NON AUX MASSACRES
DES SANGLIERS

DE L'AGGLOMERATION DE NANCY




communiqués de presse de l'association Stéphane Lamart





MENU



Le 23 janvier 2009

La préfecture de Meurthe-et-Moselle va bientôt publier un arrêté ordonnant l'abattage d'une centaine de sangliers dans la banlieue de Nancy. Le mardi 27 janvier matin commencera la battue avec des moyens conséquents : présence de la police municipale et nationale, de 50 chasseurs et louvetiers et de plusieurs équipes de traqueurs avec de gros chiens. Il est prévu de partir de la rue Roger Bérin à Essey-les-Nancy et de remonter le chemin d’Abron en se répartissant dans les petits sentiers sans noms pour rabattre les pauvres sangliers (mâles/femelles/petits) vers le plateau de Malzéville, là où les attendront les autres chasseurs pour les tirer.

Cette battue sera organisée à la suite de quelques plaintes de riverains dont les terrains auraient été saccagés. Nous connaissons les noms de ces plaignants et aussi les lieux où les sangliers ont sévi, nous avons même pris des photos. Certes on peut constater quelques clôtures forcées et champs « labouré s» mais aussi des terrains sans barrière (ou celle-ci mal entretenue donc ouverte) avec pleins de pommes au sol non ramassées : Un garde mangé pour sangliers en vadrouille. Il nous semble qu'il serait quand même plus simple d'entretenir normalement ces terrains privés plutôt que de demander aux pouvoirs publics d'intervenir (c'est encore le contribuable qui va payer).

Cette battue fera suite à des incidents récents survenue dans l'agglomération de Nancy où des sangliers s'approchent de plus en plus des habitations pour trouver de quoi se nourrir, ou parfois pour échapper à une traque :

- Novembre 2008 - Quatre sangliers étaient abattus par un chasseur lieutenant de louveterie dans la cour d'une maison, au 38 de la rue Parmentier à Essey-les-Nancy en pleine ville malgré les huées et vives protestations des habitants.

- Décembre 2008 - Réfugiés dans la cour de l'école primaire du Mont, rue des Martyrs à Chaligny, une laie et son petit étaient endormis par le vétérinaire du groupe animalier des pompiers. Et relâchés en forêt.

Dans la région on a du mal à contenir une population de sangliers qui a tendance à être envahissante. D'où de multiples battues administratives organisées et les tirs nourris des chasseurs. La population de sangliers doublerait tous les ans en Meurthe-et-Moselle, tellement elle se plairait et serait bien nourrie (dont seulement le fusil pourrait en venir à bout). Dans le département les tensions sont vivent entre les chasseurs accusés de laisser proliférer les sangliers et les agriculteurs accusés eux aussi de pratiques non responsables (pas de clôtures, plantations de maïs en lisière de forêts, etc.); Bref des accusations réciproques; en plus les sangliers se rapprochent de plus en plus du centre de Nancy.

Bref ici comme ailleurs en France on tue massivement les sangliers depuis longtemps mais avec des résultats finalement décevant puisque ceux-ci face de cette pression cynégétique finissent par se rapprocher des agglomérations pour y trouver refuge aux balles et nourriture. Et dès qu'on relâche cette fameuse pression de destruction, les effectifs repartent de plus bel à la hausse. Ne devrions-nous pas en conclure que ces tueries montrent leurs limites et qu'il faudrait passer à une gestion alternative de cette espèce dite « nuisible », une gestion respectueuse du bien-être animal, et des habitants des villes et campagnes (agriculteurs, promeneurs, etc.).

Les tueurs de profession vont dire que c'est impossible et que seul le gros calibre peut régler la question sinon gare à la pullulation algorithmique des envahisseurs. Mais ce n'est pas notre avis ni de celle de quelques scientifiques qui prétendent que des alternatives très puissantes comme la contraception sont possibles et même plus efficaces! Mais il faut la volonté de changer les choses et les moyens financiers qui vont avec pour réussir; ce qui manque actuellement.

RÉGULATION Bientôt un contraceptif pour sanglier ?

Malgré une pression de chasse accrue, les populations de sangliers ne cessent de croître. Le point de rupture a même été atteint dans beaucoup de départements. La contraception pourrait être une solution. Jean Crousillat docteur en biologie humaine et membre de la commission départementale de L'ONCFS du Var, y croit. Le débat est ouvert.

Outre le problème de l'écoulement de la venaison, les chasseurs ne prennent plus grand plaisir à participer à des tels abattages. Et pourtant les consignes sont claires. Dans le département du Bas-Rhin que l'on ne peut pas soupçonner de laxisme en matière de protection de gibier, la Fédération a donné comme directive de tirer tous les sangliers sauf la laie meneuse. En Bourgogne et en Champagne-Ardenne, des tableaux impressionnants sont également signalés. En Meuse, on frôle les 1,4 M € (9 M F) de dégâts. Dans le Var on ne compte plus les collisions avec les véhicules. Plus de 18 000 sangliers y sont abattus annuellement et les dégâts aux particuliers non indemnisés (terrains de golf, jardins publics et privés dévastés) sont en constante augmentation et dépassent les 450000 € (3 MF). Dans les départements du Rhin et de la Moselle soumis à la loi chasse locale, la surtaxe à l'hectare boisé va encore augmenter pour atteindre 5,33 € (35 F) dans le Bas-Rhin. Du jamais vu! Une situation qui va mettre en péril le budget de bien des sociétés de chasse. La dissuasion (agrainage, dans les massifs forestiers, clôtures électriques) y a montré ses limites tout autant que le tir "d'été" pratiqué à l'affût et à l'approche dès le 15 avril.
…...

