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Cryptococcose



PIGEONS ET CRYPTOCOCCOSE

COMMUNICATION DES POUVOIRS PUBLICS
à travers l'étude de cas d'un document d'information
édité par le Ministère de l’agriculture et de la pêche






Les pouvoirs publics diffusent massivement au grand public l'information que les pigeons de roche sauvages, par leurs fientes, sont un vecteur majeur de transmission de la cryptococcose alors qu'aucun fait ne permet d'étayer cette affirmation, jetant ainsi une vent de panique dans la population.

Examinons d'abord la forme de cette communication par l'étude d'un document émis par le Ministère de l’agriculture et de la pêche en juin 2007 élaboré avec la collaboration de Jacques GUILLOT, Professeur à l'école nationale vétérinaire d’Alfort.

Le contenu de ce document vise principalement les pigeons. En effet après quelques généralités tout le reste du document désigne les pigeons comme unique facteur de risque et dédouane les autres oiseaux ainsi que les autres animaux et autres sources de contamination.

Examinez d'abord ci-dessous ce qu'on sait actuellement sur le sujet. La levure Cryptococcus neoformans est présente dans l'environnement et on la retrouve communément en Amérique et en Europe dans les fientes d’oiseaux.

Examinez ensuite les "Nouvelles recommandations pratiques contre la cryptococcose" publiées par la revue médicale suisse et diffusées dans le milieu hospitalier français. Concernant les pigeons il est écrit : "De rares cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons. Le contact étroit avec de tels oiseaux est donc déconseillé pour les personnes immunodéprimées."

Le 13 avril 2010 j'ai envoyé un courriel au Professeur Jacques Guillot lui demandant :
Dans ce document 100 personnes en moyenne seraient infectées en France. Avez-vous des données vérifiées sur la source des contaminations? pourriez-vous m'en donner une copie. Le document met surtout l'accent sur les fientes de pigeons sèches mais qu'en est-il des autres sources (autres fientes d'oiseaux)? Combien de cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons?
Le professeur me répondit quelques jours plus tard et sa réponse laisse perplexe puisqu'il ne semble sûr de rien :
"Le chiffre de 100 personnes en moyenne par an m'avait été communiqué par le CNR (Centre National de Référence) Mycologie et Antifongique de l'Institut Pasteur. Il faudrait sans doute le réactualiser.
Dans la fiche, il est clairement écrit qu'il n'y a pas de contamination directe à partir des oiseaux mais que le fait de vivre dans un environnement où sont présentes des fientes d'oiseaux est un facteur favorisant. Il semble bien que les levures cryptocoques préfèrent les fientes de pigeons. Pour les autres oiseaux le développement (et donc le risque) est visiblement beaucoup plus faible."

Les hôpitaux quand ils détectent un cas de cryptococcose doivent le déclarer à l’Institut de veille sanitaire par le biais du Centre national de référence Mycologie et antifongiques de l'Institut Pasteur. Cette déclaration est faite au moyen d'une fiche de renseignement standardisée.
Examinez le cadre "terrain sous-jacent". Les oiseaux y occupent une toute petite place : Circonstances particulières - Contact fréquent pigeons/volailles.
En dehors de leur rôle marginal, on envisage en fait toutes les fientes d'oiseaux quelle que soit l'espèce considérée. Considérant que seul un contact fréquent peut être un facteur de risque et donc ne mentionne que les oiseaux domestiques et les pigeons.

Examinez maintenant les pages 38 à 41 de la thèse d'Anna Schnitzler "Le pigeonnier dans la ville : intérêt dans la maîtrise de la population des pigeons urbains".
Vous pouvez vous rendre compte page 39 que cette levure finalement peut se retrouver partout. Vous remarquerez aussi que les analyses d'occupation de cette levure se sont surtout focalisées sur les pigeons et ce dans tous les pays et au moins depuis 30 ans. Qu'Anna Schnitzler répète dans son document la doxa en vigueur comme quoi les pigeons sont responsables de tout sans s'apercevoir que les éléments et données chiffrés montrent leur rôle négligeable dans cette pathologie.
Page 40 notez bien ces informations capitales : Il est très difficile de connaître la source exacte de contamination de l'homme car ce parasite se retrouve essentiellement dans le milieu extérieur.
Et dans la thèse on finit par décrire un des rares cas de contamination confirmée par les pigeons.

