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LE POINT EN CE DEBUT 2OO6











Je réunis ici, en copie, quelques documents disponibles sur le Web traitant de la faible sensibilité des pigeons à la peste aviaire, quelques exemples de la propagande imbécile des médias sur le danger que représentent les pigeons des villes. J'y tiens aussi une rubrique "actualité". N'ayant pas un temps illimité à consacrer à ce site je prie le lecteur non anglophone de m'excuser pour les textes traduits en français à l'aide d'un logiciel.



sommaire





















La Ville de Paris a donné consigne aux personnels d'entretien de ne plus ramasser les oiseaux morts

Eboueurs et balayeurs de la capitale doivent signaler la présence d'oiseaux morts aux services vétérinaires, a indiqué l'adjoint au maire chargé de l'Environnement, Yves Contassot.

Alors que les toits et les rues de Paris abritent 80.000 pigeons, "les équipes de nettoyage ont été soumises à des campagnes de sensibilisation", selon Yves Contassot.

...........
On voit sur le site une photo de pigeons et à la télé des pigeons s'envolant étaient montrés.
On a plus de chance/risque de gagner le gros lot du loto ou qu'une météorite nous tombe sur la tête que d'attraper la grippe aviaire par un pigeon de ville.

Les journalistes de France Télévision haïssent les pigeons des villes et incitent la population à les détester ou à en avoir peur


sur LCI le 22/02/2006 journal de 13 h 30


Le présentateur nous rapporte qu'on aurait trouvé un pigeon mort en Roumanie porteur du fameux H5N1. Et il rajoute : "avec tous les pigeons qui vivent dans nos villes on a de quoi être inquiet.
Les médias n'aiment pas les pigeons! Aucun mot sur la grande résistance de nos amis les pigeons à la peste aviaire. Il faut faire peur et inciter à massacrer.




Les premières données expérimentales sur les pigeons révèlent que le volatile peut abriter un virus H5N1 mais qu'il y est très peu réceptif. Charles Pilet, directeur honoraire de l'Ecole nationale vétérinaire, s'inquiète davantage des « risques de transmission par le pigeon de l'ornithose [chez l'homme, pneumonie] et de la salmonellose que de ceux de la grippe aviaire ».
Les recherches scientifiques ayant démontré la très faible sensibilité du pigeon à la grippe aviaire, par dépit, on invente une soi-disant contagieusité à la salmonellose. C'est une fiction et un mensonge, aucun scientifique ou personne sur le terrain n'ayant observé d'humains atteints de salmonellose à cause des pigeons. Quant à l'ornithose il faudrait plutôt incriminer les oiseaux exotiques d'ornement.


sur France 2 le journal de 20 heures du 26 février 2006


La présentatrice a qualifié les pigeons "d'oiseaux poubelles". Un reportage tendancieux contre les pigeons et les oiseaux en général.
C'est réellement faire preuve d'une méconnaissance totale dans la biologie de cet oiseau, qui plus est, est très peu sensible au virus de la grippe aviaire, d'après les dernières données scientifiques.


sur France 2 pendant l'émission "on a tout essayé" du 02/03/2006 à 19h20


Une vétérinaire est invitée dans l'émission et donne son avis sur la grippe aviaire actuelle. On lui pose la question sur les pigeons, posent-ils problème en ville?

Sa réponse est qu'on ne risque rien et que pour être contaminé il faudrait laissé entrer des pigeons chez soi et/ou prendre de la fiente séchée et réduite en poudre puis la répandre dans notre appartement de façon massive à l'aide d'un pulvérisateur.
Ici en encore on insinue que les pigeons des villes peuvent dans certaines circonstances (ici abracadabrantes) transmettre la maladie alors que cela n'est pas prouvé du tout.
D'autre part il n'est pas risqué de laisser entrer des pigeons chez soi.

Ho que non, ils n'aiment pas les oiseaux, ni les animaux à France 2.


sur France3.fr - Le pigeon Dangereux ou pas ?


Si les oiseaux rares ou espèces à risque sont déjà sous contrôle vétérinaire, qu'en est-il des pigeons ? Ce n'est un secret pour personne. Paris est une ville où vivent entre 60.000 à 80.000 pigeons et il est légitime de se poser la question : peuvent-ils être contaminé ou pas ? Dans une interview faite au Parisien, directeur du service vétérinaire de la Préfecture, Jean-Roch Gaillet, a déclaré " le pigeon est une espèce peu sensible au virus de la grippe aviaire". En temps normal, 80 pigeons meurent quotidiennement. Depuis l'établissement des mesures de précautions, une procédure spéciale est mise en place. En cas de décès, les services vétérinaires de la Préfecture de Paris ramassent les cadavres de pigeons, les emballent dans deux sacs plastiques, les apportent en Touraine où se trouve le laboratoire compétent le plus proche. Ces derniers sont alors immédiatement analysés.

Peu sensible mais tout en gardant du recul avec cette information, on a apprit mercredi 22 qu'un pigeon avait été retrouvé mort, porteur du virus du H5N1 dans une région isolée du département de Constanta au sud-est de la Roumanie. "Ce pigeon a été retrouvé mort dans un champ, à quelque kilomètres de Topraisar (sud-est), où un foyer de grippe aviaire a été découvert le 14 février" selon le ministère roumain de l'agriculture. Alors le pigeon roumain n'est surement pas le même que le parisien, mais il faut garder des distances avec l'animal.

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a émis une liste de précautions à prendre. En un mot : Ne pas toucher aux pigeons, même si les risques restent infimes. Il ne faut également pas toucher aux fientes à mains nues. En effet le virus est principalement contenu dans les intestins des oiseaux. Pour les personnes habituées à nourir les pigeons, il vaut mieux qu'elles stoppent cette activité. Selon François Mouton, expert de l'Afssa, dans un interview faite au Parisien : "Le fait de nourir n'est pas grave en soi mais c'est le fait de se retrouver autours de ces oiseaux qui représente un risque potentiel en ce moment".
Encore, une propagande insidieuse contre les pigeons des villes mots clefs à noter :
peu sensible (donc sensibles quand même), qu'un pigeon avait été retrouvé mort, porteur du virus du H5N1, garder des distances, ne pas toucher aux pigeons, pas toucher aux fientes, autours de ces oiseaux qui représente un risque

Bref le risque est infime mais attention aux aliens revenus sur terre pour exterminer les humains.

Au fait chaque jour on déclare des canards, cygnes contaminés, oiseaux résidants en agglomération pourtant on en parle pas dans ces termes .....
ça y est nous avons trouvé un pigeon positif à tataouine-les-oies ! On va pouvoir enfin les massacrer ! Je vous l'avais bien dit !

Ceux qui connaissent les oiseaux rigolent en entendant des idioties pareilles......
Le niveau intellectuel des rédactions de france télévision est ....... négatif, ils ne savent pas lire ni écrire ....
ils recopient ce que leur envoie ...... LE BUREAU DU RECOUPEMENT (je plaisante)







La psychose s'installe peu à peu


La psychose s'installe peu à peu et l'on apprend que les Espagnols commencent à relâcher dans la nature leurs canaris, perruches, bengalis... de peur d'être contaminés par le virus de la grippe aviaire.
Hier, m'étant rendu sur le site de Versailleux (Ain), afin d'y réaliser un reportage photo, après qu'un élevage de 11 000 dindes ait été frappé par la grippe aviaire, j'ai surpris des conversations de ruraux s'inquiétant du retour d'Afrique des hirondelles, dans quelques semaines. Certains ont déjà pris la décision de boucher les accès aux bâtiments agricoles et de détruire les nids existants.
En effet, on soupçonne que la contamination de l'élevage de dindes dombistes s'est faite par de la paille, changée récemment, et qui était préalablement stockée sous un hangar avec toit, mais ouvert à tous les vents. Les moineaux avaient évidemment librement accès à cet abri. Voilà donc que la piste de la contamination par une espèce d'oiseau terrestre commence insidieusement à faire son chemin. Du moineau à l'hirondelle rentrant du Nigéria, il n'y a qu'un pas qu'on s'apprête à franchir et qui va induire des comportements de rejet de l'avifaune dont on ne mesure pas encore les effets.
Le tout sur fond de désinformation des médias : le journal de 20 h de la 2, avant hier soir, avait confié à son infographiste la réalisation d'une jolie carte montrant la progression géographique de H5N1 depuis 1997 et surtout 2003. On y voyait un canard animé, volant de Chine en Roumanie et un autre qui reliait l'Asie au Nigéria, avec comme commentaire "la grippe aviaire a gagné l'Afrique sur le dos des oiseaux migrateurs". Les faits sont présentés comme certains, et il n'est fait aucune allusion à l'introduction plus que probable du virus par le flux massif et illégal de poussins entre la Chine et ce pays qui constitue pourtant son second débouché de volailles à l'exportation.

Il est clair que la filière avicole sait mieux communiquer que les ornithologues avec les médias. Et qu'elle réussit à discréditer les oiseaux sauvages pour mieux se poser en victime et imposer l'idée que le "poulailler mondial" serait parfaitement maîtrisée sur le plan sanitaire sans ces satanés oiseaux migrateurs.
Ceci étant, il ne faut pas non plus faire preuve d'angélisme : a ce stade de propagation de H5N1, les oiseaux sauvages ont dorénavant une part active dans l'extension de l'épizootie. Alors oui, les hirondelles ont du souci à se faire... Quand on sait que les chouettes ont été clouées sur les portes des granges jusqu'à la décennie 70, on ne peut que s'inquiéter des traces que la grippe aviaire laissera dans l'esprit des gens, et en particulier dans notre inconscient collectif, siège de toutes les angoisses de l'humanité.
Texte d'Yves THONNERIEUX d'une liste de discussion ornithologique.




Yahoo actualité

PARIS (AFP) - Les experts vétérinaires de cinquante pays européens ont déploré mardi la modestie des connaissances disponibles sur le vecteur de la grippe aviaire, plus de deux ans après le déclenchement d'une crise sanitaire qu'ils voient s'installer dans la durée.

"Quelles espèces transmettent le virus ? Quel rôle jouent les oiseaux migrateurs ? Quelle est l'importance des contamination inter-espèces ?", s'est interrogé Joseph Domenech, le directeur des services vétérinaires de l'agence des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Réunis à Paris pour une "réunion d'urgence" de deux jours, alors que chaque nouvelle journée apporte son lot de pays contaminés, les pays membres de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont recommandé d'accélérer les recherches sur le rôle des oiseaux sauvages dans la transmission du virus.

"Chaque source virale présente une éligibilité pour des races particulières", a relevé le Dr Bernard Vallat, directeur général de l'OIE.
Le virus H5N1, à l'origine de la crise actuelle, est particulièrement virulent envers les poules et les cailles, dans une moindre mesure envers les canards d'élevage. Mais dans la nature, il s'attaque, sans discrimination, à toutes sortes d'espèces : une trentaine au total, selon un décompte de la FAO. On a ainsi retrouvé ce virus chez les hérons, les mouettes rieuses, les cigognes, les flamants, les aigrettes, les cormorans, les chouettes, les autours, les faucons pélerins, les poules d'eau, les oies... Les cygnes semblent la meilleure sentinelle de la maladie: c'est l'espèce touchée dans le plus grand nombre de pays (une douzaine).

Les délégués se sont aussi interrogés sur le rôle possible des pigeons, dont des exemplaires ont été infectés en Russie et en Thaïlande. "Les pigeons peuvent être infectés et transmettre le virus, mais dans les faits, avec un recul de deux ans, je ne les vois pas infecter les volailles de ferme", a souligné le délégué russe, Evguény Nepoklonov. Si la recommandation finale de la réunion préconise de s'intéresser de près aux pigeons, l'OIE n'est pas allée jusqu'à établir une règle pour les manifestations colombophiles, comme le réclamait l'un des délégués. "Toutes les villes du monde ont des pigeons", a relevé le Dr Vallat. "Si nous ne sommes pas très prudents dans notre communication, nous allons instaurer une panique mondiale", a-t-il mis en garde devant les délégués.

La résolution finale de la réunion de Paris demande, au nom de la transparence, que les pays qui déclarent des cas de grippe aviaire dans leur avifaune sauvage ne soient pas punis par l'imposition de sanctions commerciales sur leurs exportations de volailles. Les délégués préconisent également la mise en place d'un réseau de détection rapide doté de laboratoires performants. "Ce n'est pas encore le cas dans la partie Est de l'Europe", a concédé le Dr Vallat, en proposant la création d'un établissement de référence à Vladimir (Russie). Pour l'OIE, l'actuelle épidémie ne peut être jugulée que par une mise à niveau des systèmes vétérinaires des pays touchés. "En Asie, on commence à voir les effets des mesures structurelles prises à partir de 2004", a-t-il affirmé. En Afrique, il faudra attendre au moins trois ans pour juguler la maladie et pendant ce temps là l'Europe restera sous la menace de la maladie, même si elle arrive à éradiquer les foyers récemment apparus.
Je suis surpris par cette déclaration du Dr Vallat. En effet les quelques pigeons retrouvés morts et positifs à l'H5N1 dans quelques pays ne prouvent certainement pas leur sensibilité au virus, les expériences scientifiques antérieures démontrant le contraire (voir plus haut).
Il faudrait en savoir plus car il est possible qu'ils soient morts d'une autre maladie ou qu'ils aient attrapé le virus aviaire en synergie avec un autre microbe pathogène (les pigeons malades développent très souvent plusieurs maladies en même temps : une principale plus une ou plusieurs opportunistes, c'est un classique en médecine vétérinaire).


