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PRESENTATION DE L'ESPECE



Victor Hugo


Les oiseaux Sont de la poussière d'âme.
Le nid que l'oiseau bâtit
Si petit
Est une chose profonde ;
L'oeuf ôté de la forêt
Manquerait
A l'équilibre du monde.


A CONSULTER AUSSI

L'intelligence du pigeon biset @lien

Peur sur la ville @lien



Espèces qu'on peut trouver dans nos régions



Colombe et colombier dérivent du latin columa et columbarium, pigeon du latin pipiones, de pipires c'est à dire piauler. Aucun dictionnaire ne distingue le pigeon de la colombe ou le colombier du pigeonnier. Colombe et colombier appartiennent davantage au langage poétique et colombe s'applique plutôt au pigeon blanc. Il existe de très nombreuses espèces de pigeons : ramier, bizet, tourneur, culbuteur, nonnain, paon, tourterelle... Rien à voir entre ces pigeons des campagnes, sauvages et libres, amoureux d'espace et de solitude, et les pigeons des villes souvent vus comme des animaux nuisibles. BUFFON - célèbre naturaliste du XVIII ième siècle - décrit ainsi ces animaux :

" Les pigeons ne sont réellement ni domestiques comme les chiens et les chevaux, ni prisonniers comme les poules. Ce sont plutôt des captifs volontaires, des hôtes fugitifs qui ne se tiennent dans le logement qu'on leur offre qu'autant qu'ils s'y plaisent... Tous les pigeons ont de certaines qualités qui leur sont communes : l'amour de la société, l'attachement à leurs semblables, la douceur de leurs mœurs, la fidélité réciproque, la propreté, le soin de soi même qui suppose l'envie de plaire, l'art de se donner des grâces, les caresses tendres, les mouvements doux. Nulle humeur, nul dégoût, nulle querelle, tout le temps de la vie employé au soin de ses petits, toutes les fonctions pénibles également réparties. Le mâle, aimant assez pour les partager et même se charger des soins maternels, couve régulièrement à son tour et les œufs et les petits, pour en épargner la peine à sa compagne, pour mettre entre elle et lui cette égalité dont dépend le bonheur de toute union durable : Quel modèle pour l'homme s'il savait les imiter !"


PIGEONS-VOYAGEURS - LE SAVIEZ-VOUS ?

1. La plupart de nos pigeons domestiques ont un ancêtre commun, le pigeon biset.
2. Des pigeons voyageurs ont été chronométrés volant avec une vitesse moyenne 149 km/h sur une course de 645 km.
3. Des pigeons voyageurs peuvent voler 1130 km en une journée.
4. Les pigeons ont été utilisés dans de nombreuses guerres, y compris pendant la Première et la deuxième Guerre mondiale. Ils ont sauvé d'innombrables vies.
5. Les pigeons ont obtenu un taux de réussite de 98% au cours des missions effectuées pendant la Seconde Guerre mondiale, malgré le feu ennemi, et avec souvent des blessures mortelles.
6. Pendant les deux guerres mondiales, des pilotes volaient avec des pigeons pour le cas où ils auraient dû abandonner leur plan, ils libéraient alors l'oiseau pour prévenir et chercher de l'aide. De nombreux pilotes doivent leur vie à un pigeon.
7. Les pigeons sont encore utilisés aujourd'hui par les Français, les Suisses, les armées israéliennes, les Irakiens et les Chinois.
8. L'aide des pigeons s'est avérée précieuse dans la guerre du Golfe, car leur messagerie n'a pas été affectée par le brouillage électronique.
9. Des pigeons ont été achetés pour au moins $ 132,000.00 par Louella Pigeon en 1992 ("Invincible Spirit").
10. Ils ont été proposés pour être utilisés par le projet de la mer Hunt (US Coast Guard) pour repérer des gilets de sauvetage dans la mer.
11. La colombe de Noé était probablement un pigeon voyageur.
12. Ils ont été utilisés pour beaucoup de communication avant que le télégraphe n'ait été inventé.
13. Ils ont été utilisés par les Grecs pendant plus de 5.000 ans.
14. Ils peuvent et sont prêts à se reproduire à l'âge de 5 à 6 mois.
15. Ils peuvent se reproduire jusqu'à 10 ans, et ont été aidés à se reproduire dans le passé.
16. Ils sont élevés et formés avec autant de soins que les chevaux de pur-sang.
17. Partout dans le monde il y a environ 5 courses par an avec un million dollar de prime.
18. Il y a plus d'un million d'amateurs à travers le monde qui élèvent des pigeons, ce qui signifie qu'il y a plus de 4 millions de pigeons détenus.
19. Les deux parents nourrissent les jeunes avec leur lait.
20. Ils sont connus pour très bien voir jusqu'à une distance de 42 km.
21. Des scientifiques croient qu'ils peuvent entendre le vent qui souffle sur les montagnes à des centaines de kilomètres.
22. A la fin des années 1800 le vol le plus héroïque enregistré était celui d'un pigeon lâché en Afrique qui a mis 55 jours pour rentrer chez lui en Angleterre, parcourant plus de 11 000 km.
23. Un pigeon mesure environ 33 cm du bec à la queue.
24. Sauf séparés, les pigeons s'accouplent pour la vie.
25. Un pigeon en plein développement a environ 10.000 plumes.
26. Ils sont connus pour vivre jusqu'à plus de 30 ans.
27. Au 17ème siècle, le roi George Ier d'Angleterre a décrété que toutes les fientes de pigeons étaient des biens de la Couronne et les pigeonniers ont été sommés de respecter la loi ! (le fumier de pigeon a été utilisé dans la fabrication de poudre)
28. Le pigeon bat ses ailes jusqu'à dix fois par seconde, tout en maintenant une fréquence cardiaque de 600 battements par minute pendant 16 heures sans repos.
29. Le pigeon a la capacité rare pour un grand oiseau de pouvoir voler presque à pic.
30. Beaucoup de pigeons se nourrissent des grains de la ville dans le pays.
31. La section d'Études supérieures de l'Université du Montana conclu : «le columba livia (pigeon) est l'un des plus intelligents, une des créatures les plus habiles physiquement dans le règne animal."
32. La reine Elizabeth II a des races de pigeons voyageurs dans des pigeonniers royaux à Sandringham.
33. Les pigeons sont les seuls oiseaux dans le monde qui n'ont pas à lever la tête pour avaler de l'eau.
34. Quand le pigeon vole sur de longues distances, il remonte et accroche ses pattes (par ses pieds) aux plumes courtes de la queue afin d'économiser de l'énergie (de tenir ses jambes).
35. Pendant la saison de reproduction, quand il y a beaucoup de pigeonneaux, tous les parents nourrissent collectivement les jeunes, des parents gavant ainsi les pigeonneaux nés d'autres parents.
36. Dans le milieu des années 1800, l'Agence Reuters a exploité un service de télex en direct en utilisant des pigeons voyageurs.
37. Les pigeons voyageurs ont été introduits aux États-Unis dans le milieu des années 1800. Dans les années 1880, la première course de 800 km a eu lieu dans ce pays.
38. La capacité à entendre les sons de 11 octaves en dessous du do central permet aux pigeons de détecter les tremblements de terre et les orages électriques.
39. La course nationale d'Amérique, Snowbird classique, attribue une bourse de 600.000 $.
40. Les prix de vente maximaux pour des pigeons peuvent s'élever jusqu'à 250 000 euros (Special Blue).


L'espèce :


Oiseau carinate, le pigeon (Columba sp.) appartient à la famille des columbidés (ordre des colombiformes), qui rassemble notamment les pigeons et les colombes

On trouve dans la famille des colombidés diverses sous-familles :

- les tréroninés, pigeons propres aux régions tropicales (pigeon vert, pigeon perroquet, ...)
- les columbinés, que l'on rencontre dans le monde entier (colombe, tourterelle, ...)
- les ourinés, en Nouvelle-Guinée
- les didunculinés, dans les Îles Samoa, de la taille d'une poule avec un bec presque crochu.


En Europe, la famille des Colombidés est représentée par 2 genres :


Columba avec 3 espèces :
- Columba palumbus (pigeon ramier)
- Columba livia (pigeon biset)
- Columba œnas (pigeon colombin)


Streptopelia avec 2 espèces :
- Streptopelia tutur (tourterelle des bois)
- Streptopelia decaocto (tourterelle turque)


Généralement, on désigne sous le nom de pigeons des oiseaux de taille variable, au plumage diversement coloré suivant les espèces (souvent gris, brunâtre ou vert) et dont les plumes ont souvent des reflets métalliques ou irisés. Le pigeon a un bec droit, faible, un peu souple, membraneux à sa base, des ailes larges et pointues qui lui assurent un vol rapide. Oiseaux percheurs, marcheurs, grands voiliers (cas des espèces voyageuses ou migratrices), les pigeons ont un régime granivore ou frugivore. Ils pondent un ou deux œufs dans des nids (à l'état de nature) très légèrement construits. Les jeunes naissent peu développés et sont nourris (du moins en ce qui concerne certaines espèces) par une sorte de lait produit dans le jabot des adultes. Les pigeons vivent sur toute l'étendue du globe (surtout dans les régions tropicales), sauf dans les zones polaires.





Pigeon vert africain : il est urgent de le protéger.










