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L'INTELLIGENCE
DU
PIGEON BISET

Un moine demanda un jour à un vieillard :
Quelle est la Voie ?
Le vieil homme répondit :
Notre bon sens est l'unique Voie.

Adage Zen


Le bon sens, qu'est-ce que c'est au juste ?


On peut le définir comme une notion objective émanant d'un constat d'évidence, expérimenté et éprouvé au quotidien par un nombre important d'individus.
Dans le "Discours de la méthode" Descartes fait du bon sens « la chose du monde la mieux partagée ». Tout le monde a du bon sens.

Je me souviens étant petit avoir vu des mamies sur leur banc, ne parlant que de cela « Un peu de bon sens quand même ! » disaient t-elle. Je les aimais bien, elles étaient si mignonnes là sur leur banc, regardant la vie se dérouler devant leurs yeux fatigués.
Elles avaient du bon sens, quand elles donnaient à manger aux pigeons, elles avaient du bon sens quand elles invitaient les petits enfants de l'immeuble, peu importe leur couleur de peau, à manger des gâteaux savoureux. Elles avaient du bon sens, quand elles disaient : « Bah, toutes ces différences c'est n'importe quoi, si tu me coupes la peau et que tu coupes la peau à l'autre, il y a le même sang qui en sort, donc on est pareil. » Eh bien, même si elles n'avaient jamais abordé l'anthropologie structurale ou la logique tétravalente, elles possédaient l'essentiel d'une compréhension profonde de la vie. Le bon sens, celui qui parle au coeur. Je ne parle pas ici du bon sens commun conformiste, banalité du bistrot.

Comme tout ce qui est humain le bon sens peut se situer sur des plans de conscience différents. Ici c'est le bon sens du cœur dont je fais mention. La simplicité qui amène à l'essentiel.







Les pigeons vous dégoûtent peut-être, mais ils peuvent apprendre à lire

Source : Antoine Oury - 22.09.2016

Ils ont beaucoup de concurrence en ville, mais il est malgré tout difficile de trouver plus stupide qu'un pigeon, en apparence. La revue PNAS publie ainsi une étude qui prouve que les volatiles peuvent cependant apprendre à distinguer un mot simple correctement orthographié d'une occurrence comportant une faute d'orthographe.

L'étude de Damian Scarf, Karoline Boy, Anelisie Uber Reinert, Jack Devine, Onur Güntürkün et Michael Colombo, intitulée « Processus orthographique chez les pigeons », pourrait vous faire changer d'avis sur les seuls animaux que l'on croise assidument en ville, les pigeons, espèce Columba livia, la plus courante dans les métropoles.

La revue PNAS publie ainsi les résultats de 8 mois de travail et d'entraînement avec 4 individus sélectionnés au sein d'une volière de 18 pigeons : les chercheurs ont appris successivement différentes activités aux pigeons, en commençant par le fait de se nourrir dans une mangeoire, suivi par la reconnaissance des formes, et enfin un apprentissage orthographique.

Des mots de 4 lettres maximum ont ensuite été « appris » par ces bestiaux, qui se sont vu proposer d'autres suites des mêmes lettres, sans aucun sens, avec la charge de distinguer les uns des autres. Les oiseaux ont même été capables de faire la différence entre « very » (« très ») et « vrey », témoignant d'un sens assez aigu de l'orthographe.

On pourrait penser que c'est une sorte de mémoire visuelle qui fait le travail, mais les scientifiques sont formels : « L'effort des pigeons se rapproche plus de celui fait par une personne lettrée que de celui d'un babouin », soulignent les auteurs. À la fin de l'expérience, et selon les sujets, les pigeons étaient capables de distinguer et de retenir entre 26 et 58 mots.

Des expériences antérieures portaient essentiellement sur la reconnaissance des formes : en 2015, des scientifiques de l'université de l'Iowa étaient parvenus à classer 128 images dans 16 catégories, symbolisées par des symboles. Une méthode assez proche de celle utilisée avec les enfants pour leur apprendre la signification des mots, mais que les volatiles ont absorbée dans la douleur : il leur aura fallu environ 45.000 leçons pour intégrer les différentes catégories.

L'expérience permet de comprendre l'activité neuronale liée à la lecture et au langage : les aires visuelles du cerveau sont actives au cours de la lecture, comme lorsqu'il s'agit de reconnaître une forme, et le fait de pouvoir lire ne serait donc pas lié à une quelconque évolution du cerveau. Bien entendu, plus il est gros, mieux c'est, mais l'activité est à la portée de toute créature qui en possède un.

« La possibilité la plus intrigante est que les aires visuelles associées aux mots et à la lecture sont le produit d'un recyclage neuronal qui conduit les neurones à coder et décoder des stimulus visuels qui diffèrent grandement de ceux qu'il est habitué à coder à l'origine », soulignent les scientifiques.

via Popular Science


Peut-on entraîner des pigeons à détecter le cancer?

Source : Santé sur le net, le 20/11/2015

La question semble incongrue, pourtant la réponse est peut-être moins improbable que la question, en effet les chercheurs misent sur les sens très développés des animaux pour les entraîner à reconnaitre des caractéristiques spécifiques des cellules cancéreuses.En Angleterre, l’hôpital universitaire Milton Keynes mène actuellement un essai clinique pour tester si des chiens, très entraînés, pourraient sentir et détecter des cellules cancéreuses de la prostate ou de la vessie dans des échantillons d’urine.

Après les chiens, c’est au tour des pigeons de devenir experts en détection de cancers. Des chercheurs américains ont entraîné 8 pigeons à regarder des coupes de tissus mammaires et à distinguer la présence de cellules cancéreuses bénignes ou malignes. Après 14 jours d’exercices, un pigeon entraîné est capable de donner un bon diagnostic dans 85 à 90% des cas. Cette étude fait l’objet d’une publication dans le journal PLOS One.

Pour entraîner les 8 pigeons, les auteurs de l’étude ont placé chaque pigeon dans une petite chambre en face d’un écran tactile sur lequel étaient présentées des images de cellules cancéreuses bénignes ou malignes. Le pigeon pouvait faire son diagnostic en tapant du bec sur un rectangle jaune (cancer bénin) ou bleu (cancer malin) présents à l’écran. A chaque fois que le pigeon faisait le bon diagnostic, une récompense alimentaire lui était proposée. L’exercice a été répété 144 fois sur une période de 14 jours (voir vidéo ci-dessous, texte en anglais, © 2015 Levenson et al.)

A la fin de la période d’apprentissage, les chercheurs ont testé les connaissances des 8 pigeons en leur montrant de nouvelles images à diagnostiquer. Pour compliquer les affaires des pigeons, les chercheurs ont modifié les images par rapport à celles présentées lors de l’entraînement, en changeant le grossissement, la couleur ou encore l’orientation. Les pigeons entraînés ont correctement identifié les images dans 85 à 90% des cas. Mieux, lorsque les 8 pigeons étaient regroupés pour se prononcer sur une photo, le diagnostic émis était le bon dans 99% des cas!

Comment font-ils? Les pigeons ont un système visuel très développé qui les aide à se repérer spatialement. Ils peuvent donc apprendre à reconnaitre des éléments visuels élaborés dans des images. Pour les chercheurs qui ont réalisé cette étude, les pigeons ont appris, tout comme l’œil humain, à distinguer les caractéristiques géométriques des cellules cancéreuses.

