NON AUX MASSACRES
DE LA FAUNE SAUVAGE

Les principaux oiseaux chassés




LES OISEAUX

CHASSE
Arrêté du 26 juin 1987
Fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée.

Art. 1. La liste des espèces de gibier que l'on peut chasser sur le territoire européen de la France et dans sa zone maritime est fixée comme suit : …..

(cliquez sur le nom de l'espèce considérée pour plus de détails)

Gibier sédentaire
Oiseaux :
colins, faisans de chasse, gélinotte des bois, lagopède alpin, perdrix bartavelle, perdrix rouge, perdrix grise, tétras lyre (coq maillé) et tétras urogalle (coq maillé), corbeau freux, corneille noire, étourneau sansonnet, geai des chênes, pie bavarde.
…....

Gibier d'eau
Barge à queue noire, barge rousse, bécasseau maubèche, bécassine des marais, bécassine sourde, canard chipeau, canard colvert, canard pilet, canard siffleur, canard souchet, chevalier aboyeur, chevalier arlequin, chevalier combattant, chevalier gambette, courlis cendré, courlis corlieu, eider à duvet, foulque macroule, fuligule milouin, fuligule milouinan, fugilule morillon, garrot à l'œil d'or, harelde de Miquelon, huîtrier pie, macreuse brune, macreuse noire, nette rousse, oie cendrée, oie des moissons, oie rieuse, pluvier argenté, pluvier doré, poule d'eau, râle d'eau, sarcelle d'été, sarcelle d'hiver et vanneau huppé.

Oiseaux de passage
Alouette des champs, bécasse des bois, caille des blés, grive draine, grive litorne, grive mauvis, grive musicienne, merle noir, pigeon biset, pigeon colombin, pigeon ramier, tourterelle des bois, tourterelle turque et vanneau huppé.



L’Oie cendrée


L’oie cendrée (Anser anser) est un oiseau appartenant à la famille des Anatidae et à la sous-famille des Anserinae. Elle est l'espèce type du genre Anser. On regroupe dans l'espèce les populations d'individus sauvages, les individus des races domestiques, mais aussi des individus marrons, c'est-à-dire domestiques mais revenus à la vie sauvage, ainsi que, dans une certaine mesure, les individus hybrides. De fait, cette espèce présente une vaste aire de répartition.
Elle est, avec l'oie cygnoïde, un des ancêtres des oies domestiques ; sa domestication remonte à plusieurs milliers d'années.

Les individus sauvages ont une silhouette massive qui les distinguent des autres espèces d'oie. Ils mesurent entre 68 et 90 cm pour une masse de 2,5 à 3,6 kg et une envergure variant entre 147 et 180 cm. La queue mesure entre 129 et 150 mm, le tarse entre 73 et 82 mm. Les mâles sont en moyenne légèrement plus grands (aile de 447 à 482 mm contre 412 à 468 mm) et plus lourds (3,6 kg contre 3,2 kg) que les femelles . Les races domestiques sont plus grosses (elles peuvent peser jusqu'à 5,5 kg), de morphologie plus adaptée à la marche, de plumage plus variable et pondent davantage. L'hybridation rend les différences plus flagrantes encore.

D'un naturel sociable, l'oie cendrée devient extrêmement grégaire durant la migration. Les dimensions des groupes d'oies vont du petit groupe familial jusqu'à des rassemblements de plusieurs milliers d'individus[2]. Pendant la saison de nidification, le mâle devient territorial et défend les abords du nid contre les intrusions. L'oie cendrée se nourrit principalement en broutant de l'herbe et de jeunes pousses, mais elle peut aussi déterrer des rhizomes, racines et tubercules, glaner des graines, des inflorescences et des fruits (Rubus et Vaccinium), voire consommer de petits animaux aquatiques[2]. Sauvage, elle consomme surtout des plantes aquatiques comme les spartines, fétuques, potamots, prêles (Equisetum), glycéries (Glyceria) et lentilles d'eau (Lemna), des roseaux comme les scirpes, phragmites et massettes, ou des plantes de prairie comme les herbes, les trèfles et les pissenlits.

Les oies cendrées sauvages sont généralement migratrices, se déplaçant vers le sud et l'ouest en hiver, vers les îles britanniques, l'Espagne, le Portugal, les bords de la Méditerranée ou de la mer Noire, l'Afrique du Nord ou le Sud de l'Asie selon les populations. Mais certaines populations sauvages du nord-ouest de l'Europe (notamment les populations écossaises) ainsi que les populations d'individus marrons sont très souvent résidentes. Des individus et groupes isolés hivernent aussi sur les bords de la Baltique et dans le Nord de l'Allemagne.

Cette espèce migre vers ses quartiers d'hiver de septembre à début décembre. Le retour des oies cendrées se déroule de fin février à mars. Les haltes sont plus régulières lorsque ces oiseaux montent vers leurs sites de nidification que lorsqu'ils descendent vers leurs lieux d'hivernage.

Lors des déplacements migratoires, les oies ont tendance à voler bruyamment, en formation en V[2] de 50 à 200 individus, quelques fois accompagnées d'autres oiseaux migrateurs comme les grues cendrées ou d'autres espèces d'oies. Même au sein des formations, les couples ne se séparent pas.

Plusieurs espèces d'oies sauvages se rencontrent en Europe. Elles sont souvent appelées "oies grises" à cause de l'aspect général de leur plumage. Parmi ces oies sauvages, l'oie cendrée est la plus corpulente (2 à 4,5 kg pour une envergure atteignant 1,80 m). Elle se caractérise également par son fort bec triangulaire orange souvent nuancé de rose. En vol, on remarque le croupion blanc, et surtout la large zone gris très pâle à l'avant de l'aile qui tranche nettement sur le gris-brun foncé du reste du plumage. C'est une espèce très grégaire. Elle forme des bandes atteignant parfois plusieurs centaines d'individus, et même plusieurs milliers. En migration, ces groupes adoptent souvent une formation en V, à la manière d'autres oiseaux migrateurs comme les grues, les cormorans ou les mouettes. La plupart des oies cendrées observées en France nichent sur des zones humides de l'est de l'Allemagne jusqu'à la toundra du nord de la Scandinavie. La ponte comprend généralement 4 à 6 œufs, qui éclosent de la fin avril à la mi-juin.

Son cadre de vie : les zones humides

L'oie cendrée fréquente surtout une large gamme de milieux humides : grands lacs, prairies humides, marais avec joncs et roseaux, prés-salés du littoral. Elle s'y nourrit des parties tendres d'une grande variété de plantes, et aussi de graines, de racines et de tubercules. Elle peut également s'alimenter sur des terrains agricoles, en prélevant par exemple les graines de céréales tombées à terre lors de la récolte. Les lieux fréquentés par l'oie cendrée comportent presque toujours un grand plan d'eau (lac, fleuve, estuaire, baie abritée en bord de mer ou zones inondées) où les oiseaux vont se réfugier lorsqu'ils sont dérangés sur leurs terrains d'alimentation.

En France

Une petite population nicheuse d'oies cendrées s'est installée dans les années 1990 en Camargue, elle compte une dizaine de couples. De plus, de petites populations ont été introduites sur quelques réserves et parcs ornithologiques (Somme, Loire-Atlantique, Vendée, Gironde, ... ). Pour rejoindre leurs quartiers d'hiver en Espagne, les oies migratrices survolent la France sur un large front, essentiellement à l'ouest d'une ligne Charleville-Limoges-Pau, mais des centaines transitent régulièrement par la vallée du Rhône. Elles s'arrêtent peu en automne, mais stationnent plus volontiers durant leur migration vers les sites de nidification, qui se déroule en fin d'hiver : lors de ces haltes jusqu'à plus de mille oiseaux peuvent se regrouper sur quelques sites privilégiés (Charente-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres, et aussi Sud-Ouest, estuaire de la Seine, Champagne, baie de Somme ... ). Enfin quelques milliers d'oies cendrées ne descendent pas jusqu'en Espagne, mais restent passer l'hiver en France : en moyenne 5200 oiseaux présents en janvier dans les années 1990 (jusqu'à 7950 en janvier 1996), surtout en Champagne (lac du Der), en Camargue, sur les grandes zones humides du littoral atlantique (surtout en baie de l'Aiguillon), et sur le cours du Rhin.

La chasse

Durant la saison de chasse de 1998-1999, de 16 000 à 25 000 oies cendrées ont été prélevées ce qui représente 16 à 25% des effectifs et a une influence significative sur la dynamique des populations de l'espèce






La sarcelle d’hiver


La sarcelle d’hiver est un anatidé, comme les autres canards, les oies et les cygnes. C’est le plus petit des canards (250 à 450 g). Cette espèce est proche de la sarcelle d’été, un peu plus grande et qui passe l’automne et l’hiver en Afrique.
D’octobre à juin le mâle possède un plumage nuptial très coloré. Le reste de l’année il est très terne comme la femelle. 500 à 1 000 couples de sarcelles d’hiver nichent en France. On la rencontre aussi nichant principalement en Scandinavie et en U.R.S.S. La femelle pond de 8 à 11 œufs dont l’éclosion a lieu de mai à juillet.

Son cadre de vie : étangs, marais, baies et estuaires

Pour nicher, la sarcelle d’hiver occupe des mares, étangs, marais, bois marécageux. Les oiseaux sont alors dispersés et discrets. Dès le mois d’août commence la migration : des sarcelles venant du Nord et de l’Est de l’Europe arrivent en France. Certaines continuent vers l’Espagne et l’Afrique du Nord, d’autres s’installent pour passer l’hiver. Les sarcelles sont alors grégaires. Elles se rassemblent de jour sur des plans d’eau, baies, estuaires, et quittent ces " remises " en début de nuit, dispersées, à la recherche de leur nourriture dans un rayon d’une trentaine de kilomètres.
Elles se nourrissent de graines et de larves d’insectes, sur des terrains humides ou faiblement inondés : marais doux ou saumâtres, bords d’étangs, vasières, près inondés, champs de maïs récoltés, rizières, etc.