Autres espèces de pigeons dans le monde

Cliquez sur les vignettes pour voir les fiches et les images

alectroenas-madagascariensis alectroenas-pulcherrima alectroenas-sganzini caloenas-nicobarica chalcophaps-indica columba-albinucha columba-albitorques columba-argentina columba-arquatrix columba-bollii
columba-delegorguei columba-elphinstonii columba-guinea columba-hodgsonii columba-iriditorques columba-janthina columba-junoniae columba-larvata columba-leucocephala columba-leucomela
columba-leuconota columba-malherbii columba-mayeri columba-pallidiceps columba-palumboides columba-pollenii columba-pulchricollis columba-punicea columba-rupestris columba-thomensis
columba-torringtoni columba-trocaz columba-unicincta columba-vitiensis columbina-cruziana columbina-inca columbina-minuta columbina-passerina columbina-squammata drepanoptila-holosericea
ducula-aenea ducula-badia ducula-bicolor ducula-brenchleyi ducula-carola ducula-cineracea ducula-concinna ducula-finschii ducula-forsteni ducula-galeata
ducula-goliath ducula-latrans ducula-mullerii ducula-myristicivora ducula-oceanica ducula-perspicillata ducula-pinon ducula-poliocephala ducula-radiata ducula-rubricera
ducula-rufigaster ducula-spilorrhoa ducula-whartoni ducula-zoeae gallicolumba-beccarii gallicolumba-criniger gallicolumba-jobiensis gallicolumba-luzonica gallicolumba-tristigmata gallicolumba-xanthonura
geopelia-cuneata geopelia-humeralis geopelia-placida geopelia-striata geophaps-plumifera geophaps-scripta geotrygon-chrysia geotrygon-linearis geotrygon-montana geotrygon-versicolor
goura-cristata goura-scheepmakeri goura-victoria gymnophaps-albertisii gymnophaps-stalkeri hemiphaga-novaeseelandiae leptotila-jamaicensis leptotila-verreauxi leucosarcia-melanoleuca lopholaimus-antarcticus
macropygia-amboinensis macropygia-phasianella macropygia-ruficeps macropygia-tenuirostris metriopelia-ceciliae metriopelia-melanoptera nesoenas-picturata ocyphaps-lophotes oena-capensis otidiphaps-nobilis
patagioenas-araucana patagioenas-cayennensis patagioenas-corensis patagioenas-fasciata patagioenas-flavirostris patagioenas-maculosa patagioenas-nigrirostris patagioenas-oenops patagioenas-picazuro patagioenas-speciosa
patagioenas-squamosa phapitreron-amethystina phaps-chalcoptera phaps-elegans phaps-histrionica ptilinopus-aurantiifrons ptilinopus-cinctus ptilinopus-coralensis ptilinopus-coronulatus ptilinopus-greyii
ptilinopus-iozonus ptilinopus-jambu ptilinopus-leclancheri ptilinopus-magnificus ptilinopus-marchei ptilinopus-melanospilus ptilinopus-merrilli ptilinopus-occipitalis ptilinopus-ornatus ptilinopus-perlatus
ptilinopus-perousii ptilinopus-porphyreus ptilinopus-pulchellus ptilinopus-regina ptilinopus-rivoli ptilinopus-roseicapilla ptilinopus-solomonensis ptilinopus-superbus ptilinopus-victor reinwardtoena-reinwardtii
spilopelia-chinensis starnoenas-cyanocephala streptopelia-decipiens streptopelia-orientalis streptopelia-semitorquata streptopelia-senegalensis treron-bicinctus treron-calvus treron-curvirostra treron-formosae
treron-phoenicopterus treron-pompadora treron-sieboldii treron-vernans treron-waalia trugon-terrestris turacoena-manadensis turtur-abyssinicus turtur-afer turtur-chalcospilos
zenaida-auriculata zenaida-galapagoensis zenaida-graysoni zenaida-macroura

 




Columba livia (pigeon biset)




PIGEON SAUVAGE DES VILLES

Le biset (Columbia livia) ou pigeon des roches est l'ancêtre du pigeon domestique mais aussi du pigeon des villes




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Se faire pigeonner


Se faire duper.

L’expression "se faire pigeonner" existe depuis le XVI e siècle (comme le cite Lorédan Larchey ci-dessous), elle est utilisée depuis le début pour désigner une personne naîve que l’on trompe et que l’on dépouille aisément.

"Pigeonner": Le mot est vieux; la chose est toujours nouvelle.- "Un de ceux qui se laissent si facilement pigeonner" - "Dialogues de Tahureau", 1585

Lorédan Larchey, "Les excentricités du langage", 1862


Cette métaphore trouve son origine dans l’étymologie de huppe. La huppe est un volatile qui se caractérise par une crête de plume fournie très convoitée des personnes fortunées et "huppées". Retirer la huppe de cet oiseau, le dé-huper soit le dé-plumer, donna le mot duper soit plumer. Or, l’expression "se faire plumer", qui désignait une personne qui s’était fait volée, existait déjà . Les significations des expressions "se faire duper" et "se faire plumer" se retrouvèrent très vite identiques.

Cependant le pigeon était bien plus courant, populaire et moins gracieux que la huppe qui était un oiseau rare et "stylé". C’est sans doute pour cela qu’il désigna trés vite un sot, un imbécile facile à escroquer comme le définissent les dictionnaires du XIXe siècle.
La huppe fasciée était chassée pour son plumage vendu aux gens huppés. La "déhupper" (lui enlever l'aigrette), contracté en "duper", a désigné par amalgame au XIIIe siècle le fait de tromper une personne, la "plumer", en raison de l'aspect stupide de cet oiseau. Le pigeon plumé étant plus fréquent que la huppe fasciée, il finit par désigner au XVe siècle par métaphore, une personne dupée puis un sot, d'où l'expression "Se faire prendre ou passer pour un pigeon, se faire pigeonner"

"Pigeon": Un niais, un sot, un homme simple et crédule que les fripons attirent dans un piège pour le duper; l’escroquer.

"Plumer le pigeon": Filouter, duper, tromper un homme simple et naturel.

V.d’Hautel, "Dictionnaire du Bas Langage, 1808
"Pigeon": Homme qui se laisse volontiers duper par les hommes au jeu et par les femmes en amour.

"Plumer un pigeon": Voler ou ruiner un homme assez candide pour croire en l’honnêteté des hommes et celle des femmes. On dit aussi "Pigeonneau", le mot est vieux - comme le vice.

Sarrazin ("Testament d’une fille d’amour mourante", 1768) dit, à propos des amants de son héroîne, Rose Belvue:

De mes pigeonneaux
Conduisant l’inexpérience,
Je sus, dans le feu des désirs,
Gagner par mes supercheries
Montres, bijoux et pierreries,
Monuments de leur repentirs.


Delvau, "Dictionnaire de la langue verte", 1867


Pour l’anecdote, il paraîtrait qu’une pratique courante de l’époque aida à développer la locution "se faire pigeonner". En effet, les pigeonniers représentaient l’importance d’un seigneur, ils étaient symboles et sources de richesse: le nombre de nids (les boulins) dans un pigeonnier indiquait la capacité du bâtiment et la richesse foncière du propriétaire: la règle exigeait que la quantité de pigeons possédés soit liée à la surface des terres exploitées. Or, certains seigneurs peu scrupuleux ou enclin à accéder à une plus grande notoriété rajoutaient de faux boulins dans leur pigeonnier afin de mieux marier leurs enfants … Le prétendant ou le père de la future qui se laissaient prendre, se faisaient alors "pigeonner" et se retrouvaient "être les dindons de la farce".



L'ESPECE SAUVAGE


CARACTERISTIQUES


Le biset (Columbia livia) ou pigeon des roches est l'ancêtre du pigeon domestique mais aussi du pigeon des villes. Aujourd'hui, il est très rare de voir un pigeon biset de souche pure (Et c'est même impossible d'après un des plus grands spécialistes français de cette espèce. En effet les quelques pigeons isolés, de souche pure, auraient eux-aussi été croisés avec les pigeons biset de villes. L'existence d'une race pure étant une fiction).

Le pigeon biset typique (Columbia livia) appartient à la famille des colombidés. Il a un corps rond, des ailes étroites et pointues, une queue plutôt courte large et légèrement arrondie. La tête est petite, arrondie et porte un bec court, mince et noir avec une tâche blanche à la base. L'œil est orangé. Les pattes sont rougeâtres. Le plumage de l'adulte est gris-bleu avec le dessus des ailes plus clair et marqué de deux barres transversales noires. Le dessous des ailes et le croupion sont blancs. Le cou est ardoise avec des nuances pourpres et bleu-vert.

La femelle, difficilement reconnaissable du mâle, est d'une couleur légèrement plus terne. Les jeunes de l'année sont plutôt bruns et sans reflet métallique.

Le pigeon des villes a un plumage souvent bien différent de celui qu'on vient de décrire. Il peut être grisâtre, roux mais aussi lie de vin ou avec des tâches blanches plus ou moins étendues, voire entièrement blanc. Ce sont des oiseaux de 30 à 35 cm, d'une envergure atteignant 60-70 cm et pesant entre 230 et 370 grammes.