Sa seconde proposition porte sur la contraception du sanglier. sujet plus délicat et qui. suscite dés polémiques. Il ne s'agit pas de stérilisations définitives, mais simplement d'empêcher l'ovulation "une mesure qui ne présente aucun danger pour l'espèce", plaide le biologiste. "Une mesure qui serait modulable dans le temps et suivant les régions", précise-t-il encore. Mais jean Crousillat reconnaît qu'à l'heure actuelle, il n'existe pas de contraceptif sélectif et s'il était déposé en sa forme actuelle, mélangé à de la nourriture dans les territoires de chasse, il aurait également des effets sur d'autres espèces... Y compris sur les animaux domestiques. Ce dernier affirme que s'il existait une véritable volonté de mettre au point un contraceptif spécifique au sanglier, les chercheurs, avec les moyens financiers nécessaires, ne mettraient pas plus d'un an à le trouver. Dans ce cas, le produit pourrait être "distribué" soit aux places de nourrissage, soit administré aux laies capturées dans les cages-pièges.

Dautre part l'Institut berlinois de recherche sur les animaux sauvages (IZW) a mis au point un vaccin visant à contenir la natalité. "Mais le projet n'a pas trouvé de financement. On nous dit qu'il serait trop compliqué de l'administrer individuellement aux sangliers", regrette la biologiste Katarina Jewgenow.
Une gestion sans chasse de la faune dans d'autres pays.

La chasse est interdite depuis une trentaine d’années en Inde et dans tout le sous-continent indien, en Afrique de l’Est, et même, en Europe, dans le canton de Genève. Elle est marginale dans les Pays-Bas. Tous ceux qui ont pu visiter ces pays ont vu qu’aucun déséquilibre ne résultait de l’interdiction de chasser.
SUISSE

Un territoire sans chasse - Genève sans chasse depuis 1974

En 1974, suite à une initiative populaire lancée par les milieux de protection des animaux, le peuple genevois a voté l'interdiction de la chasse sur tout le territoire du canton de Genève. Depuis, la situation genevoise est régulièrement au centre des débats chasse et anti-chasse dans toute l'Europe. Sur place, après un quart de siècle, le bilan est globalement très positif:

Au niveau des oiseaux d'eau, le nombre d'hivernants a plus que décuplé et il n'y a jamais eu une telle richesse et diversité de canards sur notre lac et nos cours d'eau. Au niveau de la petite faune (petit gibier), les densités de lièvres du canton comptent parmi les plus élevées de Suisse et on n'a jamais fait autant d'efforts pour conserver l'habitat des dernières populations nationales de lapins et de perdrix en collaboration avec l'agriculture.

Au niveau du grand gibier, les populations d'ongulés se portent bien, le chevreuil est présent dans la plupart des massifs, le cerf a pris pied sur le canton et se développe favorablement et le sanglier est aussi solidement établi. Le public intéressé par la faune se réjouit de pouvoir observer facilement une telle diversité d'espèces sur le canton et tout le monde apprécie de pouvoir se promener toute l'année dans nos campagnes sans dérangement ou risque d'accident de chasse.

Les tirs de régulation effectués par les gardes pour limiter les animaux posant des problèmes importants (les sangliers en particulier) sont réalisés avec professionnalisme de manière à causer un minimum de stress et de souffrance, ce qui les différencie nettement des battues pratiquées dans les régions avoisinantes.

Gestion du sanglier à Genève
Mesures mises en place avec pour résultat une forte diminution des dégâts

- Clôturage électrique préventif (une mesure efficace, mais dont l'application doit être rigoureuse)
- Agrainage dissuasif
- Renforcement de la régulation
Tuer c'est tellement plus facile, en apparence seulement car de multiples problèmes surgissent sans cesse.

Finalement, on se plaît à rêver ici, si on appliquait les méthodes du canton de Genève mais sans tuer les sangliers (chapitre régulation) mais à la place une distribution de contraceptifs sélectifs développés par la recherche scientifique ? Il est plus que probable qu'on aurait de meilleurs résultats qu'actuellement et en plus, cerise sur le gâteau, on résoudrait le problème de l'envahissement des villes en maîtrisant cette population urbaine. Mais il faudrait changer les mentalités et là c'est une autre paire de manches que de contrôler les populations de sangliers...



Le 27 janvier 2009

Le mardi 27 janvier matin a eu lieu une battue avec des moyens conséquents : présence de la police municipale et de la gendarmerie, de 50 chasseurs et louvetiers et de plusieurs équipes de traqueurs avec de gros chiens. Les médias étaient présents (FR3 Lorraine, l'Est Républicain, France Bleue, etc.). La battue n'a pu être empêchée malgré notre action et celle du RAC (Rassemblement Anti Chasse) ainsi que d'autres associations de protection animale.

La préfecture de Meurthe-et-Moselle (la Direction Départementale de l'Equipement et de l'Agriculture) avait élaboré un arrêté ordonnant l'abattage de sangliers dans la banlieue de Nancy. Cet arrêté non publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, daté du 20 janvier, n'a été transmis aux villes concernées (Essey-les-Nancy, Dommartemont, Saint-Max, Malzeville, Agincourt, Eulmont et Lay-Saint-Christophe) que le lundi 26 janvier pour n'être affiché que l'après-midi (à Essey-les-Nancy entre 16 h 30 et 18 h 30). Il n'était donc pas possible aux habitants et associations concernés de contester et de faire cesser cette battue en actionnant le tribunal administratif.

Nous avons demandé deux fois (les 22 et 23 janvier) par écrit à Mme Normandin, Chef du Service Forêt, Chasse, Milieu naturel une copie de cet arrêté sans qu'on daigne nous répondre. Lundi 26 notre avocat finit par joindre au téléphone monsieur Jean-Louis Biou, Directeur adjoint de cabinet du Préfet, qui lui apprit que le fameux arrêté avait finalement été « publié » le vendredi 23 janvier. Comme par « hasard », dans la demi-heure, nous recevions un courriel sur notre messagerie de Paris venant de Mme Normandin accompagné de la copie de ce fameux arrêté.

