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PEUR
SUR
LA VILLE



PEUR SUR LA VILLE



Il y a une chose très instructive sur la mentalité humaine : c'est la puissance des dogmes et des croyances, la force des propagandes et des opinions affectives, même contre les faits. L'homme est un animal perpétuellement aveuglé. Platon notait déjà que la doxa (doctrine, opinion) l'emportait toujours sur l'épistémè (savoir, science). Le Professeur Debray-Ritzen, psychiatre anti-freudien, avait coutume de dire : « l'erreur dogmatique a des ailes, et la vérité scientifique rampe humblement ».

La population a peur, est terrorisée quand elle voit un pigeon et surtout un regroupement de pigeons. Les fientes de ces oiseaux lui font surgir à l'esprit saleté, germes, virus et donc mort. Les municipalités sont harcelés tous les jours par les plaintes des habitants : au secours, au secours il faut faire quelque chose.
Un classique : une dizaine de pigeons résident dans une école et les services hygiène se trouvent harcelés par les parents, les professeurs ou instituteurs pour qu'on intervienne. Alors que 10 pigeons ne représentent absolument aucun danger, ni d'ailleurs ne posent de problème de surpopulation.
La population a peur des pigeons car on n'arrête pas de lui dire que ces animaux sont dangereux et transmettent des maladies. Ce qui est non démontré scientifiquement et même faux puisque les colombophiles en contact permanent avec ces oiseaux ne sont pas contaminés. En fait les spécialistes le savent : c'est vraiment un oiseau sans danger. Le pigeon de ville (biset) est une espèce peu dangereuse pour l'homme car les bactéries, virus, parasites et champignons qu'il peut héberger sont très spécifiques à son espèce et non transmissibles à l'humain. Ce n'est pas une invention, les meilleurs vétérinaires le déclarent et c'est prouvé empiriquement sur le terrain par une expérience millénaire de cohabitation de l'homme avec les pigeons biset (pigeons voyageurs au moyen orient entre autres). Cherchez donc une étude scientifique indépendante et contradictoire prouvant que cet oiseau est dangereux pour l'homme; elle n'existe pas! Les pigeons de ville ne sont pas un risque sanitaire, contrairement à ce qu'on affirme. C'est connu depuis longtemps déjà : selon le Comité mixte OMS/FAO des experts des zoonoses - Rome 1959 - "Les pigeons qui vivent en liberté dans les villes de même que les étourneaux et les moineaux ne présentent qu'un risque faible pour la santé publique".



COMMENT ON EN EST ARRIVÉ LÀ



La perception qu'a la population de cet oiseau a bien changé. Avant la fin de la deuxième guerre mondiale cet oiseau était positivement perçu. Je ne vais pas refaire l'historique des rapports de l'Homme avec les pigeons de roche, qu'on consulte à ce sujet :



À titre de précision, on a la preuve que ces oiseaux sont commensaux de l'homme depuis plus de 10 000 ans et on n'a pas connaissance (depuis que l'écriture existe) que les anciens aient rapporté que les pigeons les rendaient malades. Pour la petite histoire on a retrouvé en Europe des tableaux sacrés datant du moyen-âge où l'esprit saint est figuré par un pigeon biset gris, comme ceux de nos villes...

La peur du pigeon biset de ville. Cette peur devenue courante est maintenant un contenu de l'inconscient collectif. C'est en fait une cristallisation de notre peur de la mort. Une phobie récente.





Hystérie, mensonges et désinformation.



Mais alors comment on en est est arrivé là? Je me souviens d'avoir lu en 1973 un article des Sélections du Reader's Digest qui parlait de pigeons des villes qui transmettaient un virus rien qu'en battant des ailes et s'attaquait au cerveau. Cet article m'avait fortement affecté, la preuve je m'en rappelle encore car son contenu faisait peur. Je pense que tout a commencé au sortir de la guerre 39/45 certainement à la fin des années 50 avec la dernière vague de l'exode rural et la formation de la société post industrielle que nous connaissons où la majorité vit en agglomération. Agglomérations qui ont attiré toutes sortes d'oiseaux dont les pigeons. Alors qu'avant ceux-ci était présents en nombre et acceptés les choses changèrent. Nos élites françaises peaufinèrent leur doctrine « zéro microbe » ou doctrine hygiéniste qui suspecte tout animal sauvage car il est sensé représenter un danger pour l'homme Cette idéologie non prouvée scientifiquement (on parle de crainte, d'hypothèse, etc.) se renforcera d'année en année avec l'arrivée des moyens d'investigations modernes et des kits biologiques produits à bas coût et à grande échelle. On ne parle plus pour les animaux de maladies réellement transmises aux humains mais d'animaux porteurs de germes (bactéries, champignons, virus, prions), germes qui pourraient peut-être, même si cela n'arrive jamais sur le terrain, déclencher une maladie humaine, voir une pandémie... En vertu de ce dogme psychotique on exterminera de plus en plus l'animal sauvage à titre de précaution. Au 21 ième siècle des crises psychotiques planétaires surgissent régulièrement à ce sujet comme la grippe aviaire et dernièrement la fameuse grippe H1N1 avec à chaque fois, une espèce animale en cause. On connaît maintenant avec le recul ce qu'il en était de ces crises sanitaires : du vent. Voilà pour l'état d'esprit du moment; revenons à nos pigeons précurseurs dans ce domaine.