Leur état quelquefois déplorable en ville fait qu'ils ont alors une couleur sale, noirâtre, ils peuvent être cachectiques, mutilés...


HABITAT


Le pigeon est un oiseau diurne, grégaire et plutôt sédentaire. En effet, il passe la plupart de son temps dans un rayon de 600 m autour du lieu qui lui sert de refuge, où il se repose et niche. En dehors des périodes de reproduction, il vole ou se repose sur le sol, se perche sur les balcons, corniches, clochers. Il peut nicher dans les bâtiments qui recèlent de nombreux trous et cachettes, sur les bords des fenêtres, sous les toits, dans les décorations des corniches, les constructions métalliques du métro et des gares.


ALIMENTATION


C'est un oiseau qui se nourrit au sol. A la campagne, il mange des graines mais aussi des escargots, des lombrics et des plantes herbacées. Il a besoin de 30 à 50 g environ par jour. En ville, il se nourrissait autrefois de ce qui tombait des musettes des chevaux. Il boit longuement à heures déterminées, en plongeant le bec assez profondément dans l'eau et en aspirant le liquide à longs traits. Il a besoin de 40 à 60 ml d'eau par jour (chiffres qu'il faut multiplier par deux pour les gros pigeons de chair). Aujourd'hui, il mange les déchets des marchés, ce qui tombe des terrasses des restaurants, ce qu'il y a autour des poubelles, ce que leur distribuent certaines personnes, les plantations des villes... Il peut passer des heures à chercher quelques miettes. Bref, il s'est adapté et mange tout et n'importe quoi. Cependant il faut voir les conséquences de cette nourriture de mauvaise qualité sur ces pigeons urbains : leur état général est souvent déplorable et leur état sanitaire n'est guère mieux (pigeons sales, maigres, maladifs).


REPRODUCTION


Les pigeons vivent en couple durable avec un grand attachement à leur lieu de nidification et à leur partenaire.


PARADE NUPTIALE


Au printemps, le mâle commence à tourner autour de la femelle avec le cou gonflé et la queue en éventail. Il s'incline devant elle à maintes reprises en roucoulant. On peut estimer qu'un tiers environ de la population se reproduit.


CONSTRUCTION DU NID


Le nid, assez grossier, est construit à l'état sauvage dans les falaises et rochers qui comportent de nombreux trous.

En ville, le nid sera construit sous les toits, sur les rebords des fenêtres, dans les anfractuosités des bâtiments. C'est en général le mâle qui transporte les matériaux (paille, brindilles, branchettes, herbes et même fils de fer) et la femelle qui le construit. Il sera constitué de ces substances mêlées à des fientes et des plumes.


LA PONTE


Il y a 3 à 6 pontes par an, d'Avril à Octobre. La femelle pond en général deux œufs qui sont allongés, à la coquille polie, blanche et luisante.

Les deux œufs sont couvés en alternance par les deux parents pendant 17 à 18 jours. Le mâle couve de 10 heures à 16 heures et la femelle le reste du temps.


LES PIGEONNEAUX


On estime qu'environ 69 % des œufs donnent naissance à des pigeonneaux. Ils ont un duvet jaune-brun clairsemé à la naissance et font environ 15 g. Ils sont nourris au lait de jabot, substance jaunâtre riche en protéine (16%) et en matière minérale (2%), sécrétée sous l'influence de la prolactine par les deux parents, pendant plus de 3 semaines puis par des aliments plus consistants. Les petits commencent à voler à 4 semaines puis ils deviennent très rapidement indépendants.

La nourriture est un facteur limitant, c'est pour cela que beaucoup de pigeonneaux n'arrivent pas à l'état adulte. Les parents font ensuite une deuxième couvée et souvent une troisième voire beaucoup plus. La maturité sexuelle est atteinte vers 5-7 mois (à Bale, dans un des pigeonniers expérimental, une pigeonne a pondu des œufs vers l'âge de 4 mois). Il pourrait vivre de 20 à 30 ans mais en ville l'espérance de vie du pigeon est plutôt de 3 à 7 ans


FERTILITÉ


En moyenne dans un échantillon significatif de pigeons biset sauvages on considère que :
seuls 1/3 des pigeons nidifient donc peuvent se reproduire
70 % des œufs éclos sont viables
le taux de mortalité des jeunes, variable, est élevé, le chiffre de 50 % est possible dans certaines agglomérations où l'on pourchasse les personnes qui les nourrissent.

En théorie un couple de pigeons peut avoir comme descendance en un an de 0 (stérilité) à 20 rejetons, compte tenu de l'accouplement des enfants et sans mortalité juvénile : soit 20 jours pour couver et 28 jours pour la descente du nid des jeunes : 48 jours plus 3 jours d'intervalle soit un cycle d'environ 51 jours. 365/51 = 7 donc 14 (2 X 7) pigeonneaux.
Étant donné qu'un pigeon a une maturité sexuelle qui commence à l'age de 6 mois :
le premier couple de jeunes nés dans l'échantillon représentatif de pigeons sauvages vers le 20 janvier (le cycle commence le premier janvier) deviendra fertile vers le 20 juillet, posons la date du premier août. Ce jeune couple pourra donner naissance à 4 voire même 6 jeunes jusqu'au 31 décembre.
Un deuxième couple de jeunes nés dans l'échantillon représentatif de pigeons sauvages vers le 20 mars deviendra fertile vers le 20 septembre, posons la date du premier octobre. Ce jeune couple pourra donner naissance à 2 jeunes.

Soit un couple en théorie chaque année peut donner naissance à 14 + 4 (6) + 2 = 20 (22) descendants.


SON HISTOIRE EN FRANCE


L'ancêtre du pigeon s'est développé en même temps que nos ancêtres à l'époque du Myocène, il y a 25 millions d'années.

Darwin étudia les pigeons domestiques et, grâce à des croisements, donna la preuve que le pigeon des roches est le seul ancêtre du pigeon domestique dont la forme redevenue sauvage est notre pigeon urbain.

Les premiers pigeons des roches se développèrent vraisemblablement en Asie du sud, dans la région de l'Inde d'aujourd'hui. Puis ils colonisèrent l'Europe de l'ouest et l'Afrique du Nord. On a retrouvé des fossiles de ce pigeon sauvage en Jordanie et en Palestine qui montraient qu'il y en avait il y a 310 000 ans.

Attirés par les cultures de céréales, ils se mirent petit à petit à chercher leur nourriture auprès de l'homme. Les pigeons étant des animaux faciles à élever de par leur nature grégaire et leur forte capacité d'adaptation, l'homme ne tarda pas à les rassembler dans des pigeonniers pour son usage personnel.

Colombes et colombiers sont présents très tôt dans l'histoire de l'homme. A l'époque assyrienne l'on représente sur des bas reliefs des colombes voletant dans les cours de la déesse Ishtar. En Égypte l'élevage des pigeons est une activité florissante depuis l'antiquité, jusqu'à nos jours. En Crète dans le trésor du Cercle Royal de Mycènes (XVI BC) l'on a trouvé une représentation sur feuille d'or d'un colombier sacré. Dans le palais de Knossos, à l'époque Minoenne, l'on a trouvé un autel miniature de la déesse crétoise assimilée à Aphrodite, portant des colonnes avec colombes. En Grèce c'est vers le VI ième siècle av. JC que le pigeon commence à être élevé à des fins religieuses : c'est l'oiseau de Venus. Dans la Genèse, c'est Noé qui par trois fois lâche une colombe, qui revint deux fois, puis ne revint plus. Le Lévitique prescrit au pêcheur dépourvu de moyens de remplacer les offrandes rituelles de veaux et d'agneaux, par deux tourterelles ou deux pigeonneaux. De même, l'évangile selon St Luc rapporte que quand Jésus fut présenté au Temple de Jérusalem pour la purification "ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes" (Luc 2, 6-24). Le Cantique des Cantiques compare sans cesse la bien-aimée à la colombe. C'est sous la forme d'une colombe que l'Esprit-Saint descendit sur le Christ le jour de son baptême. A l'époque romaine Pline l'Ancien et Varron donnent des instructions précises sur l'élevage des pigeons et l'art de construire des colombiers. Columelle confirmera et répétera ces propos, qui seront respectés jusqu'au XIX ième, siècle époque des dernières constructions de colombiers utilitaires. Pline raconte comment l'élevage des pigeons était devenu une véritable passion à Rome et comment fleurissaient les tours pour les abriter sur le toit des maisons. En Turquie l'on retrouve aussi des pigeonniers troglodytes dans la célèbre région de Cappadoce, remontant probablement à l'époque byzantine.

Le pigeon a toujours été considéré comme un animal sacré, souvent messager de paix. Dans la Grèce Antique, la colombe était symbole de douceur et de constance. Les Hébreux les offraient souvent en sacrifice dans le temple de Jérusalem. L'instinct et la volonté qui poussent nos pigeons à revenir vers leur point de départ sont connus et utilisés depuis les premiers temps de la civilisation. Les Égyptiens, les Perses, les Chinois et les Grecs, utilisaient les pigeons voyageurs comme messagers lors de leurs campagnes de guerre, ou pour la politique et le commerce. Des serviteurs colombophiles étaient spécialement affectés à leurs soins et à leur transport. Après sa victoire aux jeux olympiques, un athlète de l'île d'Égine, lâcha un pigeon porteur d'un ruban pourpre qui repartit vers son île annoncer sa victoire. Les Romains comprirent dès le début de leurs conquêtes les avantages qu'ils pourraient en tirer. Ils bâtirent d'énormes pigeonniers pouvant contenir 4 à 5.000 pigeons. Ils se servaient des pigeons messagers en toutes occasions. Des pigeons teints de différentes couleurs étaient relâchés après les courses de chars pour avertir les propriétaires de leur victoire ou de leur défaite.