GRIPPE AVIAIRE : L´ HORRIBLE MASSACRE


Sources : Les textes sont extraits du Journal de la Fondation Franz Weber (Suisse) N° 74 - octobre/novembre/décembre 2005


GRIPPE AVIAIRE : L´ HORRIBLE MASSACRE

Décidément, l´humanité ne s´améliore pas, et la prétendue barbarie de nos ancêtres n´était pas plus noire que la violence partout présente aujourd´hui, et sous ces aspects les plus cruels. Mais, non contents d´être violents, les hommes modernes sont paradoxalement devenus des poules mouillées. ( et c´est bien insultant pour les pauvres poules ! ). La moindre menace sur leur bien-être paraît aux gens de notre époque tout simplement inconcevable et, pour s´en préserver, la réaction ordinaire, immédiate, est de frapper à tort et à travers, de détruire, de tuer, encore et toujours.


LA PANIQUE AGGRAVE LA CATASTROPHE

On a pu constater lors de l´apparition de la maladie de la vache folle ( que notre stupidité et notre cupidité avaient déclenché par des pratiques alimentaires aberrantes, comme de nourrir des herbivores avec des granulés à base de viande d´équarrissage ! ). Les charniers de pauvres vaches et de moutons, abattus en masse - et en parfaite santé - furent complaisamment exhibés sur nos écrans de télé, et un seul homme politique, François Bayrou, d´origine paysanne il est vrai, eut la dignité et le courage de s´en avouer bouleversé. Pour tous les autres, rassurer n´importe comment leurs précieux électeurs était bien plus important que la souffrance de milliers d´êtres vivants et sensibles, sacrifiés sans utilité aucune sur auteur d´une peur adjecte.
Nous revoici confronté au même problème avec l´épouvantail de la grippe aviaire, brandi et agité à tous bouts de champs à travers tous les canaux de communication, au point de provoquer une panique aussi insensée que dangereuse.

Toute panique aggrave les effets de la catastrophe qui l´a déclenché. Celle-ci, lancée par les hommes de pouvoir et de l´information, soutenue ou discutée par des scientifiques, sous prétexte de précaution et de prévention, pourrait bien aboutir à un véritable désastre écologique. Mais de cela, l´information qui relaie les rumeurs les plus alarmistes, se moque bien : au contraire, les désastres, c´est du sensationnel, de la bonne copie ! ....
La crainte d´une pandémie pousse en effet les humains, et cela un peu partout, à faire ce qu´ils font communément sous l´empire de la peur : tuer, brutaliser et détruire, massacrer voire éradiquer d´autres espèces. C´est que, dûment médiatisée, la menace potentielle d´une épidémie grippale dangereuse terrorise les populations, et les arguments scientifiques les plus rassurants, les plans d´urgence éventuels mis en place, etc........ne rencontrent que méfiance et incrédulité parmi ceux qu´on a trop souvent abusés
Tchernobyl est encore présent dans les mémoires et désormais, tout discours rassurant, fut-ce d´experts, pouvant dissimuler des mensonges éhontés, personnes ne l´écoute. Quant aux innombrables contradictions entre les divers avis d´experts et une information avide de sensationnel, elles ne font qu´embrouiller les choses.


HARO SUR LES OISEAUX MIGRATEURS

D´une part, on affirme que le virus touche ( et non "pourrait toucher" ) tous les oiseaux, et qu´il n´y a pas de limite spécifique à la transmission, d´autre part, de tout aussi éminent ornithologues déclarent à juste titre qu´on n´en sait rien. Rien ne permet de dire que certaines espèces ne pourraient opposer une barrière au virus. Rien non plus ne permet d´affirmer que l´épidémie vient du ciel avec les migrations d´oiseaux sauvages plutôt que collée aux semelles des innombrables voyageurs humains, porteurs sains ou non, mais......porteurs.

On nous dit d´une part qu´en Turquie et en Roumanie il semble que la propagation se fasse par les oiseaux migrateurs, mais d´autre part, le même expert distingué signale qu´aucun oiseau sauvage n´a été retrouvé mort de la grippe aviaire dans ces mêmes pays........Bref, d´un jour à l´autre, on nous dit tout et son contraire.
Ce qui est sûr, en revanche, c´est que la faune ornithologique du monde entier, déjà tellement menacée par les nuisances humaines de toutes sortes, risque de faire les frais de la peur d´une nouvelle peste : en république Tchèque, Lucie Hoskova, de l´association ornithologique tchèque, signale que des nids d´oiseaux migrateurs sont détruits par des vandales, afin d´empêcher leur retour au printemps prochain, et que les nids des d´hirondelles, en particulier, sont des cibles fréquentes, parce que ces oiseaux construisent souvent leur nid auprès des fenêtres des habitations et des étables. Pour empêcher de nicher, on installe des filets et on bouche systématiquement toutes les ouvertures dans les étables pour les empêcher de nicher. De telles pratiques risquent d´aboutir à l´anéantissement de ces oiseaux, déjà menacés de disparition du fait de la pollution et des pesticides.

Les chasseurs français, toujours prêts à se poser en défenseurs de la nature, préparent leur habituel carnage de migrateurs sous le vertueux prétexte d´aider au dépistage de la maladie.


A QUAND LES PROTESTATIONS PUBLIQUES ?

Quant aux brutes innombrables, on a pu les voir sur nos écrans entassant canards et poules, vivants ou morts dans des poubelles comme de vulgaires déchets, avant de les incinérer. La manière dont les pauvres volatiles sont saisis, manipulés et écrasés les uns contre les autres a révolté beaucoup de braves gens, mais qui écoute les compatissants, au milieu des cris d´alarme ?

En Autriche, en Bavière, en Suisse, en France, les poules, canards et oies habituellement élevés en libertés, sont désormais confinés dans des lieux clos ou des cages. Des milliers, des millions bientôt, d´animaux innocents vont vivre un enfer sur la décision de théoriciens qui ne semblent pas soupçonner qu´un canard puisse être tout autre chose qu´un plat cuisiné : un être vivant, sensible, avec qui on peut nouer des liens d´amitié. Partout, gouvernement et médias parlent de mesures prises pour protéger l´homme d´une possible mutation du virus, mais " c´est bel et bien la mortalité chez les oiseaux que nous devons redouter en cas d´arrivée du virus, et non pas chez l´homme", dit Bernard Toma, professeur de maladies contagieuses à l´école vétérinaire de Maisons-Alfort.

Hélas ! ce qui préoccupe les humains, ce sont les humains, leur santé, leur confort, et même la catastrophe économique que représenterait l´abattage des oiseaux d´élevage. Du désastre écologique, de la souffrance animale, il n´est jamais question dans la grande majorité des rapports, discours et articles.... La recherche obsessionnelle du "risque zéro" pour l´homme et l´excuse de pires massacres, et cela sans états d´âme.

Dans un magazine français, que j´ai sous les yeux, une journaliste affirme comme un fait ce qu´aucun spécialiste n´oserait dire sans faire beaucoup de réserves : selon elle, on a des raisons d´être inquiets en Europe, car " les risques de propagation d´une forme humaine du virus n´ont jamais été aussi élevés" ..., alors que les experts disent et répètent qu´aucune forme d´un tel virus, transmissible entre humains, n´existe actuellement ( même si -- cela va de soi -- la vigilance est de rigueur ! ).
Qu´à cela ne tienne, la journaliste affirme gaillardement que le danger peut venir des migrateurs et que cette grippe asiatique a réussi à se propager jusqu´en Europe malgré toutes les mesures prises. Elle oublie comme par hasard de signaler qu´encore une fois, ce sont les oiseaux qui sont menacés et non les humains. Nous ne sommes pas revenus au temps de la grande Peste, et il ne s´agit pour l´instant que de sages mesures préventives. Mais.........les mesures prises sont-elles valables ?.

Pauvres oiseaux migrateurs, dont le grand voyage annuel est une aventure épuisante et souvent mortelle, les voici montrés du doigt comme responsables d´un terrible fléau aux yeux des foules manipulées......et des amateurs de tueries pour qui ce sera un bon prétexte.


UN VIRUS DOMESTIQUE

Or, comme le rappelle l´ornithologue français F.Archaux, le virus aviaire est bel et bien un virus domestique et c´est l´homme, par conséquent, qui est le grand responsable, par la manière dont il "produit" et traite les volailles, que ce soit dans des conditions concentrationnaires révoltantes ou dans les horribles élevages en batterie. Les vraies raisons de la diffusion du virus ne sont pas les merveilleux passages de grues ou d´oies sauvages au-dessus de nos campagnes; elles sont dans ces élevages de poulets et canards exploités dans d´épouvantables conditions en Corée, Chine, en Taiwan, etc...et, sans aucun doute, dans certains pays européens.

Jouent aussi un rôle dramatique : la contrebande et le trafic d´oiseaux exotiques comme ce millier d´oiseaux contaminés, saisis le 14 octobre dernier dans un conteneur acheminé clandestinement de Chine vers Taïwan.
Contrebande et trafic sont illégaux, mais fort peu contrôlés jusqu´ici, car il ne s´agissait " que" de faune sauvage. On peu se réjouir au moins de voir, pour une fois, ces contrôles mis en place ou renforcés aux frontières et dans les aéroports : enfin, ils vont être ce qu´ils auraient toujours dû être pour la sauvegarde de la nature...... parce qu´il s´agit de sauver notre peau !!

Quant aux transports mondiaux de poulets élevés en batterie, les protecteurs des animaux les montrent sans succès du doigt depuis longtemps. Va t-on enfin remédier à ce crime contre des êtres vivants, pour sauver la peau de l´homme ? Le vétérinaire Franz-Joseph Plank nous livre un commentaire précieux à propos des élevages concentrationnaires :
l´interdiction de laisser les poulets à l´air libre, prononcée à l´encontre de l´Autriche et de la Bavière, est démunie de tout sens et sert essentiellement à calmer les esprits - et à duper davantage encore la population manipulée. Ce ne sont pas les oiseaux évoluant en pleine nature et les espèces sauvages qui posent problème, mais bien les animaux enfermés dans la plus grande promiscuité et croisés jusqu´à obtention des résultats escomptés, pour obtenir une production accrue de viande et d´oeuf !

Lorsqu´on nous a menti sur les dangers que toute l´Europe encourrait du fait de la catastrophe de Tchernobyl, il ne faut surtout pas oublier qu´il s´agissait là, clairement d´une responsabilité humaine. Mais, pour la grippe aviaire, on peut en accuser la nature, les animaux et feindre d´ignorer la responsabilité de l´homme....alors, haro sur les oiseaux !!! et soudain, quel tapage médiatique ! Quel souci d´informer les citoyens ! les trompettes de l´Apocalypse résonnent et les hommes de pouvoir en profitent pour montrer leur sens des responsabilités et leur efficacité........
Au prix d´ignobles abattages et destructions en masse, de confinement des volailles, d´aires de nidification rasées...etc....etc...
Les mesures prises, qui risquent d´appauvrir encore le patrimoine naturel de l´humanité et de ruiner les paysans les plus pauvres, ne peuvent empêcher l´éclosion possible d´une pandémie. On s´attaque aux symptômes de la catastrophe annoncée, au lieu de s´en prendre directement à ses causes.


CE QU´IL FAUT FAIRE :

C´est interdire les élevages en batterie qui se sont révélés comme étant la cause de toutes les épidémies animales majeures de ces dernières années, telles que la fièvre aphteuse, le ESB, la peste porcine, ou la salmonellose.

C´est interdire les transports trans-frontaliers d´animaux et de viande issue des élevages de masse.

Il faut arrêter d´accorder d´exorbitantes subventions aux producteurs animaliers en masse et aux transports internationaux d´animaux.

Il va de soi également qu´un respect rigoureux des lois doit assurer la protection des espèces, et qu´un véritable contrôle extrêmement sévère du trafic illégal des animaux exotiques doit être mis en place, non pas seulement en théorie, comme jusqu´à présent, mais sur le terrain.

Si Ces mesures (*) étaient prises, la menace d´une nouvelle peste aurait au moins servi à quelque chose de positif et d´honorable.

Fin des textes extraits du Journal de la Fondation Franz Weber
Article … par Alika Lindbergh
N° 74 - octobre/novembre/décembre 2005


(*) Ces mesures iraient à l´ encontre de ...
· LEURS intérêts,
· LEURS trafics,
· LEURS profits,
· LEURS privilèges …
Je suis à l'unisson de ce texte.Il faut réagir et protester !