Il est clair que l’objectif de cette étude n’est pas de remplacer les spécialistes d’anatomo-pathologie par des pigeons, ni même de confirmer le diagnostic humain à l’aide de pigeons. Pour autant, les pigeons pourraient être utilisés dans le cadre du développement de nouvelles techniques d’aide au diagnostic d’images médicales.

Source : Levenson RM, Krupinski EA, Navarro VM, Wasserman EA (2015) Pigeons (Columba livia) as Trainable Observers of Pathology and Radiology Breast Cancer Images. PLoS ONE 10(11):e0141357. doi:10.1371/journal.pone.0141357


Quand des scientifiques entraînent des pigeons à raisonner comme des enfants en bas âge

Source : Atlantico, le 06/02/2015

Si un enfant arrive à classer des objets dans plusieurs catégories en moins d'une heure, plus de 45 000 leçons sont nécessaires aux volatiles pour en faire de même.

Des scientifiques de l'université de l'Iowa, aux Etats-Unis ont entraîné des pigeons à classer 128 images différentes dans 16 catégories grâce à des ordinateurs à écrans tactiles. Récompensés par de la nourriture pour chaque réponse correcte, les volatiles ont mis 64 jours à classer ces objets dans leurs différentes catégories. D'après les chercheurs, cette méthode est semblable à celle utilisée par les parents pour apprendre les premiers morts à leurs enfants.

Pour réaliser cette étude, les scientifiques ont entraîné trois pigeons à attribuer des images de chiens ou de chaussures à des symboles spécifiques en échange d'une récompense. Une fois exposés à des images inédites de chiens ou de chaussures en noir et blanc, les pigeons se sont montrés capables d'associer ces clichés aux symboles correspondants. Les auteurs de cette étude affirment qu'il s'agit d'une approche similaire à celle des jeunes enfants apprenant à nommer des objets. Si un enfant arrive à classer des objets selon 16 catégories en moins d'une heure, plus de 45 000 leçons ont été nécessaires aux volatiles pour en faire de même.

Psychologue à l'université de l'Iowa, le Professeur Edward Wasserman a commenté : "Si les enfants apprennent évidemment plus vite que les pigeons, nos volatiles ont été testés sans aucune connaissance préalable, ils ne comprenaient pas la nature des exercices, et n'avaient rencontré aucune de ces catégories auparavant".


Malin pigeon

Source : Le Temps, le 28/08/2014

Selon une étude menée par des psychologues de l’Université de Warwick (Grande-Bretagne), publiée dans la revue Biology Letters, lorsqu’il s’agit de prendre plus ou moins de risques pour obtenir une récompense plus ou moins grande, hommes et pigeons – en fait – sont pareils. De quoi nourrir la modestie humaine

Voilà une étude qui remet un peu l’Homo sapiens à sa place sur l’échelle de l’évolution de la sagesse: lorsqu’il s’agit de prendre plus ou moins de risques pour obtenir une récompense plus ou moins grande, hommes et pigeons sont pareils. C’est ce que dit une étude menée par des psychologues de l’Université de Warwick, publiée ce jeudi dans les Biology Letters, et menée donc sur 33 pigeons (6 aviaires et 27 humains).

Souvent, écrivent les savants, les études sur les risques menées sur des patients sont ardues à comparer avec celles effectuées avec des animaux, car aux premiers sont explicitement décrites en préambule toutes les implications des options à choix, tandis que les seconds doivent petit à petit les déduire de leurs expériences. Les chercheurs ont donc placé tous les cobayes (membrés et ailés) dans deux types de situations. Dans la première (dite à «valeur faible»), ils pouvaient soit obtenir avec certitude une unité de récompense, soit prendre le risque (à 50/50) d’obtenir aléatoirement deux unités ou aucune. Dans le deuxième cas (à «valeur haute»), idem: soit glaner avec une garantie complète trois unités, soit en emporter au hasard deux ou quatre. Et tout cela sans qu’aucune indication initiale n’ait été livrée aux sujets.

Résultat: bipèdes et volatiles ont affiché une appréciation des risques «remarquablement similaire». Dans les situations à «valeur faible», où même la plus grande récompense était assez restreinte, tous évitaient de prendre des risques. Dans le cas à «valeur haute» par contre, ils osaient davantage miser sur le choix aléatoire, sachant qu’ils obtiendraient, au pire, deux unités de récompense au moins. Pour les psychologues, ces résultats contredisent l’hypothèse souvent émise selon laquelle la sensibilité au risque serait plus faible lorsque les primes en jeu sont, en absolu, plus grosses. De plus, la décision des cobayes serait davantage influencée par les situations extrêmes (ici la crainte de n’obtenir aucune unité de récompense, ou l’excitation d’en gagner quatre). En résumé, la sensibilité au risque n’est pas si différente entre les roucouleurs et les rouleurs de mécaniques cérébrales. Au final, dans l’affaire, qui donc est le pigeon de qui?


Les pigeons voyageurs ont une carte dans la tête, et ils savent la lire

Source : Futura-Sciences - Le 29/07/2013 à 17:41 - Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences

Il n’aura fallu que quelques pigeons voyageurs affamés pour le prouver : ces oiseaux utilisent une carte pour rentrer chez eux, qu’ils interprètent au moyen de leurs capacités cognitives. Mais comment les chercheurs ont-ils fait pour le savoir ?

Les pigeons voyageurs (Columba livia) intriguent depuis des siècles par leurs étonnantes facultés de navigation. Elles leur permettent par exemple de revenir à leurs pigeonniers après avoir été déplacés par l’Homme vers des lieux inconnus. Nos aînés ont d’ailleurs su exploiter cette caractéristique, puisque des pigeons ont notamment été utilisés comme messager durant la première guerre mondiale par l’armée belge. Mais que sait-on au sujet de ces capacités ? Quelques faits semblent avérés. Ainsi, comme les oiseaux migrateurs, les pigeons voyageurs utiliseraient le Soleil, les étoiles et le champ magnétique terrestre pour naviguer.

Ceci dit, cette information n’explique pas comment ils opèrent pour toujours revenir avec précision vers leur résidence principale. À ce sujet, deux hypothèses s’affrontent. Selon la première, les volatiles agiraient « mécaniquement ». Ils connaîtraient les coordonnées géographiques de leurs pigeonniers, et chercheraient à les rejoindre quoi qu’il arrive s’ils sont déplacés. La deuxième hypothèse les dote de meilleures capacités cognitives. Les Columba livia voyageurs auraient pleinement conscience de l’environnement qui les entoure, et de leur position par rapport à leur pigeonnier. En d’autres mots, ils auraient une carte dans la tête qu’ils pourraient interpréter.

Pour prouver l’une ou l’autre de ces théories, une doctorante de l’université suisse de Zurich, Nicole Blaser, a mené une expérience avec 131 volatiles équipés de mini-enregistreurs GPS. Les résultats viennent d’être publiés dans la revue Journal of Experimental Biology (JEB). C’est confirmé : les pigeons voyageurs ne sont pas des robots !

Les pigeons affamés volent vers la nourriture

Contrairement à ce qui se fait avant les compétitions colombophiles, les pigeons n’ont pas été conditionnés, par exemple en recevant de la nourriture dans leur pigeonnier d’origine, avant d’être déplacés. Attention, cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas été nourris. Ils ont bien reçu des graines, mais dans un autre pigeonnier situé à 30 km du premier. Après cela, les volatiles ont été emmenés sur un troisième site qui leur était inconnu, au sein d’un territoire non-familier. Il se trouve à équidistance des deux sites précédemment évoqués, dont la vue était masquée par des obstacles naturels.

