulation de réserves chez les animaux qui sont au meilleur de leur forme pendant la période de reproduction, et passent l’hiver sans dommages, - d’accélérer la croissance et d’obtenir une grande précocité chez des animaux qui atteignent le poids de 30/40kg, seuil de démarrage de la reproduction, au bout de 8 à 9 mois au lieu des 12 à 13 mois habituels, - d’augmenter le taux de fécondité avec jusqu’à trois portées tous les deux ans au lieu d’une portée par an, d’obtenir une plus grande prolificité avec des portées plus nombreuses et un taux de mortalité réduit. En dernier lieu, il faut noter que cet agrainage forcené profite également aux autres espèces de grand gibier et, plus particulièrement au chevreuil.

consignes de tir – page 17 :
Les seuls éléments évoqués ci-dessus suffiraient à expliquer l’explosion démographique des sangliers. Mais un autre facteur, sans doute le plus influent, réside dans les consignes de tir données aux chasseurs. Pendant la période de reconstitution des populations de sangliers, ce qui était une coutume dans les régions de l’Est de la France (où l’on pratique depuis toujours le tir sélectif) d’épargner les reproductrices (laies de plus de 40 Kg) s’est généralisé à toute la France et cet effort de gestion a porté ses fruits au delà de ce qui était espéré. Cette habitude est aujourd’hui rentrée dans les mœurs de tout chasseur de grand gibier avec les résultats que l’on peut constater. Bien mieux, dans certaines chasses, tout tireur qui ne respecterait pas cette consigne se verrait infliger une pénalité financière conséquente et risquerait de se voir exclu de la chasse. Aussi la consigne de tir (animal de 50 Kg vidé) est extrêmement dissuasive pour un chasseur craignant de mal évaluer le poids de l’animal et s’abstient souvent de tirer. Ces dispositions pouvaient se justifier alors que l’on cherchait à accroître les effectifs de sangliers. Leur maintien est néfaste car les chasseurs ont aujourd’hui la surabondance à gérer. Le sanglier est devenu un gibier banal puisqu’il est partout répandu, y compris dans les plaines s’il existe quelques bois dans les parages, à la périphérie même des villes, dans le voisinage des zones résidentielles où, lui qui était si farouche, cause des dégâts dans les jardins.
LES LACHERS EN FRANCE

De monsieur Jean CROUSILLA, Docteur en biologie humaine, Membre à titre scientifique de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage du Var. - cochons -sangliers (en France et dans le Var mai 2000)
voir ici le document

Extraits

1. Monsieur Vassam (Monsieur sangliers à l'ONC) lettre personnelle : « Les lâchers ont existé de 1977 à 1991 »

2. Chasse gestion N° 70 juin 96 « Il a été demandé à l'ONC d'aider l'ANC GG dans son action visant à limiter « les lacher~ clandestins de gibier, notamment de sangliers. »

3. Notes techniques ONC Fiche 45 Avril 88 « Depuis plus d'une dizaine d'années sont effectués régulièrement et de « de façon plus ou moins intensive des lâchers de sangliers » « Ces animaux d'élevage lâchés ont souvent été élevés dans de « mauvaises conditions » ».

4. Colloque de Bergerac - Gestion du sanglier 1994 « a) Une enquête nationale réalisée à la demande de la Direction de la nature et des paysages a permis d'individualiser 1400 installations avec enclos d'élevage de sangliers. Le cheptel reproducteur a été évalué à 22.800 animaux et la production à 62.000 bêtes. » « b ) Page 25 : « les lâchers clandestins existent. » « c) Page 52 : « Une augmentation de la population est la meilleure arme pour faire disparaître les lâchers clandestins» « d) Page 59 : « Les lâchers ont débuté petit à petit puis de façon plus importante et pas toujours légalement. » « e) « Dans les Combrailles, il se lâchait en moyenne annuellement environ 50 sangliers.

5. Monsieur P. Massenet Féd. chasseurs Meurthe et Moselle Lettre personnelle « Les parcs d'élevage doivent être supprimés pour empêcher d'éventuels lâchers qui polluent la génétique de l'espèce.

6. .Colloque de Bergerac (pages 59 et 60) « Si le groupement n'avait pas opté pour des lâchers, les chasseurs locaux auraient pris vraisemblablement l'initiative d'en effectuer eux-mêmes en toute illégalité. »

SANGLIERS OU CONCHONGLIERS ?

1) Les techniques de l'O N C « Ces Inconvénients sont minimes comparés au risque de pollution génétique du fait de croisement avec des porcs domestiques sélectionnés afin d'augmenter la vitesse de croissance et la fécondité ».

2) Colloque de Bergerac « Les chasseurs ayant des difficultés à s'approvisionner en animaux de pure race lâchaient dans la nature le tout venant » .