Pour finir examinez le bulletin de la Direction des services vétérinaires de la préfecture de police de Paris 97/08 Août 1997. Notez bien cette phrase "Mais l'ubiquité de cette levure disculpe relativement les pigeons." Dans le dictionnaire pour ubiquité on lit : "L'ubiquité ou l'omniprésence est la capacité d'être présent en plusieurs lieux simultanément. Le terme est dérivé du latin « ubique » qui signifie partout."

Il n'y a donc aucune donnée du terrain qui souligne une dangerosité spécifique des pigeons par rapport aux autres fientes des oiseaux et aussi des excréments des autres animaux. Le nombre de cas attribués aux pigeons est ridiculeusement faible et touche seulement les personnes immunodéprimées. Alors pourquoi cette communication massive et permanente des pouvoirs publics associant toujours pigeons et cryptococcose (sites internet des villes, des préfectures et des ministères)? Communication reprise en boucle par la presse. La presse en a fait ses choux gras et interview régulièrement des notables de la médecine qui reprennent par coeur cette même communication. Quand vous vous renseignez sur la formation et l'activité professionnelle de ces pontes vous vous apercevez qu'ils n'ont pas la qualification pour en parler et/ou qu'ils ne connaissent pas le dossier. Après tout ce ne sont que des pigeons et il est bien connu qu'ils transportent toutes sortes de germes, de miasmes et autres diffusions délétères.
Nous sommes en pleine superstition!  






C'est quoi la cryptococcose?


Certains prétendent que :

Le pigeon de ville transporte des germes (au moins il ne mord pas). Reste que enfants, vieillards, diabétiques, greffés et personnes présentant un déficit immunitaire ont intérêt à se tenir à distance. ............ Le pigeon transporte un champignon qui se niche dans les poumons, puis le système nerveux. Ce qui peut engendrer des méningites à cryptocoque, qui nécessitent de longs traitements


Alors là on est terrifié ! Mais c'est quoi au fait cette cryptococcose ?


La cryptococcose selon la science


La cryptococcose est une mycose cosmopolite due à une levure capsulée du genre Cryptococcus. Elle survient habituellement chez les patients à risque : immunodéprimés (sidéens, hémopathies sévères), maladie de Hodgkin, corticothérapie, sarcoïdose, greffes d'organes. La localisation clinique la plus fréquente et la plus grave est méningo-encéphalique.

Agents pathogènes : Cryptococcus neoformans
Cryptococcus neoformans (Cr. neoformans) est l'espèce la plus fréquente en pathologie humaine. C'est une levure saprophyte du milieu extérieur qui a un comportement d'opportuniste. La contamination se fait par inhalation de spores (primo-infection pulmonaire latente), beaucoup plus rarement par inoculation cutanée.

L'inoculation directe par des blessures de la peau peut provoquer des lésions cutanées à type de panaris ou de cellulite, voire une dissémination en cas d'immunodépression. Mais l'infection ne se transmet pas d'homme à homme en dehors des rares observations décrites après greffe d'organes. De rares cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons, et le contact étroit avec de tels oiseaux est donc déconseillé pour les personnes immunodéprimées.

La cryptococcose est une infection cosmopolite du système nerveux central et des méninges. Des lésions cutanées peuvent se manifester secondairement, ainsi qu’au niveau des muqueuses, des os et des articulations. Auparavant peu fréquente (observée chez les malades leucémiques ou cancéreux), cette mycose est actuellement l’une des plus fréquentes chez les patients atteints de SIDA.

La principale espèce pathogène : Cryptococcus neoformans, comporte trois variétés : C. neoformans var. neoformans, C. neoformans var. gattii et C. neoformans var. grubii. Cryptococcus neoformans est présent dans l'environnement et c'est par inhalation qu'a lieu la contamination. La première se retrouve communément en Amérique et en Europe, dans les fientes d’oiseaux. Elle représente l’espèce presque toujours en cause lors de cryptococcose chez les patients atteints de SIDA. La seconde est liée aux arbres Eucalyptus, qui constituent leurs biotopes

ZOONOSE : Ne se transmet pas de l'animal à l'humain

En France, 85 % des cas actuels de cryptococcose sont diagnostiqués chez des patients infectés par le VIH. Ces patients ont un taux moyen de 44 CD4.