Le siège de Modène par Antoine, en l'an 43 avant J.-C., vit cet usage appliqué pour la première fois à l'art militaire. Le consul Hirtius envoya à Decius Brutus, commandant de la ville, une lettre attachée au cou d'un pigeon par un fil de soie. A son tour Decius Brutus dépêcha au camp des consuls un pigeon porteur d'une missive attachée à l'une de ses pattes. On pense que Pline l'Ancien a fait allusion à cette manière toute nouvelle de correspondre avec les siens en temps de guerre, lorsqu'il décrit dans son Histoire Naturelle : "A quoi servent les remparts et les sentinelles et le blocus, quand on peut faire parvenir des nouvelles à travers l'espace."

Charlemagne rend l'élevage du pigeon "privilège nobiliaire". Pratiquement tous les châteaux, fermes seigneuriales, abbayes possédaient une tour à pigeons. Celle-ci pouvait contenir jusqu'à 5.000 pigeons et attestait de la richesse et de la puissance de son propriétaire. Les seigneurs les employaient comme messagers commerciaux, politiques et porteurs de renseignements en temps de guerre. Ils ont servi pendant les Croisades Religieuses. Lorsque les chrétiens arrivèrent en Orient pour conquérir Jérusalem, il existait un service de poste par pigeon. Dans le poème du Tasse La Jérusalem est délivrée, l'auteur écrit : "Pendant que les chrétiens se préparent à l'assaut et les infidèles à la défense, on aperçoit un pigeon qui fend les plaines de l'air et dirige son vol vers les remparts de Saline. Les ailes étendues, il plane sur l'armée chrétienne. Déjà, cet étrange courrier du sein des nues s'abaisse vers la cité. Mais soudain, un faucon au bec tranchant, à la serre cruelle, fond sur l'oiseau timide. Il le poursuit, il le presse et déjà il est prêt à le déchirer. Le pigeon tremblant s'abat et va chercher un asile sur les genoux de Bouillon. Le héros le reçoit et le sauve. Mais au bout d'un fil attaché à son cou, pend un billet qui est caché sous son aile. Godefroy le prend, l'ouvre et lit ces mots : "Le général d'Égypte au Roi de Palestine - Salut - Ne laisse point, Seigneur, abattre ton courage. Résiste encore 4 à 5 jours. Je viens délivrer les murs. Tes yeux verront tomber tes ennemis." La poste par pigeon fut également mise à l'honneur par le Sultan Saladin, lors du siège de Ptolémaïs. C'est par ce même moyen que le débarquement de Saint-Louis en Égypte fut annoncé au Sultan du Caire et que furent appris les résultats de la bataille de Mansourah, si désastreuse pour les chrétiens. Le Sultan Noureddin (1146-1173) avait également apprécié tous les avantages que pouvait procurer la poste par pigeons afin d'être informé au plus tôt de ce qui se passait dans ses états. Par ses soins, le service des postes avait été complètement organisé. Des tours servant de colombiers avaient été élevées de distance en distance sur toute l'étendue de l'empire. Chaque colombier avait son directeur et ses veilleurs qui attendaient à tour de rôle l'arrivée des pigeons. On y trouvait aussi des domestiques et des mules pour les échanges réciproques de pigeons. Cette institution des colombiers présentait un si grand intérêt pour la sûreté et la tranquillité publique, que les dépenses engagées étaient considérables. Dans un manuscrit arabe conservé à la Bibliothèque Nationale et dont une traduction se trouve insérée dans le premier volume du voyage en Syrie de Volney, on trouve exposée une partie de la distribution de ces colombiers. Par leur moyen, les villes plus importantes étaient mises en relation les unes avec les autres. Les lettres destinées à être transmises étaient attachées sous l'aile du pigeon et souvent, en duplicata, confiées à des pigeons différents. Arrivées à destination, elles étaient remises par le veilleur au sultan lui-même, qui seul, avait le droit de les détacher. Les pigeons étaient appelés les anges du roi et les plus rapides étaient hors de prix. Les corsaires de Dunkerque et de Saint-Malo utilisaient des pigeons avec une technique toute particulière. Elle consistait à envoyer une barque de reconnaissance au large avec quelques pigeons. Dès qu'une proie était repérée, on lâchait les pigeons. Ceux-ci indiquaient, en tournant pour s'orienter, la position du bâtiment convoité.

En France, l'introduction du pigeonnier est sûrement due aux légions romaines. Dans les provinces méridionales où l'influence du droit romain n'avait pas disparu, la possession d'un colombier subissait moins d'entraves. Dans le reste du pays, son usage va se répandre après l'abolition des privilèges seigneuriaux. Selon les coutumes féodales, il fallait être seigneur d'un fief et exploitant d'un domaine pour avoir droit de colombier, le fermier devant, lui, subir les dégâts occasionnés par les pigeons. Les pigeonniers "sur pied" ou indépendants des autres constructions étant l'apanage des grands fiefs. Il semble que l'apparition des édifices dotés d'un toit remonte au XIV ième siècle. La répartition des pigeonniers suit la répartition de la culture du blé, selon le "patron" de l'époque. Les différents styles et la diversité des formes en font un élément très particulier du décor des campagnes françaises.

Au XVII ième siècle on estimait le nombre des colombiers en France à 42 000. Le pigeon domestique sera utilisé jusqu'au début du XVIII° siècle massivement pour produire de la viande :

L'intérêt de l'élevage des pigeons, tient à leur forte et rapide capacité de reproduction ; toutes les cinq semaines de mars à septembre, un couple pond deux œufs, les couve, les engraisse et recommence. Ainsi un pigeonnier de cinq cents nids pouvait donner 160 pigeonneaux par semaine. C'est aussi une viande disponible toute l'année, les pigeons pouvant être facilement nourris avec du grain lorsque les conditions atmosphériques empêchent leur alimentation dans les champs. C'est une viande facilement conservable et transportable sous forme de pigeons vivants dans des cages en l'absence de système frigorifique. Les pigeons sont vendus vivants au marché, tués et consommés au fur et à mesure des besoins. Donc du plus grand intérêt à l'époque des grands voyages de la navigation à voile.

Les déjections des pigeons appelées "colombine", riches en azote et en acide phosphorique, servaient à la fumure de cultures exigeantes comme le chanvre et le tabac. Cet engrais, le meilleur jusqu'au XIX ième siècle, devait être battu au fléau pour le rendre plus pulvérulent, et étendu par temps de pluie pour le diluer et éviter de brûler les cultures. Avant l'apparition des engrais chimiques, l'importance de la "colombine" était telle dans certaines régions, que sa valeur était stipulée dans les baux de métayages ou pouvait figurer dans les contrats de mariage comme partie de la dot. Un pigeon en produit de deux à trois kilos par an. Autre utilisation de la fiente de pigeon : la production de salpêtre pour faire de la poudre à fusil.

Avant le début du XIX ième siècle les quantités de bétail restaient très limitées pour différentes raisons, ce qui limitait d'autant les possibilités de consommation de viande et celle de la fumure à base de déjection du gros bétail. Quand le bétail ne pouvait être nourri avec du fourrage en hiver, il fallait l'abattre et saler la viande.

L'introduction de la rave et du rutabaga au XVIII ième siècles, vont changer les conditions d'élevage du gros bétail et diminuer d'autant l'intérêt de celui des pigeons. Le déclin de la culture du chanvre et le développement du maraîchage ont aussi participé à l'abandon progressif des pigeonniers, ainsi que l'apparition des engrais chimiques vers la fin du XVIII ième siècle.

Quand le droit de colombier fut supprimé par la Révolution, le 4 août 1789, l'élevage des pigeons connut en France une très grande vogue. Ceci fut sans doute dû au profit que les particuliers pouvaient en tirer, mais certainement aussi à la satisfaction de pouvoir jouir d'un nouveau droit jusqu'alors réservé aux seigneurs. Des colombiers s'élevèrent un peu partout : c'étaient des constructions de bois posées sur un poteau central. Mais des restrictions survinrent, qui causèrent la disparition de nombreux pigeonniers : pour limiter les dégâts causés aux cultures, les éleveurs furent contraints de maintenir leurs oiseaux enfermés au moment de semailles.

Pendant les deux Guerres Mondiales, les Allemands ordonnèrent la destruction de tous les pigeons (beaucoup prirent le risque d'en cacher quelques couples). Après la Seconde Guerre Mondiale, le prix des grains et leur raréfaction entrava également l'élevage, bien décimé par la tourmente, en beaucoup de régions de France.


En résumé :

Les pigeons des villes ont dû se rapprocher de l'homme dès le début de la création des grandes cités. Au XVIII° siècle quand l'élevage pour la production de viande fut abandonné beaucoup d'oiseaux furent probablement relâchés ainsi qu'au XIX ième siècle quand la mode des pigeonniers disparut.