Qui est le dindon de la farce ?
Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire


GRAIN | Février 2006 quelques citations du long article -


Ce n'est pas la volaille de basse-cour ou la volaille élevée en plein air qui alimente la vague actuelle de cas de grippe aviaire sévissant dans plusieurs endroits du monde. La souche mortelle H5N1 de la grippe aviaire est essentiellement un problème de pratiques d'élevage de volaille industrielles. Son épicentre se trouve dans les fermes d'élevage industriel de Chine et d'Asie du sud-est et -- alors que les oiseaux sauvages peuvent transporter la maladie, au moins sur de courtes distances -- son vecteur principal est l'industrie avicole multinationale extrêmement automatisée qui envoie ses produits et les déchets de ses élevages autour du monde par une multitude de canaux. Les petits éleveurs de volaille et la diversité biologique ainsi que la sécurité alimentaire locale qu'ils soutiennent souffrent pourtant sévèrement des retombées de cette crise. Et, pour aggraver les choses, les gouvernements et les organismes internationaux, suivant les hypothèses éronnées sur la manière dont la maladie se répand et s'amplifie, continuent à prendre des mesures pour imposer le confinement et poussent à industrialiser davantage le secteur avicole. Dans la pratique, ceci signifie la fin de l'aviculture à petite échelle qui fournit la nourriture et les moyens d'existence à des centaines de millions de familles à travers le monde.


Des hommes dans des combinaisons de caoutchouc blanc et portant des masques à gaz attrappant des poulets dans les villages … Des poulets vendus et abattus sur les marchés de volaille vivante… Des oiseaux sauvages traversant le ciel… Telles sont typiquement les images diffusées par les médias dans leur couverture de l'épidémie de la grippe aviaire. Rares sont les photos représentant la prospère industrie multinationale avicole. Il n'y a pas de prises de vues de ses fermes d'élevage industriel frappées par le virus, et aucune image de ses camions surpeuplés transportant des poulets vivants ni de ses fabriques de produits alimentaires transformant « les sous-produits de la volaille » en alimentation pour poulets.

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Le choix des images envoie un message clair : la grippe aviaire est un problème d'oiseaux sauvages et d'élevage de volaille en basse-cour, et non celui de l'industrie moderne. C'est comme ça que l'élément d'information le plus fondamental nécessaire à la compréhension des récents cas de contamination par la grippe aviaire est exclu de la représentation qui en est donnée.

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La grippe aviaire n'a vraiment rien de nouveau. Elle coexiste plutôt paisiblement avec les oiseaux sauvages, les élevages de volaille à petite échelle et les marchés de volaille vivante depuis des siècles. Mais la vague de souches extrêmement pathogènes de grippe aviaire qui a décimé la volaille et tué des gens à travers la planète ces dix dernières années est sans précédent -- comme l'est l'industrie multinationale avicole aujourd'hui.

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La transformation de la production de volaille en Asie ces dernières décennies est stupéfiante. Dans les pays d'Asie du sud-est où la plupart des cas de grippe aviaire sont concentrés -- la Thaïlande, l'Indonésie, et le Viet Nam -- la production a été multipliée par 8 en seulement 30 ans, passant d'environ 300 000 tonnes de viande de poulet en 1971 à 2 440 000 tonnes en 2001. La production de poulet de la Chine a triplé pendant les années 90 pour passer à plus de 9 millions de tonnes par an. Pratiquement toute cette nouvelle production de volaille a été produite dans des fermes industrielles concentrées à l'extérieur des villes principales et intégrées dans les systèmes de production transnationaux. [1] C'est l'endroit de reproduction idéal pour les souches hautement pathogènes de la grippe aviaire -- comme la souche H5N1 menaçant d'éclater en pandémie de grippe humaine.

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Les déplacements des oiseaux migrateurs ont déclenché des cas de contamination dans plusieurs pays et régions simultanément. La FAO, Novembre 2005
En dépit de telles déclarations de la FAO ou de l'OMS, il y a peu de preuves attestant que les oiseaux migrateurs portent et transmettent le virus H5N1 fortement pathogène. Après recherche de la maladie chez des centaines de milliers d'oiseaux sauvages, les scientifiques n'ont que très rarement identifié des oiseaux porteurs de la grippe aviaire sous une forme fortement pathogène. [12] Comme la FAO l'a énoncé très récemment en novembre 2005, « Jusqu'ici, un examen approfondi des oiseaux migrateurs cliniquement normaux dans les pays infectés n'a produit aucun résultat positif pour le virus H5N1. » [13] Presque tous les oiseaux sauvages qui ont été testés positifs pour la maladie étaient morts et, dans la plupart des cas, ont été trouvés près des élevages de volaille domestique infectés. Même avec les cas actuels de H5N1 chez des oiseaux sauvages en Europe, les experts sont d'accord pour dire que ces oiseaux ont probablement contracté le virus dans la région de la Mer Noire, où le virus H5N1 est bien établi dans la volaille, et sont morts alors qu'ils se dirigeaient vers l'Ouest pour échapper aux conditions exceptionnellement froides dans le secteur.
Les groupes de défense des oiseaux nous ont aidés à comprendre à quel point les oiseaux sauvages sont les victimes et non les vecteurs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. [17] Les souches fortement pathogènes de la grippe aviaire se développent dans la volaille, très probablement dans la volaille exposée à des souches plus bénignes qui vivent naturellement dans les populations sauvages d'oiseaux. Dans des exploitations d'élevage de volaille surpeuplées, le virus bénin évolue rapidement vers des formes plus pathogènes et fortement transmissibles, capables de sauter les espèces et de se propager de nouveau chez les oiseaux sauvages, qui sont sans défense contre la nouvelle souche. Dans ce sens, H5N1 est un virus de volaille tuant les oiseaux sauvages, et non le contraire.
Tout comme la « Révolution verte », la soi-disant « Révolution de l'élevage » qui a déferlé sur l'Asie ces dix dernières années a entraîné une rapide érosion génétique. Les systèmes de production locaux ont été remplacés par des systèmes intégrés qui reposent sur une seule source de stock génétique parental et les petites exploitations ont été encouragées à abandonner leurs races locales pour des races à haut rendement qui ne sont souvent pas adaptées aux conditions locales. Il en résulte que nombre de petits éleveurs dépendent désormais d'un nombre très limité d'espèces modernes qui ont été développées pour des exploitations industrielles.

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Au milieu de tout ce tapage autour de la grippe aviaire, l'organisation est toutefois restée silencieuse sur la diversité génétique. Il n'a été fait aucune déclaration sur la manière dont l'uniformité génétique contribue au problème, et rien n'a été dit sur la manière dont les poulets indigènes pourraient résister à la maladie, même s'il existe des rapports sur des volailles locales qui ont survécu au virus H5N1. [31] Apparemment, il n'y a pas non plus eu de réflexion sur le fait que l'abattage de masse pourrait détruire la diversité aviaire locale.
Le Tamiflu a cependant été une vraie mine d'or pour ses propriétaires. Le brevet appartient à Gilead alors que Roche en possède la licence exclusive. Les ventes de Tamiflu de Roche -- un médicament qui ne se vendait presque pas avant la déclaration de l'OMS -- ont grimpé jusqu'à 400% en 2005 tandis que le bénéfice des royalties de Gilead, provenant du brevet, augmentaient de 166%. Aux Etats-Unis, l'industrie pharmaceutique est intimement liée aux plus hautes sphères du gouvernement. En novembre 2005, Bush a annoncé un ensemble de mesures internes pour combattre une éventuelle pandémie grâce à une enveloppe de 1,4 milliards de dollars US destinés à acheter du Tamiflu. Ce fut un cadeau non seulement pour Roche et Gilead, mais également pour des personnes comme le Secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, membre du conseil d'administration et ancien président de Gilead. Il possède actuellement environ entre 5 et 25 millions de dollars US du capital de Gilead, faisant de lui sans doute le plus gros actionnaire. D'autres personnes devraient profiter de cette politique : les membres du conseil d'administration de Gilead : George Schultz, ancien secrétaire d'Etat américain du conseiller de campagne de Bush ; Etienne Davignon, vice-président de Suez-Tractebel et président honoraire de Bilderberg, et John W Madigan qui, entre autres choses, siège au Conseil industriel pour la défense, un comité consultatif des entreprises au Ministère de la défense américain.


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L'industrie de la volaille la proclamé la « biossécurité » de ses exploitations. Son refrain est qu'il est facile d'isoler ses systèmes intégrés de la grippe aviaire. Mais à maintes reprises, la grippe aviaire a pu s'infiltrer et a causé des contaminations massives dans des élevages industriels : en Australie (1976, 1985, 1992, 1994, 1997), aux Etats-Unis (1983, 2002, 2004), en Grande-Bretagne (1991), au Mexique (1993-1995), à Hong Kong (1997), en Italie (1999), au Chili (2002), aux Pays-Bas (2003) et au Canada (2004), pour ne citer que quelques exemples en dehors de ceux de la crise récente de la grippe aviaire.

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Un texte à lire absolument! La crise actuelle proviendrait de l'industrie mondiale de la volaille dominée par des producteurs sans scrupule, pour qui les gens et les animaux sont de la matière biologique à stocker, manipuler, etc. Comme on stocke et manipule des sacs de ciments.

voir aussi le dossier du CORIF : Les oiseaux migrateurs ne sont pas responsables




article publié sur Novethic.fr de Marie-Paule Nougaret


La grippe aviaire et le virus H5N1 défraient la chronique. Si les victimes animales et les risques de contagion à l’homme sont régulièrement évoqués, il est plus rare de mentionner les travaux scientifiques qui soulignent que l’épidémie actuelle est liée à la réactivitation d’un virus connu depuis plus de 40 ans. Le H5N1 serait devenu aussi virulent à cause de l’organisation mondiale de la production de poulets qui concentrent, en Asie du Sud Est, 40 % des élevages mondiaux. La polémique est née en Angleterre autour des supermarchés Tesco propriétaires d’immenses poulaillers en Thaïlande.


La polémique a commencé dans le Times de Londres par une lettre, publiée le 28 octobre 2005 :
« Monsieur, Je blâme les supermarchés voraces d'avoir, involontairement, causé la grippe aviaire, en pressant les éleveurs d'Asie de produire des oiseaux au plus bas prix, détruisant ainsi le secteur des volailles du Royaume-Uni, où l'hygiène, le bien être animal et les normes de l'UE ont toujours primé (…) Certes les supermarchés et grossistes ne peuvent pas vérifier l'application des règles d'hygiène chez tous les fournisseurs. Toutefois si ceux-ci respectaient les normes européennes, les supermarchés risqueraient de devoir payer plus. J'invite les consommateurs à vérifier, avant l'achat, l'origine des volailles. Celles produites en UE sont parfaitement comestibles.» Signée Robert Sturdy de Cambridge.

Dans son numéro de décembre 2005, le magazine anglais The Ecologist est revenu à la charge avec des accusations plus précises contre l'élevage asiatique et les supermarchés Tesco. La journaliste Pat Thomas consacre un long article à l'écologie du virus AH5N1 ou plus simplement H5N1, désormais célèbre en France. Elle rappelle les hécatombes d'oiseaux que ce virus avait causées au siècle précédent. Les collections de tissus permettent en effet de trouver l'ARN d'un virus, donc son identité, des décennies après ses ravages. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), écrit-elle, H5N1 a sévi dans 4 des 21 grippes d’ élevages industriels, recensées en quarante ans. Il a d'abord frappé des poulets en Ecosse en 1959, puis des dindes en Angleterre en 91. En 1996 et 1997, on l’a retrouvé à Honk Kong (Chine) sur des poulets, et de nouveau en 2002. Ceci ne signifie pas que H5N1 n'ait pas touché d'autres oiseaux, des basse-cour ou migrateurs sauvages mais il ne les tuait pas en masse. Un virus peut rester dormant et passer inaperçu chez les porteurs sains, voire dans toute une population. La cinquième épidémie de H5N1 a débuté en décembre 2003 et n'a pas cessé depuis lors. Elle vient de ravager en France, une unité de 11000 dindes, à Versailleux dans l'Ain.

5 millions de poulets dans un élevage thaï
Cette grippe aviaire très violente a d'abord éclaté, en même temps, dans les élevages d'Indonésie, de Thaïlande, de Chine et du Japon. En Thaïlande, explique le bulletin n'° 17 de l'OIE, l'Office international des épizooties (janvier 2004), la maladie est apparue dans l'un des huit bâtiments d'un "élevage traditionnel" de 66 350 poules pondeuses dont 6180 sont mortes de grippe et le reste rapidement euthanasié. On peut s’interroger sur le confort animal quand l'OIE entend par "élevage traditionnel" une telle concentration d'animaux. Pour The Ecologist, H5N1 est un virus des élevages industriels. Or l'Asie du sud-est nourrit 7 milliards de poulets : 40 % de la volaille du monde ! Beaucoup sont destinés aux marmites locales, mais l'Asie est aussi un gros exportateur. La Thaïlande tient le 4è rang, derrière les Etats Unis, le Brésil et l'Union Européenne dans les ventes de poulets mondiales. Les élevages atteignent, dans ce pays, des tailles gigantesques où les conditions d’élevage sont effroyables. On parle de 5 millions d'oiseaux sur une seule exploitation, avec des pollutions considérables de l'air et de l'eau. A ce stade, l'exploitant n’est plus éleveur ni soigneur, mais un gardien distribuant des granulés et des aliments facteurs de croissance, dans l’incapacité de détecter le malaise d'un animal.
Si les supermarchés Tesco ont été mis en cause en Angleterre c’est parce qu’ils contrôlent l'un des plus gros élevages de poulets thaïlandais. A ses détracteurs, Tesco n'a pas répondu, se contentant d'indiquer que 90 % du poulet que le groupe vendait en Angleterre provenait du Royaume Uni. Le distributeur a pourtant développé une stratégie internationale depuis les années 90 qui l’a conduit à être présent dans 12 autres pays où il emploie plus de 100 000 personnes et sert 15 millions de clients. Tesco est plus particulièrement implanté en Europe de l’Est, en Turquie et en Asie. En Thaïlande, il possède la chaîne Tesco-Lotus qui compte plus de quarante-sept supermarchés.

