Columba vitiensis
ou Pigeon à gorge blanche


 








Source : Oiseaux Net

Identification :
Ce pigeon de grande taille, à la constitution robuste présente un plumage très sombre. Chez les adultes, le dos, les ailes et la queue sont gris sombre avec de variables reflets verdâtres ou violacés. Le menton, la gorge et les joues sont d'un blanc immaculé. Le front, le capuchon, le cou et les parties inférieures sont châtain foncé avec un lustre rose-violet ou brun-ardoise avec un lustre vert ou violet. Les iris sont rouge ou orange. Les pattes et les pieds sont rouge violacé. La peau orbitale est couleur bordeaux. Le bec est rouge violacé ou rouge avec une pointe jaune pâle. Les 2 sexes sont identiques ou affichent des différences très minimes, la femelle étant légèrement plus terne que son partenaire. Les juvéniles ne sont guère différents des adultes, mais ils sont plus fades, n'ayant pas de reflets irisés sur les parties inférieures. Les différentes races se distinguent par le plus ou moins grand apport de reflets irisés. Chez les races halmaheira et métallica, le lustre est très important alors qu'il l'est moindre chez la race castaneiceps. Les races metallica et griseogularis ont une gorge grise et non pas blanche.

Chant :
Le pigeon à gorge blanche est peu vocal. Lorsqu'il crie ou qu'il chante, il est très difficile à localiser. De l'ouest de la Nouvelle-Guinée jusqu'au îles Salomons, le roucoulement de cet oiseau ne change pas : il est constitué de 2 ou 3 notes, la première étant montante, les 2 autres légèrement plus basses. A Makira, une pause de 3 ou 4 secondes sépare chaque roucoulement "Whoo...oooo...ooo". Le cri de la race leopoldi est par contre plus régulier, sans changement de hauteur. La race hypoenochroa produit un puissant hululement "ooooo-OOOO-OOOOO". La race castaneiceps des îles Samoa délivre un roucoulement nasal d'environ 1 seconde et constitué de 5 à 6 notes.

Habitat :
Le pigeon à gorge blanche est par dessus tout un oiseau des forêts denses avec des arbres à feuilles permanentes. On le trouve également dans les forêts-galeries et dans les forêts de mousson du niveau de la mer jusqu'à 2750 mètres d'altitude. Bien qu'on puisse parfois l'observer dans les forêts primaires qui ont une canopée continue, il est plus courant à la lisière des zones boisées et il cherche volontiers sa nourriture dans les boisements en cours de régénération et les terres cultivées. Dans certaines îles, il semble capable de subsister dans les habitats qui ont subi des transformations, y compris les plantations.

Distribution :
Le pigeon à gorge blanche possède un assez vaste territoire dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. Du nord-ouest au sud-est, son aire de distribution s'étend des Philippines jusqu'aux îles de la Polynésie (Fidji, Samoa, Tonga) en passant par les Moluques, les petites îles de la Sonde, la Nouvelle-Guinée, l'archipel Bismark, les îles Salomons et la Nouvelle-Calédonie. Comme chez la plupart des espèces insulaires, il y a de nombreuses sous-espèces, on en reconnaît officiellement au moins neuf : C. v. halmaheira (îles au large de Sulawesi, Moluques, Nouvelle-Guinée, Bismarck, Salomons aussi à l'est que Makira) - C. v. vitiensis (îles Fidji) - C. v. leopoldi (Vanuatu) - C. v. hypoenochroa (Nouvelle-Calédonie, y compris Lifou et Ouvéa) - C. v. griseogularis (Philippines sauf Palawan) - C. v. anthracina (Palawan et îles adjacentes, îles au large de Bornéo) - C. v. metallica (petites îles de la Sonde) - C. v. castaneiceps (Samoa) - C. v. godmanae (Lord Howe Island) - Une dixième sous-espèce habitant Tonga n'est pour l'instant pas nommée.

Comportements :
Ce pigeon des forêts, remarquable pour sa discrétion est observé la plupart du temps en solitaire, en couples ou en petits groupes familiaux. Néanmoins, en Nouvelle-Calédonie, des rassemblements saisonniers pouvant atteindre plusieurs dizaines d'individus (jusqu'à 80) étaient régulièrement aperçus. Bien qu'il soit majoritairement arboricole, cherchant sa nourriture dans la canopée et l'étage supérieur des arbres, le pigeon à gorge blanche prospecte également à terre, juste au pied des arbres fruitiers. Cet oiseau est sédentaire sur l'ensemble de son aire de distribution. Toutefois, comme toutes les espèces frugivores, il adopte des mœurs quelque peu nomadiques car il est obligé de tenir compte de la disponibilité des aliments. Il lui arrive donc de passer d'une îlette à une autre quand les ressources de la première sont épuisées. Lorsqu'il est obligé de s'enfuir précipitamment, son vol est rapide et direct. Il jaillit alors de sa cachette situé dans la canopée et il se pose après avoir parcouru une courte distance. Quelque soit la distance qu'il parcourt, son vol est généralement lourd avec des battements d'ailes très volontaires. Pendant les vols de parade, le mâle décrit de vastes arcs de cercle, montant dans le ciel de facon abrupte puis redescendant de façon non moins vertigineuse en planant avec les ailes partiellement rentrées. La manœuvre peut être accomplie à de multiples reprises. Le mâle effectue également une parade de salutation au cours de laquelle il gonfle le cou puis penche doucement la tête en avant sans lever la queue.

Nidification :
Les seuls renseignements fiables proviennent de Vanuatu. Dans cette île, la saison de nidification intervient du mois de septembre à la fin du mois de janvier ou au début de février. Ailleurs, la reproduction semble se dérouler en mai, juillet et août, des nids actifs ayant été découverts à cette période. Il est possible que dans certaines régions de son vaste territoire qui enjambe l'équateur la saison des nids puisse s'étaler sur tous les mois de l'année. Le nid est une plate-forme construite avec des brindilles et des plantes grimpantes qui sont entremêlées. Il est placé à n'importe quelle hauteur et parfois même sur le sol. En Nouvelle-Guinée, la cime d'une fougère arborescente semble constituer un endroit idéal. La femelle y dépose un ou deux œufs de forme ovale allongée qui sont couvés pendant une période qui varie de 17 à 19 jours. 21 jours après l'éclosion, les oisillons prennent leur envol. Malgré leur très jeune âge, ils sont déjà capables de voler vigoureusement et loin.

Régime :
Les pigeons à gorge blanche sont des végétariens : ils consomment des fruits, des bourgeons et des graines. D'après certains rapports, ils ingurgitent aussi des chenilles et des escargots. Ces oiseaux prospectent de façon très caractéristique dans les arbres et dans les buissons, mais occasionnellement ils descendent à terre. Leurs aliments préférés sont les piments rouge du genre Capsicum ou les baies de la famille des solonacées. Quand ils se restaurent, les pigeons à gorge blanche intègrent parfois des bandes mixtes à l'intérieur desquelles on trouve des carpophages de Mindoro (Ducula mindorensis) et des carpophages à ventre rose (Ducula poliocephala).

Protection / Menaces :
Bien qu'il soit relativement dispersé ou rare sur l'ensemble de son aire de distribution, cet oiseau n'est pas globalement menacé. Les pigeons à gorge blanche sont assez courants aux îles Fidji, localement communs dans les petites îles au large de Bornéo. Leur principal danger, la chasse, est responsable de leur quasi dispartition sur Lord Howe Island. A Vanuatu, cette espèce est partiellement protégée, la période de chasse légale étant ouverte uniquement d'avril à juin inclus.