C’est à ce stade qu’intervient l’astuce de l’expérience. Deux groupes de pigeons ont été constitués. Les volatiles du premier ensemble ont pu se nourrir jusqu’à satiété avant de prendre leur envol. Les autres sont partis sans avoir mangé, donc en ayant faim. La question posée était alors la suivante : vont-ils rejoindre leur pigeonnier d’origine, puis se rendre sur le « site alimentaire », ou directement voler vers ce celui-ci ?

Résultats : les oiseaux rassasiés ont volé en direction de leur pigeonnier d’origine, tout en évitant parfois quelques obstacles topographiques. Les pigeons affamés ont pour leur part décollé en direction du site alimentaire. Ils ont eux aussi eu à contourner quelques obstacles, mais ont toujours su reprendre la bonne direction par la suite. Ainsi, les Columba livia voyageurs savent bien déterminer leur position, puis suivre une route pour rejoindre une cible… de leur choix. Ils ont donc une carte de navigation dans la tête, qu’ils exploitent au moyen de leurs capacités cognitives. CQFD !


Le "test de la ficelle" met en évidence l'intelligence insoupçonnée des pigeons

Source : Atlantico
Publié le 4 juin 2013

Les volatiles utilisent un écran tactile et des ficelles virtuelles pour attraper de la nourriture. Ils s’avèrent très doués pour résoudre des problèmes complexes et tirer des bonnes ficelles.

Une étude de l’Université de l’Iowa rend hommage aux capacités insoupçonnées des pigeons. On savait déjà qu’ils étaient capables de se reconnaitre sur une vidéo, et on comparait parfois leur intelligence à celle d’un enfant de trois ans. On sait maintenant qu’ils sont capables d’utiliser un écran tactile dans un test d’intelligence consistant à résoudre des problèmes complexes, grâce à une étude publiée dans le journal Animal Cognition et dirigée par Edward Wasserman.

On croit souvent que les pigeons picorent au hasard avec leur bec. Mais cette recherche prouve qu’en réalité, ils sont capables de "choix très intelligents, impliquant parfois des compétences de résolution de problèmes ».

Le principe ? Edward Wasserman, professeur de psychologie expérimentale et son équipe ont réutilisé un test d’intelligence bien connu, le "string task" ("la tache de la ficelle"). Ce test présente plusieurs ficelles, et au bout de l’une d’elles est attachée une récompense. Le participant doit tirer la bonne ficelle pour obtenir la récompense. En l’occurrence, le dispositif était représenté sur un écran tactile, et la récompense étant représentée pas un bol plein de nourriture. A l’inverse, la mauvaise ficelle était rattachée à un bol vide. Si les pigeons touchaient la bonne ficelle, le bol se rapprochait d’eux petit à petit, jusqu’à éventuellement arriver suffisamment près pour que l’animal soit réellement récompensé… avec de la véritable nourriture.

Les volatiles ont montré des résultats brillants. Ils ont généralement choisi la bonne ficelle, affichant un taux de réussite entre 74% et 90% selon la difficulté de la configuration. "Les pigeons ont prouvé qu’ils pouvaient apprendre cette tâche avec une variété de configurations différentes des ficelles – même celles impliquant des ficelles croisées, la configuration la plus difficile à apprendre avec des ficelles réelles", explique Edward Wasserman.

Pendant la tâche, on peut voir les pigeons "picorer la nourriture virtuelle sur l’écran à mesure qu’elle se rapproche", ont noté les scientifiques, suggérant que les animaux font un lien entre les ficelles virtuelles et les repas.


Chagall, Van Gogh et les pigeons experts

Source : LE MONDE SCIENCE ET TECHNO - 28.02.2013 à 17h34 - Par Pierre Barthélémy

Shigeru Watanabe est un chercheur japonais qui aime l'art et les pigeons (on parle ici des volatiles et non de ceux qui se font plumer en achetant des tableaux surcotés). Ce spécialiste de psychologie a réalisé plusieurs études pour montrer qu'il était possible d'enseigner à ces oiseaux quelques éléments d'esthétique indispensables pour briller en société. En 1995, il a ainsi appris à des pigeons à différencier un Monet d'un Picasso. Puis il a voulu comparer la capacité d'expertise de ces oiseaux avec celle d'humains. Cette fois-ci, les deux artistes retenus ont été Marc Chagall et Vincent Van Gogh.

Dans un article publié en 2001 par la revue Animal Cognition, Shigeru Watanabe explique comment il a entraîné des columbidés à différencier quatre tableaux de chacun des deux peintres, visualisés sur un écran de télévision. En session Van Gogh, les oiseaux reçoivent des graines en picorant un bouton quand une des oeuvres du Néerlandais apparaît à l'écran, mais n'ont rien s'ils le font quand un tableau de Chagall s'affiche. Et vice versa en session d'entraînement Chagall.

Une fois que le taux de réussite dépasse les 90 %, le chercheur japonais commence son expérience en intégrant à sa collection trois tableaux (deux de Van Gogh et un de Chagall) que les pigeons n'ont jamais vus. Et les oiseaux n'éprouvent pas de difficulté particulière à les classer correctement ! De la même manière, si les oeuvres apparaissent en noir et blanc ou si la moitié du tableau est cachée, leurs performances ne sont pas beaucoup diminuées.

Puis vient le tour de représentants de l'espèce Homo sapiens. Vont-ils faire mieux que les oiseaux ? Il s'avère que oui (ouf !). Tout comme les pigeons, ces humains sont capables de repérer, à partir de quelques oeuvres, ce qui fait le style d'un artiste et d'appliquer ces indices à des tableaux jamais vus auparavant.

Dans une étude publiée en 2009 dans la même revue, Shigeru Watanabe veut aller plus loin et voir si les pigeons saisissent ce qui fait la différence entre un "beau" tableau et une horreur. Pour ne pas avoir à ergoter pendant des heures sur les goûts et les couleurs (surtout avec des pigeons), le chercheur se concentre sur des productions réalisées par des bambins de 9 à 11 ans, estimant qu'il existe un consensus sur le fait de savoir que tel dessin d'enfant est vraiment joli, ma cocotte, on va l'encadrer, et que tel autre dessin est, hmm..., intéressant, mon poussin, mais on va plutôt le ranger dans la poubelle.

En suivant le même protocole que dans ses travaux précédents, le psychologue nippon montre que les oiseaux sont capables de différencier un dessin bien propre (noté A par le professeur d'art plastique de l'école) d'un informe gribouillage (injustement noté D par ledit professeur qui n'a jamais vu un Jackson Pollock).

Certains se demanderont à quoi rime ce genre d'expérience. Reconnaissons que l'on peut en tirer deux enseignements. Le premier, explique Shigeru Watanabe, est que, malgré un cerveau assez différent du nôtre, ces columbidés parviennent à bien catégoriser des images, peut-être parce que leurs ancêtres ont développé une cognition visuelle analogue à celle des ancêtres de l'homme. Après tout, il s'agissait dans les deux cas d'animaux diurnes vivant dans des arbres.

Le second enseignement est que le marché de l'art risque de péricliter si même des pigeons sont capables de différencier un chef-d'oeuvre d'une croûte.