Poulet comestible mais systeme de production dangereux

Les consommateurs anglais ou français ne doivent pas s’inquiéter de manger un poulet malade puisque les volailles vendues entières ont presque toujours grandi a proximité de leurs lieux d'achat. Ce sont, en revanche, les produits "au poulet" (quenelles, blancs cuisinés, potages, etc) qui contiennent de la viande blanche industrielle, souvent congelée et d'importation. En Grande-Bretagne, elle provient de Thaïlande, en France plutôt des Philippines et de Chine. "Que ce soit en avion, à la cantine ou dans un sandwich, The Ecologist précisait à ses lecteurs qu’ils "ont donc de bonnes chances d'avoir mangé du poulet thaïlandais au plus fort de l'épidémie". Cela ne constitue pas un danger aujourd’hui mais contribue à pérenniser un mode de production qui semble responsable de l’épidémie animale actuelle.

Le problème réside, selon la journaliste anglaise Pat Thomas, "dans le droit héréditaire à la nourriture bon marché que s'arroge l'Occident". Et de conclure : "Si le virus mutait pour devenir contagieux chez l'homme, nous serions pris à notre propre traquenard."

L'origine des virus demeure mystérieuse. Michael Syvanen de Harvard a, le premier, rendue publique une explication aujourd'hui très répandue. Ce serait des fragments échappés du génome des plantes et des animaux. Si le débat scientifique demeure ouvert sur la genèse des virus, on connaît, en revanche, leur comportement cyclique. Tous les trente ans par exemple, les humains subissent une pandémie de grippe (épidémie mondiale) dont la pire fut celle de 1918 dite « grippe espagnole » qui décima une population affaiblie par la guerre. En effet la promiscuité et la sous-alimentation augmentent la virulence de la grippe et sa mortalité, autant chez l'homme que chez les animaux.

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Encore un article qui confirme que les oiseaux sauvages ne sont pas responsables de la crise actuelle de grippe aviaire. Ils en sont victimes. Et les pauvres volailles d'élevage, quelle honte!


Le ministre Veerman (Pays-Bas) a supprimé le confinement des pigeons


Mercredi 08 mars 2006 -

Ophokplicht duiven ingetrokken
ANP

DEN HAAG - Sier- en postduiven, die nu wegens de dreigende vogelgriep verplicht zijn afgeschermd, mogen vanaf volgende week woensdag weer naar buiten. Minister Veerman (Landbouw) trekt voor deze vogels de ophokplicht in, omdat duiven maar een kleine kans hebben besmet te raken met het virus.

'Duiven vormen daarom geen groot risico voor de verspreiding van vogelgriep', beargumenteerde het ministerie van Landbouw woensdag de versoepeling van de afschermplicht. De vogels moeten wel ook na woensdag afgeschermd eten en drinken in het hok.

De versoepeling betekent dat niet een hele generatie duiven verloren gaat, waar de duivenhouders eerder voor waarschuwden. Nu deze vogels ondanks de afschermplicht buiten mogen komen, kunnen jonge duiven in de eerste maanden toch met de belangrijke voorzichtige vluchten hun eigen omgeving verkennen. De duiven vliegen daarbij niet ver weg, hooguit een tot twee kilometer bij het hok vandaan, heeft de Nederlandse Postduivenhouders Organisatie (NPO) aan het ministerie laten weten.
Le ministre Veerman (Pays-Bas) a supprimé le confinement des pigeons, vu qu'ils sont très résistants au virus de la grippe aviaire.
Ils peuvent voler, mais doivent manger et boire à l'intérieur du pigeonnier.




Selon le Dc Leon Bennun, ( BirdLife International) les oiseaux sauvages sont accusés à tort de propager la grippe aviaire alors que des intérêts personnels dissimulent la réalité : la responsabilité de cette propagation incombe aux techniques modernes d'élevage. Les demandes de battues et de destruction des sites de nidification menacent, dit-il, de provoquer l'extinction de certaines espèces rares et n'empêchera pas la propagation de la maladie.



Grippe aviaire : la réalité s'envole


Pendant la deuxième semaine de février, l'Europe de l'ouest a déclaré ses premiers cas de contamination par le virus H5N1 de grippe aviaire chez des oiseaux sauvages. En Italie, Grèce et Slovénie, plus de 25 cygnes sont morts ; dés la St Valentin on déplorait aussi la mort de cygnes sauvages en Autriche et en Allemagne.

Les responsables de réserves naturelles, les éleveurs de volailles, et les autorités sanitaires s'attentent à l'extension de cette épidémie.

Alimentés d'une part par des articles de presse alarmistes et d'autre part par des tentatives par les agences gouvernementales de camoufler la responsabilité des élevages, des appels sont lancés pour prendre des mesures drastiques contre les populations d'oiseaux sauvages.

Je pense que ces mesures menaceront certaines espèces d'extinction, sans que cela n'ait d'effet sur le développement de l'épizootie de grippe aviaire. Attraper les responsables

Il est fort probable que les cygnes qui meurent actuellement en Europe de l'ouest soient arrivés récemment venant de la Mer Noire, poussés vers le sud et l'ouest par le gel les empêchant de se nourrir.

Ils ont pu attraper la maladie d'autres animaux sauvages ; mais cela est peu probable étant donné les dizaines de milliers d'oiseaux d'eau testés négatifs au H5N1 cette dernière décennie.

Ils ont probablement attrapé le virus dans les fermes, avant de migrer, soit auprés de volailles infectées soit des déjections de celles-ci. Les cygnes pâturent souvent les champs cultivés et ont de fortes chances d'être rentrés en contact avec les déjections des volailles utilisées comme fertilisant.

Si les oiseaux sauvages avaient répandu la maladie à travers les continents, il y aurait des traces d'apparition d'épidémies le long des voies de migration. Il n'en a rien été.

La théorie "de l'oiseau sauvage" répandant le virus H5N1 ne fournit pas non plus d'explication pourquoi certains pays situés sur ces voies de migration en Asie ont échappé à la contamination, alors que leurs voisins ont subis des épidémies à répétition.

Ce qui est étonnant, c'est que des pays comme le Japon et la Corée du Sud, qui imposent des contrôles stricts sur l'importation et les déplacements des volailles d'élevage, après quelques épidémies de départ, n'en ont plus subies aucune. Myanmar a été épargné.

En fait, des pays qui n'ont pas développé d'élevages intensifs ont été eux aussi épargnés. La FAO (Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture) a rapporté qu'au Laos, 42 des 45 zones infectées étaient des zones d'élevages intensifs.



Evolution mortelle


Les virus de la grippe aviaire particulièrement virulents sont rares chez les oiseaux sauvages. Mais, dans les poulaillers industriels, la grande concentration de volailles, l'exposition constance aux déjections , à la salive et aux sécrétions fournissent les conditions idéales pour la reproduction, la mutation, la recombinaison et la sélection, à partir desquels des catégories extrêmement dangereuses de virus peuvent évoluer.

En ajoutant les mauvais diagnostics répétés, les dissimulations par l'industrie et les gouvernements, la vente et transformation sous l'effet de panique de volailles infectées, on a l'explication de pourquoi le H5N1 est maintenant endémique dans certaines parties du sud est asiatique.

En prenant en compte avant et après les déclarations d'épidémie en Asie, de la nature globale de l'industrie d'élevage de volailles, et les mouvements internationaux de volailles vivantes et de produits issus des volailles, on a le mécanisme le plus plausible de propagation du virus entre des endroits qui ne sont pas liés par les déplacements des oiseaux migrateurs.

Les épidémies, par leur caractère et le moment où elles se sont déclarées, ne correspondent pas aux mouvements des oiseaux sauvages ; mais, selon ces critères, elles ont souvent suivi les routes principales des échanges commerciaux.

La thèse comme quoi les mouvements de volailles ont joué un rôle majeur dans la propagation de la maladie est corroborée par une analyse des souches virales publiée récemment dans le journal américain "Proccedings of the National Academy of Sciences".

Certaines des organisations qui essaient de surveiller et contrôler la grippe aviaire telles que la FAO, semblent réticentes à attirer l'attention sur le rôle joué par l'élevage intensif, à cause de l'impact sur les économies nationales et sur l'accès à des ressources bon marché de protéines.



Destruction insensée


A cause de cela et pour d'autres raisons, le rôle des migrations des oiseaux sauvages dans la transmission de la maladie a été exagéré, et la presse l'a sensationnalisé.

Dans certain pays il y a eu un effet négatif sur la conservation des oiseaux, avec des demandes de destruction de populations entières, l'assèchement des marécages, et la destruction des sites de nidification.

En fait, les épidémies de H5N1 chez les oiseaux sauvages ont disparues d'elles-mêmes sans destruction ni intervention humaine.

Certains oiseaux les plus menacés courent un grand danger. Mais il y a aussi des possibilités réelles de dommages aux écosystèmes dont dépendent certaines personnes et économies.

Alarmant pour ceux qui craignent une épidémie de grippe aviaire humaine, cette vision déformée, implique aussi que les bonnes questions ne sont pas posées, et que les mesures de protection les plus efficaces ne seront peut être pas prises.

BirdLife International demande qu'une enquête indépendante sur la propagation du H5N1 soit conduite, étudiant le rôle de l'industrie globale de l'élevage de volailles, et établissant des cartes des élevages officiels et non officiels ainsi que les routes du commerce de volailles en liaison avec l'éruption des épidémies.

C'est peut être aussi le moment de se pencher sur la façon dont le monde se nourrit et de décider si le prix payé en terme de risque pour la santé humaine et pour la biodiversité de la planète par le développement des méthodes d'élevage moderne n'est pas trop élevé.

Le DC Léon Bennun est directeur d'information, science et politique de BirdLife International.
Source et copyright bbcnews online/ Green Room/Opinions : publication hebdomadaire sur des thèmes liés à l'environnement ; 17/02/06. www.news.bbc.co.uk
Traduction bénévole pour information à caractère non commercial MD pour Planète Non Violence
Source : BirdLife International/




Des centaines de milliers d'oiseaux morts en une semaine dans le sud de la russie. Mais ces morts ne semblent pas inquiéter le gouvernement russe qui pratique la politique de l'autruche.

Ce qui suit est un article de Lorraine MILLOT, de libération.



A l'entrée de la ferme, un cadavre de canard encore entier, un petit tas d'os et de plumes que, dans le désespoir, personne n'a même songé à ramasser. «Ici, il n'y a pas la grippe aviaire !» nous salue le propriétaire.

Un canard passe, raide et tout tremblant, échappé d'une immense étable où l'on entend glousser toute une foule. «Celui-là, il n'en a plus pour longtemps à vivre», avoue le fermier, qui soudain explose : «Depuis octobre, j'ai 10 000 volailles qui sont mortes et qui continuent de mourir tous les jours. Mais les autorités locales ne veulent pas reconnaître qu'il y a la grippe aviaire chez moi. Sans doute pour ne pas avoir à m'indemniser si on ordonne l'abattage. Ils font les aveugles ! Ils cachent la maladie ! Ils préfèrent attendre que toutes mes bêtes meurent d'elles-mêmes ! Informez Moscou de ce qui se passe ici ! Mais ne dites pas mon nom, j'ai peur», implore-t-il.

Dans cette région de Stavropol, au sud de la Russie, et plus généralement dans tout le sud du pays, 922 403 oiseaux ont péri ou ont dû être abattus depuis le 3 mars, pour cause de H5N1, annonçait vendredi le ministre fédéral pour les Situations d'urgence.

Au Daguestan, la télévision a fait état de nombreux chats morts après avoir mangé des volatiles contaminés.

Mais, dans l'ensemble, les autorités sanitaires du pays réussissent à maintenir une discrétion extrême sur la progression de l'épizootie. «Dans cette ferme, on a trouvé les gènes du virus H5N1, mais pas le virus lui-même», nous assurait, la semaine dernière, Viktor Parakhine, vétérinaire en chef de la région de Stavropol, justifiant ainsi qu'aucune mesure de quarantaine n'ait été prise. C'est lundi seulement, alors que l'hécatombe se poursuivait depuis plusieurs semaines dans cet élevage, que le vétérinaire en chef de Stavropol a fini par reconnaître que le virus H5N1 a bien été constaté sur les volailles de ce village de Nadiejda («espoir», en russe).

Entre-temps, durant des semaines, le fermier a continué à lâcher ses canards et ses oies dans la nature en journée, pendant qu'il ramassait et brûlait les cadavres des bêtes tombées la nuit. Tout autour, une petite dizaine d'autres villageois poursuivaient l'élevage de leurs poules, oies et canards en plein air. «Oui, on nous a bien conseillé de les garder enfermés. Mais il faut bien qu'ils mangent ! On n'a pas de quoi leur acheter de la nourriture», explique une mère de famille de Nadiejda, qui avoue un «salaire» de 1 000 roubles (30 euros) par mois, comme gardienne d'un vieux hangar de l'ancien sovkhoze. «Il leur faut des vitamines, à nos canards ! Il faut bien qu'ils mangent de l'herbe !» complète une voisine, sortie en haillons de chez elle, pour chercher de l'eau.