année 2003 : En analysant les 1644 cas de cryptococcose répertoriés au Centre National de Référence depuis 1985 chez des sujets séropositifs pour le VIH, nous avons pu démontrer que l'incidence de la cryptococcose avait diminué de 46% depuis 1997, et qu'être originaire du continent africain, avoir plus de 45 ans, avoir été contaminé par le VIH par voie hétérosexuelle, n'avoir eu aucune autre maladie définissant le stade SIDA et ne pas se savoir séropositifs étaient actuellement des facteurs de risques indépendants de cryptococcose
En résumé le pigeon ne transmet pas cette maladie qui touche très majoritairement les personnes atteintes du SIDA. On dénombre environ 100 cas par an en France. On retrouve cette levure un peu partout, dont les fientes des oiseaux. On en a observé dans les fientes de pigeon mais les cas de contamination par les fientes de pigeons, en France, sont très rares. Soit quelques cas en plusieurs dizaines d'années... Le risque est donc infime et nul si on n'est pas immunodéprimé.

On notera que nulle part il n'est mentionné que les enfants et les vieillards "risquent" de contracter cette maladie contrairement à ce qui est affirmé par certains.


FAO - INFECTIONS AU VIH ET ZOONOSES


PAGE 29
Infections fongiques

CRYPTOCOCCUS NEOFORMANS
ÉTIOLOGIE

Cryptococcus neoformans est une levure encapsulée ubiquitaire. Ce microorganisme possède une capsule gélatineuse et mesure 4 à 12 µm. On le trouve fréquemment dans le sol et les excréments de pigeons. Il existe quatre sérotypes de cryptocoques, les types A et D appartiennent à Cryptococcus neoformans var. neoformans et les types B et C appartiennent à Cryptococcus neoformans var. gattii. Parmi eux, le type QA est le plus souvent en cause chez les patients infectés par le VIH ou atteints du SIDA (Stevens, 1990).
C. neoformans est couramment retrouvé dans les fientes de pigeons et moins fréquemment dans le sol (Levitz, 1991). Les fientes d’oiseaux constituent un milieu enrichi pour la levure. Ce microorganisme infecte souvent les oiseaux sauvages, en particulier les pigeons. Ces derniers sont souvent des porteurs asymptomatiques et ne développent pas la maladie. D’autres animaux, en particulier les chats, peuvent développer des infections cutanées mais celles-ci ne constituent pas un danger pour la santé publique car l’organisme ne se transforme pas en aérosol dans ces conditions. La transmission des levures à l’homme survient par inhalation d’organismes aéroportés. Cependant, même dans des zones très contaminées, seul un petit nombre d’organismes ayant la taille appropriée pour atteindre les alvéoles sont transformés en aérosol.
Cryptococcus neoformans est un agent infectieux commun retrouvé chez les patients infectés par le VIH ou atteints du SIDA. Présente chez 5 à 10 pour cent des patients, c’est l’infection fongique mortelle la plus commune dans une population atteinte du SIDA et c’est une cause d’infection fréquente chez les individus infectés par le VIH (Kirkpatrick, 1990).

PAGE 31
CONTRÔLE DES INFECTIONS FONGIQUES

Les agents responsables de maladies fongiques sont largement répandus dans l’environnement et chez les animaux d’élevage ou de compagnie, ces derniers servant de porteurs asymptomatiques. De ce fait, les risques de contact avec ces agents infectieux insidieux sont très élevés. En général les infections sont bénignes et légères mais les personnes immunodéficientes ne sont pas capables de neutraliser les infections. Ceci devrait toujours être pris très au sérieux et des mesures d’hygiènes appropriées devraient être suivies afin de minimiser les risques sanitaires.

En conséquence, les règles générales suivantes sont d’une importance primordiale :
- se laver les mains après tout contact avec le sol ou le pelage des animaux;
- éviter les perforations par des épines ou des échardes;
- éviter d’inhaler de la terre ou de la poussière;
- éviter l’exposition à des poulaillers ou des pigeonniers, des perchoirs pour les oiseaux et des grottes habitées par des chauves-souris.


