Columba leucomela
ou Pigeon leucomèle
ou Pigeon à tête blanche


 


Le Pigeon leucomèle ou Pigeon à tête blanche (Columba leucomela) est une espèce d'oiseau appartenant à la famille des Columbidae. Cet oiseau mesure 38 à 42 cm pour une masse de 370 à 450 g. Cet oiseau est originaire d'Australie où il est restreint à la bande côtière occidentale de Cooktown au Queensland à Sydney.

Chant :
Tout comme le pigeon à gorge blanche, cette espèce est très discrète et peu communicative. Le cri d'avertissement est doux, peu fréquent et quelque peu ventriloque, si bien qu'il est difficile à localiser. Il s'agit d'une double-note lente, profonde et lugubre qu'on peut retranscrire de la façon suivante : "oom....ooooo". L'accent est mis sur la première note et la seconde est très étirée. Pendant la parade de salutation, le pigeon leucomèle émet un simple "coo". Les oiseaux qui se reposent ou qui se restaurent délivrent de simples "oom" qui sont répétés toutes les une ou deux secondes. Cette vocalise assez rudimentaire sert apparemment de cri de contact.

Habitat :
Le pigeon leucomèle est un oiseau des zones boisées, il habite les forêts pluviales et les forêts-galeries de la zone tropicale, subtropicale et tempérée. A l'intérieur de ce milieu forestier, il semble apprécier plus particulièrement les peuplements d'arbres situés à la lisière et il paraît s'être bien adapté aux espaces ouverts, notamment aux lambeaux de forêt résiduelle qui ont échappé à l'abattage. Il est également courant dans les bouquets d'arbres à la périphérie des villes. En hiver, pour se nourrir, il fait des incursions dans les régions agricoles ouvertes où les camphriers (Cinnamomum camphorum) et les troènes (Ligustrum) sont abondants.

Distribution :
Les pigeons leucomèles sont endémiques de l'Australie. Leur aire de distribution couvre exclusivement la côte est du continent, de Cooktown dans le nord du Queensland jusqu'à Eden dans le sud des Nouvelles-Galles-du-Sud. Leur territoire n'est pas exclusivement côtier mais il pénètre peu profondément à l'intérieur du pays, atteignant à peine les premiers contreforts de la cordillière australienne.

Comportements :
Les pigeons leucomèles vivent en solitaire en couples ou en petites bandes n'excédant jamais la cinquantaine d'individus. En principe, ils ne s'associent pas avec les autres espèces de pigeons frugivores. Ils ont tendance à rester dans la canopée où, excepté en de rares occasions, ils n'attirent pas l'attention sur eux. Ces oiseaux sont principalement arboricoles mais ils descendent parfois à terre pour récolter des fruits tombés, ingurgiter du sable ou se désaltérer. Ils pénètrent aussi dans les zones agricoles ou dans la banlieue des villes pour consommer des graines de camphiers qui y ont été introduits. Les pigeons leucomèles ont un vol rapide et direct mais ils évoluent généralement à une faible hauteur. Ils sont considérés comme sédentaires, ce qui ne les empèche pas de se déplacer dans les espaces ouverts entre 2 blocs de forêt pour esssayer de trouver des arbres dont les branches abondent en fruits. Des mouvements de populations peuvent être remarqués au printemps lorsque les populations du nord rejoignent les régions côtières ou en hiver lorsqu'il y a un sérieux accroissement des effectifs dans les terres cultivées. Comme chez beaucoup d'espèces du genre Columba, le mâle réalise un parade aérienne au cours de laquelle il décrit une courbe elliptique au-dessus de la forêt. Tous les 30 ou 40 mètres, sa trajectoire franchit un palier de 5 ou 6 mètres. Au bout d'un moment, il plonge de façon vertigineuse avec les ailes partiellement rentrées. Dans la parade de salutation qui est également commune chez les autres pigeons, le mâle fait face à sa partenaire, il adopte une posture rectiligne avec la gorge gonflée et le bec baissé. Le corps est alors incliné vers l'avant de 25 degrés par rapport à l'horizontale, la queue demeure baissée et le bec pointé vers le bas. Arrivé au plus bas de son inclinaison, le mâle lache finalement un faible roucoulement.

Nidification :
La saison de nidification s'étend de juillet à mars mais elle est très dépendante de la disponibilité des ressources alimentaires. Le nid est une plate-forme assez modeste construite avec des brindilles entremêlées. Il est placé dans le feuillage épais d'un arbuste ou d'un arbre dans la partie la plus ombragée de la forêt, généralement à une faible hauteur au-dessus du sol. La femelle ne dépose habituellement qu'un seul œuf de couleur blanche et de forme ovale. Les deux parents couvent à tour de rôle pendant 19 ou 20 jours. A sa naissance, l'oisillon est recouvert d'un duvet couleur rouille et pèse aux alentours de 17 grammes. Le jeune pigeonneau est soigné par ses parents et prend son envol environ 20 jours après l'éclosion.

Régime :
Les pigeons leucomèles consomment des fruits et des graines. Ils ont un gésier particulièrement musclé qui leur permet de digérer les graines les plus dures. On possède vraiment peu de renseignements sur les détails du menu. Néanmoins les familles de plantes les plus couramment ingurgitées sont les lauracées (en particulier les camphriers) et toute une série de plantes dicotylédones telles que les euphorbiacées, les rutacées et les myrtacées (eucalyptus, myrtes et girofliers). Les pigeons leucomèles mangent calmement soit en solitaire soit en petits groupes. Ils cherchent leur nourriture à tous les étages de la forêt, de la canopée jusqu'au sous-bois et parfois à terre.

Protection / Menaces :
Les pigeons leucomèles sont assez communs au Queensland et dans les Nouvelles-Galles-du-Sud. A la fin du XIXème et au début du XXème, cette espèce avait subi un déclin considérable pour 2 raisons principales : la déforestation intense et la chasse intensive pratiquée par les colonisateurs. Depuis les années 50, la chasse est interdite et le pigeon leucomèle a été mis au rang des espèces protégées. L'introduction de camphriers dans la banlieue des villes où ils font office de plantes ornementales a été d'un grand bénéfice pour cet oiseau car ses fruits sont devenus une de ses ressources principales. Du coup, depuis une trentaine d'année, les effectifs sont en constante augmentation. Plus de 7000 individus sont répertoriés en Nouvelles-Galles-du-Sud et l'espèce est de nouveau classée comme "de préoccupation mineure". L'avenir de cette espèce n'est pas assurée pour autant. L'éclaircissement des forêtes pluviales continue et le camphrier a été classé comme espèce nocive par les gouvernements du Queensland et des Nouvelles-Galles-du-Sud. En effet, son réseau de racines particulièrement développé détruit les canalisations urbaines et le tout-à-l'égout. Ses feuilles chargées en carbone sont une source de pollution pour les cours d'eau. Un programme de destruction des camphriers est prévu dans un avenir proche, ce qui risque d'être grandement préjudiciable pour les pigeons leucomèles.