«Le virus de la grippe aviaire est depuis longtemps dans notre région, dédramatise le vétérinaire en chef de Stavropol. Tous nos oiseaux sauvages portent le virus, mais leurs organismes se sont adaptés et ils n'en tombent plus malades. Le problème surgit quand le virus rencontre des volailles domestiques, dont les organismes sont plus faibles.» Ne faudrait-il pas alors ordonner le confinement des élevages dans cette zone où le virus est si répandu ? «Ordonner, ce n'est pas la tradition de la région, répond le vétérinaire. Mais nous essayons de convaincre les gens qu'il vaut mieux garder leurs oiseaux à la maison.»

Dans quelques exploitations, comme à Solnetchnodolsk, où le virus H5N1 a tué 500 poulets en quelques jours, une quarantaine sérieuse semble avoir été mise en place, avec abattage des volatiles restants, poste de milice à l'entrée pour contrôler que les autres animaux de la ferme n'entrent ni ne sortent, et pédiluve.

Mais, dans beaucoup d'autres cas, des morts très suspectes d'oiseaux continuent d'être cachées ou attribuées à la «peste». Dans le village de Peredovoï, où, comme partout dans les campagnes russes, les habitants vivent de quelques volailles, gardées dans leur cour à côté des vaches et cochons, plusieurs maisons ont vu leurs gallinacés mourir subitement ces dernières semaines. «Mes treize oies sont toutes mortes en deux jours», raconte une habitante, qui de toute sa vie auprès des bêtes n'avait jamais rien vu de tel. Dans le village voisin, des affichettes préviennent que la «grippe aviaire» a entraîné «des morts massives» à Peredovoï. Mais, à Peredovoï même, les habitants dont les volailles meurent se sont entendu expliquer que leurs bêtes avaient «la peste» (la maladie de Newcastle, présente dernièrement dans l'Ukraine proche). Dans ce village, non loin de plusieurs foyers reconnus de H5N1, la seule mesure de précaution prise a été la désinfection des basses-cours où les volailles sont mortes, et la vaccination contre la grippe des fermiers chez qui «la peste» a été déclarée.
Encore une confirmation que les oiseaux vivant en liberté (migrateurs ou non) ne sont pas responsables de la transmission de la grippe aviaire mais bien les hommes avec leurs élevages de volailles souffrantes. Des hommes qui non seulement, dans leur ignorance, torturent les oiseaux mais en plus ont un comportement dément (ou crapuleux, selon l'interprétation).




Les echos.fr le 14/03/2006 MATTHIEU QUIRET


Un spécialiste des populations aviaires estime que l'épidémie de grippe va vite s'essouffler. La mortalité des oiseaux sauvages ne semble pas exceptionnelle.


« Il n'y a pas de raison de particulièrement s'inquiéter cette année. » Le propos rassurant de l'ornithologue Romain Julliard détonne dans cette saison de panique aviaire. Ce spécialiste des populations d'oiseaux au Muséum d'histoire naturelle cache bien sa colère derrière sa placidité naturelle. Car la position des ornithologues tranche avec l'alarmisme « précautionneux » des virologues. Pour Bertrand-Pierre Galey, directeur général du Muséum national d'histoire naturelle, ces scientifiques de laboratoire manquent d'expérience du terrain et comprennent mal la dynamique d'un virus dans une population sauvage.

« Les ornithologues ont développé plusieurs modèles de propagation des épidémies. Les caractéristiques de la grippe aviaire collent pour l'instant avec le modèle de contamination par l'eau froide, assure Romain Julliard. Les migrateurs auraient apporté le virus de Sibérie vers la Turquie. De là, le commerce du poulet aurait propagé le virus pathogène au sein des pays de l'Est. On pense alors qu'une pisciculture croate nourrie par des fientes de poulet a réinfesté les oiseaux sauvages, qui ont ensuite déplacé la maladie vers l'Italie, puis le nord de l'Europe. »

Pour le scientifique, la vulnérabilité du virus au-dessus de 10 degrés dans l'eau se vérifie aujourd'hui avec le réchauffement de l'Italie : l'épidémie y a cessé. Quant aux infections africaines, elles sont attribuées au commerce de volaille. D'autant plus que le virus devrait au fur et à mesure se spécialiser sur une espèce pour gagner en efficacité. A contrario, il perdra en capacité de propagation. Il est donc probable, selon lui, que la crise va s'éteindre rapidement même si une poche peut subsister dans les pays du Nord.

L'ampleur limitée de l'épidémie donne pour l'instant raison à l'ornithologue. « On n'a retrouvé que quelques dizaines de canards morts du H5N1, alors que des dizaines de milliers sont en bonne santé. Cette faible mortalité doit être comparée aux centaines de milliers de morts provoquées par la chasse », relativise Romain Julliard. Selon lui, cet épisode de grippe ne devrait pas excéder les moyennes habituelles. Une crise d'épidémie qui affecte une espèce tue au maximum 10 % à 15 % de la population dans la zone de contamination. Les grippes touchent généralement les canards, une espèce sensible à cause de son mode de vie et le dynamisme de sa démographie. Ils se reproduisent à un rythme élevé, 8 à 10 oeufs par ponte, et combinent un instinct grégaire, de fortes migrations et une vie sur l'eau.


Réseau de surveillance

Pour estimer le taux de survie des populations, les ornithologues profitent d'un réseau unique de surveillance des oiseaux. Ce suivi temporel des oiseaux communs (STOC) gratuit n'a aucun équivalent pour d'autres faunes. Il repose sur la passion de 800 bénévoles qui surveillent les populations plusieurs fois par an. Ils effectuent jusqu'à 150.000 poses de bagues sur les oiseaux, soit environ 1 % des effectifs « français ». Grâce à la base de données française STOC et la base européenne Euring, les ornithologues peuvent identifier les populations tout au long de la saison. Du coup, les naturalistes retrouvent 3.000 à 5.000 oiseaux morts bagués par an.

Depuis les débuts de la crise de la grippe aviaire, les experts ornithologues ont été largement sollicités, notamment pour prédire la propagation du virus chez les oiseaux sauvages. L'intérêt pour cette discipline vient pourtant un peu tard... « Nous manquons encore beaucoup de connaissance sur ces sujets, peu de moyens y ont été consacrés jusqu'alors. On connaît bien mieux les modèles mammifères. En France, aucun poste d'épidémiologiste n'existe pour les oiseaux sauvages, et je suis l'un des seuls trois spécialistes français des populations d'oiseaux. Il n'y a aucune aide pour le réseau STOC qui ne fonctionne que par la bonne volonté », déplore Romain Julliard.

Une nouvelle fois, c'est la myopie de la politique de recherche qui est en cause. « On critique souvent les naturalistes pour leurs méthodes archaïques faites notamment d'observation sur le terrain. Nous sommes tout à fait prêts à utiliser des microémetteurs ou des pointeurs laser pour pister les oiseaux. Mais qu'on nous en donne la capacité ! » ironise Bertrand-Pierre Galey, ardent défenseur de la taxinomie et des sciences naturelles.

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Encore un texte qui confirme que cette soi-disant pré-pandémie n'est qu'un coup médiatique. La situation sanitaire des oiseaux sauvages n'aurait donc pas changé par rapport aux années précédentes.




La Libre (Belgique) Dr Yvan BECK


Des formes virulentes et bénignes de grippe aviaire ont toujours existé sans qu'apparaissent de grosses épidémies. Ce qui a changé? Chine, Thaïlande ou Vietnam: la «production» d'animaux a été multipliée par huit en moins de trente ans.


L'efficacité de la transformation de matières premières végétales en protéines animales présente des performances hétérogènes. En ce qui concerne les céréales par exemple, il en faut 7kg pour élaborer 1kg de viande en ce qui concerne le bétail élevé en stabulation, alors que le porc en nécessite 4 et les volailles ou le poisson 2.

La viande a donc un coût, tant écologique que sociétal. C'est pourquoi elle est restée - et reste encore aujourd'hui - l'apanage des pays riches. Ce sont les seuls qui peuvent s'offrir les protéines les plus élaborées (mammifères et bovins principalement) et les plus dispendieuses du point de vue énergétique. Ce sont les seuls qui en font une telle consommation. Les modes d'élevages intensifs s'y sont imposés en toute logique, en réponse aux lois du marché et à la demande croissante des populations. Le système mis en place a engendré ces dernières années, directement ou indirectement, des crises dramatiques, le plus souvent d'origine infectieuse, dont certaines furent provoquées par l'émergence de nouvelles souches pathogènes (1). ESB, fièvre aphteuse, dioxine, peste porcine, quel que soit le problème, la seule réponse des pays riches fut d'isoler les foyers et d'allumer des charniers pour brûler sans état d'âme des centaines de milliers de cadavres d'animaux sacrifiés au nom d'un système économique aveugle...

La mise en cause des racines du mal ne fut pas soulevée. Au contraire. Dans notre arrogance, nous avons exporté notre «savoir-faire». En conséquence, les pays pauvres paient aujourd'hui leur dîme aux appétits démesurés de l'Occident. La protéine animale de prédilection y est celle des volailles. En toute logique la crise asiatique devait affecter les oiseaux... Bienvenue à la grippe aviaire.

Des formes virulentes et bénignes de grippe aviaire ont toujours existé dans ces pays sans qu'y apparaissent de grosses épidémies. Pourtant, il y eut toujours des contacts entre volailles de basse-cour dans les villages et espèces sauvages migratrices. Les petites structures ont su préserver une biodiversité et des conditions d'élevage qui favorisaient tant la résistance aux infections, que la limitation de leur extension géographique.

Qu'est-ce qui a changé alors? Tout simplement, qu'on assiste depuis quelques années à une transformation spectaculaire des modes de production en Asie (2), pour satisfaire la demande accrue dans les villes, mais aussi celle des pays occidentaux. Les pays où l'on observe la majorité des cas de grippe aviaire sont ceux tels la Chine, la Thaïlande, l'Indonésie ou le Vietnam, où la production a été multipliée par huit en moins de trente ans. L'essentiel de cette production est fourni par des fermes industrielles concentrées à l'extérieur des villes principales et intégrées dans des systèmes de productions transnationaux. Ces unités gigantesques ont créé toutes les conditions permettant tant la propagation que l'émergence de souches à mutation rapide, en leur procurant des possibilités de multiplication optimales, sur un grand nombre d'animaux, concentrés et immunodéprimés par leurs conditions d'élevages. Bien plus, nombre de rapports démontrent qu'au départ, la diffusion géographique de la maladie en Asie ne correspondait pas aux itinéraires et saisons de migration, mais empruntait plutôt les routes utilisées pour commercialiser les produits issus de l'industrie. L'expérience du Laos en est une preuve, indirecte. Bien qu'entouré de pays où la maladie est bien installée, le Laos y fait exception. C'est le seul qui n'a pas implanté de fermes industrielles et qui n'importe pas - ou peu - d'intrants extérieurs, se satisfaisant des productions locales.

L'exemple du Laos semble bien confirmer que les petits élevages ne sont ni la source des mutations, ni à l'origine des disséminations initiales. Pourtant le secteur industriel a fait pression sur les gouvernements sur base de tels arguments pour mettre en place des dispositions économiquement insoutenables pour des paysans dont le revenu journalier dépasse rarement 1 dollar par jour... Aujourd'hui, toute une agriculture durable est en train de disparaître par des mesures qui protègent ceux qui sont à l'origine du problème.

Mais surtout, l'épidémie s'est considérablement propagée. Si les oiseaux migrateurs y ont peu contribué au départ, des espèces sauvages semblent bien transmettre la maladie. Didier Van Geluwe (3), en parlant du fuligule milouin, une espèce de canard sauvage dont le baguage a montré que ses voies de migration le conduisaient bien de Sibérie en Europe, l'avait donné il y a peu comme l'espèce type qui pouvait l'apporter «chez nous». Quinze jours plus tard le premier oiseau français trouvé mort et porteur du virus était bien un fuligule milouin (4). Face aux risques accrus de mutation et de dissémination, l'Europe doit gérer l'urgence. Elle y répond selon les mêmes schémas... Mais n'est-il pas temps de poser d'autres questions?
- Peut-on - d'un point de vue durable - nourrir 7 à 8 milliards de personnes avec de la viande, tous les jours, quand on sait que si nous maintenons nos modes de vie actuels, il faudrait multiplier par 2,5 la capacité de charge totale de notre planète pour répondre aux besoins de l'humanité en 2050?

- Peut-on - d'un point de vue équitable- continuer à consommer de la viande, tous les jours, dans les pays riches, quand on sait que la majorité des populations des pays pauvres subit les conséquences de notre égoïsme?

- Pourra-t-on - d'un point de vue sanitaire - trouver de vraies solutions aux épidémies que nous générons, sans repenser de façon radicale nos modes de production et de consommation?