Cette battue ne put être stoppée malgré la diligence de notre avocat, maître Grillon, qui élabora en urgence une procédure de référé suspension au tribunal administratif. Il envoya dans l'après-midi un fax au Préfet pour l'informer de cette démarche. Mais il était bien trop tard; la préfecture ayant décidé de « passer en force : un responsable de la préfecture dès réception de ce fax contactait maître Grillon pour lui dire que l'arrêté était quand même maintenu. A la suite de cette pratique de la démocratie plus que limite, nous avons donc décidé d'attaquer au tribunal cet arrêté.

On pouvait entendre ce mardi matin, au loin, des coups de feu, mais aussi le cri de détresse des sangliers traqués sans pitiés. Certains riverains obligés de supporter les hurlements de souffrance des sangliers nous ont contactés. Mais que pouvions-nous faire? On a même entendu un sanglier agoniser pendant de longues minutes. Les chasseurs ont déclaré à la presse que « seulement » trente sangliers ont été abattus et qu'ils envisagent d'organiser une nouvelle battue...

On peut dire que les pouvoirs publics font du beau travail et dire qu'après cette campagne de battue, dans un avenir plus ou moins proche, il faudra certainement recommencer, puisque les terrains des plaignants (voir notre précédent communiqué de presse) sont encore de potentiels gardes-mangés pour sangliers en vadrouille. Une gestion de la nature stupide et archaïque où tuer est le maître mot. Tuons, tuons, il en restera bien quelque chose.



Le 24 février 2009

La préfecture de Meurthe-et-Moselle va bientôt publier un arrêté ordonnant l'abattage d'une centaine de sangliers dans la banlieue de Nancy sur le plateau de Malzéville et vendredi 27 février au matin la battue commencera.

Pour rappel cette battue fera suite à des incidents récents survenue dans l'agglomération de Nancy où des sangliers s'approchent de plus en plus des habitations pour trouver de quoi se nourrir, ou parfois pour échapper à une traque :

- Novembre 2008 - Quatre sangliers étaient abattus par un chasseur lieutenant de louveterie dans la cour d'une maison, au 38 de la rue Parmentier à Essey-les-Nancy en pleine ville malgré les huées et vives protestations des habitants.

- Décembre 2008 - Réfugiés dans la cour de l'école primaire du Mont, rue des Martyrs à Chaligny, une laie et son petit étaient endormis par le vétérinaire du groupe animalier des pompiers. Et relâchés en forêt.

- le 27 janvier 2009 lors d'une battue 30 sangliers sont abattus sur le plateau de Malzéville.

En France le nombre de sangliers abattus est passé de 50.000 en 1975 à 466 352 sur la saison 2006/2007 et la population globale de ces animaux est estimée actuellement à environ un million. En Meurthe-et-Moselle cette année le plan de chasse est fixé à 12 000 « prélèvements ». Il s'agit, pour tous les experts, d'une prolifération exponentielle. Ces spécialistes ont inventorié les multiples causes de ce phénomène (IGE évaluation des risques lies a l’augmentation des densités des sangliers sauvages en France – 2003) : climatiques (température), météorologiques (conjoncturelle dont l’exemple le plus typique est la tempête de décembre 1999), ressources alimentaires naturelles en augmentation (conséquences des évolutions climatiques ou des conditions météorologiques), pratiques agricoles (déprise agricole, l’intensification de la culture du maïs), mises en réserves en augmentation et les pratiques cynégétiques.

Le rapport accuse les chasseurs :

raréfaction du petit gibier sédentaire naturel - page 15 :
A l’époque où les chasseurs avaient la possibilité de trouver du petit gibier sédentaire pendant la période d’ouverture générale de la chasse, ils ne s’intéressaient que modérément au grand gibier qui était alors le fait d’une minorité notamment en raison de son coût financier élevé. La raréfaction du petit gibier sédentaire naturel, voire sa disparition quasi totale de la plupart des régions françaises sous les effets néfastes de certaines pratiques agricoles : déstructuration du paysage rural, développement de monocultures de céréales notamment du maïs sur de grandes superficies laissant le sol entièrement nu après les récoltes, traitements insecticides et pesticides…ainsi que la mise en place d’une chasse artificielle de lâcher de petit gibier, transformant la chasse devant soi en exercice de tir, ont entraîné une désaffection des chasseurs pour la chasse du petit gibier et un engouement pour la chasse du grand gibier, qui, bénéficiant des conditions favorables décrites ci-dessus et moins sensible aux pratiques agricoles voire favorisé par certaines d’entre elles, entamait le développement de ses effectifs, tandis que ceux du petit gibier naturel déclinaient irrémédiablement. L’urbanisation de notre société a amené de nouveaux chasseurs citadins, étrangers aux territoires, avec pour conséquence première un lien qui se distend entre les ruraux et le monde de la chasse et surtout, par un refus plus affirmé des agriculteurs devant la croissance des dégâts causés à leurs cultures et leurs récoltes.

pratique de l’élevage et recours à des métissages avec des porcs domestiques aux robes colorées produisant des animaux plus prolifiques et moins farouches – page 16 :
Pour faire face à une demande en expansion pour la chasse du grand gibier, certains organisateurs ou gestionnaires de chasses n’ont pas hésité à avoir recours à la pratique de l’élevage, en espaces plus ou moins clos, de l’espèce qui se prêtait le mieux à cette opération : le sanglier. Si certains ont procédé à la production de sangliers d’élevage avec toute la rigueur requise, d’autres plus soucieux des gains qu’ils pourraient en retirer que de la qualité des animaux offerts,n’ont pas hésité à avoir recours à des métissages avec des porcs domestiques aux robes colorées produisant des animaux plus prolifiques et moins farouches que l’on peut encore trouver dans certaines régions méridionales. Heureusement ces pratiques, dénoncées avec vigueur par nombres de chasseurs et rapidement contrôlées par les services chargés de la chasse, n’ont eu que des effets limités sur la plus grande part des populations de sangliers. L’élevage du sanglier a cependant permis de faire rapidement monter la densité des populations dans les régions où l’animal était implanté et de l’introduire dans des régions où il n’était pas présent.