Journaliste et blogueur


Science décalée : les pigeons reconnaissent un Monet d’un Picasso

Source : Le 3 juin 2012 par Janlou Chaput, Futura-Sciences

Des chercheurs japonais ont eu la brillante idée de confronter des pigeons à des photographies de tableaux de grands maîtres, comme Monet et Picasso. Et les oiseaux sont parvenus à différencier les toiles cubistes des impressionnistes ! La nouvelle doit réconforter ces peintres, qui se réjouissent probablement au fond de leur tombe de toucher un public plus large...

Pourquoi obliger des pigeons à contempler une toile de maître ? L’idée des scientifiques de l’université Keio, au Japon, paraît complètement délirante. Pour preuve, cette recherche leur a valu un prix : le fameux IgNobel de psychologie en 1995. Ou l’étude la plus farfelue de l’année. Mais elle ne l’est peut-être pas autant qu’elle en a l’air… Enfin presque.

Monet et Picasso figurent parmi les peintres les plus célèbres. Le premier, Claude de son prénom, est devenu le fer de lance de l’impressionnisme, dont l’un des tableaux le plus célèbre, Impression soleil levant, a donné le nom au mouvement pictural. Celui-ci se caractérise par des scènes quotidiennes mises en image d’une manière personnelle, sans rétablir la stricte vérité du paysage mais en mettant en lumière la beauté et la surprise de la nature.

Il tranche nettement avec le cubisme, apparu quelques décennies plus tard, sous le pinceau de deux génies, Georges Braque et Pablo Picasso. Ce courant en termine avec le réalisme et y préfère la représentation de la nature par des formes étranges et inconnues.

Une simple éducation picturale permet à n’importe quel être humain de différencier les deux mouvements. Mais qu’en est-il des pigeons ? C’est vrai, pourquoi faudrait-il réserver l’art aux Hommes quand les villes dans lesquelles sont implantés les plus grands musées regorgent de pigeons ?

Ce n’est pas tout à fait avec cette idée que des chercheurs de l’université de Keiro, au Japon, se sont lancés dans une expérience troublante, à savoir si ces oiseaux à la mauvaise réputation pouvaient différencier un Monet d’un Picasso. Ils souhaitaient simplement étudier la discrimination visuelle chez ces volatiles et tester leur perception du monde. Les résultats sont livrés dans Journal of the Experimental Analysis of Behaviour daté de mars 1995.

L’étude : les pigeons sont-ils impressionnistes ou cubistes ?

Pour le bon déroulement de l’expérience, les scientifiques disposaient de pigeons dits « naïfs », c’est-à-dire que leurs sujets n’avaient jamais suivi des études d’art appliqué. Il fallait donc les trouver. Malgré la difficulté de la tâche, huit cobayes ont participé aux tests.

Les oiseaux étaient classés en deux groupes. Dans l’un d’eux, les quatre volatiles recevaient des graines de chanvre (la plante à partir de laquelle on tire le cannabis) dès qu’une peinture de Monet apparaissait, mais rien face à une œuvre de Pablo Picasso. Bien évidemment, le même renforcement positif existait pour les quatre autres pigeons, cette fois quand on les confrontait à une toile du maître cubiste. Les scientifiques ont eu la gentillesse d’éviter les pièges et de choisir des peintures caractéristiques de chaque courant pictural.

La deuxième partie est intéressante car elle vise à généraliser le concept. Ainsi on confrontait nos nouveaux critiques d’art à des tableaux de leur maître préféré qu’ils n’avaient encore jamais vus. Les volatiles ne se sont pas laissé impressionner et ont de suite compris le stratagème. En appuyant du bec sur une touche située devant eux, ils pouvaient manifester leur choix et être récompensés le cas échéant.

Quasiment aucune erreur dès le premier essai. De même pour les suivants. Mieux, les adeptes du cubisme réclamaient à manger quand ils voyaient un tableau de Georges Braque tandis que les autres appuyaient frénétiquement sur le bouton à la vue d’un tableau de Cézanne ou Renoir, deux autres impressionnistes. Pas mal pour un petit cerveau !

Enfin, l’épreuve ultime. Qu’est-ce que ça donne si on met Monet et Picasso la tête à l’envers ? Cette fois, il faut reconnaître que les résultats sont plus mitigés. Si l’expérience n’a pas affecté les performances des pigeons cubistes, il n’en a pas été de même pour l’autre groupe, incapable d’y voir les œuvres pour lesquelles ils avaient tant vibré.

Les auteurs de ce travail suggèrent alors que leurs cobayes à plumes impressionnistes reconnaissaient dans les toiles des objets réels et devenaient incompétents quand leur univers était représenté à l’envers. De l’autre côté, les fans de Pablo Picasso s’habituaient à discriminer des formes inédites, qui le restaient même retournées. La preuve que les pigeons maîtrisent eux aussi l’art de la catégorisation.

L’œil extérieur : de l'intérêt de l’art chez les pigeons

Certes, cette découverte ne révolutionnera pas le monde mais en dit davantage sur les performances cognitives des pigeons. Après tout, il n’y a pas que notre intelligence qui compte ! Voyons-le comme une manière de sortir de l’anthropocentrisme, même si le parallèle avec l’être humain se fait toujours.

Cette recherche s’inscrit surtout dans un contexte où les oiseaux étaient testés dans leur sensibilité à l’art. Car si ce travail focalise son attention sur les génies de la peinture, d’autres scientifiques avaient affirmé en 1984 que ces mêmes animaux pouvaient différencier du Bach et du Stravinsky (évidemment, on parle de musique). D’autres études (tout aussi passionnantes…) montrent la façon dont les scientifiques ont habitué les pigeons à l’image de Charlie Brown, un personnage de bande dessiné inventé en 1950 sous la plume de l’Américain Charles Schultz. Est-ce vraiment mieux ? La seule différence est qu’à cette époque, les prix IgNobel n’existaient pas encore…


Comme les primates et les humains, les pigeons savent quantifier !

publié le 23 décembre 2011

Cervelles d'oiseau les pigeons, vraiment?

Radio Canada

Les pigeons peuvent classer des ensembles par rapport au nombre d'éléments qu'ils contiennent, tout comme le font les singes, affirment des biologistes néo-zélandais.

Le Dr Damian Scarf et ses collègues de l'Université d'Otago ont démontré que ces oiseaux étaient capables de suivre certaines règles numériques.

Longtemps, l'humain a pensé qu'il était le seul, avec les grands singes, à maîtriser la compréhension de concepts abstraits. Toutefois, depuis quelques années, des travaux montrent que d'autres animaux peuvent aussi comprendre la règle du nombre.

Le magazine Science a publié, il y a quinze ans, une recherche qui montrait que les macaques pouvaient classer des images selon le nombre d'objets qu'elles représentaient. C'est en utilisant cette méthode que le Dr Scarf a démontré que les pigeons avaient aussi cette aptitude.

Son équipe avait préalablement entraîné des oiseaux en leur présentant 35 groupes de trois images. Chacun de ces groupes avait des images avec un, deux ou trois objets de différentes tailles, couleurs ou formes.

Les pigeons recevaient de la nourriture s'ils réussissaient à placer les images dans l'ordre ascendant.

« Nos travaux montrent que non seulement les pigeons sont membres de ce club exclusif, mais aussi, et, étonnamment, qu'ils le sont avec autant de réussite que les singes. » — Dr Damian Scarf

La question est maintenant de savoir si cette capacité est apparue chez un ancêtre commun aux oiseaux et aux primates ou si elle s'est développée de manière indépendante dans ces deux groupes.

La prochaine étape sera de suivre le cheminement neuronal de ces habiletés en enregistrant l'activité de leurs neurones lorsqu'ils sont soumis aux expériences.