3) Le Chasseur de sanglier 1998 « Le sanglier authentique est devenu rare. Des croisements avec les porcs, constituant un danger de pollution de la race, ont été réalisés par certains élevages ».

4) Le Chasseur de sanglier Avril 99 « Un drôle de sanglier abattu » {remarque: il y a une photo, on dirait un Dalmatien !) Peut être s'agit-il d'un gène relatif à un croisement avec un porc domestique ». « Trop de viandards tirent pour vendre, et avec cet argent, Ils lâchent l'année suivante des bêtes d'origine douteuse ».

5) .Sanglier Passion Mars 99 « Il est vrai que des croisements ont eu lieu volontairement. Le produit hybride est toujours plus gros, donc plus lourd qu'un sanglier, donc plus rentable ».

6) Sanglier Passion Mars 99 « Il faut bannir et condamner les croisements ».

7) Chasse Gestion N°70 96 Le Docteur Alain François, vice Président de l'A.N.C.G.G. : « un sanglier hors du commun ». Cet exceptionnel sanglier est vraisemblablement un cochonglier d'origine ! « Combien de temps ce secteur devra-t-il subir la pollution génétique de cet animal ? »

8) Colloque de Bergerac 94 « Statut chromosomique des populations de sangliers en France » Sur 2550 analyses réalisées, le pourcentage moyen de sujets à 37 ou 38 chromosomes était de 26,8%. Ce fort taux d'hybridation ne peut s'expliquer que par un croisement largement pratiqué avec des porcs domestiques.

9) Monsieur Vassant (Monsieur Sanglier de l'O N C) -lettre personnelle- « ne souhaite pas que l'on réalise systématiquement des analyses chromosomiques, persuadé que les résultats montreraient qu'il existe des hybrides dans la nature et que les éleveurs utiliseraient à leur profit ces résultats pour demander des lâchers d'animaux croisés ».
Les chasseurs, une minorité qui ne représente que 2 % de la population française a accaparé la gestion de la nature et voilà le résultat ! Une instrumentalisation du vivant pour assouvir leur passion meurtrière. Nous n'allons pas nous appesantir sur les dégâts aux cultures (coût total de 38 millions d'euros dont 21,5 en indemnisations agricoles) ni sur les accidents de la route provoqués (en 2001 : 45000 collisions pour un coût global estimé de 96 millions d'euros) d'autres s'en chargent suffisamment en ce moment où les articles de presse sont légions et où le mantra haro aux sangliers, à mort, à mort en faisant un bruit assourdissent empêche toute réflexion posée.
Bilan national de l’indemnisation des dégâts agricoles de sangliers

La procédure d’indemnisation des dégâts de grand gibier, a été mise en place à partir du début des années 70. Aujourd’hui, nous disposons d’un recul de plus de 35 ans. L’évolution de la totalité des indemnisations versées aux agriculteurs (toutes espèces et tous départements confondus) montre au plan national :

• une phase de croissance ininterrompue pendant près de trente ans;

• suivie d’une phase de stabilisation de ces dépenses depuis 5 ans. Actuellement, les dépenses totales d’indemnisation par campagne cynégétique sont de l’ordre de 22 à 23 millions d’euros.

Depuis trois ans maintenant, le volume financier moyen des dégâts causés par le sanglier s’établit à 83 % du montant total des indemnisations versées aux agriculteurs ; celui du cerf à 14 % et enfin celui des autres espèces (majoritairement le chevreuil) à 3 % seulement. Le sanglier est donc sans conteste l’espèce qui commet le plus de dégâts en zone agricole.

La ventilation des dégâts en fonction des principales familles de culture montre que les dégâts de sangliers sur maïs représentent plus du tiers (35 %) du volume financier global (soit un total sur maïs de l’ordre de 6.5 millions d’euros chaque année), ceux sur prairie : le quart, ceux sur céréales (hors maïs) : le quart également, ceux sur oléagineux : 4 %, ceux sur vignes : 4 % également, enfin ceux sur toutes les autres cultures : 8 %.

Seules 367 communes (soit 1.0 % des communes) concentrent à elles seules le quart de la totalité des dégâts de sangliers (4 750 000 €) ; 1 300 communes (soit 3.5 %) concentrent la moitié de l’indemnisation (9 500 000 €) ; 3360 communes (soit 9.1 %) concentrent les trois quarts de l’indemnisation globale (14 250 000 €). Les dégâts de sangliers sont donc en réalité, contrairement à beaucoup d’idées reçues, particulièrement localisés et géographiquement concentrés. Plus des 9/10èmes de la France échappent à l’image classiquement véhiculée par les dégâts de sangliers. En revanche, les noyaux de concentration des dégâts (5% seulement des communes) sont absolument intolérables. C’est grâce aux mesures de gestion de l’espèce, combinées à une approche pertinente de la prévention sur ces secteurs, que tous les acteurs pourront ensemble résorber significativement ces foyers.
 



haut de la page