Agrainage – page 16 et 17 :
Utilisé au départ pour cantonner les animaux sur les territoires où les détenteurs du droit de chasse avaient réussi à entretenir quelques populations, l’agrainage s’est ensuite voulu dissuasif pour protéger les cultures des sangliers pendant la période où elles sont particulièrement attirantes (de mars à novembre soit tout de même les ¾ de l’année !). Aujourd’hui, avec la densité atteinte par les populations, l’agrainage de cantonnement n’est plus nécessaire et l’aspect dissuasif n’est plus aussi efficace puisque pour éviter une trop grande concentration d’animaux sur le même territoire, source de conflits entre groupes, les sangliers préfèrent se répartir sur de plus grandes surfaces, dont les cultures de céréales. En outre, le sanglier est un omnivore opportuniste qui aime varier son régime alimentaire et ce n’est pas parce qu’on lui offre du maïs en quantité qu’il n’ira pas labourer les prairies voisines à la recherche de vers de terre et de petits rongeurs. En dépit de ces éléments, l’agrainage intensif se poursuit de plus belle en quantité et dans le temps, assimilable à ce niveau à un véritable affouragement, puisqu’il est pratiqué toute l’année et a, entre autres effets pervers, celui d’habituer le sanglier à l’homme dont la présence n’est plus systématiquement synonyme de danger, mais de distribution de deux éléments indispensables au sanglier : la nourriture et l’eau. Sur la biologie des laies, cette abondance de nourriture a pour effets : - de permettre l’accumulation de réserves chez les animaux qui sont au meilleur de leur forme pendant la période de reproduction, et passent l’hiver sans dommages, - d’accélérer la croissance et d’obtenir une grande précocité chez des animaux qui atteignent le poids de 30/40kg, seuil de démarrage de la reproduction, au bout de 8 à 9 mois au lieu des 12 à 13 mois habituels, - d’augmenter le taux de fécondité avec jusqu’à trois portées tous les deux ans au lieu d’une portée par an, d’obtenir une plus grande prolificité avec des portées plus nombreuses et un taux de mortalité réduit. En dernier lieu, il faut noter que cet agrainage forcené profite également aux autres espèces de grand gibier et, plus particulièrement au chevreuil.

consignes de tir – page 17 :
Les seuls éléments évoqués ci-dessus suffiraient à expliquer l’explosion démographique des sangliers. Mais un autre facteur, sans doute le plus influent, réside dans les consignes de tir données aux chasseurs. Pendant la période de reconstitution des populations de sangliers, ce qui était une coutume dans les régions de l’Est de la France (où l’on pratique depuis toujours le tir sélectif) d’épargner les reproductrices (laies de plus de 40 Kg) s’est généralisé à toute la France et cet effort de gestion a porté ses fruits au delà de ce qui était espéré. Cette habitude est aujourd’hui rentrée dans les moeurs de tout chasseur de grand gibier avec les résultats que l’on peut constater. Bien mieux, dans certaines chasses, tout tireur qui ne respecterait pas cette consigne se verrait infliger une pénalité financière conséquente et risquerait de se voir exclu de la chasse. Aussi la consigne de tir (animal de 50 Kg vidé) est extrêmement dissuasive pour un chasseur craignant de mal évaluer le poids de l’animal et s’abstient souvent de tirer. Ces dispositions pouvaient se justifier alors que l’on cherchait à accroître les effectifs de sangliers. Leur maintien est néfaste car les chasseurs ont aujourd’hui la surabondance à gérer. Le sanglier est devenu un gibier banal puisqu’il est partout répandu, y compris dans les plaines s’il existe quelques bois dans les parages, à la périphérie même des villes, dans le voisinage des zones résidentielles où, lui qui était si farouche, cause des dégâts dans les jardins.
LES LACHERS EN FRANCE

De monsieur Jean CROUSILLA, Docteur en biologie humaine, Membre à titre scientifique de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage du Var. - cochons -sangliers (en France et dans le Var mai 2000

Extraits

1. Monsieur Vassam (Monsieur sangliers à l'ONC) lettre personnelle : « Les lâchers ont existé de 1977 à 1991 »

2. Chasse gestion N° 70 juin 96 « Il a été demandé à l'ONC d'aider l'ANC GG dans son action visant à limiter « les lacher~ clandestins de gibier, notamment de sangliers. »

3. Notes techniques ONC Fiche 45 Avril 88 « Depuis plus d'une dizaine d'années sont effectués régulièrement et de « de façon plus ou moins intensive des lâchers de sangliers » « Ces animaux d'élevage lâchés ont souvent été élevés dans de « mauvaises conditions » ».

4. Colloque de Bergerac - Gestion du sanglier 1994 « a) Une enquête nationale réalisée à la demande de la Direction de la nature et des paysages a permis d'individualiser 1400 installations avec enclos d'élevage de sangliers. Le cheptel reproducteur a été évalué à 22.800 animaux et la production à 62.000 bêtes. » « b ) Page 25 : « les lâchers clandestins existent. » « c) Page 52 : « Une augmentation de la population est la meilleure arme pour faire disparaître les lâchers clandestins» « d) Page 59 : « Les lâchers ont débuté petit à petit puis de façon plus importante et pas toujours légalement. » « e) « Dans les Combrailles, il se lâchait en moyenne annuellement environ 50 sangliers.

5. Monsieur P. Massenet Féd. chasseurs Meurthe et Moselle Lettre personnelle « Les parcs d'élevage doivent être supprimés pour empêcher d'éventuels lâchers qui polluent la génétique de l'espèce.

6. .Colloque de Bergerac (pages 59 et 60) « Si le groupement n'avait pas opté pour des lâchers, les chasseurs locaux auraient pris vraisemblablement l'initiative d'en effectuer eux-mêmes en toute illégalité. »

SANGLIERS OU CONCHONGLIERS ?