Les pigeons picorent dans le bon ordre

Science et Avenir

Trois, cinq ou huit graines... Le pigeon fait la différence! Il se révèle aussi habile que le signe macaque pour ordonner des quantités!

Faire la différence entre des quantités -un groupe de deux ou un groupe de quatre objets- c’est à la portée de beaucoup d’espèces animales, primates mais aussi éléphants, abeilles ou oiseaux. Il a ainsi déjà été montré que les pigeons sont capables de dénombrer. Mais quand il s'agit d’utiliser une règle mathématique abstraite, la liste des bons élèves est tout de suite plus courte. Des chercheurs démontrent désormais que les pigeons en sont capables, égalant les singes.

Damian Scarf (Université d’Otago, Dunedin, Nouvelle-Zélande) et ses collègues ont fait passer à des pigeons les tests conçus à la fin des années 90 par l’équipe d’Elizabeth Brannon pour les macaques. Après avoir été entraînés à classer dans l’ordre des groupes de un, deux ou trois items de différentes formes, tailles et couleurs, les singes ont fait de même avec des groupes de 1 à 9 items. Leur réussite montrait qu’ils étaient capables d’apprendre une règle abstraite et de l’appliquer à des objets et des quantités nouvelles.

Les pigeons ont fait de même : après avoir été entraînés à piquer du bec dans le bon ordre les images avec une, deux ou trois formes, ils ont classé du plus petit au plus grand des images ayant jusqu’à neuf formes.

Évolution convergente

Pour les chercheurs, qui publient ces travaux dans la revue Science du 23 décembre, il s’agit probablement d’un cas d’évolution convergente (les mêmes besoins ont conduit les oiseaux et les primates à développer les mêmes capacités) plutôt que de l’héritage d’un très lointain ancêtre commun.

Les aptitudes mathématiques des pigeons complètent une liste déjà riche des capacités cognitives des oiseaux : adapter un outil à ses besoins comme la corneille, anticiper ses besoins comme le geai, mémoriser des centaines de caches pendant plusieurs mois comme le casse-noix d’Amérique… On peut se vanter d’avoir une cervelle d’oiseau !

Comme les primates et les humains, les pigeons savent quantifier !

National Geographic France

Non les pigeons ne sont pas bêtes. Des scientifiques de l’université néo-zélandaise d’Otago ont découvert que les étaient capables de quantifier, une activité que l’on attribuait jusqu’alors uniquement aux hommes et aux singes.

Postés devant un écran tactile présentant des lots d’images qui contenaient des objets de taille, de forme et de couleur différentes, des pigeons ont été capable de sélectionner les clichés en ordre croissant.

En moyenne, sans entrainement, ni récompense de nourriture, ces derniers ont mis en ordre correctement les images dans plus 70% des cas. L’auteur de cette étude —publiée aujourd’hui dans la revue Science, le psychologue Damian Scarf, de l’université néo-zélandaise d’Otago, précise même que les performances des oiseaux sont meilleures que celles des primates !

Désormais, la question est la suivante : d’où vient cette capacité ? « Découvrir un même niveau de compétence chez d’autres espèces permettrait aux scientifiques de comprendre si cette aptitude évolue séparément, ou si elle est partagée par un ancêtre commun », explique William Roberts, psychologue à l’université western Ontario au Canada, cité par Livescience.

Les pigeons, numériquement compétents

Pour la Science

Des expériences sur les pigeons montrent que ces oiseaux parviennent, aussi bien que des singes, à ranger des ensembles d'objets dans l'ordre numérique.
Maurice Mashaal


La capacité numérique des pigeons est aussi bonne que celle des primates non humains, en l'occurrence des macaques rhésus. Damian Scarfe et deux collègues, de l'Université d'Otago en Nouvelle-Zélande, l'ont montré en effectuant sur des pigeons des expériences de même type que celles réalisées en 1998 par Elizabeth Brannon et Herbert Terrace, de l'Université Columbia, sur les macaques.

D. Scarfe et ses collègues ont entraîné des pigeons à ordonner dans l'ordre numérique croissant 35 trios de figures contenant un, deux et trois motifs. Puis ils les ont testés avec des paires de nouvelles figures contenant entre un et neuf éléments, ces éléments étant soit des motifs déjà utilisés dans l'étape d'apprentissage, soit des motifs nouveaux. Les oiseaux parvenaient à ordonner correctement les paires présentées, avec un pourcentage de réussite allant jusqu'à 90 pour cent (plus de 70 pour cent pour les paires de deux éléments nouveaux). Les performances étaient similaires à celles des macaques. La dépendance du taux de réussite en fonction de l'écart numérique entre les deux figures présentées est également semblable à celle observée chez les singes.

Ces résultats indiquent, selon les chercheurs, une correspondance entre les façons dont les singes et les pigeons se représentent les nombres et entre leurs facultés à acquérir une règle ordinale abstraite. Cette correspondance pourrait être la conséquence d'une convergence évolutive, les primates et les oiseaux ayant développé ces capacités indépendamment. Une explication alternative est que les deux groupes d'animaux ont développé une compétence numérique à partir d'un trait hérité d'un ancêtre commun. Quoi qu'il en soit, cette étude confirme que les oiseaux ont de nombreux dons, telles la mémoire épisodique et l'utilisation d'outils, qui étaient considérés il n'y a pas si longtemps comme l'apanage exclusif des primates.

Les pigeons aussi intelligents que les singes

La très réputée revue Science vient de bouleverser notre évaluation de l’intelligence des animaux. Il va falloir rayer du vocabulaire l’expression «cervelle d’oiseau». Selon une étude menée par des scientifiques de l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande, les pigeons ont une capacité à compter équivalente à celle des primates.

Des études plus anciennes ont montré que de nombreuses espèces animales allant des abeilles aux chimpanzés peuvent apprendre à compter quand elles sont entraînées avec des récompenses sous forme de nourriture. En 1998, des chercheurs avaient découverts que des chimpanzés non seulement avaient appris à compter jusqu’à quatre mais pouvaient aussi par eux mêmes compter ensuite jusqu’à neuf. Et bien c’est exactement ce que savent faire les pigeons.

Les pigeons ont une très grande habileté dans les tâches demandant des qualités visuelles, et ils sont faciles à entraîner dans ce domaine» explique le psychologue Damian Scarf, le premier auteur de l’étude publiée par Science.

Damian Scarf et ses collègues ont d’abord entraîné trois pigeons à compter jusqu’à trois. Sur un écran tactile, ils montraient aux pigeons des images avec des objets de différentes tailles et de différentes couleurs. Par exemple, un cylindre jaune, un cercle rouge, trois rectangles jaunes, etc… Pour recevoir de la nourriture, le pigeon devaient sélectionner des objets des moins nombreux au plus nombreux: une figure puis deux figures puis trois figures.

Après que les pigeons aient appris à compter jusqu’à trois, les images sont passées jusqu’à neuf objet et dans 70% des cas les pigeons ont été capables de suivre la progression arithmétique. En d’autres termes, les pigeons ont appris que deux était plus grand qu’un et trois que deux et ils ont pu comprendre que cinq était plus grand que trois et que huit était supérieur à six!

«Il est devenu de plus en plus difficile pour les pigeons de compter au-delà de 7, 8 et 9 et de différencier les images», explique Damian Scarf. Il ajoute qu’il a fallu plus de temps pour les pigeons pour parvenir à ce résultat que les singes, mais que les performances intellectuelles dans le domaine de l’arithmétique sont similaires.