Journal de Mycologie Médicale

Source : http://www.em-consulte.com/

Épidémiologie et caractérisation moléculaire de Cryptococcus neoformans isolé de fientes de pigeons vivant dans la province de Mazandaran, au nord de l’Iran

18 avril 2012

S. Agha Kuchak Afshari, T. Shokohi, R. Aghili, H. Badali
Department of Medical Mycology and Parasitology, School of Medicine, Mazandaran University of Medical Sciences, Km 18 Khazarabad Road, P.O. Box 48175-1665, Sari, Iran
Commentaire

Même l'Iran s'y met, la preuve que la propagande vient bien de la Sorbonne (universités) universelle. Ils auraient fait les mêmes analyses sur des oiseaux d'espèces différentes ils en auraient aussi trouvé. Mais la conclusion n'est absolument pas scientifique puisque aucune transmission à un humain n'a été prouvée. Un article à charge. L'Iran s'occidentalise par le milieu universitaire formé certainement en occident ou en subissant l'influence. Bientôt les pigeons indésirables dans ce pays ?
Objectif

Les objectifs de cette étude étaient de vérifier la présence de Cryptococcus neoformans dans les fientes de pigeons d’origine de la province de Mazandaran (Iran), afin d’identifier les variétés de C. neoformans isolées à l’aide des séquences D1/D2 et IGS et de déterminer la présence des deux types : ? et a.

Matériels et méthodes

Les 400 échantillons d’excréments de pigeons ont été recueillis dans 15 villes différentes de la province de Mazandaran durant une période de plus d’un an (février 2010–mars 2011). L’identification de C. neoformans a été réalisée sur la base de la croissance de colonies brunes sur gélose à base de graines de Niger (NSA) et des caractéristiques biochimiques. Nous avons utilisé les amorces spécifiques MAT? et MATa pour déterminer le type sexuel et analysé les séquences D1/D2 et inter-géniques.

Résultats

Sur les 400 échantillons, 20 échantillons (5 %) étaient positifs pour C. neoformans et l’ensemble de tous ces isolats étaient de type ?. Les séquences analysées par PCR des amplicons des régions D1/D2 ont révélé que tous les isolats étaient C. neoformans var. grubii sauf deux isolats qui étaient C. neoformans var. neoformans .
Conclusion

Nos résultats ont confirmé que les excréments de pigeon sont un environnement favorable riche en azote qui favorise la croissance de C. neoformans et que le pigeon joue un rôle important dans la propagation de cet organisme.
 






Nouvelles recommandations pratiques contre la cryptococcose



Lien

Article de Jean-Yves Nau

Avec l’émergence et la progression de la pandémie de sida, la cryptococcose constitue une question importante de santé publique. Dans les pays où l’accès aux trithérapies antirétrovirales est limité ou inexistant, cette pathologie se situe au deuxième rang des infections opportunistes fatales chez les patients infectés par le VIH et profondément immunodéprimés. Une étude prospective multicentrique sur ce thème vient d’être publiée sur le site de PLoS Medicine. Elle a été menée en France par des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS. Elle met en évidence un certain nombre de facteurs de sévérité de la maladie, comme le sexe du patient ou le sérotype infectant. Au vu des résultats, les auteurs proposent une modification dans la prise en charge thérapeutique des personnes souffrant de cryptococcose. On sait que cette infection grave est provoquée par le champignon Cryptococcus neoformans, une levure capsulée. La forme clinique la plus fréquente est une méningo-encéphalite, fatale en l’absence de traitement. La cryptococcose survient, selon les pays, chez 2 à 30% des personnes infectées par le VIH. Son incidence en France a diminué de moitié avec l’arrivée des trithérapies antirétrovirales et représente aujourd’hui une centaine de cas par an selon les données du Centre national français de référence mycologie et antifongiques. Mais elle est au deuxième rang des infections opportunistes fatales chez les personnes atteintes du sida en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Chez les personnes non infectées par le VIH, les principaux facteurs favorisant l’infection sont : une corticothérapie au long cours, les hémopathies lymphoïdes, les transplantations d’organes, et plus rarement la sarcoïdose, l’insuffisance rénale chronique ou une cirrhose hépatique.

«Cryptococcus neoformans est présent dans l’environnement et c’est par inhalation qu’a lieu la contamination. L’inoculation directe par des blessures de la peau peut provoquer des lésions cutanées à type de panaris ou de cellulite, voire une dissémination en cas d’immunodépression, rappelle-t-on auprès de l’Institut Pasteur de Paris. Mais l’infection ne se transmet pas d’homme à homme en dehors des rares observations décrites après greffe d’organes. De rares cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons. Le contact étroit avec de tels oiseaux est donc déconseillé pour les personnes immunodéprimées.»