En France

Pendant les migrations automnale et de fin d’hiver, la sarcelle d’hiver peut être rencontrée dans toutes les régions de France, dans tous les types de zones humides. Mais c’est en hiver que l’espèce est la plus abondante. A la mi-janvier, on en compte environ 80 000 dans le pays. Leur présence est alors influencée par le climat hivernal et elles tendent à se concentrer sur le littoral.
L’espèce est en effet très sensible au gel et à l’enneigement qui limitent ses possibilités d’alimentation. Lors de vagues de froid, les sarcelles d’hiver se déplacent vers le Sud et l’Ouest. La répartition en est alors modifiée et les effectifs peuvent localement augmenter ou diminuer.

Avenir de la sarcelle d'hiver

La sarcelle d’hiver fréquentant des zones humides tout au long de son, cycle annuel, son sort est lié à celui de ces milieux. Les zones humides ne couvrent plus en France qu’environ 1,6 millions d’hectares, soit moins de 3 % du territoire et leur régression se poursuit au rythme d’environ 10 000 hectares par an.




La sarcelle d'été


La sarcelle d'été est un des plus petits canards rencontrés en France. A peine plus grosse que la sarcelle d'hiver, son poids varie de 250 à 500 grammes. En plumage nuptial, le mâle présente une tête marron traversée d'un long et large sourcil blanc. Le dos et la poitrine sont mouchetés de brun. De longues plumes noires et blanches retombent des épaules sur les flancs gris finement striés de noir.
La femelle ressemble beaucoup à celle de la sarcelle d'hiver mais s'en distingue par les deux raies pâles qui traversent la joue. En vol, le dessus de l'aile apparaît gris bleu chez les deux sexes.
La femelle pond 8 à 10 œufs qui éclosent entre mai et juillet.

Son cadre de vie : les prairies inondées, les marais et les étangs

La sarcelle d'été niche en eau douce dans les marais, les prairies marécageuses et les étangs peu profonds riches en nourriture, bordés de végétation aquatique et de zones herbeuses inondées.
En hiver, les sarcelles d'été venant d'Europe se concentrent en bandes de plusieurs milliers d'individus en quelques zones d'Afrique tropicale au sud du Sahara (Bassin du Sénégal et du Niger, Lac Tchad). C'est la seule espèce de canard à quitter totalement notre continent en hiver.
Son alimentation se compose principalement de graines, surtout en hiver, mais aussi d'insectes, de crustacés et de mollusques. Elle se nourrit en eau peu profonde en nageant la tête au ras de l'eau ou faiblement immergée.

En France

La sarcelle d'été niche en faible densité en Europe occidentale. Elle est plus répandue en Europe du nord et en U.R.S.S. où son aire de distribution s'étend jusqu'au Pacifique.
A la fin des années 1990, la population nicheuse française était estimée à 270-350 couples.
Sa distribution est ponctuelle et clairsemée dans la plupart des régions mais son abondance est plus marquée dans les marais de l'ouest, du sud de la Bretagne à la Gironde.
La migration à travers notre pays vers l'Afrique a lieu principalement en août et septembre et se déroule de façon discrète et diffuse sans concentration important. Le retour s'effectue de fin février à fin avril.

Avenir de la sarcelle d'été

Depuis plusieurs décennies, la sarcelle d'été connaît une phase de déclin en Europe occidentale. Les principales causes semblent être la disparition de nombreux sites de reproduction (drainages et assèchements) et la détérioration des conditions d'hivernage en Afrique de l'Ouest (sécheresse dans le Sahel et aménagements hydrauliques).
Si la sarcelle d'été a beaucoup diminué dans l'ouest de l'Europe et en France en particulier, le déclin paraît plus modéré dans l'ex-U.R.S.S. où l'effectif nicheur est estimé à 4 millions d'individus.




La foulque macroule


La foulque appartient à la famille des rallidés comme les poules d'eau, les râles et les marouettes. Son plumage est entièrement noir et gris anthracite, à l'exception d'une mince bordure claire à l'arrière de l'aile, visible seulement en vol. Le bec blanc est prolongé d'une plaque frontale arrondie de la même couleur. Les pattes, munies de longs doigts lobés, sont gris verdâtres. Le poids varie de 400 à 1 100 grammes selon l'âge et le sexe. Le vol de la foulque paraît maladroit et l'envol nécessite une course d'élan sur l'eau. Pour se nourrir, la foulque est capable de barboter, de plonger, de picorer ou de pâturer.
Dans un nid bâti au dessus de l'eau, la femelle pond 7 à 12 œufs qui éclosent entre avril et juillet. Les poussins sont noirs avec la tête rouge orangé.

Son cadre de vie : les étendues d'eau douce, riches en végétation

La foulque se reproduit dans tout le continent eurasiatique, de la Laponie et la Sibérie au nord, jusqu'à l'Afrique du Nord, le golfe persique et l'Inde au sud. La foulque niche surtout sur des étangs et lacs disposant de larges surfaces d'eau libre bordées de végétation aquatique. Les plantes immergées représentent la plus grande part de son alimentation, mais la foulque se nourrit aussi volontiers d'herbe sur les prairies bordant les plans d'eau. Des proies animales variées sont également consommées: mollusques, larves, insectes...
En hiver, les foulques se rassemblent en troupes parfois considérables sur les grands étangs, les lacs, les lagunes et le cours de fleuves et de rivières à faible courant.

En France

La foulque est un nicheur répandu dans tous les milieux favorables. Plusieurs dizaines de milliers de couples se reproduisent chaque année dans notre pays, principalement au nord d'une ligne reliant Bordeaux à Lyon. Beaucoup de ces oiseaux restent en France en hiver et sont rejoints par de nombreuses foulques d'Europe du nord?ouest. D'autres passent l'hiver en Espagne et en Afrique du Nord. La migration se produit surtout de septembre à novembre et le retour sur les sites de reproduction a lieu de février à avril.

Avenir de la foulque macroule

Au cours de ce siècle la foulque a connu une phase de prospérité importante. L'espèce a sans doute profité d'une production végétale accrue due en partie à une augmentation de la teneur des eaux en nitrates. A son adaptabilité, sa vitalité, s'ajoute une forte capacité de reproduction.

Malgré la pression de chasse assez forte dont elle est parfois l'objet, son avenir n'inspire guère d'inquiétude. Néanmoins, si la population du nord-ouest de l'Europe paraît stable actuellement, celle de la mer Noire et du bassin méditerranéen serait en déclin.




La bécassine des marais


La bécassine des marais est un limicole, de la même famille que la bécasse, les barges, les courlis et les chevaliers. Le plumage des bécassines, voisin de celui de la bécasse, leur permet de se camoufler au sol à l'approche d'un danger. II reste à peu près identique tout au long de l'année, et les femelles sont semblables aux mâles.
Pendant la période de reproduction, de mars à juin, le mâle parade sur son territoire. Il émet des chants caractéristiques, et les vols nuptiaux produisent un chevrotement typique de l'espèce.
La femelle pond en général 4 œufs, bien cachés dans la végétation. Les deux parents s'occupent des jeunes qui peuvent commencer à voler dès l'âge de 3 semaines.

Son cadre de vie : les marais, les prés inondés, les tourbières, les étangs, et les landes humides

La bécassine des marais niche dans des milieux offrant un sol meuble, en partie inondé, avec une végétation pas trop dense et pas trop haute. Ce peut être des prairies marécageuses, des tourbières, des pâturages humides pourvus de mares, des queues d'étang, etc. Elle évite les boisements denses, les roselières et les herbages trop ras.

La plupart des bécassines sont migratrices. Certaines passent l'hiver en Europe de l'ouest, dans les régions où le climat hivernal est assez doux. D'autres vont jusqu'en Afrique. La bécassine se nourrit surtout en sondant le sol mou de son long bec, aussi bien de jour que de nuit. Les vers et les larves d'insectes forment l'essentiel de sa nourriture.

En France

La bécassine des marais niche peu en France. L'effectif nicheur est de l'ordre de 200 couples. Les régions où cette nidification est la plus fréquente sont la Vendée, la Normandie, le Finistère et la Franche-Comté.
Les premiers mouvements de migration commencent dès la mi-juillet. La migration, qui est nocturne, reprend dans la seconde quinzaine d'août. Elle se prolonge jusqu'en décembre. En hiver, les bécassines sont plus nombreuses dans les départements côtiers, en raison à la fois de la présence de milieux favorables et de la douceur du climat. Le gel et la neige limitent fortement les possibilités d'alimentation. Aussi les vagues de froid font-elles fuir les bécassines vers le sud et l'ouest de l'Europe.

Avenir de la bécassine des marais

La bécassine fréquente des zones humides tout au long de son cycle annuel. Son avenir est donc lié à celui de ces milieux. Or ceux-ci régressent, en particulier en raison de leur assèchement pour une mise en culture. De plus, la partie de la population qui hiverne en Afrique subit les effets négatifs de l'extension du désert saharien ainsi que de l'assèchement et du surpâturage en zone sahélienne. Une révision de la politique agricole européenne et l'aménagement de marais en sa faveur permettrait d'envisager des jours moins sombres pour cette espèce.




Le Fuligule Milouin


Le milouin, canard plongeur de taille moyenne (750 g à 1,2 kg) appartient à la famille des Anatidés. Il peut s'immerger jusqu'à 4 mètres pendant 15 à 30 secondes pour chercher sa nourriture, essentiellement végétale. La femelle a un plumage brun assez neutre, tandis que la mâle en plumage nuptial a des couleurs plus voyantes : corps gris pâle, plastron et arrière noir, tête et cou brun rouge, ce qui lui valu en Dombes le nom de "Rougeot". Lorsqu'il est en plumage d'éclipse, son oeil rouge permet de le différencier de la femelle dont le plumage est alors identique. Sa ponte est généralement de 7 à 12 oeufs.