Les pigeons peuplant nos cités vivent donc à l'état libre depuis fort longtemps. Leur population est issue de croisements multiples entre les races "sauvages" et les races "semi-domestiques" (de chair ou pigeon voyageur) retournées à l'état libre. Les pigeons domestiques échappés ont donc continuellement alimenté le patrimoine génétique des populations vivant près des habitations.

Ce qu'il faut retenir, c'est que l'ancien pigeon domestique n'a jamais été vraiment captif, les pigeonniers étant ouverts, contrairement aux pigeons de chair actuels élevés en captivité dont les races sont bien fixées. Cet animal échappe à notre classification habituelle en domestique/sauvage.

On abandonna donc l'hébergement des pigeons en colombier par deux grandes vagues : au XVIII et au XIX ième siècle. Depuis au moins 150 ans les pigeons de ville sont redevenus complètement indépendants.

Aujourd'hui il existe environ 14 races de pigeons des roches sauvages qui varient par la coloration de leur plumage ou leur forme.



L'ESPECE DOMESTIQUE


Les pigeons se définissent d'abord par leur utilisation ou leur finalité. On différencie principalement 3 catégories de pigeons chez les éleveurs :

- Les pigeons voyageurs
- Les pigeons de fantaisie
- Les pigeons de chair


Les pigeons voyageurs






origine


Le pigeon voyageur est à l'origine migrateur. On trouvait en Europe et en Asie des bandes de pigeons migrateurs. On peut distinguer les Bisets primitifs (Columba Liva) et le pigeon spécifiquement migrateur (Columba Volans) nommé "pigeon volant" par les naturalistes. Peut-être existait-il des souches spécifiquement chinoises, par exemple, comme pour d'autre animaux. Toujours est-il que ces pigeons étaient petits et en perpétuel mouvement. Il est donc probable que certaines des caractéristiques de ces divers pigeons se retrouvent chez nos pigeons voyageurs. Les colombophiles de l'époque ont dû commencer à les apprivoiser dans les villes ou les fermes comme de nos jours, puis les sédentariser.
Puis sont intervenues la sélection pour la chair (pour la nourriture) et la sélection pour les concours ou la beauté du caractère. On a constaté le développement et la culture de souches diverses, comme pour les chiens. Si bien que de nos jours, il existe une centaine de souches cultivées de pigeons de rapport et de beauté, qui vont du pigeon-paon au pigeon voyageur. Chez nos pigeons voyageurs, on retrouve parfois des traits des pigeons de beauté : ils font des pirouettes en volant, comme les "culbutants", on trouve parfois des plumes frisées, comme chez les "cravatés", la forte taille des morilles indiquant peut-être sa parenté avec le "carrier", pigeon de Perse...


Parmi les vieilles souches sélectionnées essentiellement pour le voyage, on peut citer :

le Messager de Beyrouth (il porte un fanon, le poitrail est large et ses caroncules sont très développées),

le Carrier de Perse (gros pigeon, fortes morilles),

le Messager Anversois (Bleu d'Anvers, du même type que nos voyageurs, avec un gros bec et des caroncules bien développées),

le Messager Liégeois (écaillé bleu, plus fin, avec un bec court et des morilles plus petites).

Toutes ces souches sont maintenant mélangées et les caractéristiques du pigeon voyageur sont devenues la qualité de son plumage, sa force, sa résistance et sa rapidité

La faculté d'orientation du pigeon voyageur pose toujours de nombreuses questions au spécialiste. Le pigeon voyageur se repère-t-il sur le Soleil ? Par le géomagnétisme ?




Les pigeons de fantaisie




le nombre de races de pigeons est assez considérable. Les éleveurs disent "races", mais il s'agit plutôt des variétés d'un ancêtre commun : le biset sauvage, qui pond et peut s'élever en captivité.





TYPES DE PIGEONS DE FANTAISIE


Pigeons de forme
Pigeons de couleur
Pigeons boulants
Pigeons caronculés
Pigeons de type "poule"
Pigeons tambours
Pigeons de structure
Pigeons cravatés
Pigeons de vol
Colombes blanches





Pigeons de forme

le Carneau
le Cauchois
le Gier
le Mulhousien
le Romain
 
l'Alouette Cobourg
le Beyrouth
le Damascene
le Lahore
le Lynx de Pologne
 
le Bassorah
le Show Racer
le Strasser
le Swift du Caire

Et beaucoup d'autres



Pigeons de couleur

l'Alouette de Nüremberg
le Bouvreuil
la Calotte Blanche de
l'Allemagne du Sud

Et beaucoup d'autres



Pigeons boulants

le Boulant Brünner
le Boulant d'Alsace
le Boulant de Norwich
le Boulant de Poméranie
 
le Boulant de Saxe Pie
le Boulant de Voorbourg
le Boulant Gantois
le Boulant Lillois

Et beaucoup d'autres



Pigeons caronculés

le Bagadais Français
le Carrier
le Dragon

Et beaucoup d'autres



Pigeons de type "poule"

le King
le Gazzi
le Poule Hongrois
le Poule Maltais



Pigeons tambours

le Tambour de Franconie
le Tambour de Harzbourg
le Tambour de Allemand
à coquille et visière



Pigeons de structure

le Capucin Hollandais
le Frisé Hongrois
le Paon Ordinaire
le Pigeon-Paon
du Kazakhstan



Pigeons cravatés

le Cravaté Français



Pigeons de vol

le Culbutant Hollandais
le Rouleur Américain
(American Roller)
le Haut-Volant Belge
le Haut-Volant
de Vienne
le Coquillé Hollandais

Et beaucoup d'autres



Colombes blanches

De nombreux membres de la famille des Columbidés plus petits que les pigeons, sont appelés colombes, cette liste est variable selon les usages : Colombe - désigne soit une Tourterelle domestique blanche, soit un pigeon blanc albinos.
Pour les lâchers de "colombes" on utilise des pigeons biset domestiques blancs.

Colombe : pigeon biset domestique blanc




Les pigeons de chair





Des chiffres

La taille d’un élevage moyen est de 2 000 couples, soit une production de 25 000 pigeonneaux à l’année.
Un couple peut en effet produire 13 pigeonneaux en moyenne par an, et la durée de fécondité est de 4 ans, ce qui fait une cinquantaine de pigeonneaux par couple sur une vie.
La France est le 2ème producteur mondial de pigeonneaux (avec 700 000 couples), derrière la chine (2 millions) et devant les Etats-Unis (200 000).
La production chinoise sert juste à couvrir les besoins nationaux.
La production américaine vise à satisfaire la demande de la population asiatique résidant là-bas.
En France, 20 à 25 % du chiffre d’affaires du marché est représenté par l’export en Europe et en Asie et 80 % du chiffre d’affaires est représenté par les ventes à la restauration (en France et à l’export).
La France n’importe pas de pigeonneau.



Les races

le Lynx de Pologne
le Carneau
Europigeon Titan
le Hubbel
le King
le Mirthys Blanc
le Mirthys Coloré
le Texan







Columba palumbus
(pigeon ramier)




Le pigeon ramier (Columba palumbus L.) est le plus grand (entre 460 à 570 grammes, envergure de 75 à 80 centimètre et une longueur de 40 à 42 centimètre) et le plus commun des pigeons européens. Il est répandu aussi bien en forêt que dans les espaces urbains et ruraux. La colonisation des grandes villes est plus récente que celle faite par le pigeon biset. Dans les grandes villes, et à Paris notamment, ces oiseaux nichent fréquemment dans les jardinières des balcons ou des terrasses où ils pondent deux œufs. Ils reviennent au nid initial de génération en génération sur des dizaines d'années.

Les populations ouest-européennes du pigeon ramier sont erratiques et sédentaires, tandis que les populations du nord et de l'est sont migratrices. La population britannique ne quitte son île qu' exceptionnellement à l'occasion, rarissime, d'un enneigement prolongé.

Les populations migratrices au long cours franchissent les Pyrénées pour hiverner dans la péninsule Ibérique, où elles s'alimentent de glands dans la « Dehesa ». Ce sont ces populations longues migratrices qui supportent l'essentiel de la pression de chasse lors de leur migration à l'automne et, depuis quelques années, dans leur stationnement hivernal. Elles sont en forte diminution, tandis que les populations erratico-sédentaires semblent se maintenir ou progresser.

Habitat


On le retrouve donc sous les latitudes moyennes de toute l'Europe occidentale qui sont d'un climat tempéré. On retrouve quelques nichées, mais de manière marginale, dans les steppes et les zones méditerranéennes.

À l'origine, son habitat était essentiellement forestier, mais ce milieu sera d'autant mieux colonisé s'il est bordé d'espaces dégagés mis en culture ou si la forêt est parsemée de clairières cultivées. Mais cette espèce s'adapte très facilement à des changements climatiques et à des modifications de son environnement.

Les bois de frênes, de chênes et d'aulnes et les jeunes plantations de conifères sont volontiers utilisés pour nicher.

Alimentation


Le régime du pigeon ramier est essentiellement constitué de matière végétale (feuilles vertes, baies, bourgeons, fleurs, racines et graines) mais des invertébrés sont consommés occasionnellement.