La forme clinique la plus fréquente de la cryptococcose est une méningo-encéphalite disséminée (dans plus de 60% des cas, et dans 80% des cas chez les patients infectés par le VIH). Les symptômes sont variables : céphalées et fièvre modérée surviennent chez plus de 70% des malades tandis que vertiges, irritabilité, troubles de l’idéation, crises convulsives, obnubilation, voire coma, paralysie d’un nerf crânien, déficit moteur peuvent apparaître dans 20 à 50% des cas. La brièveté de l’évolution des symptômes et des signes d’hypertension intracrânienne sont de mauvais pronostic. En l’absence de traitement, l’évolution vers l’aggravation et la mort est inéluctable. En cas de traitement, la mortalité précoce demeure encore de l’ordre de 20%. L’infection peut également se traduire par une pneumopathie ou des lésions cutanées.

Le diagnostic est établi par la mise en évidence à l’examen direct ou en histologie de levures entourées d’un halo clair dans les tissus ou liquides prélevés, par l’identification de Cryptococcus neoformans dans ces mêmes échantillons et/ou par la détection de l’antigène spécifique dans le sérum et/ou le liquide céphalorachidien. L’étude prospective publiée dans PloS Medicine a été menée sur des patients suivis entre 1997 et 2001 en France par Françoise Dromer, chef de l’unité de mycologie moléculaire du Cnrs et du Centre national de référence mycologie et antifongiques à l’Institut Pasteur de Paris et Olivier Lortholary (Centre d’infectiologie Necker-Pasteur, Paris) en collaboration avec le Groupe d’étude de la cryptococcose en France, composé de mycologues et de cliniciens répartis sur tout le territoire, dans 77 centres. Ce travail visait à analyser les facteurs pronostiques influençant la forme clinique de la maladie et son évolution. Au total, 230 patients infectés ou non par le VIH ont pu être étudiés. Les chercheurs expliquent démontrer que la maladie est plus sévère chez l’homme que chez la femme, suggérant une influence des hormones sexuelles. Elle est également plus sévère chez les individus VIH+ que chez les VIH-. En termes de mortalité, ce sont les patients souffrant d’une hémopathie maligne (lymphome, leucémie chronique,…) chez qui la cryptococcose est la plus grave. Ce travail démontre aussi qu’entre les deux sérotypes de Cryptococcus neoformans présents en France (A et D), le sérotype A est associé à une évolution plus sévère de la maladie. Enfin, les patients ayant au moment du diagnostic des déficits neurologiques et/ou des troubles de la conscience, ou une imagerie cérébrale anormale, ont un pronostic vital aggravé.

Parallèlement à ces différents facteurs, les chercheurs ont étudié l’impact de la «charge fongique» initiale et l’évolution de la cryptococcose en fonction des antifongiques utilisés. Au vu de l’ensemble des facteurs analysés, les auteurs préconisent, pour tous les patients chez lesquels un diagnostic de cryptococcose est établi, de réaliser un bilan d’évaluation de la sévérité de la maladie.

Ce bilan systématique devrait comprendre selon eux une culture du liquide céphalo-rachidien, une hémoculture, une culture d’urine, et une détermination du titrage de l’antigène circulant du cryptocoque pour évaluer la charge fongique. Pour les patients qui ont une charge fongique très élevée, ils recommandent d’engager un traitement d’attaque associant deux antifongiques, traitement qui n’est actuellement préconisé qu’en cas de méningite et de pneumopathie sévère.  






Courriel du Pr Jacques Guillot



From: Jacques Guillot jguillot@vet-alfort.fr
To: Pascal Cousin cousin99@free.fr
Subject: Re: document édité par le Ministèr ede l'agriculture et de lapêche
Date: 16/04/2010 08:22:48

Monsieur
Le chiffre de 100 personnes en moyenne par an m'avait été communiqué par le CNR (Centre National de Référence) Mycologie et Antifongique de l'Institut Pasteur. Il faudrait sans doute le réactualiser.