Son cadre de vie : eaux douces et saumatres

L'aire de nidification du milouin s'étend depuis l'Ouest de l'Europe jusqu'à la Sibérie. La migration d'automne le conduit vers le Sud et le Sud-Ouest où il fréquente en bandes, pendant tout l'hiver, les eaux douces des lacs, des fleuves (retenues, gravières), des étangs et des lagunes saumâtre. En mars, à la "remontée", les mâles effectuent leur parade sur les grands plans d'eau, puis les couples se dispersent vers des surfaces aquatiques plus réduites où ils trouvent un couvert végétal pour la nidification et une nourriture abondante pour élever les jeunes.

En France

Nicheur en Dombes dès les années 1930, aujourd'hui environ 5 000 couples se répartissent de façon peu homogène au nord d'une ligne Arcachon-Lyon. Après le colvert, c'est l'Anatidé hivernant le plus répandu et le plus abondant. L'effectif moyen compté à la mi-janvier est de 48 000 oiseaux pour la période 1967-1976 et de 65 000 pour la période de 1977-1985. Il est absent des zones d'altitude et de quelques départements du Centre et du Sud-Ouest de la France. Les principaux sites d'hivernage, sont par ordre décroissant d'importance, le cours du Rhin, la Camargue, la Corse, le Lac de Grand'Lieu, le Lac Léman français, les étangs de Languedoc, de l'Aude, le Golfe du Morbihan; certaines portions de fleuves (Rhône, Seine, Loire) et les zones d'étangs de la Dombes et de la Brenne.

Avenir du fuligule milouin

Alors que les habitats disponibles en hivers augmentent (réservoirs, gravières, territoires en réserve, ...), les effectifs semblent diminuer. L'espèce subit-elle le contrecoup des récents hivers rigoureux ? Ou bien, espèce gibier, est-elle sensible au dérangement et à la pression cynégétique, à la disparition ou à la modification de certaines zones humides, aux diverses activités aquatiques ? Chasseurs et autres utilisateurs des zones humides cherchent à détecter ces facteurs défavorables afin que des mesures soient prises pour maintenir les effectifs actuels.




Le canard siffleur


Le canard siffleur appartient à la famille des anatidés qui regroupe les canards, les cygnes et les oies. C'est un canard de surface. D'un poids variant de 400 à 800 g, ce canard à la silhouette ramassée et au vol très rapide, se reconnaît facilement, en particulier au cri des mâles, strident et modulés en deux tons très brefs. La femelle ne siffle pas mais pousse un cri assez rauque. En période nuptiale, le mâle présente un plumage très coloré : la tête et le cou sont d'un roux très riche relevé d'une bande jaune d'or sur le front et le dessus de la tête. La tête est arrondie et le bec court et bleu clair. Plus petite, la femelle se distingue aussi par la teinte rousse de son plumage et surtout par sa silhouette : bec court et gris bleu, front bombé et cou assez court.
La ponte déposée en mai-juin comprend 6 à 10 œufs.
Après 24 à 25 j. d'incubation par la femelle uniquement, les poussins éclos et quittent le nid. Ils seront volant à l'âge de 6 semaines environ.

Son cadre de vie : les baies, les estuaires et les marais côtiers salés

Non nicheurs en France, les canards siffleurs en transit migratoire et en hivernage dans notre pays appartiennent à deux populations. La population méditerranéenne se reproduit en URSS et hiverne sur la côte méditerranéenne de la Turquie à l'Espagne et en Afrique du Nord. La population ouest-européenne se reproduit également en URSS mais aussi au nord de la Suède et de la Finlande ; les hivernants se répartissent du nord des Pays-Bas au Maroc, le long du littoral Manche-Atlantique notamment. En hiver, les siffleurs se regroupent en bandes nombreuses sur des localités côtières (étangs, lagunes, marais saumâtres, estuaires, baies). Ces canards fréquentent également des zones humides continentales comme les prairies inondées et les réservoirs (Grande-Bretagne, Pays-Bas). Strictement herbivore, le régime alimentaire de cette espèce se compose de parties végétatives de ruppia, de zostères, de salicornes et d'algues vertes.
Elle se nourrit aussi de graminées (puccinellie, agrostis) sur les zones de prés-salés, prairies inondées ou polders.

En France

En janvier, les quartiers d'hiver sont essentiellement côtiers et concentrés principalement sur trois sites : le golfe de Morbihan et la baie de l'Aiguillon sur la façade atlantique, la Camargue sur le littoral méditerranéen. Ce dernier site est également une étape migratoire post et prénuptiale pour les oiseaux hivernant en Espagne. Le siffleur fréquente aussi quelques sites intérieurs comme le réservoir Marne et le cours du Rhin. Espèce extrêmement mobile à l'arrivée d'une vague de froid, la distribution numérique en janvier est très variable et directement liée à la sévérité de l'hiver (300 000 à 45 000 individus en hiver normal, 75 à 115 000 en hiver froid). La façade Manche-Atlantique représente un refuge climatique très important pour la population ouest-européenne.

Avenir du canard

La situation française du siffleur est stable et n'indique pas de variation significative de ses effectifs hivernant depuis quelques années. Le maintien de ses principaux sites d'hivernage, et en particulier la protection de ses zones d'alimentation, est le seul garant de voir ce joli canard continuer à visiter en nombre le littoral français.




Le canard pilet


Appartenant à la famille des anatidés, le canard pilet est l'un des canards de surface, le plus élégant et très facile à reconnaître. D'un poids moyen de 600 à 850 g, le pilet se distingue par la longueur de son cou et de sa queue. En période nuptiale, le mâle a la tête brun-chocolat et le cou orné d'une ligne blanche qui remonte en pointe de la poitrine (blanche) jusqu'à l'arrière de la tête; le reste du dessus du corps et les flancs sont gris, séparés par une ligne noire. Les plumes noires de la queue ajoutent environ 10 cm à la longueur totale. Le bec est d'un bleu acier chez le mâle et gris acier chez la femelle. Celle-ci apparaît plus grise que la majorité des autres espèces de canards de surface et la queue pointue est nettement plus courte que celle du mâle.

La ponte déposée (de mi-avril dans le sud à mi-juin dans le nord de l'aire de reproduction), est de 8 à 9 œufs en moyenne. Après 22-24 jours d'incubation par la femelle, les poussins éclos quittent le nid rapidement.

Son cadre de vie : baies, estuaires et marais d'eau douce.

L'aire de reproduction du pilet est centrée principalement en URSS. Ailleurs, il est nicheur en Scandinavie et sur de nombreux petits sites disséminés à travers toute l'Europe. Après la mue, débute en août la migration d'automne qui bat son plein de mi-septembre à novembre. La répartition hivernale de ce migrateur au long cours est très diluée: nord-ouest de l'Europe (Pays-Bas, Grande-Bretagne), région mer Noire, Méditerranée (Turquie, Grèce, URSS) et également Afrique de l'Ouest (bassin du Sénégal, du Niger au Mali et au Tchad). Les oiseaux en hivernage sont très grégaires et se rencontrent surtout sur le littoral maritime. La migration de printemps commence vers la fin de février avec un pic en mars.

Le régime alimentaire du pilet est essentiellement composé de graines trouvées sur des zones faiblement inondées, marais doux et saumâtres, vasières, prés inondés, champs de mais récoltés, rizières, etc. Dans quelques secteurs il se nourrit aussi de mollusques et larves d'insectes.

En France

Le pilet niche assez régulièrement en baie de Seine, dans la Manche, dans le sud de la Bretagne et au bassin d'Arcachon. L'effectif total ne dépasse pas la dizaine de couples. En hiver sa distribution est essentiellement littorale ; les principales zones de stationnement sont la Camargue, la baie de l'Aiguillon, le golfe du Morbihan, le littoral picard, l'estuaire de la Loire, le bassin d'Arcachon, la baie de Saint-Brieuc et la baie de Seine. La population hivernant en France est de l'ordre de 12 à 15 000 oiseaux avec une stabilité des effectifs depuis quelques années. Par hiver froid, l'effectif atteint en moyenne les 25.000 individus.

Avenir du canard pilet

Quel que soit le pays d'hivernage, le pilet montre des effectifs très variables d'une année à l'autre. Ces fluctuations numériques sont telles qu'aucune tendance d'évolution ne peut être actuellement décelée. Malgré ce phénomène et la vulnérabilité de ses principaux habitats, la situation du pilet ne semble pas globalement préoccupante compte-tenu de sa mobilité et de son adaptabilité aux variations des conditions du milieu.




Le canard chipeau


Le Canard chipeau (Anas strepera) est un anatidae présent en Eurasie et en Amérique du Nord. Le mâle au bec sombre se caractérise par un plumage nuptial globalement gris, finement strié, des couvertures allaires roux vif, et l'arrière du corps très noir reconnaissable de loin. Il lance des cris sec et courts, le chant de sa femelle étant plus grêle.

Il niche dans les marais côtiers et les pâturages à proximité des plans d'eau.

Sa distribution est plus méditerranéenne que la majorité des autres canards de surface au sein du Paléarctique occidental. En Europe, sa présence est aléatoire. Depuis 20 ans, son aire de répartition et ses effectifs sont en augmentation. Le réchauffement climatique et l'accroissement du nombre de marais d'eau douce aménagés, zones particulièrement favorables à cette espèce en période de reproduction, sont à l'origine de l'extension de son aire et de l'augmentation des effectifs hivernants.

Le retour des prairies

On retrouve bien en France, cette tendance à l'augmentation des effectifs hivernants, mais son statut de reproducteur est en déclin. Les grandes zones d'étangs (Lorraine, Dombes, Forez, Camargue, Sologne et Brenne) constituent ses habitats préférés de reproduction. Ailleurs, la reproduction est problématique, 95 % des couples nicheurs (1500 couples) sont localisés en Dombes, Forez et Lorraine. Malgré la colonisation récente de nombreux sites, le déclin des effectifs Dombiste entraîne une diminution de la population nationale des chipeaux (2 Bernard).