1) Les techniques de l'O N C « Ces Inconvénients sont minimes comparés au risque de pollution génétique du fait de croisement avec des porcs domestiques sélectionnés afin d'augmenter la vitesse de croissance et la fécondité ».

2) Colloque de Bergerac « Les chasseurs ayant des difficultés à s'approvisionner en animaux de pure race lâchaient dans la nature le tout venant » .

3) Le Chasseur de sanglier 1998 « Le sanglier authentique est devenu rare. Des croisements avec les porcs, constituant un danger de pollution de la race, ont été réalisés par certains élevages ».

4) Le Chasseur de sanglier Avril 99 « Un drôle de sanglier abattu » {remarque: il y a une photo, on dirait un Dalmatien !) Peut être s'agit-il d'un gène relatif à un croisement avec un porc domestique ». « Trop de viandards tirent pour vendre, et avec cet argent, Ils lâchent l'année suivante des bêtes d'origine douteuse ».

5) .Sanglier Passion Mars 99 « Il est vrai que des croisements ont eu lieu volontairement. Le produit hybride est toujours plus gros, donc plus lourd qu'un sanglier, donc plus rentable ».

6) Sanglier Passion Mars 99 « Il faut bannir et condamner les croisements ».

7) Chasse Gestion N°70 96 Le Docteur Alain François, vice Président de l'A.N.C.G.G. : « un sanglier hors du commun ». Cet exceptionnel sanglier est vraisemblablement un cochonglier d'origine ! « Combien de temps ce secteur devra-t-il subir la pollution génétique de cet animal ? »

8) Colloque de Bergerac 94 « Statut chromosomique des populations de sangliers en France » Sur 2550 analyses réalisées, le pourcentage moyen de sujets à 37 ou 38 chromosomes était de 26,8%. Ce fort taux d'hybridation ne peut s'expliquer que par un croisement largement pratiqué avec des porcs domestiques.

9) Monsieur Vassant (Monsieur Sanglier de l'O N C) -lettre personnelle- « ne souhaite pas que l'on réalise systématiquement des analyses chromosomiques, persuadé que les résultats montreraient qu'il existe des hybrides dans la nature et que les éleveurs utiliseraient à leur profit ces résultats pour demander des lâchers d'animaux croisés ».
Les chasseurs, une minorité qui ne représente que 2 % de la population française a accaparé la gestion de la nature et voilà le résultat ! Une instrumentalisation du vivant pour assouvir leur passion meurtrière. Nous n'allons pas nous appesantir sur les dégâts aux cultures (coût total de 38 millions d'euros dont 21,5 en indemnisations agricoles) ni sur les accidents de la route provoqués (en 2001 : 45000 collisions pour un coût global estimé de 96 millions d'euros) d'autres s'en chargent suffisamment en ce moment où les articles de presse sont légions et où le mantra haro aux sangliers, à mort, à mort en faisant un bruit assourdissent empêche toute réflexion posée.
Bilan national de l’indemnisation des dégâts agricoles de sangliers

La procédure d’indemnisation des dégâts de grand gibier, a été mise en place à partir du début des années 70. Aujourd’hui, nous disposons d’un recul de plus de 35 ans. L’évolution de la totalité des indemnisations versées aux agriculteurs (toutes espèces et tous départements confondus) montre au plan national :

• une phase de croissance ininterrompue pendant près de trente ans;
• suivie d’une phase de stabilisation de ces dépenses depuis 5 ans. Actuellement, les dépenses totales d’indemnisation par campagne cynégétique sont de l’ordre de 22 à 23 millions d’euros.

Depuis trois ans maintenant, le volume financier moyen des dégâts causés par le sanglier s’établit à 83 % du montant total des indemnisations versées aux agriculteurs ; celui du cerf à 14 % et enfin celui des autres espèces (majoritairement le chevreuil) à 3 % seulement. Le sanglier est donc sans conteste l’espèce qui commet le plus de dégâts en zone agricole.

La ventilation des dégâts en fonction des principales familles de culture montre que les dégâts de sangliers sur maïs représentent plus du tiers (35 %) du volume financier global (soit un total sur maïs de l’ordre de 6.5 millions d’euros chaque année), ceux sur prairie : le quart, ceux sur céréales (hors maïs) : le quart également, ceux sur oléagineux : 4 %, ceux sur vignes : 4 % également, enfin ceux sur toutes les autres cultures : 8 %.

Seules 367 communes (soit 1.0 % des communes) concentrent à elles seules le quart de la totalité des dégâts de sangliers (4 750 000 €) ; 1 300 communes (soit 3.5 %) concentrent la moitié de l’indemnisation (9 500 000 €) ; 3360 communes (soit 9.1 %) concentrent les trois quarts de l’indemnisation globale (14 250 000 €). Les dégâts de sangliers sont donc en réalité, contrairement à beaucoup d’idées reçues, particulièrement localisés et géographiquement concentrés. Plus des 9/10èmes de la France échappent à l’image classiquement véhiculée par les dégâts de sangliers. En revanche, les noyaux de concentration des dégâts (5% seulement des communes) sont absolument intolérables. C’est grâce aux mesures de gestion de l’espèce, combinées à une approche pertinente de la prévention sur ces secteurs, que tous les acteurs pourront ensemble résorber significativement ces foyers.
Pour nous association de protection animale (mouvement pacifiste très peu écouté en France contrairement à ce que prétendent certains qui nous présentent comme des terroristes écologiques – c'est qui les tueurs, c'est qui, qui coûtent de l'argent ici ?) nous entonnons une autre ritournelle, à savoir :

En ce 21° siècle, il a déjà été réalisé de multiples recherches sur l'intelligence animale et sur leur sensibilité à la souffrance. Elles démontrent toujours plus que les animaux ont un vécu subjectif très semblable au nôtre. Selon le postulat que c'est les organes qui fabriquent la conscience, les vertébrés possédant à peu près les mêmes organes que l'Homme (système nerveux, sens, etc.), n'est-il pas logique d'envisager que les animaux ressentent comme nous (mêmes dispositifs de production d'émotions, de pensées, de souffrance, de joie, de peur, etc) ? Alors pourquoi deux poids deux mesures une pour les humains et une autre pour les animaux ? Pourquoi cette instrumentalisation des sangliers comme de vulgaires choses qu'on fait multiplier puis quand elles gênent qu'on détruit sans état d'âme ? La population dans sa majorité réprouve toutes ces tueries.