- D'un point de vue économique, dans l'hypothèse où l'on internaliserait le coût des crises et où on ne délivrerait plus de subsides aux élevages (5), que deviendrait le coût réel de la viande à l'étal des boucheries?

- Peut-on accepter d'un point de vue éthique de sacrifier des millions d'animaux sans aucun respect ni pour leur vie, ni pour leur souffrance, quand on voit comment on les tue trop souvent, brûlés vifs ou enterrés vivants?

Ce n'est qu'en répondant à ces questions, fondamentales, que l'homme retrouvera son «humanité» et, en elle, les solutions qui pourraient l'aider à sortir de l'impasse dans laquelle l'enferment ses égoïsmes individuels et collectifs.


(1) tel le prion responsable de l'épidémie d'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine).

(2) Webhttp://www.grain.org:briefings/?id=195

(3) IRSNB: Institut royal des sciences naturelles de Belgique.

(4) Depuis, on l'a signalé en Europe sur des cygnes, des harles (autre canard), et récemment sur des cormorans. Les cormorans, encore une espèce avec large effectif et mouvements pas entièrement prévisibles. Et comme il y a des millions d'oiseaux sauvages se déplaçant dans tous les sens, comme il y a très peu d'étude de la résistance (différente) de chaque espèce à cette souche particulière, les oiseaux sauvages deviennent un maillon de la chaîne.

(5) on estime actuellement à plus de deux euros les subsides accordés en Europe par tête de bétail et par jour.




Dr Alain-G. ROSE-ROSETTE Dr Marc VERCOUTERE


Le Tamiflu des laboratoires Roche et le Relenza des laboratoires GlaxoSmithKline appartiennent à la nouvelle génération des antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase, qui seraient, aux dires de l’Oms et de la Direction générale de la santé en France, les seuls antiviraux actifs sur le virus de la grippe aviaire.

Le Zanamivir a été découvert en 1989 par Peter Colman et son équipe du Centre de recherche scientifique et industriel du Commonwealth de Melbourne. Son développement a été initialement assuré par une petite entreprise australienne de biotechnologie, Biota, qui en a ensuite confié la licence exclusive à GlaxoSmithKline, sous le nom de Relenza.

Bénéficiant des publications et brevets de l'Institut de recherche gouvernemental australien de Melbourne, l'Oseltamivir a été mis au point au milieu des années 90 par la firme californienne Gilead, qui sera un moment soupçonné d’avoir manipulé le dossier d’accréditation et dont le directeur de recherche n’était autre qu’un certain Donald Rumsfeld jusqu’en 2001. En 1996, les laboratoires Roche rachèteront les droits de fabrication et de commercialisation à Gilead en lui reversant des royalties de plus de 10% sur les ventes.

La vente de ces deux antiviraux ne va exploser qu’en fin 2004. A l’occasion du « retour en force » de la grippe aviaire dans le Sud-est asiatique, l’Oms va en effet, «recommander aux gouvernements d'investir dans des stocks d'antiviraux, surtout de Tamiflu, car c'est le seul antiviral qui s'est montré efficace en laboratoire contre le H5N1». Parallèlement, des études de rentabilité, effectuées notamment par des économistes israéliens Ran Balicer et Michael Huerta, justifieront cet investissement que seuls les pays riches peuvent se permettre : 1 euro investi dans les antiviraux permettrait, en cas de pandémie, d'économiser 3,68 euros en frais de santé, «tout en sauvant beaucoup de vies».
Les états occidentaux vont alors se lancer dans la constitution de stocks conséquents de Tamiflu dont l’administration orale est beaucoup plus commode que celle du Relanza par voie nasale en spray. Croulant sous les commandes, Roche va multiplier sa production par 10 sur trois ans.

Paradoxalement, alors que les actions de Roche et de Gilead explosent, progressant respectivement de 44% et 33% depuis début 2005, Gilead va rompre le 23 juin l’accord le liant à Roche, après avoir multiplié les plaintes contre ce dernier pour des problèmes de fabrication à l’origine des ventes insuffisantes.
Souhaitant « trouver un terrain d'entente en dehors des tribunaux dans un laps de temps raisonnable », le laboratoire Roche va alors judicieusement offrir à l’Oms, 3 millions de traitements individuels le 24 août 2005, c’est-à-dire la veille de la réunion des services vétérinaires des vingt-cinq Etats membres de l’Union européenne, lesquels vont alors, comme les américains ou les japonais, multiplier par trois leur stock de Tamiflu.

Soucieux de préserver cette poule aux œufs d’or, un accord sera conclu fort logiquement entre les deux sociétés en novembre 2005. Deux comités communs permettront à Roche et Gilead d'assurer conjointement la production et la commercialisation du médicament sur les principaux marchés, y compris celui des USA.

En plus d’obtenir le droit de promouvoir l'antiviral dans certaines régions des Etats-Unis, la société californienne Gilead touchera, à titre de droits de licence, quelque 62,5 millions de dollars d'arriérés, tout en conservant les 18,2 millions de dollars de royalties payés par Roche pour la période allant de 2001 à 2003, le taux de royalties (entre 14% et 22% sur les ventes nettes) restant inchangé.

Heureux détenteur de 5 millions à 25 millions de dollars d’actions de la société Gilead Sciences, l’actuel secrétaire d’Etat américain à la défense, Donald Rumsfeld, va ainsi, tout comme son prédécesseur George Schulz sous l’administration Reagan, doubler son capital sans que personne n’y objecte un quelconque conflit d’intérêt.

Le passé de ce personnage public ne plaide pourtant pas en sa faveur. En 1976, il a été ainsi le « grand architecte » du plan de vaccination contre la grippe porcine. En quelques semaines, 47 millions d’américains furent vaccinés avec ce vaccin expérimental responsable d’au moins 110 décès et d’environ 4000 cas de maladie de Guillain Barré. Les rapports d’initiés indiquaient, selon le biologiste de la marine américaine, William Sargent, que Rumsfeld orchestra ce fiasco sanitaire pour « stimuler la campagne du président Ford ». En 1981, alors que la FDA avait reconnu un lien de causalité entre l’aspartame et la survenue de paralysies, cécité, névrites, dysfonctions sexuelles, asthme, fatigue chronique et mort, Donald Rumsfeld, alors dirigeant de Searle Corporation, joua de tout son poids politique pour que ce poison neurotoxique et mortel reçoive finalement l’autorisation de mise sur le marché de la FDA.

Ce même Donald Rumsfeld est également intervenu en 2001 en faveur de la campagne de vaccination contre la variole qui a dû être suspendue discrètement six mois plus tard en raison de la survenue de nombreux décès et d’accidents cardio-vasculaires, tandis que Gilead obtenait d'importants marchés publics dans le cadre de la prévention des attaques chimiques et biologiques lors de la guerre d’Irak.

C’est encore lui, qui vient récemment de promotionner un plan de vaccination générale contre une maladie « fabriquée » avec un vaccin expérimental non testé !





L' OMS et la FAO voudraient imposer un élevage de type industriel ?


La réponse internationale à la grippe aviaire ne fait que conforter les lobbies multinationaux, au mépris des populations les plus démunies et, vraisemblablement, au mépris de la santé.


Les faits et les effets :


Les récents décès dus à la grippe aviaire en Indonésie, notamment ceux en début de semaine dernière concernant six des sept membres d’une famille d’un village de l’île de Sumatra décédés dans un intervalle rapproché, relancent le débat sur la transmission du virus H5N1 entre humains.


Maintenant un retour en arrière de quelques mois :

En février 2006, l’ONG GRAIN avait publié un premier rapport intitulé "Qui est le dindon de la farce ?" dans lequel il pointait la responsabilité de l’industrie multinationale de la volaille dans la crise de la grippe aviaire.

Et pourtant, d’après l’ONG, ce sont bien les oiseaux migrateurs et les élevages traditionnels de volailles de basse-cour ou élevées en plein air qui ont été montrés du doigt ; ainsi, les gouvernements et les organismes internationaux, suivant les hypothèses erronées sur la manière dont la maladie se répand et s’amplifie, ont continué à prendre des mesures pour imposer le confinement et poussé à industrialiser davantage le secteur avicole.


La suite maintenant :

Dans un nouveau rapport paru en mai, GRAIN revient sur le sujet sous le titre "Une réponse mondiale imposée d’en haut".

Témoignages et exemples à l’appui (notamment en Egypte, en Inde, en Afghanistan, ...), ce rapport démontre comment les communautés rurales pauvres sont anéanties par la réponse mondiale à la grippe aviaire.

Il constate également que les organismes des Nations Unies qui se trouvent en première ligne de la réponse internationale à la grippe aviaire, l’OMS et la FAO, mènent des stratégies imposées de manière directive, sans tenir aucun compte des conséquences de ces mesures sur les petits paysans.


« Les politiques actuelles sont telles que les conséquences pour les pauvres sont totalement éclipsées par des inquiétudes théoriques concernant une éventuelle pandémie humaine. »


En revanche le rapport explique que l’OMS (acteur majeur de la lutte contre l’épidémie) est « extrêmement sensible aux intérêts des entreprises pharmaceutiques et aux ambitions des collaborateurs scientifiques ».

Explications :

Ainsi les informations sur le séquençage de la grippe aviaire, très précieuses dans la course mondiale aux diagnostics et aux vaccins de la maladie - un marché qui pourrait s’avérer colossal si une pandémie humaine se déclarait - font-elles l’objet d’une rétention, en dépit des interpellations de certains gouvernements à les rendre publiques.


A qui la cause alors ?

« L’OMS ne donne pas les noms des laboratoires collaborateurs réticents à la publication des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, mais il est clair pour tous les observateurs que les Etats-Unis représentent l’obstacle principal »

Ainsi il est expliqué comment les échantillons de la grippe aviaire sont collectés dans les pays touchés par la maladie, puis transmis à des laboratoires collaborateurs de l’OMS pour des tests ou directement collectés par divers programmes de surveillance des Etats-Unis, comme celui géré par le Réseau mondial des unités de recherches médicales de la Marine du Ministère de la Défense (NAMRU), basé notamment en Egypte et en Indonésie.


« Il n’est pas rassurant de voir que l’homme qui est responsable du Réseau NAMRU au Secrétariat à la Défense des Etats-Unis est Donald Rumsfeld, depuis longtemps implanté dans l’industrie pharmaceutique. » souligne le rapport.

La FAO (Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture) a, pour sa part complètement retourné sa veste ; après avoir pendant des années promu l’élevage de volaille à petite échelle, elle recommande dorénavant de passer des fermes familiales d’élevage aux fermes industrielles à grande échelle, au motif sanitaire que ces dernières sont "étroitement surveillés". Ce revirement de politique constitue « un coup tordu de la part de la FAO : convaincre d’abord les petits éleveurs d’abandonner leurs pratiques traditionnelles et leur biodiversité pour des pratiques modernes, ce qui les a davantage exposés à la grippe aviaire, et ensuite annoncer au monde que ces fermes doivent être définitivement fermées afin de laisser le champs libre aux gros élevages industriels du futur. »

Le rapport de GRAIN détaille également l’aspect financier de la réponse au niveau international à la grippe aviaire.

Plus de 80% des fonds alloués à la lutte contre l’épidémie sont affectés aux trois organisations dirigeant la stratégie mondiale : l’OMS, la FAO et l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), et, parmi les donateurs, les Etats-Unis sont au monde ceux qui dépensent le plus pour la grippe aviaire, même si la souche H5N1 du virus n’a pas encore touché le pays. Ce qui explique que « les financements ne sont octroyés qu’à condition que les gouvernements suivent les directives établies par l’OMS et la FAO, qui incluent des mesures controversées comme l’abattage, la constitution de stocks de médicaments, et une restructuration à long terme de l’industrie avicole.

GRAIN conclut en disant que, sous le prétexte d’une pandémie humaine imminente, on utilise « un énorme gourdin pour écraser une mouche », sans nuance, sans sensibilité aux besoins des personnes et sans reconnaissance des éleveurs locaux, et que cette stratégie profite à quelques uns : aux multinationales avicoles et aux multinationales pharmaceutiques. « L’ironie est que la solution proposée - une réorientation totale vers un élevage industriel - nous ramène directement à l’origine du problème. »

Concernant le poulet bicyclette est le surnom donné, en Afrique, aux poulets faméliques que l’on voit courir en toute liberté, et comme des dératés, en plein milieu des rues des villes et des villages : le prototype du propagateur de virus H5N1, à en croire l’OMS.
Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut

GRAIN

[Lire aussi: GRAIN, 2006, “Qui est le dindon de la farce? : Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire,” février 2006]


"Nous vivons en situation de pauvreté sans aucune infrastructure de base et personne ne se soucie de nos problèmes. Et tout d'un coup, une foule d'équipes de télévision, de médias et de médecins portant des masques chirurgicaux parcourent nos rues crasseuses pour recueillir plus de statistiques. Nos poulets représentaient notre unique source de revenus et maintenant, même ça ils l'ont détruit. Est-ce que c'est cela qu'on appelle gouverner?" -- Ganesh Sonar, petit agriculteur, Navapur, Maharashtra, Inde1


Le 17 février 2006, le gouvernement égyptien a confirmé que la grippe aviaire s'était déclarée dans la volaille du pays. L'attention internationale étant braquée sur cet événement, le gouvernement n'a pas voulu paraître non-préparé ou pire, en faute. C'est pourquoi il a immédiatement accusé les oiseaux migrateurs et les pratiques traditionnelles d'élevage avicole. "Le monde entier s'oriente vers les gros élevages parce qu'ils peuvent être facilement contrôlés par les services vétérinaires… Il est temps de laisser tomber l'élevage des poulets sur les terrasses des maisons," a déclaré le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif.2

Le gouvernement égyptien passa alors à l'action avec une opération de nettoyage de type militaire. Il a ordonné l'élimination des élevages domestiques de volailles dans les cours et sur les terrasses et interdit les marchés de volatiles vivants, où 80% de la volaille nationale est vendue. Des compensations ont été promises aux éleveurs et des réfrigérateurs aux commerçants afin qu'ils puissent s'orienter vers la vente de poulets congelés, mais ces promesses ne furent jamais concrétisées. En attendant, le gouvernement a interdit le transport de volaille vivante et ordonné que tout abattage ait lieu dans les abattoirs officiels, laissant les éleveurs qui n'habitent pas près des quelques abattoirs officiels sans aucun moyen d'abattre leurs poulets.