Son statut de reproducteur en France est victime de la mise en cultures de prairies humides autour des étangs Dombistes comme l'a très bien démontré Broyer. Le canard chipeau qui produisait plus de mille nichées par an dans les années 1970 n'en produit plus que 200. L'arrêt de ce déclin passe par le maintien d'une prairie herbacée dense, et fauchée tardivement, sur 200 ni autour des étangs. La baisse des primes au maïs (2500 F/ha) contre 850 F/ha pour la prime agro-environnementale est aussi un moyen de décourager le retournement des prairies au profit du maïs.

Le maintien des étangs

Dans d'autres zones traditionnelles de reproduction du chipeau, l'atterrissement naturel des étangs qui se traduit par le boisement réduit les potentialités de reproduction. L'abandon de la pratique de l'élevage extensif qui consiste à pâturer les prairies humides situées en bordures des étangs, à accélérer ce processus de colonisation par la végétation arbustive. En fait, le gestionnaire d'un étang doit sans cesse veiller à l'ouverture de son étang. Cela se traduit par des coupes d'arbres et d'arbustes en queue d'étangs. La forêt ne doit pas arriver directement dans l'étang. Le maintien d'un pâturage extensif par des animaux et la fauche automnale par endroits favorisent la création de lisières et retarde la colonisation arbustive.

Des aides existent (jachère, environnement et faune sauvage, retrait des terres arables, contrats territoriaux d'exploitation) pour convertir les terres arabes en prairies. La restauration des prairies en zones humides est encouragée par les agences de l'eau. Son objectif est de filtrer une eau contaminée par la terre qui quitte les sols labourés sous l'effet des fortes de pluies.

Effectifs en 1998 en France : 18133




Le canard colvert


Le canard colvert, le plus répandu en France, appartient à la famille des anatidés comme les cygnes, les oies et toutes les autres espèces de canards. Le mâle d'un poids de 1 100 à 1 200 g se caractérise par un bec jaunâtre, une tête vert brillant, un étroit collier blanc et une poitrine d'un brun lilas. La femelle (950 à 1 100 g), est d'apparence plus discrète avec un plumage brun tacheté et un bec verdâtre souvent orangé sur le côté. En été, les adultes perdent plusieurs semaines leur plumage nuptial. Le mâle ressemble alors beaucoup à la femelle : c'est le plumage d'éclipse. A l'automne, ils retrouvent leur plumage de noce, et les couples commencent à se former. La cane pond 9 à 13 œufs qui éclosent à partir du mois de mars. Les jeunes sont aptes au vol à huit semaines.

Alimentation

Le colvert appartient au groupe des canards barboteurs, ceux qui préfèrent s'alimenter en surface, ou à faible profondeur d'eau, en avançant à coups de pattes circulaires et alternés : il plonge la tête dans l'eau et bascule vers l'avant, ce qui lui permet d'atteindre le fond de l'eau avec son bec. Il s'aventure aussi sur les prairies pour brouter. Il est omnivore et se nourrit de poissons et d'herbes, de graines et de vers, de grenouilles et d'insectes.

Son cadre de vie : étangs, marais et cours d'eau

Le canard colvert est peu exigeant dans le choix de son cadre de vie. Il peut nicher partout où il y a de l'eau : marais, étangs, lacs, rivières, ruisseaux et mares. Le nid est placé dans la végétation aquatique, dans une haie, un roncier, un herbage ou un arbre creux, parfois même loin de l'eau. En hiver, les oiseaux se regroupent en troupes nombreuses dans les grandes régions d'étangs, les baies, les estuaires et sur les grands fleuves.

En France

Les populations sauvages européenne migrent du nord vers le sud de l'Europe. Elles traversent la France de novembre à décembre. En France, le colvert se reproduit surtout au nord d'une ligne Arcachon - Lyon. Plus au Sud, il niche aussi en Camargue, en Languedoc-Roussillon et en Aquitaine. Les régions d'étangs (Brenne, Sologne, Dombes, Forez ... ) et les grandes étendues de marais (marais vendéens, sud Bretagne, vallées angevines, Camargue ... ) accueillent l'essentiel de la population nicheuse estimée à 30 à 60 000 couples pour l'ensemble de la France. En hiver, les plus fortes concentrations de colvert se trouvent sur le cours du Rhin en Alsace, dans les grandes régions d'étangs, les baies, les estuaires et en Camargue, La population hivernante est estimée entre 120 et 210 000 oiseaux les hivers "normaux" et à plus de 300 000 les hivers "froids". 30 000 et 60 000 couples restent sédentaires.

Avenir du canard colvert

Le colvert étant peu exigeant dans le choix de son site de nidification, il n'est pas rare qu'il niche dans des parcelles cultivées, où beaucoup de pontes sont détruites au cours des récoltes.

La chasse

Le colvert est la sixième espèce la plus chassée en France. Plusieurs techniques de chasse sont utilisées pour le colvert, la battue, la passée, la chasse au poste fixe, à la hutte et au gabion. Le colvert constitue environ 60% du tableau de chasse annuel de canards en France soit environ 1 561 000 en 2004[3] derrière le pigeon ramier, les faisans et les grives.

Les lâchers massifs d'oiseaux d'élevage dans les régions à forte pression cynégétique ont entraîné des croisements avec les individus sauvages. Aussi, les individus non-croisés sont devenus extrêmement rares, notamment en Europe occidentale. Cette pollution génétique se caractérise par des aberrations chromatiques du plumage.

Le Canard colvert peut s'hybrider avec près d'une cinquantaine espèces d'Anatidae : Canard branchu, Canard à lunettes, Canard chipeau, Canard siffleur, Canard brun, Canard noir, Canard de Meller, Canard à bec jaune, Canard à sourcils, Canard à bec tacheté, Canard des Philippines, Canard souchet, Sarcelle d'hiver, Sarcelle bariolée, Nette rousse, Nette demi-deuil, Fuligule morillon, Eider à duvet...[18]. En outre, l'homme croise le colvert avec l'autre espèce de canard domestique, le Canard de Barbarie pour produire le canard mulard. Ces hybridations s'expliquent par la radiation évolutive relativement récente du genre Anas et même de la famille des Anatidae.




L'alouette des champs


L'alouette des champs appartient à la famille des alaudidés. Son plumage rayé à dominante brune est identique chez le mâle et la femelle. Sa queue, assez longue, aux plumes extérieures blanches la distingue des autres alouettes comme le cochevis huppé et l'alouette lulu. Son poids varie de 25 à 50 g.

Dès le mois de mars, les mâles émettent leur chant territorial. Ils s'élèvent verticalement dans le ciel, chantant sans interruption pendant parfois plus de 10 minutes. L'activité est intense de l'aube à la fin de la matinée.

La saison de nidification s'étend de mi-avril à fin juillet. Les pontes comportent de 3 à 5 oeufs déposés dans un nid à même le sol. L'incubation dure environ 11 jours. Une femelle peut pondre jusqu'à 4 couvées au cours de la même saison de reproduction.

Son cadre de vie

L'alouette des champs affectionne les espaces ouverts. Au printemps et en été, ses préférences vont aux céréales, au maïs et aux herbages. Une mosaïque de cultures lui est très favorable. En migration et en hivernage, elle fréquente les chaumes et les labours. Les landes herbeuses et les dunes maritimes sont occupées tout au long de l'année.

Son régime alimentaire est presque exclusivement végétal en automne-hiver. Les grains de blé ou de plantes non cultivées, les jeunes pousses de céréales constituent l'essentiel du menu. Pendant la reproduction, les insectes et leurs larves, les petits mollusques, les araignées et les vers de terre prédominent.

En France

L'alouette des champs est un oiseau nicheur très commun en France. Elle niche jusqu'à plus de 2 000 m d'altitude dans les prairies alpines. Les populations françaises sont sédentaires. En octobre et en novembre, un flot d'alouettes des champs migratrices, originaires de Scandinavie et d'Europe Centrale, déferle sur notre pays. Des vols de plusieurs dizaines d'individus se succèdent, tant de jour que de nuit. En hiver, l'espèce est présente partout en France. Les densités les plus fortes se rencontrent au Nord d'une ligne Pyrénées Atlantiques - Alsace.

L'alouette des champs est chassée sur tout le territoire national. Elle intéresse essentiellement des spécialistes, notamment dans le sud-ouest de notre pays.

Avenir de l'alouette des champs

Les modifications des pratiques agricoles ont bouleversé l'habitat de l'alouette des champs en Europe au cours des dernières décennies. Le remembrement, l'abandon de la polyculture-élevage et l'intensification des méthodes culturales sont dommageables pour l'espèce.

L'abondance de l'espèce en hivernage ne doit pas faire oublier une santé démographique assez précaire en Europe. Devant les dangers qui la guettent, cette espèce, bien que commune, doit faire l'objet d'une surveillance accrue.

L'augmentation des superficies en jachères appropriées, du fait de la nouvelle politique agricole, peut être un facteur bénéfique.




La perdrix bartavelle


La bartavelle appartient à la famille des Phasianidés, sous-famille des Perdicinés, tout comme la perdrix grise et la perdrix rouge, dont elle est la cousine. On l’appelle également perdrix grecque car elle est commune dans l’Hellade.

Son aspect général la rapproche le plus de la perdrix rouge dont elle a l’allure et le poids, de 600 à 800 grammes. Toutefois son bec est plus long et plus fort et son plumage diffère quelque peu elle présente deux raies alternative­ment blanches et sombres sur les flancs, sa bavette est blanche avec un feston noir et roux. Ajoutons qu’elle mue totalement en été.