Tueries inutiles puisque cette augmentation des populations de sangliers vient d'un terrain favorable. Nous ne répéterons jamais assez qu'il faut modifier les pratiques agricoles et interdire cette chasse digne des temps préhistoriques pour que les choses s'améliorent. Il est possible, souhaitable et même rentable de financer la mise au point d'un contraceptif spécifique au sanglier pour gérer efficacement cette surpopulation (en accompagnement d'autres mesures spécifiques alternatives ne mettant pas en oeuvre de destruction animale). Jean Crousillat affirme que s'il existait une véritable volonté de mettre au point un contraceptif spécifique au sanglier, les chercheurs, avec les moyens financiers nécessaires, ne mettraient pas plus d'un an à le trouver.

Quand va-t-on nous écouter ?
 




PHOTOS, TEMOIGNAGES ET CONTESTATION


garde mangé pour sangliers en vadrouille





Certes on peut constater quelques clôtures forcées et champs « labouré s» mais aussi des terrains sans barrière (ou celle-ci mal entretenue donc ouverte) avec pleins de pommes au sol non ramassées : Un garde mangé pour sangliers en vadrouille. Il nous semble qu'il serait quand même plus simple d'entretenir normalement ces terrains privés plutôt que de demander aux pouvoirs publics d'intervenir (c'est encore le contribuable qui va payer).



TÉMOIGNAGE



Lors de notre grande visite sur le plateau de Malzéville nous avons trouvé cette pauvre bête avec les tendons sectionnés, morte dans d'atroces souffrances, par une balle lors de la dernière battue de fin janvier 2009 et un autre cadavre dépecé sur place. C'est une horreur.

De nombreuses bêtes ont agonisé de ci delà dans la forêt.
Nous sommes horrifiés et devons nous battre contre cette maudite chasse.

Le 28 mars 2009

On vient d'apprendre qu'il a eu une 3ème battue il y a 15 jours au même endroit que les deux autres (plateau de Malzéville) en cachette (pas d'info dans la presse, aucune sécurité, police etc ...) pour ne pas être ennuyé par les courriels et les associations.
Des promeneurs n'étant pas avertis se sont trouvés nez à nez avec des chasseurs qui leur ont dit de partir car il y avait une battue.
C'est une honte.



CONTESTATION




Des habitants dont certains font partie de l'association "SAD", Secours aux Animaux en Détresse, protestent sur place, le matin à l'aube, lors du commencement des battues des 27 janvier et février.
RASSEMBLEMENT ANTICHASSE
COMMUNIQUE
DU 26/01/09

A Essey-les-Nancy, Malzéville Dommartemont, et Saint-Max la battue administrative, programmée accordée par le préfet mardi 27 janvier, suscite l'indignation et la colère !

Une fois de plus les chasseurs sont confrontés à un phénomène qu'ils ont provoqués et qui maintenant les dépassent. En effet après avoir affaiblit considérablement la biodiversité de notre pays, ils ont volontairement provoqué une dérégulation de la population des sangliers (élimination des prédateurs , élevage de cochongliers beaucoup plus prolifiques, agrainage) pour pouvoir continuer à assouvir leur plaisir de tuer. Ils sont rattrapés par leur aveuglement et leur irresponsabilité et doivent se rendre compte que jouer au jeu de massacre, à tirer à tort et à travers avec des armes extrêmement dangereuses, armes également dangereuses pour leur oncitoyens ne fait que provoquer la colère et l'indignation face à des comportements d'un autre age. Nous affirmons que tout cela n'est pas tolérable, les chasseurs et leur organisation ont démontré et démontrent là encore leur incohérence et leur total décalage vis-à-vis des attentes de nos concitoyens.La responsabilité de l'Autorité de l'Etat est engagée l'autorisation de cette battue par les chasseurs doit être annulée et les solutions doivent être trouvée avec l'ensemble des acteurs concernés, élus mais également les associations représentatives de défense du monde animal car la faune ne doit plus être considérée comme un objet ou une marchandise aux mains d'une poignée d'individus (2,5 % de la population).

Face à la multiplication des problèmes, accidents souvent maintenant mortels, gêne à la population qui souhaite profiter de la nature, indignations face à des comportements la plupart du temps d'une intolérable cruauté et des actes inadmissibles et condamnables qui se répètent, il est urgent maintenant de substituer aux chasseurs, à leurs fédérations et l'Office National de Chasse (ONCF), une instance qui permettra d'établir une harmonie entre la vie moderne et les espaces naturels.

Vous pouvez nous retrouver sur notre site www.antichasse.com
Rassemblement Anti Chasse - Service presse : presse@antichasse.com
Mouvement Ecologiste Indépendant
mardi 27 janvier 2009

*Mouvement Ecologiste Indépendant*
www.mei-fr.org


Lettre ouverte au Préfet et à la DDAF de Meurthe-et-Moselle, aux maires de Malzéville, Essey-lès-Nancy, Dommartemont et Saint-Max.


Mesdames, Messieurs,

En ce 27 janvier 2009, vous avez fait le choix d’organiser, le massacre des suidés qui vivent sur les hauteurs de l’agglomération de Nancy, dans les bois du plateau de Malzéville.

