Columba bollii
ou Pigeon de Bolle


 


C'est une petite colombe à la silhouette svelte. Le cri territorial est un court 'tru tru tru tru tru'. Le cri d'alarme n'est guère différent. C'est un 'tru-tru-tru, tru-tru, tru-tr, tru'.

Taille : 37 à 40 cm

Le pigeon de Bolle vit dans les forêts résiduelles de lauriers qui regroupent lauracées, éricacées (bruyères) et rosacées. Ce sont des zones boisées tempérées de feuillus au sein desquelles dominent surtout les lauriers communs et les lauriers des Canaries (Ocotea foetens). A Ténériffe, on le trouve dans des lieux situés entre 600 et 1500 mètres, baignés par des bancs de nuages qui sont apportés par les alizés du nord-est. Dans ces lauriers qui subsistent, le pigeon de Bolle montre une préférence pour les forêts situées entre 1300 et 1500 mètres. Ailleurs, comme dans le Parc National de la Gomera, il s'installe dans des régions retirées de montagne. Il est clair que ces lieux constituent des refuges et qu'il a vécu autrefois dans des zones moins élevées qui sont à présent défrichées et ne lui conviennent plus. Le pigeon de Bolle est endémique des îles Canaries. On le trouve principalement à La Gomera, La Palma et Ténériffe. Une petite population de quelques dizaines d'oiseaux vit également à El Hierro..

C'est un oiseau plutôt timide, bien que, depuis son classement comme espèce protégée, il se fasse plus confiant. Il se nourrit assez fréquemment en bandes de 3 à 50 individus, à la fois à terre et dans les arbres. Comme chez le pigeon trocaz, lorsque que la forêt vient à manquer de ressources en baies, il envahit également les terres agricoles pour se nourrir de choux et d'autres récoltes. C'est le seul déplacement saisonnier qu'on lui connaisse, cependant il existe probablement des mouvements entre les différentes îles.

Comme le pigeon trocaz, le pigeon de Bolle niche pendant tous les mois de l'année et dépose deux ou trois pontes selon que les ressources alimentaires sont plus ou moins abondantes. Une période de pointe a sans doute lieu pendant les mois d'été. Le nid rudimentaire est construit avec des brindilles. Il est presque toujours placé dans un arbre, à un hauteur qui va de deux à quinze mètres. Les sites sont diversifiés, des forêts-galeries jusqu'aux pentes les plus abruptes. Le pigeon de Bolle apprécie aussi les haies de petits arbres et de bruyères arborescentes (erica arbore) ou de bruyères à balais (erica scoparia). La parade nuptiale comprend une série de profondes révérences. La parade qui sert à marquer le territoire est constituée de vols ascendants répétés avec grands battements d'ailes suivis de long vols planés jusqu'à un perchoir. La femelle pond un seul oeuf blanc et lisse. L'incubation dure 18 à 19 jours. Le séjour au nid est de 30 à 35 jours. Les jeunes restent dépendants des adultes pendant encore quelques temps, bien qu'on n'ait pas de données précises sur ce dernier point.

Le pigeon de Bolle a un régime presque exclusivement végétarien. il se nourrit des baies du laurier commun (laurius azorica) et de celles du laurier des Canaries (Ocotea foetens).

Comme la forêt de lauriers diminue chaque année davantage et que l'espèce a été rudement persécuté pendant une assez longue période, l'espèce est considérée comme menacée. En 1994, les effectifs étaient estimés à environ 1700 oiseaux répartis de la façon suivante : 350-400 à Teneriffe, 250-300 sur la Palma, un peu plus de 1000 à La Gomera , et entre 10 et 15 sur El hierro. L'espèce est desormais éteinte sur Gran Canaria.
Ce pigeon doit son nom au naturaliste allemand Carl Bolle qui fut le premier à le différencier du pigeon des lauriers