Comportement


Le pigeon ramier est un oiseau très grégaire notamment sur les lieux d'alimentation et les dortoirs mais cela en dehors de la période de reproduction. Des observations font état de rassemblements de plus de 100 000 individus, peut-être plus. Les dortoirs sur les sites d'hivernage rassemblent bien souvent plusieurs milliers d'oiseaux.

Pendant la reproduction qui se situe de Mars à Juillet, le ramier mène en effet une vie essentiellement familiale, partagée entre le couple et la progéniture, vie que l'on pourra donc opposer au reste de l'année ou il vit en société.

Les pigeons ramiers sont monogames. Les couples se forment généralement pour une saison de reproduction, mais ils peuvent durer plus longtemps, parfois même jusqu'à la disparition d'un des deux partenaires. La maturité sexuelle est atteinte dès la seconde année de vie. Les nids sont installés hauts dans les arbres, à la division de plusieurs branches.

Le pigeon ramier aime, en dehors de sa période de reproduction, à se retrouver en larges bandes et à se réunir sur des dortoirs communs pour passer la nuit.
Ces dortoirs sont choisis en fonction de paramètres comme la hauteur des arbres, la densité du feuillage qui doit laisser la vue du sol, la fréquentation de la zone par l'homme et les prédateurs. Ces dortoirs peuvent être parfois éloignés des zones d'alimentation. Un cas a été signalé où les ramiers parcouraient 65 km aller et retour deux fois par jour (un pour la sieste et l'autre pour la nuit).

L'hiver, la population urbaine aime dormir dans les parcs et les jardins des villes où les individus se sentent bien protégés.


Chasse


Le tableau de chasse de pigeons ramiers réalisé au cours de la saison 1998-1999 est estimé à 5 168 980 oiseaux.
En 2007 : Selon les estimations du plan de chasse national concernant le petit gibier, le faisan (12 millions de pièces), le pigeon ramier (8 millions), les grives (4,5 millions).









Columba œnas
(pigeon colombin)




Le pigeon colombin (Columba oenas) est un oiseau paneuropéen (jusqu'en Asie occidentale) essentiellement présent en Europe (et surtout au Royaume-Uni qui en abrite 1/3 des populations européennes), qui est en forte régression dans certains pays, semble-t-il parce que son habitat l'est aussi, ainsi que certaines de ses sources de nourriture dans les zones d'agriculture intensive.
Il apprécie les creux des vieux arbres, pour nicher. Le recul du bocage, l'exploitation intensive des forêts lui sont défavorables. Il est par ailleurs chassable en France.
Il est surtout présent dans les forêts anciennes lorsqu'on y a laissé les arbres morts et creux ou des arbres sénescents dont le tronc ou certaines grosses branches sont cariés. Il peut parfois aussi nicher dans les carrières, sur les falaises, dans les rochers, voire dans un terrier de lapin.
Une expérience consistant à poser des nichoirs, dans certaines forêts françaises, pourrait freiner sa régression.

Habitat


Milieux forestiers riches en vieux arbres et espaces ouverts à végétation basse.
Milieux de substitution : vieux parcs, bocage, vieilles haies vives, vieux vergers, allées boisées et parfois en ville (Paris, Dijon ou Lyon abritent des colombins nicheurs), toujours en dessous de 1500 m d'altitude.

Nourriture


Feuilles, plantules, graines collectées au sol.

Reproduction


C'est un cavernicole forestier nichant théoriquement dans les trous des vieux arbres.
Il s'est montré localement capable de coloniser des sites rupestres, des carrières, voire parfois des terriers de lapins

Migration


Sa migration prénuptiale est plus diffuse et plus discrète que celle du pigeon ramier avec lequel il est souvent confondu. En France, pays critique en raison d'un effondrement des populations, il est partiellement sédentaire. Pour les migrateurs, la migration commence aux environs du 15 février (50% des oiseaux ont été observés le 5 mars et 99% le 4 avril). La période proposée par le rapport « Ornis » (2001) est la 3e décade de février, date retenue par l’Observatoire national de la faune sauvage et de ses habitats comme début de la migration prénuptiale.

État des populations


Ce pigeon, vue de dos ou de loin est facilement confondu avec le pigeon ramier, à la chasse notamment, et dans les statistiques cynégétiques.

Non menacé en Europe, il est en forte régression en France depuis 30 ans au moins, où il est "à surveiller", semble-t-il parce que son habitat l'est aussi, et en raison de la chasse ; plus de 50 000 pigeons colombins seraient tués par les chasseurs annuellement en France, rien que dans le sud-ouest (pour un effectif nicheur estimé à 1000 à 10 000 couples pour toute la France, par Yeatman en 1976). Il est en fort déclin dans ce pays (- 57 % en 1976) bien que considéré comme non menacé au niveau européen (où il est néanmoins classé en annexe 2 de la Directive oiseaux et en annexe III de la Convention de Berne) et alors que le nombre d'hivernants serait de 100 000 à 200 000 colombins en France.
Les nicheurs semblent avoir disparus du Sud-Ouest du pays. Et moins de 10 % de l'effectif nicheur européen y est représenté, alors que plus de 10 % des hivernants y sont présents.
Une expérience consistant à poser des nichoirs, dans certaines forêts a pour objet d'y freiner sa régression, mais il ne bénéficie pas en France de mesure de protection ni de moratoire pour la chasse.
Ses effectifs sont pourtant encore importants et en augmentation au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, et ils sont importants et stables en Russie, Allemagne, Espagne, Bélarus et Roumanie. Les effectifs se sont légèrement reconstitués en Belgique, au Danemark et en Irlande. En Espagne les populations migratrice sont en déclin bien plus net que les populations sédentaires.

Menaces


Outre le recul des vieux arbres creux et de ses habitats forestiers, outre les pesticides parfois évoqués, la chasse est une menace importante pour cette espèce qui se laisse plus facilement leurrer et tuer que le pigeon ramier. Dans le sud-ouest de la France (région comptant 110 000 chasseurs et environ 15 000 palombières selon l'ONC), la migration d'automne (de 1981 à 1993) comptait 1,8 % de colombins par rapport aux ramiers mais les colombins constituaient 3% à 20 % des oiseaux abattus. 50 000 à 100 000 colombins sont tués annuellement à la chasse (selon l'ONC, 1986).













ectopiste voyageur
(Ectopistes migratorius)




Il est mort, le pigeon migrateur américain
Par Jean Etienne, Futura-Sciences


L’énumération des disparitions d’espèces ne devrait pas nous faire oublier que ces drames écologiques ne sont pas un phénomène récent. Aujourd'hui comme hier, l’Homme en est souvent la cause… Un des meilleurs exemples en est la disparition du Pigeon migrateur américain.

Exclusif au continent nord-américain, cet oiseau était aussi appelé ectopiste voyageur (Ectopistes migratorius), ou encore tourte voyageuse. C’est d’ailleurs en son honneur que la tourte, que nous connaissons tous, a été ainsi nommée puisqu’il s’agissait, à l’origine, d’un pâté en croûte canadien préparé avec la chair de ces pigeons (remplacé aujourd’hui par du gibier, ou à défaut du porc haché).

Légèrement plus petit que le pigeon migrateur européen, l'ectopiste voyageur était aussi plus coloré. Son corps, aérodynamiquement parfait, arborait un plumage remarquable et irisé fait d’azur, d’or, de pourpre et de vert. Le mâle avait la tête d’un beau bleu cendré, la poitrine noisette teintée de rouge, le cou diapré de vert, d’or et d’écarlate, les ailes bleues parsemées de taches noires et de bistre, le ventre d’un blanc immaculé. Une queue très longue et cunéiforme, traversée d’une bande d’un noir brillant, accentuait encore l’élégance de l’oiseau.

L’aire de répartition de l’ectopiste voyageur s’étendait de l’Atlantique, à l’est, aux Montagnes Rocheuses, à l’ouest, et du Golfe du Mexique, au sud, à la Baie d’Hudson, au nord, soit plus des deux tiers des Etats-Unis, avec une préférence pour les parties boisées et sauvages. Parfaitement adaptés au vol de très longue durée, ces oiseaux se déplaçaient en groupes et effectuaient en moyenne deux migrations par année.

En fait, celles-ci n’étaient pas dictées par le changement de saison, mais par l’épuisement de la nourriture dans leur environnement. Car de toutes les espèces d’animaux supérieurs, le pigeon migrateur américain était probablement celle dont le nombre d’individus composant une colonie était, et de loin comme nous allons le voir, le plus élevé.


Des migrations imposantes

Avant l’arrivée des Européens sur le territoire du Nouveau Monde, l’équilibre naturel garantissait la stabilité de l’espèce et la population humaine indigène ne représentait pas une menace pour l’ectopiste voyageur. Celui-ci se nourrissait essentiellement de glands, de faînes, de graines de houx et de genévrier, ne dédaignant pas insectes et petits invertébrés.

En 1810, l’ornithologue d’origine écossaise Alexander Wilson effectue un périple dans le sud des Etats-Unis, étudiant diverses espèces américaines dans le cadre de la rédaction d’une encyclopédie qu’il éditera en quatre volumes quelques années plus tard. Il est un des premiers à décrire dans le détail le passage d’une migration de ces oiseaux, il est vrai exceptionnelle.