En fait vous avez envoyé outre tombe moult « cochongliers » qui ont proliféré dans la nature après y avoir été délibérément introduits par ou pour les fédérations de chasse qui voulaient ainsi satisfaire l’insatiable envie de tuer de leurs adhérents.

Ainsi, à en croire une enquête nationale réalisée en 1994 à la demande de la Direction de la nature et des paysages, la France était pourvue de 1400 installations avec enclos d'élevage d’où sont sortis des dizaines de milliers d’animaux prolifiques mi-cochons, mi-sangliers.

Maintenant, en total soutien avec les actions menées par les associations de protection animale comme le Rassemblement Anti Chasse ou l’Association Stéphane LAMART, nous vous prions de :
- Faire procéder à la fermeture des établissements élevant des sangliers ou autres suidés hybrides ;

- De veiller à la mise en place de grillages ou clôtures électriques permettant de protéger les cultures ;

- De vous rapprocher du biologiste Jean CROUSILLAT - membre de la commission varoise de l’ONCFS - qui réclame des fonds afin que soit affinée une méthode contraceptive ;

- De prendre contact avec la biologiste Katarina JEWGENOW de l’Institut Berlinois de Recherche sur les Animaux Sauvages (IZW) qui a mis au point un vaccin visant à contenir la natalité des sangliers.

Par contre, il serait inadmissible que les contribuables financent toutes ces mesures qui, en vertu du principe du « pollueur payeur », devront donc être facturées aux chasseurs.

Ces derniers se font passer pour des gestionnaires de la Nature alors que bien souvent ils lui portent atteinte… avec l’intolérable complicité de certains représentants de l’Etat.

En vous remerciant pour votre attention, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, nos respectueuses salutations.

Pour le MEI, Didier LE GALL,
Vice-président en charge de la condition animale.
MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDANT
lundi 23 février 2009

MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDANT
www.mei-fr.org


Communiqué de presse.
Objet : Battue aux sangliers prévue le 27 février.

Fidèles à leurs habitudes, le Préfet et les représentants de la DDAF de Meurthe-et-Moselle ont une nouvelle fois décidé de régler par le sang le problème de la prolifération des suidés qui vivent sur le plateau de Malzéville.

Les autorités veulent alors nous faire croire que les chasseurs, tels des Rambo, vont venir vendredi prochain sauver la veuve et l’orphelin menacés par de terribles sangliers!

Or, il s’agit ici avant tout de satisfaire les chasseurs dans leur plaisir de tuer des animaux, car les élus et représentants de l’Etat restent silencieux quant aux mesures préventives : - Procéder à la fermeture des 1400 installations françaises (chiffres de 1994) avec enclos d'élevage d’où sortent des dizaines de milliers d’animaux prolifiques mi-cochons, mi-sangliers ;

- Veiller à la mise en place de grillages ou clôtures électriques permettant de protéger les cultures ;

- Se rapprocher du biologiste Jean CROUSILLAT - membre de la commission varoise de l’ONCFS - qui réclame des fonds afin que soit affinée une méthode contraceptive ;

- Prendre contact avec la biologiste Katarina JEWGENOW de l’Institut Berlinois de Recherche sur les Animaux Sauvages (IZW) qui a mis au point un vaccin visant à contenir la natalité des sangliers.

En vertu du principe du « pollueur payeur », nous souhaitons également que les compagnies d’assurances se retournent contre les fédérations de chasse quand elles sont amenées à dédommager les automobilistes victimes de collisions avec des prétendus sangliers.

Car, en total accord avec des structures comme le Rassemblement Anti Chasse, l’Association Stéphane LAMART ou le Secours aux Animaux en Détresse, nous constatons que ce sont les chasseurs qui ont acheté et introduit les « cochongliers » dans la nature. Forts d’avoir grandement contribué à la quasi disparition du sanglier endémique (Sus scofa), les chasseurs, frustrés, voulaient plus de cibles vivantes à descendre. Ils doivent maintenant en payer le prix et ne pas fuir lâchement leurs responsabilités. Ceci vaut bien sûr pour les dégâts commis aux cultures.

Pour le MEI, Didier LE GALL,
Vice-président, en charge de la condition animale.
 




ARTICLES DE PRESSE



Est Républicain - 28 janvier 2009

cliquez sur l'image pour voir



Sangliers sur un plateau
Hier matin, sur le plateau de Malzéville, la battue administrative destinée à réguler leur population a permis de prélever une trentaine de cochons sauvages.

La température était glaciale. L'ambiance aussi d'ailleurs en cette heure plus que matinale. Et le dialogue compliqué, entre le lieutenant de louveterie Philippe Kierren et Gérard André, le représentant de Secours aux animaux en détresse (SAD) qui était venu aux aurores pour manifester son désaccord - ainsi que celui de l'association de la région parisienne Stéphane Lamart - avec cette décision préfectorale.

La cinquantaine de chasseurs arrivait quant à elle progressivement sur le Plateau de Malzéville. 7 h 30, le premier coup de trompe de la journée retentissait. Philippe Kierren distribuait les plans, les consignes de chasse du jour et énumérait les incontournables règles de sécurité.

Deux équipes de traqueurs étaient alors formées. Une d'elles prenait en charge la butte Sainte-Geneviève à Essey-les-Nancy, le bois des carrières de Dommartemont et le secteur du bois de l'Hôpital de Malzéville. La seconde partait en direction des bois de Flavemont, Frouard et de Fonds-Rochère. Les traqueurs entraient alors en action. Les chiens filaient dans toutes les directions, traversant les prairies et autres vergers labourés et retournés. Et il ne fallait que quelques minutes pour que le premier cochon sauvage soit levé, à quelques mètres des premières habitations. Sur ce secteur proche des lotissements, ce sont une dizaine de sangliers qui seront débusqués au cours de la matinée.