En moins d'un mois, le gouvernement égyptien a réussi à détruire son industrie avicole d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, les moyens d'existence de millions d'Egyptiens, la biodiversité de sa volaille et des pratiques traditionnelles d'élevage très anciennes. Le gouvernement assouplit actuellement les restrictions sur les importations de viande congelée pour faire face aux pénuries nationales et importe des poulets des Etats-Unis et d'Europe pour repeupler ses élevages commerciaux. 3

La réponse apportée par le gouvernement égyptien n'a pas seulement été indifférente à l'importance de la volaille pour sa population, mais a aussi montré qu'il avait été mal informé. Effectivement, quelques élevages de volaille dans des cours et sur des terrasses ont été contaminés, mais beaucoup plus de volatiles meurent de grippe aviaire dans les élevages industriels. De plus, depuis 2004, l'examen approfondi d'oiseaux migrateurs vivants ne montre pas de cas de grippe aviaire. 4 Bien que les rapports vétérinaires officiels accusent les élevages de basses-cours, le site du gouvernement égyptien cite clairement les premières manifestations de grippe aviaire dans trois élevages industriels où près de 70 000 volatiles ont été éliminés, suivies par des foyers qui se sont déclarés dans des fermes industrielles dans les régions de Ashmoun, Al-Marg, Giza Badrashaan and Damietta, et par l'abattage de 77 000 volatiles dans deux fermes près de la ville de Belbeis dans le désert et de 30 000 volatiles dans les environs de New Salhia où l'une des plus importantes entreprises égyptiennes d'élevage industriel possède ses exploitations. 5 L'industrie estime que 50% de ses fermes industrielles dans le pays ont été infectées et que plus de 25 millions de poulets ont été abattus. 6


Les pouvoirs politiques en jeu

La réponse du gouvernement égyptien est tristement représentative de ce qui se passe actuellement dans le monde entier. Les politiques actuelles sont telles que les conséquences pour les pauvres sont totalement éclipsées par des inquiétudes théoriques concernant une éventuelle pandémie humaine.

En Inde, par exemple, le gouvernement était mal préparé quand la grippe aviaire s'est déclarée dans l'Etat du Maharashtra en mars 2006. Comme en Egypte, l'intérêt soudain des médias poussa le gouvernement à passer à l'action. Même si on savait que la contamination venait du principal couvoir de la région, et bien que le bon sens aurait voulu que la réponse appropriée soit de suivre les voies de transmission qui en venaient, le gouvernement a imposé une élimination systématique dans un rayon de 10 km autour des sites infectés suivant les indications de l'Organisation mondiale de la santé. 7 Des éliminations similaires ont été réitérées dans l'un de plus pauvres districts de l'Etat quand un petit nombre d'échantillons récoltés dans différents villages sont revenus positifs. Dans ce district, une élimination totale a été effectuée sur une superficie de 1500 km², concernant plus de 300 000 volatiles et plus de 300 villages. 8 L'Etat a fourni une compensation aux fermiers affectés mais la somme de 0,88 US$ par animal était bien en dessous de la valeur d'un poulet de ferme qui se vend habituellement trois fois le prix d'un poulet d'élevage industriel, les œufs de ferme se vendant quant à eux quatre fois le prix des œufs industriels. 9 Inutile de préciser que le gouvernement ne dispose d'aucun programme prévoyant de réapprovisionner l'inestimable biodiversité avicole qui est détruite et qu'il est même question de nouvelles réglementations de l'Etat visant à interdire l'élevage de la volaille en basse-cour. 10

Mais les conséquences sur les pauvres ne font pas partie des préoccupations des gouvernements et des organismes internationaux dirigeant la stratégie mondiale de contrôle de la grippe aviaire. En revanche, l'OMS, qui ne s'est pas beaucoup soucié des répercussions des mesures de contrôle qu'il a recommandées sur les petits éleveurs, a été extrêmement sensible aux intérêts des entreprises pharmaceutiques et aux ambitions des collaborateurs scientifiques. Le mot de passe de sa base de données des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, la plus importante du monde, n'a été fourni qu'à 15 laboratoires dans le monde. 11 Ces information sur le séquençage sont extrêmement précieuses dans la course mondiale aux diagnostiques et aux vaccins de la grippe aviaire – un marché qui pourrait s'avérer colossal si une pandémie humaine se déclarait. Certains scientifiques et certains gouvernements interpellent actuellement publiquement l'OMS pour que cet organisme rende cette base de données publique dans l'intérêt de la santé mondiale. Mais l'OMS traîne des pieds, affirmant que cela découragerait les pays et certains de ses laboratoires collaborateurs de soumettre des données, sans doute parce qu'ils veulent garder des droits sur l'information. 12

L'OMS ne donne pas les noms des laboratoires collaborateurs réticents à la publication des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, mais il est clair pour tous les observateurs que les Etats-Unis représentent l'obstacle principal. Le Centre des Etats-Unis pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC), l'un des quatre "Centres collaborateurs" de l'OMS sur la grippe et le centre des opérations du programme mondial de surveillance de la grippe du gouvernement des Etats-Unis, refuse de rendre publiques la plupart de ses informations sur le séquençage. David Webster, expert-conseil des Etats-Unis pour l'industrie de la santé avance l'hypothèse que le CDC s'inquiète de ce que le partage des données ne compromette ses partenariats de recherche et développement sur le vaccin avec des compagnies privées. 13

Les données sur le séquençage que détiennent les Etats-Unis proviennent bien entendu d'échantillons du virus de la grippe aviaire collectés dans d'autres pays. Lors des manifestations de cas de grippe aviaire, des échantillons du virus étaient envoyés soit à des laboratoires collaborateurs de l'OMS pour des tests soit directement collectés par divers programmes de surveillance des Etats-Unis, comme celui géré par le Réseau mondial des unités de recherches médicales de la Marine du Ministère de la Défense (NAMRU). 14 L'unité de recherches médicales de la Marine au Caire, qui est le Centre collaborateur de l'OMS pour les infections émergentes et réémergentes pour le Moyen-Orient et la région méditerranéenne, a rassemblé une importante collection de séquences dans les pays affectés par la grippe aviaire comme l'Azerbaïdjan, l'Iraq et l'Egypte. 15 Il y a aussi une unité NAMRU en Indonésie, qui sert en même temps de centre collaborateur de l'OMS pour les maladies infectieuses en Asie du Sud-Est. 16 Mais après 30 ans de collaboration, le gouvernement indonésien a demandé au NAMRU de quitter le pays fin 2005, à l'expiration de son contrat. Un responsable du Ministère des Affaires étrangères a reconnu que le changement de position du gouvernement indonésien était lié à l'éventuel développement d'un vaccin contre la grippe aviaire qui pourrait rapporter "des milliards". Le gouvernement ne pourrait reconsidérer le renouvellement du contrat de l'unité NAMRU que si l'Indonésie se voyait octroyer une protection adéquate de propriété intellectuelle sur les échantillons prélevés sur son territoire. 17

Hormis l'Indonésie, la situation générale est la suivante: seuls quelques-uns des principaux laboratoires des pays industrialisés renforcent leur contrôle sur l'information génomique fondamentale par le biais de leur position privilégiée dans la mobilisation internationale contre la grippe aviaire, et l'OMS facilite ce processus. La plupart des pays en développement suivent avec zèle le protocole de l'OMS et soumettent leurs données à ses laboratoires collaborateurs qui sont concentrés dans quelques pays, ou encore accueillent ses équipes internationales de surveillance à l'intérieur de leurs frontières. 18 L'OMS n'a pas autorité sur les laboratoires collaborateurs et à moins d'accords clairs du type de celui que l'Indonésie demande, rien n'empêche ces laboratoires de passer un contrat d'exclusivité avec des compagnies pharmaceutiques, ce qui pourrait conduire à de graves problèmes d'accès aux médicaments pour les pays en développement si une souche du virus transmissible de personne à personne apparaissait. 19 Il n'est pas rassurant de voir que l'homme qui est responsable du Réseau NAMRU au Secrétariat à la Défense des Etats-Unis est Donald Rumsfeld, depuis longtemps implanté dans l'industrie pharmaceutique. 20

L'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), pour sa part, a répondu à la crise de la grippe aviaire par un complet revirement dans sa politique de production avicole. Après avoir pendant des années promu l'élevage de volaille à petite-échelle, la FAO veut désormais le faire disparaître. Son conseiller technique pour la grippe aviaire au Vietnam a récemment déclaré à l'agence France-Presse qu'il serait logique, à la fois pour la santé publique et pour l'économie du pays, de passer des fermes familiales d'élevage aux fermes industrielles à grande échelle. 21 Cette façon de penser correspond tout à fait à celle qui prévaut au sommet de cette organisation. Samuel Jutzi, directeur de la Production et de la santé animales à la FAO, a déclaré à un journal suisse que les petits élevages sont à l'origine de la diffusion de la grippe aviaire, et non les gros élevages industriels qu'il décrit comme étant "étroitement surveillés". Quand on lui demande si cela signifie la fin des petits élevages familiaux, Jutzi déclare: " Ce type de production deviendra très marginal. La volaille de grande qualité, élevée en plein air et nourrie au grain, deviendra un produit de niche".22 Le message essentiel de la FAO est donc que l'élevage industriel de volaille à grande échelle, contrôlé par un petit nombre de multinationales, est désormais la voie dans laquelle il faut s'engager.

Cela a du être un choc énorme pour les nombreux petits éleveurs dans le monde qui ont été attirés dans ces multiples programmes de la "révolution avicole" de la FAO. En Afghanistan, par exemple, la FAO, avec l'USAID et l'ONG du Bangladesh BRAC, a lancé un programme en 1999 pour développer une industrie avicole nationale. Avec ce programme, 16000 fermes familiales, la plupart d'entre elles dirigées par des femmes, sont passées d'espèces locales de volaille et d'une alimentation animale locale à des espèces à haut rendement importées et à une alimentation animale du commerce. De nombreuses éleveuses ont même fait des emprunts pour construire de nouveaux poulaillers. La FAO a aussi poussé à la création de fermes d'élevage commercial de taille moyenne autour des principales villes en fournissant les financements et la formation technique et en introduisant des poulets issus de croisements avec des poulets du Pakistan. Ces fermes commerciales plus importantes fournissaient les poussins aux villages.23

Grâce à la FAO, les petits producteurs de volaille de ferme d'Afghanistan sont maintenant intégrés dans l'industrie avicole mondiale. Il n'est donc pas surprenant qu'en mars de cette année ils aient été aussi intégrés dans la crise mondiale de la grippe aviaire, quand le virus H5N1 s'est déclaré dans des fermes autour des villes principales. C'est un coup tordu de la part de la FAO: convaincre d'abord les petits éleveurs d'abandonner leurs pratiques traditionnelles et leur biodiversité pour des pratiques modernes, ce qui les a davantage exposés à la grippe aviaire, et ensuite annoncer au monde que ces fermes doivent être définitivement fermées afin de laisser le champs libre aux gros élevages industriels du futur.


Un commandement centralisé

L'aspect financier de cette affaire en dit long sur la réponse à la grippe aviaire au niveau international. La plupart des fonds consacrés à la lutte contre la grippe aviaire ont été centralisés en janvier dernier lors d'une conférence à Beijing où à peu près 30 donateurs se sont engagés pour 1,86 milliards $. Plus de 80% de ces fonds sont affectés aux trois organisations dirigeant la stratégie mondiale: l'OMS, la FAO et l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale). Une somme supplémentaire de 500 millions, coordonnée par la Banque mondiale, sous forme de facilité de prêt, a été annoncée seulement quelques jours avant la réunion de collecte de fonds de Beijing. 24 Ce sont ces organisations et leurs donateurs qui établissent l'ordre du jour au niveau international et par conséquent, la plupart des programmes nationaux de lutte contre la grippe aviaire.