Et il s’agit d’une incroyable révolution dans notre compréhensionde l’évolution et des capacités animales. L’ancêtre commun des pigeons et des primates existait il y a 300 millions d’années, avant les dinosaures et les mammifères.

Lu sur: Slate.fr


La critique d’art à coups de bec

Source : Mainichi Shimbun - publié le 1 août 2011

Fondé en 1872 sous le nom de Tokyo Nichi Nichi Shimbun, le Mainichi Shimbun est le plus ancien quotidien japonais.
traduit par « CURIOSA & CAETERA » par Eric Poindron

Les pigeons sont capables de distinguer un dessin de qualité d’un dessin de mauvaise facture, conclut un professeur de psychologie expérimentale de l’université Keio, au Japon, dans une étude publiée début juin. “On pensait que la sensibilité artistique était une spécificité humaine, mais cette expérience montre que les pigeons, s’ils sont formés, peuvent faire le distinguo entre différents niveaux de qualité artistique, ce qui indique que les oiseaux possèdent des fonctions cognitives supérieures”, affirme l’universitaire.

Dans l’expérience de Shigeru Watanabe, des dessins d’enfants d’école primaire ont été montrés à 10 adultes. Ceux-ci ont donné l’appréciation “bien” aux dessins qui leur semblaient être tirés d’un livre ou d’une collection de photographies, ou dont le contenu était très facile à identifier. Ils ont en revanche évalué comme “mauvais” les dessins au tracé enfantin ou qui présentaient un contenu difficilement identifiable.

Les chercheurs ont ensuite présenté les œuvres sur un écran à quatre pigeons. Ceux-ci recevaient de la nourriture lorsqu’ils donnaient des coups de bec en réaction à un beau dessin, mais pas lorsqu’ils le faisaient en face d’un mauvais dessin. Au terme d’un mois d’une telle “formation”, les scientifiques ont montré aux volatiles une autre sélection d’images. Et les quatre compères n’ont donné de coups de bec que lorsqu’ils étaient en présence d’un beau dessin. On savait déjà que les pigeons étaient dotés d’une vue remarquable. De fait, en 1964, une expérience de l’université Harvard a permis de montrer qu’ils pouvaient distinguer les images où figurent des humains de celles qui n’en comportent pas. Et en 1995, en procédant selon la même méthode, Watanabe a même prouvé que les pigeons savaient faire la différence entre un Picasso et un Monet.


Les pigeons de Paris sont de bons physionomistes

Source : Le Figaro du 24/06/2011

Les pigeons de Paris sont formidables. Beaucoup plus malins en tout cas que ne l'imaginent ceux qui les trouvent sales et envahissants. En fait, ces petits citadins invétérés sont très perspicaces : ils savent reconnaître de loin les personnes qui leur donnent régulièrement à manger. Dès qu'ils les voient, ils s'abattent autour d'elles pour avoir leur pitance. Ils sont tout aussi capables de repérer et d'éviter les individus qui ne les aiment pas et les chassent dès qu'ils se posent par terre. Cette faculté de distinguer leurs bienfaiteurs et leurs ennemis par les seuls traits de leur visage explique en partie le fait qu'ils prospèrent en ville mieux que d'autres espèces. C'est ce que démontre une expérience conduite par une équipe de l'université de Paris Ouest-Nanterre, publiée en ligne dans la revue Animal Cognition. Deux chercheurs ont nourri chaque jour des pigeons dans un coin du Jardin des Plantes fermé au public. L'un d'eux avait un comportement bienveillant, l'autre hostile. Au bout d'un mois, ils sont venus habillés d'un très long imperméable, ne laissant paraître que leur visage. Les pigeons les ont reconnus : ils sont allés vers le «gentil» et ont boudé le «méchant». Cette capacité n'est pas le seul atout leur permettant de prospérer. Les Parisiens, qui trouvent qu'il y en a trop dans la capitale, ont du souci à se faire: les pigeons sont les seuls oiseaux à se reproduire tout au long de l'année.


Les pigeons aiment aussi jouer à la roulette

Des scientifiques ont réalisé diverses expériences et ont vérifié que les pigeons sont comme les humains : ils adorent les jeux de hasard. Les chercheurs ont mis au point un dispositif qui ressemble à une sorte de machine à sous, sauf qu'elle distribue des friandises pour pigeons. On a constaté que les pigeons avaient tendance à jouer à cette machine même si les probabilités de gains étaient manifestement contre eux. Ces pigeons seraient ainsi devenus “accros au jeu”, de manière similaire aux humains. Ce problème de prise de décision est typique chez les humains.

Ici, c'était la survie des pigeons qui étaient en jeu et ces oiseaux ont choisi la mauvaise option, celle qui faisait intervenir le risque pour une perspective de gain plus élevé. Les pigeons préfèrent ainsi une faible probabilité avec un gros gain plutôt qu'une probabilité bien plus grande d'obtenir moins. La question que se posent les chercheurs par rapport à leurs expériences est de savoir si les joueurs de jeux de casino joueraient autant s'il n'y avait aucun signal visuel décrivant le jeu en cours (les dessins de la machine à sous ou la balle de la roulette, par exemple).




VIDEO : Le problème de la banane et de la caisse
en ligne ici

ou sur le site


Seulement une minute pour résoudre le problème! En fait il trouve en 30 secondes.




Au problème de Monty Hall le pigeon bat l'homme


Pas besoin d'un ordinateur pour battre un humain à certains problèmes de maths. Un pigeon suffit ! Des chercheurs ont en effet utilisé des pigeons pour une expérience du célèbre paradoxe de Monty Hall et qui est si troublant en mathématiques. Cette expérience nous éclaire sur la raison qui fait que l'homme a tendance à systématiquement mal répondre devant ce problème.

Le paradoxe de Monty Hall est résumée dans cette page avec la même vidéo explicative traduite (attention : ne fonctionne pas avec Google Chrome !) : Monty Hall en détails

Il s'agit d'un problème tout simple de probabilités mais qui troublent même certains professeurs de mathématiques.

Il implique un jeu avec trois portes derrière lesquelles se trouvent soit un objet sans importance soit un super cadeau. Nous invitons le lecteur à se renseigner au préalable sur cette page et n'allons pas répéter le principe et la solution ici.

On retient principalement de ce problème que changer de choix en cours de route permet "bizarrement" (en fait, c'est logique) d'améliorer les chances de gagner à ce jeu.

En changeant de porte après que le présentateur du jeu ait ouvert l'une d'entre elles, nos chances de gagner passent de 1/3 à 2/3 de facto.

Des tests ont été effectués dans de nombreux pays et cultures et les gens se trompent le plus souvent ; ils ont du mal à admettre que l'action du présentateur est une information supplémentaire qui change vraiment la donne.

D'ailleurs, lorsque le problème est paru dans un article de la personne au monde qui a le plus grand QI (enregistré) Marylin Vos Savant (dans le journal “Parade), les lecteurs ont immédiatement réagi et 92 % d'entre-eux désapprouvaient la solution du problème.

"Revenons à nos moutons ... ou plutôt pigeons"
Des chercheurs ont voulu voir comment certains animaux réagiraient face à un tel problème. Ils ont choisi des pigeons car l'on sait qu'ils sont assez bons pour résoudre des problèmes qui impliquent des probabilités (simples) ; parfois même, on a pu constater qu'ils faisaient mieux que le vulgum pecus.