Habitat

La perdrix bartavelle peut se rencontrer aussi bien dans des zones à garrigues que dans les divers milieux montagnards s'étalant des alpages aux crêtes sommitales. Elle affectionne plus particulièrement les versants sud entre 1500 et 2600 m d'altitude. Originaire d'orient elle conserve un goût prononcé pour la chaleur, les terrains arides bien exposés au soleil, les pierriers et blocs rocheux ainsi que les pentes très raides où la présence de hautes graminées lui assure nourriture et abri. Elle fréquente quelque fois les formations boisées claires à mélèze, pin cembro ou pin à crochets. A la belle saison on peut la trouver jusqu'au-dessus de 3000 m mais mal adaptée au grand froid elle doit quitter les crêtes des les premières manifestations de l'hiver. C'est alors que l'on peut la trouver en dessous de 1000 m pour trouver de la nourriture dans les pentes escarpées couvertes de landes et de pelouses, dans les cultures en terrasses et même dans des terrains plus boisés. Leur présence dans ces milieux dépend de la durée de l'enneigement en altitude.

Il est très difficile de distinguer le coq de la femelle le plumage et le poids ne le permettent guère et la seule différenciation certaine tient à la présence chez le mâle d’un ergot implanté sur le tarse.

A leur naissance, les jeunes — une dizaine en général par nid — présentent un plumage brun noirâtre avec des traces beige et fauve. Puisque nous parlons des jeunes, précisons que les bartavelles sont monogames et que leur pariade s’effectue en mai ou juin. La femelle construit alors son nid à même le sol où elle couve sa dizaine d’œufs pendant quelque vingt-cinq jours. Le coq ne participe pas à la couvaison mais il revient au nid quand les oeufs sont éclos et il collabore à l’entretien des poussins qui ne prendront leur envol que vers l’âge de trois semaines.

La nourriture des bartavelles est essentiellement végétale mais les poussins se nourrissent d’abord de petits insectes.

L’hiver, les compagnies se rapprochent des habitations, à la recherche de nourriture abandonnée par les paysans ; céréales, graminées, etc.

Comme la perdrix rouge, la bartavelle cacabe, faisant entendre ses « kerk-kerk » à vive cadence.

Hormis les chasseurs, les aigles, les vautours, les faucons et aussi les corbeaux dans le ciel, les renards, les belettes, les putois et autres mammifères carnivores sont les ennemis courants de la bartavelle.

Protection / Menaces
Dans les années 1950-1960 on constatait une diminution de ses effectifs due à plusieurs facteurs. Le premier est la déprise agricole qui a eu pour conséquence la fermeture des milieux surtout en basse et moyenne altitude. Le second est l'aménagement des crêtes pour la pratique des sports d'hiver. D'autres facteurs concourent à la réduction de ses habitats nécessaires pour son hivernage et sa reproduction tel que le passage de gros troupeaux d'animaux domestiques sur ses zones de reproduction.
Entre 2003 et 2007 la population était en progression, dans les Alpes françaises, grâce à la mise en place d'un plan de prélèvement et à l'interdiction des lâchers de perdrix rouge (Alectoris rufa) au-dessus de 1000m d'altitude, qui produisaient des hybridations. En Sicile la Perdrix bartavelle est parfois la victime des herbicides chimiques.

La chasse

La bartavelle se chasse rarement seule généralement c’est à l’occasion d’une sortie aux tétras que le chasseur tombe sur une compagnie de perdrix à la poursuite de laquelle il peut alors consacrer son temps

Certains chasseurs acharnés se lancent seuls à la recherche du gibier dont, la veille, ils ont repéré un poulailler.




La bécasse des bois


La bécasse est classée parmi les limicoles comme les bécassines et les chevaliers. Elle s’en distingue par un corps plus massif, un poids moyen de 310 grammes, des pattes courtes.
Son plumage de teinte " feuilles mortes ", identique chez le mâle et la femelle, lui permet de se dissimuler parfaitement dans son habitat. La bécasse est un oiseau solitaire et très discret. Seul le mâle au printemps et en été, s’observe facilement au crépuscule lors d’un vol chanté, la croule.

La saison de reproduction s’étend de mars à août inclus. La femelle niche à terre et pond généralement quatre oeufs qu’elle couve seule durant 21 à 23 jours. Les jeunes bécasseaux quittent le nid dans les heures qui suivent l’éclosion.
La prédation sur les nids et les nichées est forte. Lorsqu’elle est détruite, la première ponte est généralement remplacée.

Son cadre de vie : forêts et prairies

La bécasse est le seul limicole de moeurs forestières. Elle fréquente aussi bien les feuillus que les résineux dans leurs jeunes stades. Un milieu forestier varié, agrémenté de clairières et de coupes, sur un sol frais voire humide, favorise l’accueil des bécasses. En automne-hiver, le soir, elle quitte les milieux boisés pour gagner les prairies permanentes des alentours, de préférence pâturées. Elle y reste toute la nuit, s’y alimente, et rentre au bois le matin. Ce va-et-vient entre bois et prairies se nomme la passée. Pendant la période de reproduction, la bécasse demeure en forêt nuit et jour.
Les vers de terre constituent sa nourriture principale. Mais elle ne dédaigne pas d’autres proies animales comme les larves d’insectes, les scarabées, les mille-pattes ou encore les perce-oreilles. Graines et fibres végétales sont parfois au menu.

En France

Dans notre pays, la bécasse peut nicher dans toute les régions, mais plus communément dans le quart nord-est, les grandes forêts du Bassin Parisien et en montagne.
Migratrice, elle déserte en début d’automne le nord et l’est de l’Europe pour se réfugier dans les régions européennes plus tempérées et jusqu’en Afrique du Nord. En France, c’est en automne et en hiver que la bécasse est la plus abondante. La majorité des hivernantes se concentrent sur le littoral Manche-Atlantique et le pourtour de la Méditerranée. Notre pays accueille essentiellement des bécasses en provenance de Suède, de Finlande et de Russie.
La migration d’automne se déroule principalement en novembre. Celle de printemps bat son plein en mars.

La chasse

La bécasse des bois est un gibier très prisé des chasseurs au chien d’arrêt.
La bécasse suscite un engouement croissant auprès des chasseurs. Cette passion très particulière a conduit chasseurs et scientifiques à mettre en oeuvre le suivi de ses populations tant en période de nidification qu’en hivernage, notamment en développant considérablement le baguage.
En France, depuis plusieurs années, la tendance démographique des populations de bécasses est surveillée de près. Dans le nord et l’est de l’Europe des travaux identiques se mettent en place. A l’heure actuelle, les effectifs paraissent plutôt stables. La principale source d’inquiétude pour l’avenir de cette espèce reste la transformation ou l’exploitation intense de ses habitats, en particulier en Russie. En Europe Occidentale la réduction des surfaces de prairies permanentes est également préoccupante. La maîtrise des prélèvements et la création de réserves dans les sites d’hivernage sont des gages supplémentaires pour la prospérité de l’espèce.

Le P.M.A. (prélèvement Maximum Autorisé)

Cette mesure légale a été mise en place pour limiter les prélèvements exagérés de chasseurs viandards et irresponsables. Elle était, du reste, demandé par le CNB (Club National des Bécassiers) depuis de nombreuses années. Cette limitation des prises va impliquer psychologiquement le chasseur et lui faire prendre conscience que cette mane céleste n'est pas inépuisable et doit être gérée avec respect et parcimonie. La Bretagne, qui est considérée comme un site privilégié pour l'abondance des bécasses, a institué un PMA de 3 oiseaux par chasseur et par jour. Le prélèvement annuel ne doit pas dépasser 50 bécasses pour 1 chasseur, chaque prise doit être enregistrée sur un carnet et scrupuleusement comptabilisée.

On estime qu’il se tue en Europe entre 3 et 4 millions de bécasse chaque année, les prélèvements réalisés en France représentent entre 30 et 40% du tableau européen. La majorité du tableau de chasse est réalisé en automne / hiver.




faisans de chasse

Faisan de Colchide


Faisan vénéré

Faisans est le nom vernaculaire de nombreuses espèces d'oiseaux de la sous-famille des Phasianinae même si en Europe, il désigne en premier lieu le Faisan de Colchide Phasianus colchicus. Tous ces oiseaux sont des gibiers réputés. Leur femelle s'appelle la faisane ou poule faisane.

Plusieurs espèces utilisent le terme de faisan dans leur nom vernaculaire composé comme le Coucal faisan.

La chasse
Au moins 5 millions tués chaque année en France d'espèces d'élevages relâchées en grand nombre.


Faisan de Colchide

Le Faisan de Colchide, Faisan à collier, ou Faisan de chasse (Phasianus colchicus), est un oiseau galliforme de la famille des Phasianidae. C'est le plus commun des faisans en Europe, et si ce terme est utilisé seul, c'est à cette espèce que l'on fait probablement référence. Il est chassé comme gibier et élevé pour sa chair. On dénombre 31 sous-espèces.

Seules certaines variétés sont considérées comme domestiques.

Sa femelle s'appelle la faisane ou poule faisane.

Le faisan est un animal suffisamment proche de la poule domestique, pour produire des hybrides, mais ceux-ci sont stériles. Les faisans lâchés pour la chasse sont aussi des hybrides stériles obtenus grâce aux croisements de diverses espèces de faisans.


Faisan vénéré

Le faisan vénéré est un galliforme comme le faisan commun, la poule domestique, la caille et les perdrix. Originaire des régions boisées du centre et du nord de la Chine, il a été introduit en Angleterre en 1831, puis en France en 1870.

Le mâle pèse 1,4 à 1,6 kg. Sa queue très longue peut dépasser 1,80 m. Il arbore de vives couleurs : tête blanche rayée de noir, corps brun et or, queue brune et blanche striée de noir. La femelle a un plumage plus terne, brun foncé et brun clair.
Elle mesure 70 à 75 cm et pèse 0,9 à 1,2 kg.
L'espèce est habituellement polygame dans nos régions. La poule pond 7 à 12 oeufs dans un nid sommaire creusé à même le sol.
La plupart des éclosions ont lieu entre début mai et début juillet. A la fin de l'été les compagnies comprennent le plus souvent 3 à 6 jeunes accompagnés de leur mère.

