Ptilinopus solomonensis
ou Ptilope des Salomon


 


Le Ptilope des Salomon (Ptilinopus solomonensis) est une espèce d’oiseaux appartenant à la famille des Columbidae.

Taille : 19 à 22 cm
Poids : 91-100 g

Identification :
Chez ce pigeon de petite taille, le corps trapu et la queue brève procurent une silhouette très caractéristique. Le mâle, très différent de sa partenaire, affiche des couleurs absolument magnifiques. Son plumage est majoritairement vert-olive foncé. Cependant, le front et le devant du capuchon sont mauves. Une large bande en forme de croissant traverse la région de la poitrine. La zone anale et les sous-caudales sont jaune éclatant. Une large tache circulaire rose-mauve recouvre le ventre et le bas de la poitrine. De petites taches bleu foncé ornent la région des scapulaires. La queue est terminée par une petite bande grise nuancée de vert. La femelle présente une livrée plus modeste. Le capuchon mauve et la bande pectorale jaune sont absents. Les parties inférieures sont entièrement vertes excepté le ventre et les sous-caudales qui sont jaunes. Chez les adultes, le bec est vert-sauge avec une légère pointe jaunâtre. Les iris sont jaune doré ou jaune-orange avec un anneau oculaire verdâtre. Les pieds sont violet bleuâtre, un pleu plus ternes chez la femelle. Les juvéniles ressemblent aux femelles, mais ils ont des liserés jaunes sur la plupart des plumes. Les jeunes mâles peuvent avoir un peu de mauve sur le front. Les différentes races se distinguent par le plus ou moins grand apport de mauve sur le capuchon. Dans ce domaine, les races ocularis et speciosus sont les plus remarquables car elles n'ont qu'une petite tache mauve sur le devant de l'œil. La race speciosus n'a pas de taches bleues sur les scapulaires et sa barre pectorale n'est jaune que sur le centre. La race johannis affiche une calotte très pâle.

Chant :
Les chants diffèrent selon les régions. A Makira, les ptilopes de la race nominale produisent des séries de roucoulements qui commencent lentement et qui gagnent en rapidité et en volume au fur et à mesure qu'elles progressent. Au bout d'un moment, le chant devient traînant puis il accélère de nouveau sur la fin, ce qui donne la retranscription suivante : "hu, hoo, hoo-hoo-hoo-hoo-hoo-ho-ho-ho-hu-hu-u-u-uuuuuuuuu". A Bougainville, la race bistictus produit des "coo-o-oo" très longs et très étirés qui sont répétés à des intervalles fréquents. A Biak, chez les oiseaux de la race speciosus, le chant est encore différent ; il commence par 2 petites notes à peine audibles et il se poursuit par une note qui s'élève, ce qui donne "tuk -tuk, woooa".

Habitat :
Comme son proche cousin le ptilope de rivoli, ce pigeon frugivore occupe deux sortes d'habitat bien distinctes : dans les grandes îles pourvues de relief, il est confiné dans les forêts de montagne. Ainsi à Bougainville, on peut le trouver entre 700 et 1 500 mètres d'altitude, à Guadalcanal entre 600 et 1 565 mètres. A Malaita, il fréquente les lieux boisés au-dessus de 600 m, alors qu'à Kolombangara il descend rarement en-dessous de 730 mètres. Dans d'autres îles, son habitat est constituté principalement de zones montagneuses. Dans les petites îles, son biotope est différent : on le trouve plutôt dans les régions basses et dans les broussailles qui bordent le littoral. Il s'installe également à basse altitude dans les forêts secondaires, dans les parcelles qui sont dégradées par une exploitation raisonnable ainsi que dans les forêts primaires inviolées. A Makira, son habitat peut être intermédiaire des deux décrits précédemment : il est assez commun dans les zones de collines.

Distribution :
Cette espèce qui a la réputation de vagabonder d'îles en îles est originaire de la région mélanésienne. Son aire de distribution, très morcelée, s'étend des îles de la baie de Geelvink dans la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée (Irian Jaya) jusqu'à Makira dans l'est des Salomon en passant par les îles de l'Admirauté et l'archipel Bismarck. 9 sous-espèces sont officiellement reconnnues : P. s. solomonensis (San Cristobal et Ugi , sud-est des Salomons) - P. s. johannis (Nouvelle-Hannovre, îles de l'Admirauté, et groupe de Saint-Matthias, archipel Bismarck) - P. s. meyeri (Nouvelle-Bretagne et Satellite islands) - P. s. neumanni (Nissan et Green Island, ouest des Salomon) - P. s. bistictus (Bougainville et Buka, ouest des Salomon) - P. s. vulcanorum (Vella Lavella et îles de la Nouvelle-Géorgie, sud-ouest des Salomon) - P. s. ocularis (Guadalcanal) - P. s. ambiguus (Malaita) - P. s. speciosus (Numfor, Biak, Traitor's island, îles de la Baie de Geelvink).

Comportements :
Les ptilopes des Salomon ne sont pas très grégaires : ils ne forment des rassemblements que lorsqu'ils se restaurent dans les arbres fruitiers avec d'autres espèces. Le reste du temps, ils vivent en solitaire ou en couples. Bien que ces oiseaux ne soient pas particulièrement discrets et dissimulateurs, on ne connaît pas grand chose à propos de leurs habitudes, leurs rituels et leurs parades ne sont pas décrits. Les ptilopes des Salomon sont sans doute sédentaires mais, dans les régions de petites îles, ils sont capables de traverser des petits bras de mer pour se rendre d'une île à une autre.

Nidification :
La saison de nidification est probablement très étendue. Dans l'archipel Bismarck, Del hoyo (the Handbook) signale qu'elle a lieu pendant tous les mois de l'année. A Bougainville et à Nissan, des nids ont été découverts respectivement en août et en avril, à Makira en juillet. Le nid est une fragile plate-forme construite avec des brindilles entrelacées. Il est placé dans un petit arbre du sous-bois ou dans un grand arbre de la forêt primaire, à une hauteur qui varie de 3 à 15 mètres au-dessus du sol. D'après une observation réalisée sur l'île de Makira, le mâle se charge principalement de récolter les matériaux et de les apporter sur le site. Ses allers-retours sont nombreux : il peut y avoir près de 10 visites en 45 minutes. Comme chez la plupart des pigeons du genre Ptilinopus, la femelle pond un seul œuf blanc dont la durée d'incubation n'est pas connue.

Régime :
Les ptilopes des Salomon sont presque exclusivement frugivores : ils consomment toutes sortes de fruits et de baies dont le diamètre varie entre 7 et 17 millimètres. Ils recherchent leur nourriture à la fois dans les grands arbres des forêts primaires et dans les buissons et les broussailles des zones secondaires. On les aperçoit très rarement dans les arbres isolés des zones cultivables.

Protection / Menaces :
D'après le Handbook, cette espèce n'est pas globalement menacée. Elle est localement commune notamment à Biak et San Cristobal. Son statut en Nouvelle-Bretagne est incertain, car le ptilope des Salomon n'y est peut-être que visiteur passager. Dans les petites îles, il est plutôt commun. Il est vulnérable dans les endroits où l'habitat est considérablement dégradé. Néanmoins, certaines races sont capables de s'adapter à la baisse de qualité de leur environnement . D'après Birdlife, les effectifs sont apparemment stables et l'espèce est classée comme de préoccupation mineure.

Catégorie actuelle UICN pour la Liste Rouge : Préoccupation mineure