Parmi les donateurs, les Etats-Unis sont au monde ceux qui dépensent le plus pour la grippe aviaire, même si la souche H5N1 du virus n'a pas encore touché le pays. Il s'est engagé pour 334 millions $ à la réunion de Beijing, la plus forte contribution pour un seul pays, et peu après le Congrès des Etats-Unis a approuvé un supplément de 280 millions $ de fonds d'urgence pour l'année fiscale 2006, dont 130 millions $ allant à l'USAID pour ses activités internationales. 25 L'argent de Washington afflue partout et stimule en même temps ses entreprises, en particulier celles du secteur de la santé. 26 Les fonds affectés à la surveillance par exemple, une des priorités pour le gouvernement des Etats-Unis, bénéficieront à Applera Corporation, qui est sur le point de lancer un partenariat mondial avec la FAO, la CDC et l'OIE pour la distribution des protocoles de séquençage et des kits de détection de la grippe aviaire de la compagnie. 27

Cette structure de pouvoir au sommet se traduit en bas par les réponses d'urgence au niveau national, les opérations de surveillance et les programmes de préparation établis pour les pays en développement dans les réunions avec les responsables politiques et les experts des principales organisations internationales et les gouvernements occidentaux. Les financements ne sont octroyés qu'à condition que les gouvernements suivent les directives établies par l'OMS et la FAO, qui incluent des mesures controversées comme l'abattage, la constitution de stocks de médicaments, et une restructuration à long terme de l'industrie avicole. 28 Dans certains cas, ces experts étrangers participent directement aux prises de décision au niveau national, comme en Tanzanie, où l'USAID siège dans les deux comités chargés de l'organisation et de l'exécution du programme national de préparation d'urgence à la grippe aviaire. 29

Les programmes de préparation représentent une maigre consolation pour les petits éleveurs de volaille. Au Bénin, par exemple, le gouvernement a déjà informé les éleveurs que tous les volatiles seraient abattus dans un rayon de 3 à 5 km autour de toute ferme infectée par la grippe aviaire. Patrice Sagbo, un vétérinaire du pays, indique que les fonctionnaires du gouvernement promettent en compensation un peu moins de 4US$ par animal mais que personne ne les croit. On avait promis aux éleveurs une compensation pour leurs porcs lors d'une manifestation de grippe porcine en 2000, mais ils n'ont jamais vu l'argent. Cette fois, ajoute Sagbo, les éleveurs ont l'impression que le principal intérêt du gouvernement est de faire rentrer l'argent des donateurs internationaux. Jusqu'à présent, le gouvernement n'a rien fait pour aider les éleveurs qui souffrent de l'effondrement des marchés locaux à cause des consommateurs qui se détournent des poulets. Et si la grippe aviaire frappe, le plan de compensation du gouvernement ne couvrirait pas plus de 10% de l'ensemble de la volaille nationale. 30


Ecraser et contrôler

Le prétexte d'une pandémie humaine imminente issue de la grippe aviaire génère une réaction massive et centralisée de type "écraser d'abord et contrôler ensuite". La question est de savoir à qui cela profite. Plus la grippe aviaire se répand, plus il devient apparent que les institutions qui se trouvent au premier plan de la riposte mondiale au virus ont perdu le sens des réalités rurales. Leurs stratégies imposées par le haut peuvent être bien vues par les gouvernements, dont beaucoup sont négligents sinon hostiles vis à vis des petits éleveurs et de la biodiversité qu'ils entretiennent, mais elles sont catastrophiques pour les pauvres que ces institutions prétendent servir.

La crise de la grippe aviaire et la réponse mondiale ne produisent pas que des tragédies. Certains en profitent. La destruction des volailles de races locales et la restructuration du secteur avicole s'orientant vers les secteurs des fermes industrielles et des supermarchés "biosécures" bénéficieront aux multinationales avicoles et aux détaillants. Les anti-viraux et les kits de détection représentent déjà une aubaine pour certaines entreprises pharmaceutiques, et il y a une mine d'or potentielle avec les vaccins au cas où une souche de grippe aviaire transmissible de personne à personne apparaîtrait. On voit déjà des pays et des laboratoires jouer des coudes pour se positionner et être prêts à sauter sur ce juteux marché.

Les problèmes posés par cette riposte mondiale à la grippe aviaire commencent avec cette approche directive et centralisée. Ceux qui sont touchés reçoivent rarement une information utile sur la maladie et les mesures de contrôle correspondantes et on ne leur demande pratiquement jamais de participer aux prises de décision. En général, peu d'efforts ont été faits pour comprendre la dynamique de la maladie dans les contextes locaux ou pour travailler avec les communautés locales à la définition des stratégies. C'est ainsi qu'émergent inévitablement des solutions à grande échelle et des "stratégies mondiales" pour anéantir la maladie. Mais ces solutions et ces stratégies sapent à la base les solutions à long terme et au service des pauvres. C'est comme utiliser un énorme gourdin pour écraser une mouche. Il n'y a pas de nuance, pas de sensibilité aux besoins des personnes et, ce qui est pire que tout, pas de reconnaissance des compétences et des connaissances que les éleveurs ont pour gérer ce virus. C'est une vieille histoire qui se répète, mais cette fois-ci sous prétexte de sauver le monde d'une crise sanitaire. L'ironie est que la solution proposée – une réorientation totale vers une élevage industrielle - nous ramène directement à l'origine du problème. 31




Références


1 Joseph Keve, "Bird flu in India," Die Wochen Zeitung, Zurich, 26 February 2006.

2 "Egypt advises people to get rid of dead poultry," Reuters, 18 February 2006: http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L18767812.htm

3 "Egypt poultry industry protests as bird flu bites," Reuters, 1 March 2006; Government of Egypt, "11,000 chicks from US to Egypt": http://birdflu.sis.gov.eg/html/flu0102011.htm

4 "DoD-GEIS: Influenza Surveillance at NAMRU-3": www.apgea.army.mil/HIOupdate/HIOweeklyUpdate012105.pdf; Mike Ayyash, "Bye-Bye Birdie," Business Today, December 2005: http://www.businesstodayegypt.com/article.aspx?ArticleID=6216

5 Government of Egypt, "Bird Flu Statistics": http://birdflu.sis.gov.eg/html/flu01001.htm

6 Communication individuelle de El-Banna Company, 26 mars 2005.

7 Nidhi Jamwal, TV Jayan, Ritu Gupta and Padmaparna Ghosh, "Who flew?" Down to Earth (14:20), CSE/Down To Earth Feature Service: http://www.downtoearth.org.in/cover.asp? FolderName=20060315&FileNAme=news&sid=34&sec_id=9; Joseph Keve, op cit.

8 "Indian officials to slaughter more chickens after new bird flu cases,"Agence France-Presse, 28 March 2006: http://www.todayonline.com/articles/109534.asp

9 Entretien avec Joseph Keve, éleveur de volaille et chercheur de Maharashtra, 30 mars 2006.

10 Nidhi Jamwal, T V Jayan, Ritu Gupta and Padmaparna Ghosh, "Who flew?" Down to Earth (14:20), CSE/Down To Earth Feature Service: http://www.downtoearth.org.in/ cover.asp?FolderName=20060315&FileNAme=news&sid=34&sec_id=9

11 Selon Dick Thompson de l'OMS, ces 15 laboratoires se composent des Centres collaborateurs de l'OMS et des laboratoires de référence pour la grippe aviaire, ainsi que d'autres laboratoires nationaux qui ont soumis des données et qui sont d'accord avec les conditions d'utilisation.

12 "WHO expects agreement on system to open up controversial bird flu database," Canadian Press, 20 March 2006: http://ca.news.yahoo.com /s/20032006/2/xhealth-expects-agreement- system-open-controversial-bird-flu-database.html; Helen Branswell, "Labs shouldn't hoard flu data: Researcher," Canadian Press, 12 March 2006.

13 "WHO expects agreement on system to open up controversial bird flu database," Canadian Press, 20 March 2006: http://ca.news.yahoo.com /s/20032006/2/xhealth-expects- agreement-system-open-controversial-bird-flu-database.html; Helen Branswell, "Labs shouldn't hoard flu data: Researcher," Canadian Press, 12 March 2006.

14 Le centre de recherche de l'hôpital St Jude de Memphis, Tennessee, un laboratoire de référence de l'OMS pour la grippe aviaire, a été particulièrement actif dans la collecte d'échantillons et dans l'identification de candidats pour le développement du vaccin dans des programmes financés par le gouvernement des Etats-Unis et dirigés par le Dr Robert Webster. Voir ici et http://www.niaid.nih.gov/dmid/influenza/pandemic.htm

15 MedAire, "Avian flu outbreaks: Archived country updates": http://www.medaire.com/newsletter/avian_archived_updates.asp; WHO-EMRO website: http://www.emro.who.int/rpc/collaboratingcentres-emr.htm

16 DoD-GEISWeb: http://www.geis.fhp.osd.mil/GEIS/Training/namru-2asp.asp

17 "Indonesia wants Navy lab’s flu vaccine", Associated Press, 7 December 2005: http://www.navytimes.com/print.php?f=1-292925-1399098.php; "Indonesia plays a dangerous game with avian flu", Scientific American, 5 December 2005: http://blog.sciam.com/index.php?title= indonesia_plays_a_dangerous_game_with_av&more=1&c=1&tb=1&pb=1 ; "Indonesia may allow U.S. lab to remain," Associated Press, 7 December 2005.

18 Ces pays ayant des centres collaborateurs et des laboratoires de référence pour la grippe aviaire sont l'Australie, la Chine (Hong Kong), la France, le Japon, le Royaume Uni, and les Etats-Unis.

19 Douglas Adams, de l'OMS, déclare que les nouveaux virus sont maintenant couverts par un copyright, détenu par le laboratoire national d'origine (FluWiki, "Blocking Sequence Data is Harmful to our Health": http://www.fluwikie.com/pmwiki.php?n= Opinion.BlockingSequenceDataIsHarmfulToOurHealth ). Ce que cela signifie vraiment est loin d'être clair: Le droit de copyright de qui? Comment définit-on le laboratoire nationale d'origine? Que signifie 'nouveau'?

20 Rumsfeld a passé presque une décennie (1977-1985) comme Directeur général, Président, puis Président Directeur Général de GD Searle & Co, l'entreprise pharmaceutique étasunienne qui a apporté au monde l'édulcorant artificiel Nutrasweet (aspartame). Searle a été racheté par le géant de l'agrochimie Monsanto en 1985, ce qui a rapporté à Rumsfeld une prime de départ de 12 millions de US$. En 1997, Rumsfeld a pris le poste de president diecteur general de Gilead Sciences, l'entreprise pharmaceutique qui a développé le Tamiflu et qui est propriétaire du brevet. Le Tamiflu est censé soulager les symptômes de la grippe et il y a eu une ruée mondiale pour le produire et en acheter, car l'OMS et les gouvernements occidentaux l'ont promu comme la meilleure défense contre une pandémie humaine issue de la grippe aviaire. Gilead a vendu la licence exclusive pour produire et commercialiser le Tamiflu au géant suisse du médicament Roche. Gràce à la singulière promotion de ce seul médicament, Rumsfeld se fait actuellement des millions en tant que l'un des plus gros actionnaires de Gilead. Voir http://www.grain.org/briefings/?id=194; http://www.defenselink.mil/bios/rumsfeld.html; et, http://en.wikipedia.org/wiki/G.D._Searle

21 "Does bird flu cloud have silver lining for Vietnam's poultry sector?", Agence France-Presse, 11 March 2006: http://news.yahoo.com/s/afp/20060312/ wl_asia_afp/healthfluvietnampoultry

22 Anne Kauffman, "Le H5N1 favorisera les usines à poulets?" La Presse, 13 mars 2006: http://www.lapresse.ch/vqhome/le_journal/ economie/usine_poulet_130306.edition=nv.html

23 M.H. Nessar and O. Thieme (FAO Programme for Afghanistan), "Family poultry production in Afghanistan," www.fao.org/ag/againfo/subjects/en /infpd/documents/papers/2004/7afghan1503.pdf; FAO, "Afghanistan: a way out of poverty with milk and poultry production," June 2002: http://www.fao.org/english/newsroom/news/2002/5480-en.html; BRAC Afghanistan: http://www.bracafg.org/agri1.php

24 Site de la Banque Mondiale

25 USAID website: http://www.usaid.gov/ our_work/global_health/home/ News/news_items/avian_influenza.html

26 Voir par exemple la liste des dons accordés à la recherche développement sur la grippe aviaire aux entreprises étasuniennes par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses:http://www.niaid.nih.gov/dmid/influenza/pandemic.htm

27 Presentation by Applied Biosystems (a subsidiary of Applera), December 2005: www.ead.ae/Tacsoft/FileManager/News /DubaiBiotech/Applied%20Biosystems%20AI%20Iniative% 20Dec%202005.pdf . Voir aussi John Carey, "Prevent a pandemic, make a profit," BusinessWeek Online, November 28, 2005: http://www.businessweek.com/magazine/content/05_48/b3961078.htm

28 World Bank, "Avian and Human Influenza: Multidonor Financing Framework," January 12, 2006: http://siteresources.worldbank.org/ PROJECTS/Resources/ 40940-1136754783560/AHIFinancingFrameworkFINAL.pdf

29 USAID, "USAID provides an additional $700,000 to prevent bird flu outbreak": http://tanzania.usaid.gov/article.php?id=0065_EN

30 Entretien avec Patrice Sagbo, April 3, 2006.




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