Son cadre de vie : Les milieux forestiers

Le faisan vénéré est une espèce sédentaire. Mâles et femelles vivent séparément, le plus souvent en petits groupes, sauf en période de reproduction.
L'oiseau affectionne les milieux essentiellement forestiers où dominent les feuillus et qui possèdent des peuplements diversifiés, ponctués de nombreuses ouvertures : clairières, allées, coupes récentes... Il se perche dans les grands arbres aussi bien le jour que la nuit et s'abrite au sol dans la végétation basse.
Durant les premières semaines de leur vie les poussins se nourrissent presque exclusivement d'insectes qu'ils recherchent dans les endroits dégagés. Les juvéniles et les adultes ont un régime alimentaire très varié selon les territoires : baies, fruits forestiers, graines et végétaux divers, insectes et mollusques.

En France

Le faisan vénéré est actuellement peu représenté en France. Dans une dizaine de départements quelques populations naturelles se sont constituées. Dans une dizaine d'autres il se maintient grâce à des repeuplements réguliers. Il est peu présent dans le sud.
Les densités peuvent atteindre 5 à 30 oiseaux/100 ha selon la qualité des milieux. Les effectifs doublent habituellement en fin d'été. L'espèce apparaît tolérante même lorsqu'elle cohabite localement avec le faisan commun et ne nuit pas aux espèces autochtones.




La gélinotte


La gelinotte des bois est un galliforme comme la poule domestique. Sa famille, celle des tétraonidés, comprend les tétras, les lagopèdes et les gelinottes. Une tête un peu huppée et une queue grise assez longue barrée d'une bande noire caractérisent la gelinotte. Son poids (400 g) est voisin de celui d'une perdrix ou d'un lagopède. Le dessus de son plumage est grisâtre à brun rouge, richement tacheté et barré de noir ou brun. Par sa gorge noire très visible et largement bordée de blanc, le mâle se distingue des femelles aux teintes moins vives et à la gorge blanchâtre. La gelinotte vit en couple. Les pontes se composent de 7 à 12 oeufs qui éclosent en mai-juin.
C'est un oiseau très discret et difficile à observer, surtout dans les secteurs où il est peu abondant.

Son cadre de vie : Les forets et leurs sous-bois

Comme l'indique son nom, la gelinotte des bois est un oiseau des forêts, pourvues d'un sous-bois dense de quelques mètres de hauteur, riches en nourriture et en refuges. Taillis de feuillus à basse altitude, forêts mélangées de hêtres et de sapins plus haut, lisières de fauche et de pâturages, coupes et prairies abandonnées, envahies de noisetiers et d'arbustes à petits fruits et, encore au-delà, forêt claires d'épicéa avec un riche sous-bois, sont autant de milieux recherchés. Pousses et bourgeons, feuilles et fleurs, graines, baies et fruits, mais aussi insectes constituent son régime alimentaire. La gelinotte est le témoin de zones forestières particulièrement riches et diversifiées en espèces arbustives.

En France

La gelinotte apparaît aujourd'hui comme une espèce presque exclusivement montagnarde même si elle se rencontre de 160 m d'altitude dans la Marne jusqu'à 2 100 m dans les Alpes. Elle préfère cependant les milieux compris entre 600 et 1 600 m. Sur les territoires les mieux connus, la densité varie de 1 à 4 couples pour 100 ha. Plus de 85 % de l'aire de présence régulière sont répartis entre les Vosges, le Jura et les Alpes. Elle est également présente dans les Ardennes et le Nord-Est du Massif central ainsi que dans les Pyrénées avec quelques rares observations depuis 1980.

En France, la gelinotte des bois est une espèce présente dans 22 départements ; elle est chassée dans 6 départements des Alpes et du Jura.

Avenir de la gelinotte des bois

L'aire de répartition de la gelinotte des bois a nettement diminué depuis 20 ans. Modification des pratiques sylvicoles (augmentation des résineux, vieillissement des taillis, conversion des futaies jardinées en futaies régulières), dérangement, braconnage sont sans doute à l'origine de cette évolution. Il est aujourd'hui essentiel de ne plus altérer, voire aussi d'entretenir, les milieux où elle s'est maintenue tout en veillant à sa tranquillité, si l'on souhaite préserver cette espèce.

La chasse

La chasse à l’arrêt est très difficile aussi est-ce surtout à l’affût qu’elle est pratiquée




La grive litorne


La grive litorne fait partie de la famille des turdidés, comme le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. Le gris bleuâtre de la tête, l'arrière du cou et le croupion la distingue de toutes les autres grives. De larges taches brun foncé parsèment la tête très bleutée du mâle. Chez la femelle le gris domine et les taches sont plus fines en forme de lances. D'un poids d'environ 100 g, la grive litorne est sensiblement de la taille du merle noir. Son cri, un "tia-tia-tia " très sonore, permet de la reconnaître aisément.

C'est un oiseau sociable qui niche en colonies, migre et hiverne par petits groupes. Au sein des colonies la vigilance est de règle et déclenche fréquemment des comportements agressifs collectifs à l'égard des prédateurs.

A partir d'avril, les pontes de 5 oeufs sont déposées dans des nids d'herbes sèches grossièrement construits à une dizaine de mètres de hauteur. Ils sont couvés 13-14 jours. Les deux parents élèvent la nichée qui s'envole une quinzaine de jours plus tard. Une seconde ponte a lieu fin mai début juin.

Son cadre de vie

Les terrains découverts, essentiellement les prairies, sont les lieux de prédilection de la grive litorne. Elle ne dédaigne pas les haies et bosquets mais évite les massifs forestiers dont elle ne fréquente que la lisière. Un sol humide a sa préférence.

De l'automne au printemps, elle consomme des baies et des fruits. En été, son régime alimentaire est presque totalement animal : insectes, araignées, vers et escargots.

En France

La grive litorne est surtout abondante en France pendant la migration et l'hivernage.
La migration d'automne s'amorce vers la mi-octobre. Elle se poursuit tout le mois de novembre. Les déplacements migratoires ont lieu en plein jour. Durant l'hiver les bandes de litornes sont plus ou moins nomades, fuyant le froid qui les empêche de s'alimenter. En mars et avril elles regagnent leurs sites de reproduction nordiques.

Son aire de nidification, comprise essentiellement de la Scandinavie à la Russie, s'étend vers le sud depuis le début du siècle. En France, les premières nicheuses ont fait leur apparition dans les années 1950. Elle se reproduit désormais communément dans le quart nord-est de notre pays.

La grive litorne est un oiseau très convoité par les chasseurs français, en particulier ceux de la moitié sud, au même titre que les autres grives.

Avenir de la grive litorne

L'évolution des effectifs de grives litornes est difficile à appréhender tant les conditions météorologiques régissent les déplacements d'automne et d'hiver.

Dans l'aire de nidification, la tendance démographique est plutôt à la hausse même si dans les Pays Baltes et en Russie les populations semblent décroître. La diminution du nombre de prairies permanentes, très appréciées des grives litornes, pourrait avoir à terme une incidence néfaste sur cette espèce.

Une extrême vigilance, renforcée par un comportement grégaire, et une capacité d'adaptation remarquable vis-à-vis du froid représentent de formidables atouts pour maintenir en bonne santé les populations de grives litornes.




La grive draine


La grive draine appartient à la famille des turdidés au même titre que le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. D'un poids compris entre 100 et 150 g, c'est la plus grosse des grives. Son plumage d'aspect très pale, avec un dos gris uni et le ventre parsemé de larges et nombreuses taches, est identique chez le mâle et la femelle. En vol, on la reconnaît aisément grâce à sa couleur blanche du dessous des ailes. Elle signale sa présence par un cri sec et roulé : trr… trr.
Les couples s'installent très tôt sur leur territoire de reproduction. Parfois dès la mi-janvier, perché au sommet d'un grand arbre, le mâle émet un chant à tonalité élevée, aux motifs simples et répétés. Les premières pontes ont lieu au tout début du mois de mars. Les 4 œufs prennent place dans un nid composé d'herbes et de brindilles, liées avec de l'argile, à 7-8 mètres de hauteur. La femelle seule couve pendant deux semaines. Une quinzaine de jours plus tard, les jeunes quittent le nid. Une deuxième ponte est déposée en mai.

Son cadre de vie

La grive draine est une solitaire, agressive et téméraire, en permanence sur le qui-vive. Elle affectionne les bosquets, les allées d'arbres, même ceux des parcs et jardins. On la rencontre aussi en lisière et dans les clairières des forêts de feuillus et de conifères, ainsi que dans des peupleraies, entre 500 et 2000 m d'altitude. Le plus important pour elle est de disposer d'un espace ouvert, prairie ou pâturage par exemple, où elle peut facilement s'alimenter.
Son menu, diversifié, comprend aussi bien des proies animales - vers de terre, insectes et leurs larves, escargots - que des végétaux - jeunes pousses, baies et fruits -. En automne-hiver, elle se nourrit des baies du gui ce qui lui vaut le nom de grive du Gui dans de nombreuses langues européennes.

En France

L'espèce est très commune, aussi bien en période de reproduction ou d'hivernage, mais les densités restent faibles. Présente ainsi toute l'année, elle apparaît donc comme sédentaire. Cependant, en octobre-novembre, des petites troupes de grives draines migratrices, originaires du nord et de l'est de l'Europe atteignent notre pays qui constitue un des principaux quartiers d'hivernage avec la péninsule Ibérique et l'Italie. En hiver, les grives draines ont un comportement plutôt erratique, guidé par l'abondance des baies. Après un hivernage diffus, la migration de retour est sensible dès la fin février-début mars.
C'est une espèce de gibier convoitée en France, essentiellement dans la moitié Sud, comme toutes les autres grives et le merle noir.