C'est que les humains souffrent parfois de biais dans leurs jugements et que ces biais ne sont pas partagés dans le règne animal.

Les chercheurs ont donc placé des pigeons en face d'un appareillage sur-mesure avec trois clés.

Les clés s'allumaient en blanc pour montrer au pigeon qu'une récompense était là. Après que le pigeon se soit saisi de la clé, une des autres clés que le pigeon n'avait pas choisi s'éteignait, montrant ainsi que c'était le mauvais choix tandis que les deux autres s'allumaient en vert.

Dés que le pigeon trouvait la bonne solution, il avait droit à la récompense.

Lors des expériences, il s'est avéré que les pigeons choisissaient la meilleure stratégie pour ce paradoxe de Monty Hall : le premier jour, les pigeons ne réussissaient qu'à 36 % mais le taux grimpait à 90 % le dernier jour, le jour numéro 30.

On a bien entendu fait la comparaison avec LE MEME APPAREILLAGE auprès d'une douzaine d'étudiants. A chaque fois, les étudiants ne choisissaient pas la meilleure stratégie et ce, même après 200 essais.

"ALORS ? Pourquoi les humains sont si mauvais à ce paradoxe ?"
Une explication pourrait être trouvée dans la manière dont les humains apprennent.

En effet, des recherches antérieures auprès d'étudiants a montré qu'ils étaient convaincu que le fait que le présentateur ouvre une porte au cours du jeu ne modifiait pas les probabilités ; toutefois, il est à noter que les plus jeunes, des élèves de seconde, réussissaient mieux à comprendre qu'il fallait changer de stratégie...

C'est là où cela devient diablement perturbant : notre éducation fait que nous intégrons des principes qui, s'ils sont en général efficaces, peuvent toutefois nous mener à l'erreur dans certains cas particuliers.

Dans le mot “éducation”, il faut intégrer toute l'expérience de vie et pas seulement ce qui est appris dans le cadre de la scolarité.

Au cours de notre vie, nous intégrons des heuristiques, soit des sortes de “recettes” pour aller plus rapidement dans la résolution de problèmes, en particulier dans le monde si complexe et changeant modelé par notre culture humaine.

Ces heuristiques sont des instruments bien pratiques mais elles ne sont certainement pas infaillibles. Il existe d'ailleurs des tas de petits exercices mentaux (vous en connaissez peut-être) et qui mettent en défaut nos “réflexes” de pensée.

La différence de réponse entre les pigeons et l'Homme serait donc ancrée dans la différence qui existe entre la probabilité classique et empirique.

En probabilité dite “classique”, on procède en cherchant toutes les éventualités possibles et en réalisant des prédictions sans se soucier des données.

En probabilité dite “empirique”, on ne réalise des prédictions qu'après avoir suivi les résultats obtenus par répétition au cours du temps.

C'est pour cela que les pigeons ont fini par adopter le meilleur comportement au cours des essais et pas les étudiants qui sont restés “scotchés” sur leur appréciation théorique du problème.

Il existe bien des approches différentes selon les espèces devant un problème à résoudre.

Certes, la méthode “empirique” est “brute” et n'a pas le charme d'une analyse théorique ... mais dans certains cas, comme ici avec le problème de Monty Hall, elle marche !

En gros, c'est un peu l'équivalent de nos “illusions d'optique” : notre cerveau peut mal interpréter ce que nos yeux voient car il est conditionné pour certaines choses (comme apprécier la perspective et le relief).

Pour l'anecdote, le célèbre mathématicien Paul Erdos ( ) a admis dans sa biographie qu'il a eu vraiment eu du mal à accepter l'explication à ce paradoxe et que seules de nombreuses simulations sur ordinateur ont réussi à le convaincre.

C'est la probabilité empirique qui, cette fois, l'avait emporté sur la probabilité théorique !

La morale de l'histoire est qu'il ne faut pas croire que l'analyse théorique est toujours préférable. Un exemple typique que rapporte le mathématicien Freeman Dyson est l'invention du vélo. Contrairement à d'autres inventions qui ont peut-être été bien dessinées du premier coup, le vélo que vous connaissez actuellement est le descendant de toutes une lignées de prototypes améliorés par essais-erreurs.

Comme les pigeons qui n'ont pas d'orgueil ont parfois raison !


Conscience de soi

les primatologues pensent que les primates supérieurs ont conscience d'eux-mêmes indépendamment du langage et ils prétendent le prouver par le fait que ceux-ci se reconnaissent dans un miroir puisque, comme on sait, si on fait une marque de couleur sur leur visage pendant qu'ils sont endormis, marque qu'ils ne sentent pas une fois réveillés, et si on leur présente un miroir dans lequel se reflète leur visage, ils se frottent à l'endroit de la marque. on a vu dans cette expérience la preuve que les primates supérieurs sont des animaux très évolués.

la même expérience est possible avec des pigeons


Les pigeons savent aussi classer des objets en catégories, par exemple « arbre » ou « édifice »


Les pigeons amateurs d'art.

Comment les animaux utilisent-ils leur mémoire?

Elle est employée pour classer les objets, pour organiser le monde. Les pigeons ont, à cet égard, fait l'objet d'extraordinaires études par le Japonais Shigeru Watanabe. Ce chercheur a entraîné des animaux de cette espèce à reconnaître les œuvres de Picasso, de Monet ou d'autres peintres. Les oiseaux se sont alors avérés parfaitement capables de « désigner » (en picorant sur une image) l'auteur des œuvres qu'on leur présentait. Ils parvenaient même à classer ensemble les peintres d'une même catégorie, par exemple les impressionnistes. Renoir était situé avec Monet, Braque avec Picasso, etc. Ces pigeons critiques d'art utilisent donc leur grande mémoire pour se représenter les objets d'une certaine façon et pour les classer.

Yves Christen - Le Figaro Magazine - CERTAINS ANIMAUX N'OUBLIENT RIEN - 24/04/2009



comprendre ce qui est semblable ou différent

Le psychologue Marc Hauser de l'Université Harvard confirme que les singes possèdent une étonnante aptitude à solutionner les problèmes et qu'ils réussissent généralement à résoudre les casse-tête ou jeux de logique qu'il leur présente en échange de nourriture. De leurs côtés, les psychologues de l'Université de Tuffs rapportent que certains animaux peuvent aisément reconnaître des concepts abstraits, comme comprendre ce qui est semblable ou différent. Ayant enseigné à des pigeons à picoter du maïs placé à leur gauche lorsqu'ils reconnaissaient les motifs comme étant semblables et à leur droite quand ils étaient différents, la recherche se poursuit avec des thèmes encore plus abstraits.


utiliser des pigeons comme «commandes organiques» de missiles guidés

Dans une communication très amusante à l'American Psychological Association, Skinner présenta en 1959, sous le titre Pigeons in a pelican [Des pigeons dans un pélican], une étude visant à utiliser des pigeons comme «commandes organiques» de missiles guidés et ce dans un contexte similaire à l'invasion de l'Europe par les armées hitlériennes durant la Deuxième Guerre mondiale. Dans son laboratoire de l'Université du Minnesota et à la General Mills Corporation, qui avait mis à sa disposition de l'espace, du matériel et des ingénieurs, Skinner entreprit de dresser des pigeons à cette fin. L'appareillage technique fut mis au point avec l'aide d'ingénieurs. Judicieusement conditionnés, les pigeons apprirent à repérer les silhouettes de navires et à réagir à ces images par des coups de bec dont la répétition déclenchait l'envoi de signaux à de petits moteurs commandant le système de vol des missiles. Les pigeons donnèrent de brillants résultats. Skinner eut moins de succès avec les physiciens, les mathématiciens et les généraux qui jugèrent l'idée farfelue, alors même qu'ils avaient pu constater que tout se déroulait comme il l'avait annoncé. Walden Two fut écrit l'année qui suivit l'avortement de ce projet.



