Ducula whartoni
ou Carpophage de Wharton


 


Le Carpophage de Wharton (Ducula whartoni) est une espèce d'oiseaux appartenant à la famille des Columbidae.

Cet oiseau mesure 42 à 45 cm de longueur pour une masse de 450 à 700 g. Il ne présente pas de dimorphisme sexuel.

Les carpophages de Wharton sont endémiques de Christmas Island. Cette île, située dans l'océan indien au sud de Java et à 417 km à l'est des îles Coco est sous la souveraineté de l'Australie. Près des deux tiers de l'île ont eté déclarés parc national.

Les carpophages de Wharton vivent généralement en solitaire, en couples ou en petites bandes. Un arbre fruitier contenant d'abondantes ressources peut générer de grands rassemblements. Ces pigeons sont des oiseaux arboricoles, ils passent une grande partie de leur temps dans la canopée mais ils fréquentent également des niveaux inférieurs et ils sont capables de descendre à terre pour se désaltérer, particulièrement pendant la saison sèche. Malgré les persécutions dont ils sont victimes de la part des chasseurs, ce sont des oiseaux calmes qui ne cherchent pas à se dissimuler. Les carpophages de Wharton sont très actifs pour rechercher leur nourriture juste avant le crépuscule. Bien qu'ils claquent parfois puissamment leurs ailes, ils sont relativement discrets en vol pour des oiseaux de cette taille. On ne leur connaît pas de parades aériennes.

Les carpophages de Wharton nichent en colonies lâches. La saison de nidification s'étend de la fin août au mois d'avril mais l'activité bat son plein surtout de novembre à mars. Ces pigeons choisissent surtout des forêts de basse altitude situées sur des terrasses calcaires. Le nid est une structure composée de brindilles qui sont lâchement entremêlées. Il est placé à une assez grande hauteur dans un grand arbre et il est bien dissimulé par le feuillage. Comme la plupart des carpophages du genre Ducula, ces oiseaux ne pondent généralement qu'un seul œuf de couleur blanche, rarement deux. A sa naissance, le pigeonneau est nu et aveugle, il est pris en charge par ses deux parents. Il prend son envol au bout de 24 à 27 jours, mais il reste dépendant d'eux pendant au moins 17 jours supplémentaires. Les carpophages de Wharton nichent parfois deux fois par saison.

Les carpophages de Wharton son frugivores, mais ils consomment également des feuilles, des bourgeons et des jeunes pousses de plantes. Les cerisiers du Japon (Muntigia calabura) qui ont été importés pour reboiser les anciennes mines abandonnées de Christmas constituent sans doute la principale ressource. Les fruits des arbres de la famille des myrtacées (Eugenia, Syzygium) sont également très importantes. Les figues sauvages et les baies des lauracées ou des méliacées viennent compléter le menu. Les carpophages de Wharton cueillent directement les fruits sur les branches, ils passent beaucoup de temps à prospecter dans la canopée des arbres.

L'espèce est considérée actuellement comme commune et répandue. Sa population globale est estimée environ à 1000 individus pour une superficie de 135 kilomètres carrés alors que dans les années 1940, on la croyait quasiment éteinte. Cette renaissance a une explication : jusque dans les années 80, 25% du territoire de Christmas était occupé par des mines de phosphate. En 1987, le gouvernement australien a décidé de mettre un terme à leur exploitation. En même temps, sur les ruines de ces installations, il a procédé à des mesures de reboisement, important des cerisiers (Muntigia calabura) qui sont devenus une des ressources principales des carpophages et des autres oiseaux frugivores. Le parc national a été agrandi à plusieurs reprises (1980, 1986, 1989) si bien que sa superficie atteint désormais 63% de l'île. A l'intérieur de son enceinte, toutes les espèces animales sont protégées. Néanmoins, la chasse illégale se perpétue mais à une moindre échelle qu'autrefois, ce qui ne semble pas avoir de grosse influence sur l'évolution de la population des carpophages. En raison des risques que constitue une si faible superficie, les carpophages de Wharton sont classés comme vulnérables. A noter qu'une tentative pour implanter l'espèce aux îles Coco a échoué.

Catégorie actuelle UICN pour la Liste Rouge : Quasi menacé