Avenir de la grive draine

La tendance démographique de la grive draine sur la période 1970-1990 se traduit par une croissance des effectifs en Allemagne, au Danemark et en Hongrie mais les populations dans d'autres pays sont stables (Croatie, Espagne et Royaume Uni) ou fluctuantes (Bièlorussie). En revanche, il est constaté un déclin des populations nicheuses au Pays Bas, en Italie (espèce protégée), en Ukraine et en Estonie. Globalement, l'aire de reproduction européenne est plutôt stable sauf en Italie et en Hollande où elle régresse. Les effectifs européens se situent entre 2,2 et 3,1 millions de couples et ils sont jugés globalement stables.
En France, on assiste à une expansion de l'aire de reproduction de l'espèce et on note une stabilité dans l'évolution de l'indice d'abondance de 1994 à 1999.
Dans l'ensemble, l'avenir de la grive draine parait serein, eut égard probablement à sa forte amplitude d'habitat, et au fait que l'espèce est peu chassée.
Aucune menace particulière ne pèse sur l'habitat de la grive draine, à l'exception peut-être des prairies qui ont fortement régressé ces dernières années. Extrêmement méfiante, la grive draine n'est pas une proie facile pour les prédateurs, homme y compris.




La grive musicienne


La grive musicienne appartient à la famille des Turdidés, comme le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. Son plumage brun-olive sur le dos, blanchâtre et taché de macules noirâtres sur le ventre est identique chez les deux sexes.
D'un poids d'environ 75 g, la grive musicienne est de taille intermédiaire entre celles de ses proches parents : plus petite que la grive litorne et la grive draine, mais plus grande que la grive mauvis. A partir de la mi-février, le mâle, haut perché, émet son chant mélodieux aux motifs répétés, annonciateur d'un printemps tout proche. Dès avril, les premières pontes, de 4 à 5 œufs, sont déposées dans un nid garni de "ciment" de boue séchée. Après 2 semaines d'incubation, les œufs éclosent. Les jeunes s'envolent à l'âge de 17 jours. Dans la plupart des cas, une deuxième et même une troisième couvée se succèdent.

Son cadre de vie : les taillis, les résineux, les bois de feuillus

Au printemps et en été, la grive musicienne affectionne des taillis bien garnis, agrémentés çà et là de jeunes résineux, en particulier d'épicéa. Toutefois, la grive musicienne ne dédaigne pas les bois de feuillus. Elle préfère un sol frais, voire légèrement humide. Au cours de l'hiver, la présence de nourriture règle sa répartition. L'essentiel de son régime alimentaire est composé de proies animales. Les insectes et leurs larves, les vers de terre et les petits escargots qu'elle casse parfois à l'aide d'un caillou qui lui sert d'enclume, sont quotidiennement au menu. En automne, elle consomme de nombreux fruits, tels que les mûres, les baies de houx, de lierre ou de genièvre et des grains de raisin.

En France

La grive musicienne est très commune dans le paysage français jusqu'à l'altitude de 1600 m. Présente toute l'année, elle apparaît comme sédentaire. Cependant à partir de mi-septembre, des milliers d'oiseaux de cette espèce quittent les pays scandinaves et d'Europe centrale pour déferler vers le sud de l'Europe de l'Est et même jusqu'en Afrique du Nord. En hiver, ces populations viennent grossir considérablement les rangs de nos grives autochtones, réfugiées sur le littoral Manche-Atlantique et Méditerranéen. La grive musicienne est certainement l'un des oiseaux les plus chassés en France, notamment dans le Sud-Ouest et le Sud-Est de notre pays.

Avenir de la grive musicienne

La grive musicienne ne semble pas menacée par une évolution sensible de son habitat. S'adaptant à la vie citadine, capable d'élire domicile dans les parcs et les jardins, elle peut s'accommoder d'une certaine urbanisation du paysage. Cependant, à l'automne, les bandes innombrables d'individus migrateurs apparaissent comme une ressource inépuisable. Là est peut-être le danger pour un oiseau tellement commun qu'on l'imagine difficilement susceptible de se raréfier.




Le merle noir


Très commun en France, le merle noir appartient à la famille des turdidés comme les grives et le rouge-gorge. Le mâle adulte a un plumage entièrement noir, le bec et le pourtour des yeux jaune-orange. La femelle adulte est brune et des taches brun-foncé parsèment sa poitrine brun-roussâtre. Son bec est le plus souvent jaunâtre avec la pointe brune. D'un poids d'environ 100 g, le merle noir est un peu plus grand que la grive musicienne. Le mâle défend activement son territoire, en particulier en période de reproduction. D'un poste haut perché, il émet son chant, aux motifs sans cesse renouvelés, dès la fin de l'hiver, surtout à l'aube et au crépuscule. Les premières pontes sont déposées, début avril, dans un nid composé d'herbe, de brindilles ou de racines mais non garni de boue comme le fait la grive musicienne. Les 3 à 4 oeufs de la couvée donnent naissance à des poussins environ 13 jours plus tard. Nidicoles, ils quitteront le nid 13 à 14 jours après l'éclosion. Souvent, 2 même 3 couvées se succèdent.

Son cadre de vie : de la forêt à la ville

Initialement forestier, le merle noir se rencontre désormais aussi bien dans le bocage que sur la pelouse d'un jardin de ville. Il affectionne particulièrement les haies sans dédaigner la forêt où on le rencontre tant dans les feuillus que dans les conifères. Les sols riches et frais, ainsi que les milieux ombragés, ont sa préférence. Souvent à terre, il recherche activement sa nourriture en grattant fréquemment le sol. Les insectes et les vers de terre constituent ses principales proies. En été et en automne il consomme de nombreux fruits tels que les mûres, les pommes, les cerises ou les baies d'aubépine, de lierre et les grains de raisin.

En France

Le merle noir se rencontre partout en France. La population de notre pays, présente toute l'année, est en grande partie sédentaire. Toutefois, en octobre, les populations migratrices du nord et du centre de l'Europe quittent leurs sites de reproduction pour hiverner plus au sud, jusqu'en Afrique du Nord. La migration a lieu surtout la nuit. Les femelles sont en général plus migratrices que les mâles qui stationnent le plus longtemps possible sur leurs territoires. C'est dans le quart nord-ouest de la France que les merles hivernent en plus grand nombre. Le merle noir est, avec la grive musicienne, l'une des espèce de notre avifaune la plus chassée, notamment dans la moitié sud de notre pays.

Avenir du merle noir

Peu exigeant pour son habitat, opportuniste dans son alimentation, le merle noir manifeste une grande vitalité et son avenir n'inspire pas d'inquiétude particulière. En outre, connu de tous, citadins ou ruraux, sa raréfaction si elle se produisait ne devrait pas passer inaperçue. Le merle noir peut être considéré comme une espèce robuste qui possède tous les atouts pour maintenir des populations prospères.




La perdrix grise


La perdrix grise est un galliforme au même titre que la poule domestique, la caille ou le faisan. C’est un oiseau " trapu " à queue et ailes courtes, pesant, adulte, 350 à 400 g. La couleur générale de son plumage est brune sur le dessus et gris bleuté sur le dessous. Chez le coq, la poitrine présente une grosse tâche châtain, en forme de fer à cheval, habituellement inexistante, en tout cas plus réduite, chez la poule. A la différence de la perdrix rouge, qui a les pattes rouges, celles de la perdrix grise sont brun-jaunâtre chez les jeunes ou gris-bleuté chez l’adulte. La perdrix grise pond 15 œufs en moyenne (10 à 20) en mai. La couvaison dure 24 jours et l’éclosion a généralement lieu de juin à début juillet.

Son cadre de vie : la plaine ouverte céréalière

La perdrix grise se plaît dans les zones de plaines cultivées ouvertes, principalement céréalières et betteravières. On la trouve aussi en montagne jusqu’à 2 500 m et dans les zones de bocage de l’Ouest et du Centre de France où elle cohabite avec la perdrix rouge. Les zones herbagères trop humides lui sont moins favorables et elle évite les zones trop boisées. La base de l’alimentation de l’adulte est constituée de grains, de graines de mauvaises herbes, de pointes de feuilles de graminées et de folioles de légumines. L’alimentation du poussin, exclusivement animale, est surtout constituée d’insectes.

En France

En France, la perdrix grise est presque totalement absente au sud du 45ème parallèle qui passe à Bordeaux, sauf en montagne. C’est une espèce qui s’adapte au climat tempéré ou continental, mais qui ne supporte pas les climats chauds du midi. Dans le Nord et le Bassin Parisien, les densités sont supérieures à 5 couples reproducteurs pour 100 ha mais inférieures partout ailleurs. Les régions agricoles les plus riches en perdrix (10 à 20 couples pour 100 ha) sont la Beauce et sa ceinture (sauf à l’Ouest) et quelques autres départements situés plus au nord. La perdrix grise est l’une des principales espèces de petit gibier en France.

Avenir de la perdrix grise

L’aire de répartition de la perdrix grise n’a pas considérablement diminué depuis le début du siècle, sauf en montagne où la limite sud s’est déplacée vers le nord dans les Alpes et le Massif central, même si l’aire d’extension s’est amplifiée dans les Pyrénées. Par contre, il semble bien qu’il y ait un déclin général des effectifs reproducteurs, surtout ces dernières années. L’amélioration des effectifs dépend du maintien des milieux favorables, sans pratiques agricoles agressives, et de l’application bien adaptée aux variations de la production annuelle.




La perdrix rouge


La perdrix rouge est un Galliforme comme la poule domestique, la caille, les faisans. Elle se distingue de la perdrix grise par le bec et les pattes rouges et de la perdrix bartavelle par la présence d'un collier noir diffusant vers la poitrine en taches noires et isolées. Elle pèse de 350 à 600 g et le plumage des deux est identique. Les coqs sont plus lourds que les poules et possèdent des ergots aux pattes, rarement présents chez les poules. la perdrix rouge vit en couple et pond en moyenne 10 à 13 oeufs dans un nid constitué à même le sol. L'éclosion a lieu principalement de mi-juin à mi-juillet. Quelques poules peuvent effectuer simultanément deux pontes dont l'une est alors couvée par le mâle.