fiable

Le pigeon voyageur (Colombia livia) est fiable, car élevé pour être messager », explique Christophe Arnoult, chercheur au laboratoire de biophysique moléculaire et cellulaire du CNRS à Grenoble et passionné de colombophilie. « Contrairement aux moyens de communication modernes, ces pigeons assurent une confidentialité totale. Son utilisation en temps de guerre l’a prouvé.


briseur de pompes

Hier, rencontre inopinée avec un agriculteur-colombophile. Je sais HS, mais ce qui m'a été dit a excité ma curiosité et ne me semble pas inintéressant pour comprendre le comportement des oiseaux. Ce monsieur qui habite près de la Durance a observé le phénomène suivant : Lorsqu'un rapace (Buse, Autour ou Faucon) cercle au-dessus de ses oiseaux, les coqs de basse-cour s'empressent de rentrer au poulailler mais pas les pigeons voyageurs. Ces derniers décollent en escadrilles et passent en zigzaguant sous le rapace. Effet assuré paraît-il, le rapace dont la pompe ne fonctionne plus redescend et est obligé de s'en aller... bredouille. "Jamais je n'ai vu un pigeon pris" m'a affirmé mon interlocuteur.

Contribution de michèle corsange, "briseur de pompes", 5 Oct 2003


Je ne mets pas en doute l'observation citée, par contre l'effet aérodynamique donné comme explication me paraît extrêmement douteux. En effet une "pompe" est une colonne d'air de largeur variable (quelques dizaines de mètres ou plus) et de vitesse ascensionnelle variable aussi, qui peut atteindre couramment 2 ou 3 m/s, voire 8 à 10 m/s. Tout ceci représente une machine thermique qui mobilise une grande quantité d'énergie, elle n'est absolument pas perturbée quand un planeur y inscrit sa trajectoire et bénéficie d'un gain d'altitude de 1000m, voire souvent 3000m en plaine grâce aux super conditions de cet été. Lors de compétitions ou de rassemblements amicaux 10 ou 20 planeurs peuvent se concentrer dans la même ascendance, ce qui représente quelques tonnes de plastique, fibre de carbone, acier, humain ....(plus sandwichs, bidons...) et la colonne les emporte sans problème, l'arrivée de nouveaux planeurs ne ralentit pas la vitesse ascensionnelle de l'ensemble. Si les planeurs ne se frôlent pas de trop près ce n'est pas pour éviter de "couper la pompe" mais simplement pour ne pas se percuter.

L'arrivée de groupes de pigeons dans une ascendance ne peut absolument pas modifier celle-ci, si le rapace abandonne la place, il faut à mon avis en attribuer la cause à la gène ou à l'énervement de ce dernier. Que les pigeons ne soient jamais pris paraît très normal si le rapace est une buse dont la lenteur en vol est très notable, les crécerelles n'ont pas le gabarit, quant aux autours qui doivent capturer des pigeons j'ignore si leur réflexe de chasse est déclenché quand ils sont eux-mêmes agacés par un groupe.

Voir des rapaces poursuivis est assez courant, par des corneilles isolées ou par des groupes d'oiseaux de petite taille, même des hirondelles. Si le rapace redescend, c'est que dès qu'il s'écarte de sa pompe il traverse une zone descendante (que les vélivoles désignent du vilain mot de "dégueulante"), en général il accélère sa ligne droite pour en sortit au plus vite.

Contribution de Bernard Couturaud, "briseurs de pompe", 5 Oct 2003



une certaine intelligence, différente de la nôtre

L'armée a utilisé 60 000 pigeons au cours de la première guerre mondiale. Ces pigeons,confiés aux soldats du front, étaient munis d'un tube en aluminium fixé à une patte.Ils partageaient la vie des "poilus" et ses risques. Lorsque tous les moyens ordinaires étaient détruits :télégraphe, téléphone et systèmes optiques et qu'aucun coureur humain ne pouvait rejoindre l'état-major à travers un terrain intenable, on lâchait un pigeon avec un message signalant les pertes, les réactions de « l'ennemi héréditaire », les besoins de recevoir renforts ou munitions, tout ce qui pouvait renseigner les officiers sur les combats. Des milliers de messages ont été transmis pendant la bataille de Verdun entre autres et parvinrent, en une vingtaine de minutes seulement à l'un des centaines de camions-colombiers de l'arrière.

Personne n'a jamais expliqué comment des pigeons, lâchés au coeur des combats, ont pu retrouver leurs pigeonniers mobiles. Ceci à travers des nuées de balles et d'obus, des nuages de gaz et, souvent, l'hiver, les intempéries.

Le système était à ce point efficace que mon grand-père, un rescapé de 14-18, répétait :

« - Progrés tu parles ! Un téléphone ça tombe en panne, un fil ça se coupe, un pigeon ça survit à tout ! ».

J'ai supposé une certaine intelligence, différente de la nôtre, à ces sympathiques bestioles « domestiquées » depuis au moins 6000 ans.



une véritable mémoire d'éléphant

PARIS (AFP) le 07/11/2006

Les babouins et les pigeons ont une véritable mémoire d'éléphant puisqu'ils se souviennent au bout de plusieurs mois d'images vues, d'après les résultats de la première étude de ce type réalisée en France et aux Etats-Unis.

Ce travail de psychologie expérimentale est publié dans les Comptes-rendus de l'Académie nationale (américaine) des sciences (PNAS) sous la signature de Joël Fagot, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Marseille, qui a travaillé avec les primates, et son collègue Robert Cook, de l'Université de Tufts, à Boston (Massachusetts), qui a étudié les volatiles. Les deux espèces ont été soumises au même type d'expérience: face à un écran d'ordinateur, deux babouins de Guinée mâles et deux pigeons bisets (espèce européenne à l'origine de toutes les variétés domestiques du monde) devaient associer une image affichée sur écran d'ordinateur à un rond ou une croix apparus juste après en s'exprimant au moyen d'une manette pour les premiers et de coups de bec pour les seconds. En cinq ans, les oiseaux ont mémorisé un minimum de 800 à 1.200 images et réussi à résoudre la tâche avec 3.000 images. Les singes, quant à eux, en ont gardé dans leur mémoire entre 3.500 et 5.000 après trois ans et demi d'entraînement et ont obtenu des résultats positifs avec 6.000 images. Si les pigeons semblent avoir atteint leurs limites, "on peut estimer par extrapolation, commente Joël Fagot, interrogé par l'AFP, que la performance mesurée chez les babouins est inférieure à leurs capacités réelles, sachant qu'ils continuaient à répondre huit fois sur dix de manière correcte à la fin de l'apprentissage". Chez les deux espèces, ont noté au passage les chercheurs, les images apprises au début et à la fin de l'expérience avaient été mieux retenues que celles apprises au milieu du travail. Les babouins et les pigeons présentent également les mêmes vitesses d'oubli. Aux yeux des scientifiques, l'évolution semble avoir eu un impact fort sur des capacités de mémoire. L'expansion de la capacité de la mémoire, soulignent-ils, est peut-être à l'origine de l'intelligence humaine.




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