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LES MALADIES, LES RISQUES, QU'EN DISENT LES VETERINAIRES ?
EXTRAIT DU : Bulletin de la Direction des services vétérinaires 97/08 Août 1997 PREFECTURE de POLICE de PARIS
Le risque sanitaire Le pigeon des villes représente-t-il un risque zoonotique, c'est à dire de transmission de maladie de l'animal à l'homme ? En préalable, il est nécessaire d'évaluer l'état sanitaire de la population de pigeons. La dernière étude a été effectuée en 1990. A l'occasion de captures de pigeons, des individus (300) ont fait l'objet d'analyses en laboratoire. Les résultats peuvent être résumés, avec les pourcentages des animaux infectés :
Ces résultats peuvent paraître inquiétants mais doivent être relativisés. Aucune des salmonelles découvertes sur les pigeons n'est dangereuse pour l'homme (il existe plus de 2 000 variants de salmonelles dont seuls certains sont néfastes pour l'homme). Chlamydia psittaci est l'agent de l'ornithose-psittacose, (ou chlamydiose), zoonose qui détermine des pneumonies graves chez l'homme. Cependant la contamination humaine se fait en général depuis les perruches ou les perroquets. Aucun cas de contamination humaine de chlamydiose par le pigeon n'a jamais été rapporté à la DSV. Parmi les levures, Cryptococcus neoformans vit dans le tube digestif du pigeon. Les personnes immuno-déprimés (sida, âge, greffe...) sont exposées à des mycoses respiratoires ou cérébrales graves. Mais l'ubiquité de cette levure disculpe relativement les pigeons. Enfin, la présence de paramyxovirus chez le pigeon parisien n'est inquiétante que pour les autres oiseaux. Des maladies sanitairement et économiquement graves comme la maladie de Newcastle des volailles sont dues à des paramyxovirus. Cette contamination justifie l'interdiction de relâcher "à la campagne" les pigeons capturés dans Paris. LETTRE du Docteur Philippe de WAILLY
Membre de l'Académie Vétérinaire de France Président de la section ornithologique du G.E.N.A.C. (Groupe d'Etude des Nouveaux Animaux de Compagnie) Président de I.W.P.F France
Nul ne saurait nier l'existence de maladies graves chez les merveilleux pigeons de nos villes. Mais il convient d'affirmer
que le plus gros pourcentage de mortalité chez eux est provoqué par des affections totalement et exclusivement spécifiques aux
colombidés contre lesquelles les vétérinaires se trouvent souvent impuissants: variole du pigeon, paramyxovirose B (qui se
manifeste par des torticolis et des convulsions), enfin l'herpès virus 1 (PH V 1) dont les signes cliniques sont sinusites,
abattement, paralysie. Aucune de ces maladie n'est susceptible de provoquer le moindre malaise chez les humains. On signale, certes, quelques cas d'ornithose ou de salmonellose, mais ne risquons-nous pas d'attraper le pyocianique ou le staphylocoque doré dans le métro ou dans certaines salles hospitalières ? J'en connais des exemples bien précis. Certaines personnes sont allergiques aux plumes, ce qui se manifeste par des rhinites ou des troubles asthmatiques. Ce sont, plus fréquemment, les acariens des duvets de literie qui sont à l'origine de ses désagrément, bien plus que les pigeons vivants dans nos villes. Beaucoup moins que les pollens ou les poussières. Arrêtons donc de considérer les pigeons comme les bouc-émissaires de nos maux. L'homme moderne n'a-t-il pas suffisamment désacralisé la nature et sa création pour encore inventer une victime sacrificielle sur l'autel de son injustice et de sa méchanceté. CITATIONS DU DOCTEUR DE WAILLY
Il est risible de voir mettre le pigeon en accusation, alors qu'un inspecteur général honoraire de la Préfecture de la Seine déclare, que
près de 200 000 tonnes d'anhydride sulfureux ont été émises en un an dans le seul département. C'est cet élément dit-il, qui, après
transformation dans l'air, détruit les toitures en zinc, ronge les ferrures, attaque les peintures et les pierres et met à mal