Son cadre de vie : les espaces variés

La perdrix rouge est un oiseau de zones bocagères, céréalières et viticoles. Elle affectionne surtout les milieux variés où alternent une végétation buissonnante basse entrecoupée de surfaces découvertes. Elle préfère les sols secs et filtrants. Elle se nourrit surtout de végétaux, qu'il s'agisse d'herbes, de graines, de bourgeons ou de fleurs d'espèces cultivées ou non. Les insectes, tels que pucerons, fourmis, sauterelles sont recherchés en été et constituent la nourriture de base du poussin.

En France

Oiseau sédentaire, la perdrix rouge est présente à l'état naturel dans les 2/3 inférieur du pays. Espèce de plaine et de colline elle peut se rencontrer jusqu'à 2000 m dans les Pyrénées et dans les Alpes où elle côtoie alors la perdrix bartavelle avec laquelle elle peut se croiser.
Les effectifs les plus importants se rencontrent dans le Centre, les pays de Loire et le Languedoc. Les densités varient de 1 à 5 couples par 100 ha, mais on observe localement des densités plus importantes, de 10 à 12 couples par 100 ha ; voire exceptionnellement jusqu'à une vingtaine. Dans notre pays, la perdrix rouge est une espèce classée gibier.

La Chasse

Le prélèvement de perdrix rouges en 1998-1999 a été estimé à 1 731 960 (± 1,85 %), soit une augmentation d'environ 50% par rapport à l'enquête de 1983-1984 (estimation : 1 166 000). La perdrix rouge apparaît au 5ème rang dans les prélèvements nationaux pour l'ensemble des espèces couvertes par l'enquête.

Les trois quarts du tableau sont réalisés dans les régions de présence naturelle de l'espèce. A elles seules, les régions Poitou-Charente, Centre et Languedoc-Roussillon représentent 40% du prélèvement total. La perdrix rouge représente plus de 10% du petit gibier prélevé en Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon.

Les prélèvements de perdrix rouges concernent 28% des chasseurs. Le tableau moyen s'élève à 4,1 perdrix rouges pour les chasseurs ayant prélevé au moins une perdrix rouge. En 1983-1984, le tableau national concernait 18,6% des chasseurs avec un tableau moyen de 3,1 perdrix rouge par chasseur ayant prélevé.

L'augmentation des prélèvements entre les deux enquêtes nationales est due autant à une augmentation du nombre de chasseurs intéressés par l'espèce qu'à une augmentation du tableau individuel. En outre, il faut noter une expansion généralisée des prélèvements sur toute la France, hormis l'extrême nord-est du pays. L'accroissement du tableau a été plus important hors de la zone de présence naturelle de l'espèce (300 000 oiseaux en 1998-1999, 105 000 en 1983-1984).

En conclusion, la perdrix rouge est un gibier de plus en plus prisé, à l a fois géographiquement et numériquement. Divers données et résultats d 'enquêtes sur les lâchers de perdrix rouges confirment leur importance. Il semble évident que le niveau des prélèvements reflète plus l'abondance des lâchers que l'état des populations sauvages.

Avenir de la perdrix rouge

Les effectifs demeurent faibles depuis une vingtaine d'années. La suppression des haies et des autres secteurs non cultivés, la fermeture des milieux, la déprise agricole, les prélèvement cynégétiques parfois trop élevés et l'artificialisation de la chasse par des lâchers importants constituent, selon les cas, les dangers actuels pour cet oiseaux.
Le sort de la perdrix rouge dépend désormais du maintien des milieux cultivés qui lui sont favorables, de l'implantation de cultures, de points d'eau dans les zones abandonnées par l'agriculture et de l'application d'une gestion cynégétique adaptée.




Le tétras lyre ou petit coq de bruyère


Le tétras lyre est un galliforme comme la poule domestique. Sa famille, celle des tétraonidés, comprend les tétras, les lagopèdes et les gélinottes. Le plumage luisant du coq, noir bleuté, son aile barrée d'une bande blanche, sa queue en forme de lyre - à l'origine de son nom - et sa taille (1,1 - 1,3 kg), distinguent le tétras lyre de son imposant cousin, le grand tétras. Les parades nuptiales collectives des mâles au printemps sont très spectaculaires.

La femelle, plus petite (0,9 - 1 kg), présente un plumage brun strié de noir et une queue légèrement fourchue. Elle pond 5 à 10 oeufs dans une petite cuvette aménagée sur le sol. Les poussins, dont elle s'occupe seule, éclosent entre les derniers jours de juin et les premiers jours d'août. A l'automne, la nichée, avant de se disperser, compte le plus souvent de 3 à 5 jeunes.

Son cadre de vie : Landes, forêts claires et prairies

Le tétras lyre affectionne les paysages de transition ouverts où s'imbriquent en mosaïque landes à rhododendron et à myrtille, forêts claires, fourrés et prairies. Pour se reproduire, la femelle recherche des milieux qui présentent un bon couvert au sol, d'au moins 25 cm de haut, une grande richesse floristique et surtout beaucoup d'insectes dont se nourrissent les jeunes poussins. En hiver, le tétras lyre se protège du froid, en s'enfouissant dans la neige poudreuse pendant la nuit et une grande partie de la journée. Il se contente, pour s'alimenter, des aiguilles de certains conifères, des rameaux et des bourgeons de différents feuillus.

En France surtout alpin

Le tétras lyre est présent dans toutes les Alpes françaises, entre 1 400 et 2 300 m d'altitude. Une petite population relictuelle subsiste également dans les Ardennes, à cheval sur la frontière franco-belge, à moins de 500 m d'altitude. Quelques individus erratiques ont parfois été observés dans le Jura. L'espèce est totalement absente des Pyrénées, du Massif central et des Vosges.
La population française est évaluée actuellement à 20 - 25 000 individus au printemps. Seule la chasse d'automne du coq est autorisée dans les Alpes. La poule est protégée. La chasse au chien d’arrêt se déroule au début de la saison, sur les versants de la montagne bien exposés au soleil, où abondent les myrtilles dont les tétras sont particulièrement friands.

Avenir du tétras lyre

Bien qu'il soit encore largement réparti dans les Alpes, la situation du tétras lyre apparaît aujourd'hui précaire sur bien des massifs. Ses effectifs régressent sous l'effet d'un dérangement touristique sans cesse croissant, de prélèvements cynégétiques parfois trop élevés, mais surtout de la dégradation de son milieu de vie : forêts d'épicéa de plus en plus denses, abandon ou modification de l'exploitation des alpages qui s'embroussaillent, implantation de grandes stations de ski et de routes de montagne...

L'avenir de ce ravissant oiseau dépend donc avant tout de notre volonté, et de notre aptitude à préserver la qualité des milieux qu'il fréquente.




Le grand tétras


Le grand tétras est un galliforme comme la poule domestique, les perdrix ou les faisans. En France, sa famille, celle des tétraonidés, comprend le tétras lyre, le lagopède et la gélinotte. C'est le plus gros des galliformes européens (3,5 à 5 kg pour le mâle, 1,5 à 3 kg pour la femelle). Cependant il reste discret malgré sa taille. Le plumage du coq, noir à brun avec un plastron à reflets métalliques diffère totalement de celui de la poule, roux à brun ocre, très mimétique. Au printemps, les coqs se rassemblent pour parader sur des places de chant ; seuls les mâles dominants s'accouplent. Des sept ou huit oeufs pondus fin mai et juin, ne survivront que trois ou quatre jeunes en septembre.
L'espérance de vie des mâles est de 15 ans tandis que celle des femelles est de dix ans. Ses principaux prédateurs sont l'aigle royal, le renard et la martre. L'autour se spécialise sur les poules et les jeunes.
Son cadre de vie : les forêts résineuses diversifiées

Le grand tétras est l'hôte des grands massifs non morcelés, composés d'une mosaïque fine de forêts mixtes (résineux, feuillus) - où pin et sapin sont toujours présents - et de petites clairières à fort couvert herbacé riche en insectes et en petits fruits (myrtilles, framboises). Il trouve abri et nourriture (aiguilles de résineux, bourgeons de hêtres, feuilles et fruits de myrtilles, framboises, insectes). Malheureusement, nombreuses sont aujourd'hui les forêts trop denses, moins diversifiées, impropres à la vie du grand tétras.

En France

Il existe en France deux sous-espèces de grand tétras : l'une dans les Vosges, le Jura et les Alpes (où elle n'est que modestement présente dans le Nord du massif) ; L’autre dans les Pyrénées, de même aspect mais plus petite. Le grand tétras se rencontre entre 400 et 1 200 m dans les Vosges, entre 800 et 1 600 m dans le Jura et entre 1 000 et 1 800 m dans les Alpes, la limite supérieure étant celle de la forêt. Dans les Pyrénées, il occupe la chaîne d'une extrémité à l'autre de façon continue, de 600 m d'altitude, dans les zones marginales les plus basses, jusqu'à 2 100 m. Le Parc national des Cévennes procède à sa réintroduction depuis 1978. Aujourd'hui, sa chasse n'est autorisée que dans les Pyrénées. Seul le coq maillé (apparition du plumage d'adulte) est chassé, poules et jeunes sont protégés.

Avenir du grand tétras

En nette régression depuis le milieux du siècle, le grand tétras est extrêmement sensible aux modifications que subit son milieu de vie, aux dérangements occasionnés par les diverses activités humaines (tourisme, chasse photographique...). Forestiers, aménagistes, touristes et chasseurs doivent s'attacher pour ce qui les concerne, à préserver l'aspect et la tranquillité de la forêt qu'il fréquente.
 



haut de la page