Au début des années 60 nos élites en vertu de la doctrine : animal sauvage = danger = nuisible = destruction commencèrent à diffuser dans la presse, à suggérer au gouvernement que les pigeons pouvaient transmettre des maladies. Des campagnes de destruction commencèrent. Devant l'hostilité d'une partie de la population et des écologistes nos élites, aidées maintenant par le gouvernement et l'administration convaincus, forcèrent le trait. Les campagnes de presse s'enchaînèrent d'année en année, de décennie en décennie avec leurs lots de protestation d'associations écologiques, colombophiles et de protection des animaux. La population convaincue finit par avoir peur de ces oiseaux, voir même avoir de la haine. Dans les années 2000 les associations impuissantes, voire touchées elle aussi par la propagande, arrêtèrent leurs protestations. Seule la SPOV (Société Protectrice des Oiseaux des villes) continua encore le combat. Maintenant cette phobie est installée durablement dans l'inconscient collectif. L'inconscient collectif est constitué par l'addition des inconscients individuels et provient d'un groupe humain plus ou moins important. Au début ce genre de campagne fut limité à quelques pays occidentaux mais peu à peu cette idéologie hygiéniste et cette aversion du pigeon porteur de maladies s'étendit à toute l'Europe et au 21 ième siècle l'Asie commença à être touchée : les pigeons de Venise massacrés ces dernières années, l'interdiction de les nourrir à Londres et en Corée du Sud, et maintenant un projet de gazage de 70 000 pigeons à Barcelone en Espagne, ...

Cette peur devenue courante est maintenant un contenu de l'inconscient collectif. C'est en fait une cristallisation de notre peur de la mort. L'inconscient collectif des civilisations a toujours tendance à projeter à l'extérieur une cristallisation de sa peur de la mort, une angoisse métaphysique et existentielle. Cette projection peut trouver une cible dans un groupe d'humains (par ex : les juifs pendant des siècles) ou dans une espèce animale (par ex : le loup, les chouettes, les corbeaux et corneilles, etc.). Au 20 et 21 ième siècle le pigeon des villes assumera en partie cette fonction de transfert.

Mais ne pensez pas que cet inconscient collectif soit une entité abstraite, au non. Il est formé des informations reçues par les sens, classées, synthétisées puis enregistrées dans la mémoire à long terme. Son contenu est impermanent et a tendance à s'effacer. Une information synthétique spécifique, à savoir ici, pigeons = microbes = mort, a besoin a besoin d'être revitalisée pour garder de sa vigueur. Dans le cas du pigeon on assiste à un phénomène auto-entretenu. Pour avoir une idée de la formation du processus examinez donc ces deux tableaux : Articles de presse et autres communications et Site internet des villes et des pouvoirs publics. Ils se passent de tout commentaire.



En fait les pouvoirs publics se trouvent maintenant piégés et sont harcelés par la population et en réponse ils en rajoutent une couche. Le phénomène prend ainsi de l'ampleur surtout avec les moyens de communication modernes comme internet, la TNT, etc. Des communes de moins de 15 000 habitants se mettent à gazer leurs pigeons, toutes les communes finissent par y venir. L'état quant à lui a officialisé le processus depuis longtemps déjà par son règlement sanitaire départemental type où les pigeons sont décrits comme vecteurs de maladie comme les rats. Le pigeon se fera appelé rat-volant par une partie de la population. Nos élites chercheront des faits et des arguments diabolisant cet animal. Ils vont chercher, interroger les bases de données pour trouver des cas de transmission humain/pigeons, désespérées d'un dossier à charge vide. Et ils vont trouver car quand on cherche on trouve. Quelques cas, parfois d'ailleurs non confirmés mais du moment qu'on site une source, n'est-ce pas, cela n'engage pas la responsabilité de la personne qui cite, ils vont trouver quelques cas rares qui seront repris en boucle par tous les spécialistes de la question un peu partout où cette psychose s'est installée, trop heureux d'avoir trouvé le Graal et de noircir un tableau désespérément vide. J'en parlais dernièrement à un ami vétérinaire, spécialiste des pigeons, et il me fit cette remarque : « quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu'il a la rage ». En fait si on prenait à la lettre ce qu'on demande aux pigeons de roche et bien il faudrait éliminer tous les chats, les chiens, les animaux domestiques et tous les animaux sauvages, en fait tout tuer, tuer toute vie sur terre. Pourquoi ne pas couper tous les arbres, tout bétonner, tuer tout ce qui bouge, puis mettre de grands écrans plats à la place diffusant des vidéos sur la ville et la campagne, vidéos prises avant cette éradication finale? Un monde propre et vidé des gêneurs pour une société malade et hygiéniste. Faisons attention qu'on en vienne pas aux mêmes solutions pour les hommes. Méditons sur la phrase de Marguerite Yourcenar qui disait : "Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux." Mais où est passé notre cœur? La technoscience et notre avidité ont-elles tué l'humain pour n'en faire qu'un monstre bientôt bionique? Que va-t-il se passer quand on aura tué tous les animaux libres? Libres donc gêneurs? La suite sera une atrocité. À nous de choisir : complice ou résistant.