la végétation et les poumons des habitants. Les pauvres pigeons, que d'aucun voudraient faire passer pour des Attila de la pierre, ne jouent pas un bien grand rôle dans les dégâts considérables que l'homme et ses machines sont seuls à occasionner. Nous rejetons plus de 800 millions de tonnes de polluants par an. Celà, on le conçoit, ne va pas sans dommages pour tout ce qui nous entoure. Et on voudrait que le pigeon soit le seul responsable de toutes ces misères comme certains articles tendancieux essaient de nous le faire croire ? Ah non ! Un peu de sérieux, quand même ! Voici une lettre officielle de la ville de Venise : Les monuments ne sont pas détériorés par les pigeons. Certainement ces volatiles causent des salissures, mais c'est une chose inévitable partout et, en conséquence, il faut pourvoir périodiquement au nettoyage. N'est-ce pas éloquent ? Les pigeons qui vivent en liberté dans les villes de même que les étourneaux et les moineaux ne présentent qu'un risque faible pour la santé publique Comité mixte OMS/FAO des experts des zoonoses - Rome 1959 Lors d'une conférence de presse donnée à Paris devant les organisations de l'opération "Arche de Noé, SOS Nature", le 9 avril 1970, les dirigeants professionnels du syndicat des vétérinaires de la Région Parisienne, ont pris l'engagement d'aider à survivre tout animal sauvage, blessé ou malade, recueilli par des enfants et et si besoin est de prodiguer gratuitement les soins nécessaires. CITATIONS DU DOCTEUR CHARLES GOMEZ,
ANCIEN DIRECTEUR DES SERVICES VETERINAIRES DE LA PREFECTURE DE POLICE DE PARIS
Vous dirigez les services vétérinaires de la préfecture de police de Paris, quel est leur rôle exact dans la surveillance des pigeons ? - Docteur Charles Gomez - Nous nous occupons des aspects sanitaires uniquement. Quand des gens tombent malades après avoir approché des oiseaux, nous menons des analyses. Il s'avère que les oiseaux responsables d'une infection ne sont jamais des pigeons, mais des canaris ou des perroquets. Pour le reste cela devrait être du ressort de la direction de la propreté de la ville. Dr Bernard Lefebvre
Vétérinaire Maladies des pigeons Quelles sont les maladies susceptibles d’être transmises à l’homme par les pigeons ? Avis d’un vétérinaire praticien
De nombreux microbes (bactéries, levures, virus, …) peuvent être hébergés par les pigeons comme par toute espèce animale. Certains d’entre eux sont susceptibles de transmettre une maladie à l’homme qui les élève ou les héberge. Parmi ceux ci, les plus fréquemment isolés chez les pigeons d’élevage sont des salmonelles (Salmonella tiphymurium var Copenhaguen), des levures (Candida albicans). Par contre, les chlamydies de l’ornithose sont rarement isolées. Quant aux Campilobacter, on ne les isole jamais car,…. on ne les recherche pas puisque qu’il ne sont pas responsables de maladie chez le pigeon. Le virus de West Nile qui sévit aux Etats Unis ne semble pas avoir fait son apparition en France sur la population de pigeons sauvages ou domestiques. Il faut ajouter à cette liste une maladie non infectieuse : « la maladie du poumon des éleveurs d’oiseaux » qui est une maladie d’origine allergique.
Campilobacter jejuni est très fréquemment retrouvé dans le tractus digestif des volailles (jusqu’à 80% dans les élevages de poules pondeuses avec jusqu’à 25% des œufs contaminés par les fientes à la surface de la coquille). Cette bactérie est responsable d’une zoonose (= maladie d’origine animale et transmissible à l’homme) : la consommation de viande de volailles représente un risque très significatif dans l’apparition des diarrhées humaines dues à Campylobacter jejuni. La maladie peut se transmettre également lors de la manipulation des carcasses par les employés des abattoirs. Dans une étude datant de 1999 sur des pigeons parisiens, Candida albicans a été isolé dans 68% des jabots mais seulement 20% des intestins. Si la maladie candidose existe chez l’homme, on ne peut pas dire que celle ci soit transmise par des contaminants extérieurs. C’est plus un terrain immunodéprimé (SIDA) ou des facteurs locaux qui favorisent l’implantation des levures sur la peau ou, plus souvent, sur les muqueuses digestives, génitales,…. Salmonella tiphymurium var Copenhaguen est très régulièrement isolés dans des élevages dans lesquels sévit la paratyphose. C’est même une « dominante pathologique » et la maladie est un motif de consultation extrêmement fréquent. Des salmonelles sont régulièrement responsables de Toxi Infection Alimentaire Collective chez l’homme suite à la consommation de mayonnaise, glaces,….. dans lesquelles des œufs non cuits sont incorporés. La maladie chez l’homme apparaît toujours