Dans la fiche, il est clairement écrit qu'il n'y a pas de contamination directe à partir des oiseaux mais que le fait de vivre dans un environnement où son présentes des fientes d'oiseaux est un facteur favorisant. Il semble bien que les levures cryptocoques préfèrent les fientes de pigeons. Pour les autres oiseaux le développement (et donc le risque) est visiblement beaucoup plus faible

Bien cordialement

Pr Jacques Guillot
Enseignant-chercheur
Unité de Parasitologie
UMR AFSSA, ENVA, UPVM BIPAR
Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort
94704 Maisons-Alfort Tél: 01 43 96 71 57 / 01 49 77 28 11
Fax: 01 43 96 71 90



Le 13/04/10 17:40, « Pascal Cousin » cousin99@free.fr a écrit :

Bonjour,

Je viens de prendre connaissance d'un document édité par le Ministère de l'agriculture et de la pêche (Direction générale de la forêt et des affaires rurales - Direction générale de l'alimentation) en juin 2007 portant sur La Cryptococcose élaboré avec la collaboration de Jacques GUILLOT, Professeur à l'école nationale vétérinaire d'Alfort (en pièce jointe).

Dans ce document 100 personnes en moyenne seraient infectées en France. Avez-vous des données vérifiées sur la source des contaminations? pourriez-vous m'en donner une copie.

Le document met surtout l'accent sur les fientes de pigeons sèches mais qu'en est-il des autres sources (autres fientes d'oiseaux)? Combien de cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons?

Vous remerciant pour votre réponse,
Pascal Cousin
Ornithologue


en-tête du courriel


Return-Path: jguillot@vet-alfort.fr
Delivered-To: free.fr-cousin99@free.fr
Received: (qmail 23223 invoked from network); 16 Apr 2010 07:07:09 -0000
Received: from mx27-g26.free.fr (HELO mail-gw.vet-alfort.fr) (212.27.42.89)
by mrelay4-g25.free.fr with SMTP; 16 Apr 2010 07:07:09 -0000
Received: from mail-gw.vet-alfort.fr (81.252.150.135)
by mx1-g20.free.fr (MXproxy) for cousin99@free.fr ;
Fri, 16 Apr 2010 09:17:56 +0200 (CEST)
X-ProXaD-SC: state=HAM score=0
Received: from localhost (localhost.localdomain 127.0.0.1)
by mail-gw.vet-alfort.fr (Postfix) with ESMTP id 5148374223
for cousin99@free.fr; Fri, 16 Apr 2010 09:17:55 +0200 (CEST)
X-Virus-Scanned: Debian amavisd-new at mail-gw.vet-alfort.fr
Received: from mail-gw.vet-alfort.fr (127.0.0.1)
by localhost (mail-gw.vet-alfort.fr 127.0.0.1) (amavisd-new, port 10024)
with LMTP id HVeACqPMzRbA for cousin99@free.fr;
Fri, 16 Apr 2010 09:17:55 +0200 (CEST)
Received: from vet-alfort.fr (courrier.vet-alfort.fr 10.5.0.247)
by mail-gw.vet-alfort.fr (Postfix) with ESMTP id 327427418D
for cousin99@free.fr; Fri, 16 Apr 2010 09:17:55 +0200 (CEST)
Received: from 10.5.21.86 (10.5.21.86) by vet-alfort.fr with Microsoft SMTPSVC(5.0.2195.6713);
Fri, 16 Apr 2010 09:17:20 +0200
User-Agent: Microsoft-Entourage/12.23.0.091001
Date: Fri, 16 Apr 2010 08:22:48 +0200
Subject: Re: document =?ISO-8859-1?B?6WRpdOk=?= par le
=?ISO-8859-1?B?TWluaXN06HJl?= de l'agriculture et de la
=?ISO-8859-1?B?cOpjaGU=?=
From: Jacques Guillot jguillot@vet-alfort.fr
To: Pascal Cousin cousin99@free.fr
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Thread-Topic: document =?ISO-8859-1?B?6WRpdOk=?= par le
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EXTRAITS DE LA THESE pour le doctorat vétérinaire présentée en 1999 à l'université Paul-Sabatier de TOULOUSE

par Anna SCHNITZLER

Le pigeonnier dans la ville :
intérêt dans la maîtrise de la population des pigeons urbains



Voir ici la partie zoonose en PDF

La cryptococcose





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EXTRAIT DU :
Bulletin de la Direction des services vétérinaires
97/08 Août 1997

PREFECTURE de POLICE de PARIS



PREFECTURE de POLICE de PARIS





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