Streptopelia orientalis
ou Tourterelle orientale


 


La Tourterelle orientale (Streptopelia orientalis) est une espèce d'oiseaux appartenant à la famille des Colombidés.

Cette espèce a un plumage très semblable à celui de son homologue européenne, la Tourterelle des bois. Elle est un peu plus grande que cette espèce en particulier dans le cas d’orientalis, environ de la même taille qu'une Tourterelle turque. Elle partage avec elle la tache à rayures blanches et noires sur le côté du cou, mais la poitrine est moins rose et les plumes brun-orange des ailes des Tourterelles des bois sont remplacées par une teinte brune, plus sombre et des centres noirs.
La queue est pointue comme celle de la Tourterelle des bois, mais S. o. orientalis a du gris à l'extrémité de la queue alors que chez S. o. meena la pointe est blanche comme chez la Tourterelle des bois. Le vol est plus lent et plus direct que celui de sa parente. L'appel est très différent du roucoulement de la Tourterelle des bois. C'est un sa-sa-oo-oo.

Les tourterelles orientales préfèrent généralement les lisières des forêts et les terres agricoles partiellement boisées dans les parties les plus tempérées du Paléarctique et des zones tropicales. Elles vivent des régions basses de plaine jusqu'à environ 4 000 mètres d'altitude. Ces oiseaux dédaignent habituellement les zones boisées épaisses, à moins qu'elles ne soient situées à proximité de contrées ouvertes ou de zones désertiques. Ils recherchent leurs nourriture dans les terres cultivées et plus particulièrement dans les champs recouverts de chaume.

Les tourterelles orientales sont originaires du continent asiatique du sud-ouest de l'Oural jusqu'à l'île Sakhaline. Leur aire de distribution s'étend en direction de l'ouest et du sud jusqu'au Kazakhstan, jusqu'à l'est de l'Iran, l'Afghanistan et le sud de l'Inde. En direction de l' est, elle va jusqu'au Japon, l'archipel des Ryukyu, Taïwan et le nord de la péninsule indochinoise. Certains oiseaux hivernent au sud de l'Himalaya, parfois jusqu'au Sri Lanka et au centre de la Thaïlande. En dehors de la saison de nidification, d'autres errent jusqu'en Europe. Sur ce très vaste territoire de plusieurs millions de kilomètres carrés, on reconnaît officiellement 6 sous-espèces : S. o. orientalis, la race nominale (niche en Sibérie Centrale en diection de l'est jusqu'au Japon, Sakhaline et les îles Kouriles, également dans toute la Chine et le nord de la péninsule indochinoise) - S. o. meena (sud-ouest de la Sibérie jusqu'aux monts Altaï, Kazakhstan, Afghanistan, nord du Pakistan, Inde de l'ouest jusqu'au Népal) - S. o. erythrocephala (péninsule indienne du Bihar et de l'Orissa en direction du sud jusqu'à Mysore) - S. o. agricola (nord-est de l' Inde, du Bihar et de l'Orissa jusqu'en Thaïlande en passant par l'Assam et le Bangladesh) - S. o. stimpsoni (archipel des Ryukyu) - S. o. orii (Taïwan).

Les tourterelles orientales vivent en solitaire, en couples ou en petites bandes. Au passage pendant la migration ou dans les lieux où les ressources sont abondantes, ils forment de plus grands rassemblements. Ces oiseaux ont un vol relativement lourd et direct constitué de battements d'ailes moins saccadés que ceux des tourterelles des bois. Les populations qui vivent dans le nord de l'aire sont migratrices. Elles quittent leurs terres de nidification situées en Sibérie, en Mongolie et en Chine d'août à octobre et elles n'y reviennent pas avant avril ou mai. Pendant la saison hivernale, elles élisent domicile sur le subcontinent indien et dans le sud-est asiatique où elles se mélangent avec les races sédentaires qui y résident déjà. Dans le sud du Japon, de nombreux oiseaux sont présents pendant toute l'année. Pendant l'hiver, ils sont rejoints par des populations qui proviennent des îles situées plus au nord.

La saison de nidification est généralement très allongée : dans le sud du Japon, elle dure notamment de février à novembre. Toutefois, dans les parties les plus septentrionales, en Sibérie, elle est réduite de mai à août. Dans l'ouest du subcontinent indien, la race meena se reproduit de mai à début juillet alors que, plus au sud, la race erythrocephala pond ses œufs de novembre à janvier-février. Le vol de parade est semblable à celui de la touterelle des bois (Streptopelia turtur) : les mâles volent presque verticalement en donnant de puissants battements d'ailes puis ils planent en direction d'un perchoir en décrivant un grand arc de cercle, la queue deployée et les ailes dirigées nettement vers l'avant. Les tourterelles orientales effectuent également des rituels de salutation au cours desquels le mâle marche vers la femelle en adoptant une démarche ferme et sautillante ainsi qu'en inclinant la tête et en ébourriffant les plumes de son cou. Dans presque tous les cas, le nid est une fragile plate-forme qui est construite avec des brindilles et dont le fond est garni avec un minimum de végétaux. Il est placé dans un arbre ou dans un arbuste à une hauteur qui varie de 1 mètre 50 à 10 mètres au-dessus du sol. Occasionnellement, il est directement posé sur le sol. La femelle dépose 2 œufs blancs qui sont couvés à tour de rôle par les deux parents pendant 15 ou 16 jours. Les œufs éclosent à un jour d'écart. Les jeunes oisillons sont nourris par les deux adultes et prennent leur envol au bout de 15 à 17 jours.

Les tourterelles orientales se nourrissent de végétaux qu'ils trouvent principalement sur le sol. Ces oiseaux pénètrent dans les rizières et les champs de céréales. Ils consomment également des graines de pins, des herbes, des jeunes pousses de bambou ou d'autres plantes. Dans l'ex-URSS, on a pu les observer arrachant des fruits sur les branches de prunier sauvages.

Les tourterelles orientales sont relativement communes sur leurs lieux de nidification et sur leurs terres d'hivernage. Localement, elles subissent la pression de la chasse et elles sont très rares à proximité des habitations. D'après Birdlife, les effectifs ne sont pas quantifiés mais compte tenu de l'immense superficie de leur territoire, l'espèce est considérée comme de préoccupation mineure.

Catégorie actuelle UICN pour la Liste Rouge : Préoccupation mineure