Bon revenons à nos pigeons, mais aussi, nos ornithologues européens vont considérer que le pigeon des villes résulte d'un fatras innommable de pigeons qui se sont croisés les uns avec les autres et, de ce fait, vectorise un certain nombre de maladies, qu' il n'est pas propre et qu'il provoque des allergies, lui refusant le droit d'être une espèce sauvage et lui déniant tout statut juridique (Cette espèce est exclue de la Directive européenne protégeant les oiseaux sauvages). Quant à l'affirmation comme quoi les fientes rongent le métal, on pense au film Alien 1 quand le "monstre" (monstre = pigeon = peur de la mort) saigne et que son sang perce de haut en bas la carlingue du vaisseau spatial, étant un acide ultra puissant inconnu. Soyons sérieux, a-t-on jamais vu les fientes de pigeon percer de l'acier? Si c'était le cas les perceurs de coffre fort les auraient utilisées depuis longtemps et l'industrie s'en serait emparées et les aurait brevetées !

Une autre idée reçue porte sur la stupidité de cet oiseau. Con comme un pigeon, il s'est fait pigeonner, etc. les expressions ne manquent pas. Mais là encore on très, très loin de la réalité du terrain. Doit-on rappeler ces facultés toujours inexpliquées de pigeons voyageurs, son aptitude à résoudre les tests d'intelligence animale qui en font un des oiseaux les plus intelligents de la création et surtout sa persistance à vivre et à occuper nos territoires en débit de la haine implacable dont il est l'objet. En fait ces caractéristiques démontrent que c'est un oiseau exceptionnel comme son cousin le pigeon ramier (ou palombe dans le Sud-Ouest) qui lui aussi réussit à survivre bien que les chasseurs en dégomment 8 millions chaque année. Des oiseaux méconnus et snobés par nos élites naturalistes qui préfèrent les espèces rares et en voie d'extinction, espèces donc inadaptées, et d'un point de vue darwinien très inférieures ! Et oui il faudrait enseigner dès la prime enfance l'épistémologie et la philosophie de la science parce que ceux qui sont censés représenter la Raison, le Savoir, la Science versent plutôt dans la superstition. Le terrain, il ne faut jamais s'en extraire, messieurs, dames.

À l'heure où l'on parle de sectes avec la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires et où l'on dénonce des pratiques organisées et planifiées de manipulation mentale, nous pouvons légitimement nous poser cette question : La phobie du pigeon de ville ne ressemble-t-elle pas à une immense entreprise de manipulation mentale pratiquée sur une longue période?

En conclusion on peut affirmer que nos élites et nos responsables ont créé de toutes pièces le problème des pigeons et que maintenant ils continuent à l'entretenir à la grande joie de l'industrie du dépigeonnage.

Que contrairement à ce qu'on affirme ces oiseaux sont utiles pour plusieurs raisons :

- Ces oiseaux sont sans danger et c'est prouvé par un retour d'expérience de 10 000 ans, on ne peut pas en dire autant, n'est-ce pas, de toutes les nouvelles molécules diffusées à grande échelle sur le marché.

- Ils occupent la niche écologique des villes et empêchent d'autres espèces d'oiseaux de venir s'y installer, espèces qu'on connaît beaucoup moins.

- Ils nettoient la ville des rejets organiques, source de prolifération des rats et cafards.

- Ne pas négliger leur rôle de soutien psychologique envers les personnes isolées (personnes âgées, SDF, minorités et autres pauvres exclus).


Pour aider les pouvoirs publics à sortir de cette impasse, encore faut qu'ils en aient la volonté, ce qu'on peut plus que douter, j'ai élaboré ces documents :

 



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