Selon ses dires, les oiseaux avançaient sur un front d’environ deux kilomètres de large, et lorsque le banc passa au-dessus de sa position, le ciel en était complètement obscurci au point que le Soleil était invisible comme lorsqu’il est occulté par un nuage d’orage. Les scientifiques de l’expédition n’ont eu d’autre recours que d’attendre la fin du passage, en s’abritant de la chute des fientes qui grêlaient le sol sans discontinuer. Ils attendirent plus de quatre heures…

Après s’être basé sur la vitesse des pigeons, la largeur de la formation et la durée de la "traversée", Wilson a pu établir que le nuage d’oiseaux mesurait environ 380 kilomètres de long et comportait deux milliards d’individus.

Cette description confirmait celle produite par le naturaliste Pehr Kalm qui écrivait en 1759 : « Sur une distance pouvant aller jusqu’à 7 miles, les grands arbres aussi bien que les petits en étaient tellement envahis qu’il était difficile de trouver une branche qui n’en était pas couverte. Quand ils s’abattaient sur les arbres, leur poids était si élevé que non seulement des grosses branches étaient brisées net, mais que les arbres les moins solidement enracinés basculaient sous la charge. Le sol sous les arbres où ils avaient passé la nuit était totalement couvert de leurs fientes, amassées en gros tas ». Tandis qu’en 1810, un autre naturaliste, Jean-Jacques (devenu John-James aux Etats-Unis) Audubon, décrivait un passage similaire à celui observé par Alexander Wilson mais qui, lui, durait plusieurs jours…


Une disparition programmée

Comment pourrait-on s’imaginer qu’une espèce aussi répandue allait disparaître, rayée à jamais de la surface du globe ? C’est pourtant ce qui se produisit.

Une chose est certaine, cet oiseau était nuisible à l’agriculture. Ses passages, et pire, son installation sur un territoire étaient dévastateurs. En 1871, une concentration estimée à 136 millions d’individus a provoqué d’énormes dommages en nichant sur une zone de 2200 km² dans le Wisconsin.

Aussi, la mise à mort de l’Ectopiste voyageur fut-elle décrétée… Des parties de chasse dotées de nombreux pris furent organisées afin d’en éliminer le plus grand nombre possible, le règlement stipulant souvent que le candidat ne pouvait prétendre à une récompense s’il n’abattait pas un nombre minimum de 30.000 oiseaux.

Un seul coup de fusil tiré dans un passage de pigeons, ou dans un arbre servant de nichoir, faisait plusieurs dizaines de victimes. Mais ce n’était pas assez. Des « canons à mitraille » ont été mis au point et abondamment utilisés lors de compétitions entre équipes ou de joutes, au cours desquelles les arbres étaient aussi entourés de soufre et mis à feu. Surtout la nuit, moment où les pigeons s’y réfugiaient pour dormir. Selon les nombreux témoins de l’époque, les cris des animaux, des pigeons mais aussi des chiens rendus littéralement fous par cette manne tombée du ciel, était assourdissant. Et lorsque les hommes recouverts de fiente et épuisés rentraient chez eux, c’était pour faire place aux coyotes, couguars, renards et ours noirs.

Le coup fatal fut porté par la construction des premiers chemins de fer transcontinentaux. Les exploitants comprirent vite le bénéfice qu’ils pourraient tirer de l’exploitation de cette ressource s’ils pouvaient envoyer le produit de leur chasse par voie ferrée vers les villes de l’est. Les armes avaient entre-temps évolué, mais c’est par l’utilisation d’énormes filets que les pigeons ont été capturés et massacrés, tandis que leurs dépouilles étaient embarquées par trains entiers.


Un sauvetage raté

Dès 1879, quelques exploitants – de zoos cette fois – ont pu capturer quelques animaux pour les mettre à l’abri, et tenter une réintroduction dès que le carnage serait terminé. Car l’incroyable était en train de se produire : autrefois présents par milliards, le pigeon migrateur américain se raréfiait.

Malheureusement, il fallut déchanter. En captivité, ces oiseaux amateurs de vastes espaces dépérissaient, ne se nourrissaient presque plus et refusaient généralement de s’accoupler. Leur portée – un seul œuf par couvaison, deux fois par an – rendait hasardeuse toute tentative de repeuplement. Cela fut aussi observé dans la nature : en faible concentration, l'ectopiste voyageur se révèle incapable de localiser sa nourriture. Sans doute les millions d’yeux d’une colonie étaient-ils indispensables pour repérer une zone propice…

Le 1er septembre 1914, à 1 heure du matin, un pigeon migrateur femelle nommé Martha mourut au zoo de Cincinnati. C’était le dernier. Par un tragique signe du destin, quelques mois plus tard mourait au même zoo de Cincinnati le dernier spécimen de la Perruche de Caroline (Conuropsis carolinensis), la seule espèce endémique de perroquet des Etats-Unis.


Couple de pigeons migrateurs américains naturalisés du Vanderbilt Museum de New York. Source Commons


Spécimen femelle naturalisé du Musée des Sciences naturelles de Boston. Source Commons







Streptopelia tutur
(tourterelle des bois)




texte de du site Oiseau Libre

Nom scientifique : Streptopelia turtur
Famille : columbidés
Taille : 27 cm
Poids : 100 à 200 grammes
Âge maximum : 13 ans

Aspect
La tourterelle est bois est le plus petit pigeon européen, mais c'est certainement le plus beau. Elle est le seul pigeon migrateur d'été, qui remonte vers le nord fin avril à début mai, pour se reproduire. Comme beaucoup d'oiseaux migrateurs, cette espèce connaît actuellement un déclin rapide et spectaculaire ces dernières années à cause de l'effet combiné des méthodes agricoles "modernes", de la sécheresse dans ses régions d'hibernation africaines et et de la chasse., qui s'opère lorsqu'elle migre.
Mince pigeon à longue queue au plumage délicatement coloré, la tourterelle des bois se distingue de son parent plus imposant, la tourterelle turque, par sa taille plus réduite et son aspect plus foncé. Les plumes dessinent un motif « écaillé » sur les ailes, avec le milieu des plumes orange et l'extrémité des ailes noire. La tête, le cou et le dessous sont rose foncé avec des rayures marquées blanches et noires au cou. Les pattes sont courtes et donnent une pose horizontale lorsqu'elle est à terre. En vol, sa petite taille et le dessous d'aile foncé la distinguent de la tourterelle turque.

Comportement
La tourterelle des bois est visiteuse d'été, de fin avril ou début mai à août-septembre.

Habitat
Se trouve principalement dans les zones rurales, mais est de plus en plus absent de ses territoires habituels.

Reproduction
Période de nidification : mai à août.
Nombre de couvaisons : deux couvées par saison, parfois trois.
Nombre d'œufs : 1 ou 2 œufs blancs.
Incubation : 13 à 14 jours.

Nid : construit un nid de branches discret dans un arbre ou un fourré, avec une nette préférence pour le sapin, l'aubépine ou le sureau.

Type de nichoir : n'utilise pas les nichoirs.
Envol : 3 semaines.

Emancipation :
Plumage juvénile : 2 à 3 mois.
Première nidification : un an.

Migration
La tourterelle des bois visite l'Europe en été. Elle repart vers le sud en automne et passe l'hiver sur le continent africain

Voix
Son chant est un roucoulement répétitif, profond et rythmé.

Nourriture naturelle
La tourterelle des bois se nourrit de graines, de fruits de plantes sauvages et cultivées. Pendant la période de reproduction, elle se nourrit presque exclusivement des semences d'herbes sauvages, dont la rareté croissante est partiellement responsable du déclin récent de l'espèce.
Mangeoires : Ne vient pas sur les mangeoires.









Streptopelia decaocto
(tourterelle turque)




La Tourterelle turque, Streptopelia decaocto, est un oiseau de la famille des Columbidae. Elle appartient au groupe des tourterelles ayant un collier qui comprend plusieurs espèces. Il ne faut pas la confondre en particulier avec la Tourterelle à collier (Streptopelia semitorquata - qui peuple l'Afrique au sud du Sahara et le sud-ouest de l'Arabie) ou la Tourterelle domestique (Streptopelia risoria) qui ont un aspect très proche avec un collier noir comparable.

Comportement

Les tourterelles turques ont toujours été associées aux établissements humains, mais leur expansion depuis l'Asie Mineure vers l'Europe, au début du siècle, reste inexpliquée. À partir des Balkans, elle a envahi le reste du continent il y a une soixantaine d'années. Elle est arrivée en Suisse en 1948, en France en 1950, en Belgique en 1952 et au Luxembourg en 1956. Elle vit toute l'année dans les villages et les villes, où elle trouve sa nourriture et un climat moins rude qu'en rase campagne.

La tourterelle turque trouve sa nourriture dans le voisinage de l'homme. Elle partage les graines destinées aux poules et effectue de véritables raids dans les champs de blé et les cours de fermes. En hiver, les tourterelles turques errent en petites troupes dans les parcs et les espaces verts et fréquentent les aires de nourrissage destinées aux petits passereaux. Elles s'y montrent très pacifiques, se nourrissant serrées les unes contre les autres. Très tôt au printemps, elles exécutent leur spectaculaire vol nuptial : après un vol ascendant très abrupt, la tourterelle redescend en planant, avec les ailes recourbées vers le bas et en poussant des roucoulements sonores caractéristiques. Elle se perche volontiers sur les poteaux télégraphiques, les antennes TV et les toits, d'où elle pousse son cri répétitif.