après ingestion d’aliments contaminés et non pas par simple contact. Pour cette raison, et bien que la maladie soit très fréquente dans les élevages de pigeons, je n’ai jamais observé de transmission de la maladie aux éleveurs de pigeons. Il faut ajouter que les œufs de pigeons ne sont généralement pas consommés, en tous cas, s’ils le sont, ils sont cuits; que la viande de pigeon se mange bien cuite (par rapport au bœuf) et enfin que la salmonellose du pigeon est assez spécifique et est probablement peu pathogène pour les autres espèces animales. Chlamydia psitacci est responsable de l’ornithose chez le pigeon (psittacose chez les perroquets et…. chlamydiose chez l’homme). Attention cependant à ne pas confondre l’ornithose avec d’autres chlamydioses humaines (Chlamydia trachomatis) ou animales (Chlamydia felis chez le chat). Bien que certaines enquêtes sérologiques semblent montrer une large diffusion de la bactérie parmi les populations sauvages de pigeons, quand j’utilise des techniques modernes de recherche de la bactérie (PCR) je n’en trouve que très rarement dans les pigeons d’élevage. Pour des raisons budgétaires, cette technique de recherche n’a pas été utilisée dans les études concernant les populations de pigeons sauvages. Chez le pigeon, la bactérie donne des signes de coryza (inflammation des voies respiratoires) mais aussi des troubles de la reproduction (mortalité en coquille, mortalité au nid) et des arthrites. Chez l’homme, la bactérie est responsable d’un syndrome grippal voire d’une grave pneumonie. Cependant, le traitement adapté (Doxycycline) permet de guérir rapidement les personnes atteintes. La maladie se transmet par voie aérienne essentiellement lors du nettoyage des colombiers, dans des colombiers mal ventilés ou encore lors de la manipulation de carcasses en abattoir. Mais, je n’ai eu connaissance que de très peu de cas de cette maladie chez les éleveurs de pigeons. Cependant, lors de syndrome grippal ne guérissant pas spontanément (ou après traitement antibiotique non spécifique de la chlamydiose) en quelques jours, il faut envisager l’hypothèse de la chlamydiose chez les éleveurs d’oiseaux. Enfin, et c’est probablement la maladie la plus fréquemment rencontrée chez les éleveurs d’oiseaux et de volailles, la « maladie du poumon des éleveurs d’oiseaux » mérite une attention toute particulière. Il s’agit d’une maladie d’origine immunitaire; c’est une allergie aux poussières et autres particules véhiculées par les oiseaux (tous comme certains individus sont allergiques au poil de chat). La maladie évolue sous une forme aiguë ou chronique. Dans la forme aiguë, l’ éleveur ressent une gêne respiratoire dans les 10’ qui suivent son entrée dans le colombier. Cette gêne est aggravée lors du nettoyage des installations. Il suffit de quitter le colombier pour recouvrer la bonne santé en quelques heures. Cette forme de la maladie est donc facile à diagnostiquer. La forme chronique est plus sournoise car les signes n’apparaissent qu’après une longue période d’exposition et entraîne petit à petit des lésions irréversibles du poumon qui perd progressivement ses fonctions d’oxygénation du sang. Le meilleur conseil que l’on puisse donner à des éleveurs atteints de cette maladie et de ne plus entrer du tout dans les colombiers, les poulaillers,… Il est également possible de porter systématiquement un masque respiratoire adapté à cette maladie. Mais, la « corvée » de nettoyage doit obligatoirement être confiée à une personne non sensible à ces allergènes. Si des personnes devaient craindre la transmission de maladies par les oiseaux, ce seraient d’abord ceux qui sont en contact étroit et quotidiens avec ceux-ci et donc, tout particulièrement, les éleveurs d’oiseaux. Dans ma pratique quotidienne je rencontre assez souvent des éleveurs allergique et atteints de « la maladie du poumon des éleveurs d’oiseaux », je n’ai rencontré que très rarement des éleveurs atteints de la chlamydiose. Par contre, je n’ai jamais rencontré de personnes ayant eu une affection digestive à Campilobacter, à salmonelles ou à Candida en rapport avec la possession de pigeons. Le risque d’attraper des maladies d’origine aviaire pour de simple passants en ville est donc négligeable. |
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