Prolifération

La présence de ce gibier à proximité de l'agglomération s'est amplifiée au cours de ces dernières années. S'ils ont longtemps élu domicile dans le massif du Grand-Couronné, les cochons sont, petit à petit, redescendus vers les plaines agricoles avant d'investir, une fois le blé et le maïs récoltés, le plateau de Malzéville. Le problème de la prolifération de l'espèce sur le secteur se posait alors. Peu ou pas chassé, les sangliers ont trouvé là de quoi se nourrir. Notamment dans la multitude de vergers et autres lopins de terre privés qui ne sont pas entretenus, laissés à l'abandon par leurs propriétaires négligents et où les ronces ont pris possession des lieux.

Devant ce phénomène, et pour contenir ces nuisances, une pression de chasse a alors été faite dès l'été dernier autour des cultures, les battues prenant ensuite le relais sur l'emprise du terrain militaire à l'automne. La dernière étape, à la demande des maires de Dommartemont, d'Essey-les-Nancy, Saint-Max et Malzéville, au titre de la sécurité publique, consistait à disperser les sangliers encore présents dans les zones non chassées, autour des habitations, en les renvoyant vers la couronne forestière du plateau. Saisi par les édiles, le préfet de Meurthe-et-Moselle, après consultation des différents partenaires concernés, prenait alors la décision d'une « destruction administrative » collective.

Hier matin, au moment des comptes, un constat s'imposait. Si une première estimation donnait une fourchette comprise entre cinquante et cent cochons sauvages, le nombre de bêtes levées laissait penser que la centaine de têtes était largement dépassée. Un chiffre problématique en période de fin de chasse. Et la trentaine de sangliers prélevée à l'issue de la battue n'aura sans doute pas réglé le problème, des portées étant à venir.

Yannick VERNINI


Solutions alternatives ?

Tenues à l'écart de la battue, les associations de défense des animaux ne décolèrent pas.

A l'origine de la requête en référé déposée lundi soir auprès du tribunal administratif de Nancy, l'association Stéphane-Lamart, rejointe notamment par le Rassemblement Anti-Chasse (RAC) et le Secours aux animaux en détresse (SAD), continue de crier son désaccord avec la battue d'hier matin.

Elle dénonce, entre autres, l'envoi tardif par la préfecture de l'arrêté « ordonnant l'abattage de sangliers dans la banlieue de Nancy». Et de faire remarquer, et c'est là l'argument principal de leurs requêtes au fonds et en référé, que ledit arrêté, daté du 20 janvier, «n'a pas été publié au recueil des actes administratifs de la préfecture (NDLR: il a en fait été publié le 23janvier) et n'a été transmis aux mairies concernées - Saint-Max, Dommartemont, Malzéville, Agincourt, Eulmont et Lay-Saint-Christophe - que le lundi 26 janvier pour n'être affiché que l'après-midi ». Limitant ainsi les recours possibles auprès du tribunal administratif.

Depuis le début, les associations défendent des solutions alternatives et réclament un programme de contraception pour faire face à la croissance importante des populations de sangliers. Il ne s'agirait pas de «stérilisations définitives» mais «simplement d'empêcher l'ovulation ». Enfin, l'association cite en exemple des pays comme l'Inde ou encore la Suisse, dans le canton de Genève, où la chasse est interdite et affirme «que ceux qui ont visité ces pays ont constaté qu'aucun déséquilibre ne résultait de cette interdiction».

Y. V.



Est Républicain - 25 janvier 2009

photos de la battue du 27 janvier





Les sangliers vus de Paris

Une association parisienne de défense des animaux s'émeut du sort des sangliers nancéiens sous le coup d'une battue de destruction.


La population de sangliers qui a élu domicile dans les bois du plateau de Malzéville est en sursis (lire ci-dessous). Et même s'il n'y a pas encore de cochons sauvages en vadrouille dans les rues d'Ivry-sur-Seine, une association implantée dans cette ville du Val-de-Marne, s'inquiète « du carnage » qui se profile dans les secteurs boisés de l'agglomération nancéienne.


« On ne peut plus continuer comme ça avec une approche moyenâgeuse de la protection de la nature », explique Stéphane Lamart, président de l'association « pour la défense des droits des animaux ». Un communiqué évoquant la battue du plateau est en ligne sur le site internet de l'association, parrainée Rika Zaraï.

« Il faut que les autorités forment un groupe de travail rassemblant vétérinaires, chasseurs, associations de protections, ministère de l'Agriculture... pour débattre du problème des sangliers et trouver une alternative à ce type de battue », insiste le président. « Mais à elles seules, les associations n'ont pas les moyens ». L'association d'Ivry a réclamé vendredi, par courrier au préfet de Meurthe-et-Moselle, copie de l'arrêté qui réglemente la battue du 27 janvier. « Cet arrêté devrait être déjà publié et porté à la connaissance des citoyens, puisqu'il n'y a pas de caractère d'urgence », indique l'association. « Dans ces conditions, comment en prendre connaissance ou contester un arrêté pris au dernier moment ? »

Au grand dam de Stéphane Lamart, la préfecture n'a pas donné suite. Pas plus que la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF 54), sollicitée également. « Les services de l'Etat jouent-ils la montre pour empêcher tout recours administratif ou même gracieux ? », s'interroge le président qui n'aura plus que la journée de lundi pour prendre connaissance du texte « et l'étudier avec l'un de nos 37 avocats », indique Stéphane Lamart.

« En Meurthe-et-Moselle comme ailleurs en France, on tue massivement le sanglier mais avec des résultats décevants puisqu'il se rapproche des agglomérations pour y trouver de la nourriture et un refuge aux balles », poursuit Pascal Cousin, administrateur de l'association. « Au lieu de réguler uniquement par les armes, pourquoi ne pas recourir à un contraceptif comme l'a évoqué un chercheur membre de la commission départementale de l'ONCFS du Var. D'après lui, s'il existait une réelle volonté, le produit serait disponible en un an ».

athiesse@estrepublicain.fr
Alain THIESSE
 



haut de la page