La tourterelle turque a un cycle de reproduction assez exceptionnel. Bien qu'elle se reproduise principalement entre février et octobre, elle est capable de pondre tous les mois de l'année. Elle débutera parfois une nouvelle couvée alors qu'elle est encore occupée à nourrir ses petits ; on peut compter 6 couvées en une seule saison. Alors que plupart des autres oiseaux des parcs et des jardins alimentent leurs petits avec des insectes saisonniers, la tourterelle nourrit ses petits avec le « lait de pigeon », production du jabot riche en protéines et en graisse, ce qui lui permet de nourrir des oisillons presque en toutes saisons.

Habitat

Vit à proximité des exploitations agricoles, des parcs et des jardins des villes et des villages, mais reste beaucoup moins fréquente dans les zones urbaines.

Aire de répartition

Actuellement, elle s'est propagée à l'ensemble de la France, de la Suisse et de la Belgique, excepté dans les régions de haute montagne.

Reproduction

Période de nidification : février à novembre.
Nombre de couvaisons : deux ou trois, parfois quatre ou cinq, voir six pontes.
Nombre d'œufs : 2 œufs blancs.
Incubation : 14 à 18 jours (couple, femelle la nuit).


Nid : le plus souvent dans un arbre, quelquefois sur un bâtiment. Le mâle collecte les matériaux du nid et la femelle construit une plate-forme composée de branches, d'herbe et de racines.

Envol : 17 jours.
Emancipation : 1 semaine après.
Plumage juvénile : 2 à 3 mois.
Première nidification : 1 an.


Migration

Généralement sédentaire.

Voix

Elle roucoule (coucou-cou) pendant les parades nuptiales et pour défendre le territoire, de façon monotone et souvent répétitive. L'oiseau omet parfois la troisième syllabe. Le cri d'excitation est une sorte de rire plaintif, comme durant le vol nuptial du mâle, qui est semblable à celui du pigeon ramier.

Nourriture naturelle

La tourterelle turque se nourrit principalement de graines, puise souvent dans les surplus de ferme. Dans les parcs et les jardins, elle se nourrit également de baies, de bourgeons et de jeunes feuilles et, plus rarement, des chenilles ou des mollusques.

Mangeoires : La tourterelle est granivore : on lui fournira en quantité des céréales concassées, des flocons d'avoine et des graines diverses, des pois, des miettes et des déchets de cuisine.











Tourterelle domestique
(Streptopelia risoria)




La Tourterelle rieuse, Streptopelia roseogrisea est une espèce d'oiseau appartenent à la famille des Colombidés. Elle est le principal ancêtre de la Tourterelle domestique qui forme à présent une espèce distincte: Streptopelia risoria.

Domestiquée depuis l'antiquité cette tourterelle est un peu plus petite que la Tourterelle turque au plumage plus clair d'un beige sable, elle aussi ornée d'un collier noir sur la nuque.

La Tourterelle domestique (Streptopelia risoria) est une tourterelle issue de la sélection en captivité de la Tourterelle rieuse, Streptopelia roseogrisea , peut être croisée avec certains individus de l'espèce Tourterelle turque. Elevée en volière comme animal de compagnie ou de laboratoire, elle est considérée comme domestique mais on retrouve dans la nature des colonies éparses, échappées d'élevages et retournées à la vie sauvage. La variété blanche est souvent appelée colombe, ou colombe domestique, par confusion avec la colombe vraie qui est en réalité un pigeon albinos.

Elle est facile à élever, sa longévité atteint 12 ans et elle est appréciée pour sa nature douce.

L'espèce trouve son origine dans les savanes et des Forêts sèches d'Afrique mais les individus d'élevage proviennent de l'archipel des Pescadores, situé au large de la côte ouest de Taïwan. Elles sont tout d'abord élevées en captivité dans les Caraïbes.
Echappés des élevages des Caraïbes, certains individus ont formé des populations éparses aux États-Unis, en Californie et en Floride, d'autres dans l'Illinois.
Les éleveurs amateurs de tourterelles ont créé une grande variété de coloris (orange, ivoire, isabelle, mauve, violine, grise, phaéo et même panachée) ; leur nombre a augmenté considérablement dans la dernière moitié du vingtième siècle, peut-être avec des croisements avec les espèces sauvages.

La tourterelle domestique est classée comme une espèce distincte du genre Streptopelia : Streptopelia risoria, mais cette classification fait débat même si, en 1758, Linné a reconnu que ces oiseaux pouvaient prétendre au statut d'espèce à part entière.
Quelques sources affirment que c'est une forme domestique de la Tourterelle turque, Streptopelia decaocto, mais la majorité des indices en font une forme domestiquée de la Tourterelle rieuse, Streptopelia roseogrisea. Son statut d'espèce propre est donc douteux. Toutefois en raison de l'utilisation large des noms communs et systématiques, il est préférable de la considérer séparément de l'espèce dont elle descend, d'autant plus que ces tourterelles d'élevage sont la plupart du temps des hybrides de ces deux espèces.

Description de l'espèce

Plus grosse que la tourterelle sauvage d'Afrique (Streptopelia roseogrisea ), mais avec une queue plus courte, la tourterelle domestique a conservé le demi collier noir de sa parente sauvage mais son plumage a pris des couleurs variées au gré des sélections faites par les éleveurs.
La couleur de base est un gris-beige rosé, dit « gris tourterelle », dégradé de blanc sous le ventre, la gorge et en dessous de la queue. Elle a un demi anneau noir autour du cou. Les plumes des ailes sont gris clair, s'éclaircissant vers le bord des ailes. Les plumes sous la queue sont noires marquées de blanc. Les yeux sont rouge rubis. Le bec noir violacé et une bordure argentée. Les pattes sont pourpres.
Les jeunes individus sont plus pâles que les adultes comme chez Streptopelia roseogrisea. La variété blanche est souvent confondue avec la colombe vraie, qui est plutôt à l'origine un pigeon biset albinos. Le caractère « blanc » étant inscrit dans les gênes de la plupart des tourterelles, des poussins blancs peuvent donc naître de parents au plumage commun.

Caractéristiques :
Longueur : 25 à 33cm
Poids: 120 à 212g

Habitat

Streptopelia risoria est une espèce que l'on ne trouve, théoriquement, qu'en captivité. Il existe toutefois dans la nature des colonies éparses, issues d'individus échappés d'élevages qui se sont adaptés à la vie sauvage.

Reproduction

Ponte : 2 oeufs
Incubation : 15 jours
Longévité : 14 ans

Le couple de tourterelles fait un nid avec des brindilles grossièrement entassées. Le mâle et la femelle se relaient ensuite pour couver une ponte en général de deux oeufs. En captivité les femelles s'entraident quand les mâles font défaut et une femelle peut même accepter d'adopter des poussins et de les nourrir ensuite comme les vrais parents, en régurgitant un liquide prédigéré.

On utilise cette prédisposition pour faire élever aux tourterelles domestiques des petits de tourterelles d'espèces différentes, comme par exemple de Tourterelles tristes (Zenaida macroura).

Comportement

Les tourterelles des deux sexes communiquent par différents sons associés en particulier aux parades amoureuses. Aux sons s'ajoutent divers mouvements d'ailes et des courbettes.

Même après des générations de vie en captivité une tourterelle se figera sur place si une ombre dans le ciel lui fait craindre la présence d'un oiseau de proie.

Les tourterelles apprécient les bains dans une eau peu profonde, elles s'aspergent à l'aide du bec et des ailes, puis restent ensuite parfois, une aile étalée, quelques instants le corps en équilibre.

Chant

La tourterelle domestique a une gamme de différents cris d'appel. Le chant de la femelle est généralement plus doux avec plus de trilles et roucoulades. Le cri d'avertissement bien connu fait « Cou Crrrrrou » ou « Cou courrrrou-oua », il est aussi utilisé en roucoulement sur le nid. D'autres cris, que l'on pourrait comparer à un « rire », sont réservés aux salutations ou aux moments d'excitation.

Le roucoulement de la tourterelle est créé par les muscles qui font vibrer l'air envoyé vers le haut des poumons. Ces muscles appartiennent à la classe connue la plus rapide des muscles d'animaux vertébrés, contractant pas moins de dix fois plus rapidement que l'utilisation des muscles pour courir. Cette classe des muscles est habituellement trouvée chez des animaux comme le serpent à sonnettes, sur sa queue. La tourterelle est le premier genre d'oiseau chez qui cette classe de muscle est avéré (Elemans, et autres, 2004).

Conditions d'élevage

La tourterelle est un animal de volière. L'espace minimum requis est d'un mètre cube par individu pour pouvoir exercer leurs ailes.

Alimentation

La tourterelle domestique consomme une variété de graines: millet rouge et blanc, brisures de maïs, blé, chanvre, etc. Elle se nourrit en picorant le sol autant qu'en becquetant les plantes basses, sans prendre la peine de décortiquer les graines.


Tourterelle rieuse Streptopelia roseogrisea


Tourterelle domestique (Streptopelia risoria)


Tourterelle domestique
variété blanche







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