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SITUATION DES PIGEONS DANS LA VILLE


PROLIFERATION


Les pigeons des villes ont dû se rapprocher de l'homme dès le début de la création des grandes cités. Au XVIII° siècle quand l'élevage pour la production de viande fut abandonné beaucoup d'oiseaux furent probablement relâchés ainsi qu'au XIX ième siècle quand la mode des pigeonniers disparut.

Les pigeons peuplant nos cités vivent donc à l'état libre depuis fort longtemps.

On abandonna donc l'hébergement des pigeons en colombier par deux grandes vagues : au XVIII et au XIX ième siècle. Depuis au moins 150 ans les pigeons de ville sont redevenus complètement indépendants.

Au cœur des agglomérations ils ont trouvé la "paix". Connaissance de l’homme, nourriture disponible, prédateurs quasi inexistants, édifices pour nicher et nidifier. Ce fut d’abord l’âge de pierre, puis celui de fer quand l’on construisit les halls des gares, le métro aérien à Paris.

D’autres pigeons ont mis une patte sur le bitume : les pigeons ramiers, colombins et les tourterelles turques. Les premiers, appelés aussi palombes, demeurent avant tout une espèce de grands migrateurs. Ils parcourent tous les ans des milliers de kilomètres de la Finlande à l’Espagne. Toutefois, certains d’entre eux s’implantent dans les cœurs urbains. A l’instar des bisets, les palombes ont découvert dans les cités un biotope idéal à leur développement. A tel point d’ailleurs que leurs couples peuvent avoir quatre fois plus de jeunes que les autres restés migrateurs ! Mais à l’encontre des pigeons de roche, ce sont dans les parcs et sur leurs arbres que les palombes font leurs nids. La place que l’homme a accordée aux espèces arborées limitera de facto leur population. Un troisième groupe côtoie pigeons de roche et ramiers: les pigeons colombins, espèce bien plus rare en agglomération. Les tourterelles turques comme les palombes font leurs nids dans les arbres, on en trouve beaucoup dans certaines agglomérations.


Si les pigeons bisets trouvent assez de nourriture leur nombre peut croître de façon exponentielle; en effet avec 6 couvées de 2 œufs par an et une capacité de reproduction possible à partir de 4 semaines..... Mais l'énorme taux de mortalité de ces oiseaux limite cette croissance très en deçà de la limite possible. ( à Paris l'espérance de vie d'un pigeon est de 3 à 4 ans alors qu'en captivité on en a vu vivre 30 ans)




EXTRAITS DE LA THESE pour le doctorat vétérinaire présentée en 1999 à l'université Paul-Sabatier de TOULOUSE
par Anna SCHNITZLER
Le pigeonnier dans la ville :
intérêt dans la maîtrise de la population des pigeons urbains


A. UNE POPULATION TROP IMPORTANTE


1. LE PROBLEME DE NOMBREUSES VILLES


La plus grande partie de la population du pigeon semi-domestique se retrouve dans les villes et en particulier dans le centre des agglomérations. Cependant nous n'avons pas d'estimation réellement fiable du nombre de pigeons dans une ville. Le recensement est difficile et demanderait des moyens colossaux. Il faudrait pour chaque ville :
  • Une méthodologie validée et reproductive
  • Des informations sur la structure et la dynamique de la population (age, sexe, reproduction, mort, émigration)
  • Des informations sur la répartition des pigeons dans la ville
Il y aurait 8 000 pigeons à Grenoble, 4 000 à Tours, 2 000-3 000 à Rennes, 10 000 à Bordeaux. Cependant, il ne faut pas tenir compte uniquement du nombre de pigeons mais aussi de leur densité et de leur répartition dans les différents quartiers d'une même ville. En effet, des pigeons en faible nombre mais regroupés peuvent être bien plus gênants qu'une colonie importante mais bien répartie. De plus, quand au nombre important s'ajoute une mauvaise répartition, on peut comprendre la détermination de certaines villes à se "débarrasser" de ces oiseaux.

Beaucoup de villes en France font appel à la capture, certaines utilisent la stérilisation, la plupart protègent leur monuments et bâtiments. Le nombre des pigeons restant grossièrement stable, l'efficacité de telles méthodes et leur application est peut-être à remettre en cause.



2. L'EXEMPLE PARISIEN


C'est probablement à Paris que les pigeons posent le plus de problèmes. Leur nombre n'a cessé d'augmenter de 1945 à nos jours. Durant la guerre, la population de pigeons était réduite à son minimum. Ils ne trouvaient pas de nourriture et étaient eux-même un met apprécié en cette période de pénurie. Ils ne cessèrent ensuite de se multiplier jusqu'à atteindre aujourd'hui un nombre probable ou allant croissant de 80 000 à 100 000. Il y eut tout de même une période de régression de 1970 à 1984 durant laquelle on utilisait 2 méthodes conjuguées :
  • La capture au filet et le relâcher des pigeons à la campagne
  • La distribution de graines contraceptives à l'azacholestérol (ORNITROL N.D.) 2 fois par an pendant 10 jours.
La première méthode fut stoppée en Novembre 1984 par le service de la santé et de la protection animale du Ministère de l'Agriculture car le risque de transmettre des maladies aux pigeons des campagnes ou d'élevage était non négligeable. La seconde méthode fut aussi abandonnée en Août 1985 car ce produit n'avait pas encore reçu l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

POPULATION
COLOMBINE à PARIS

ANNEES NOMBRE
1945 5 000
1950 15 000
1955 70 000
1960 80 000
1965 100 000
1970 90 000
1975 40 000
1980 31 000
1985 45 000
1990 100 000


Aujourd'hui la Mairie de Paris n'utilise plus aucun moyen afin de limiter la population de pigeons. Les plaintes sont nombreuses et les oiseaux sont dans l'ensemble en bien mauvais état. La solution que représente la capture suivie de l'euthanasie n'est pas utilisée par la mairie car elle est mal acceptée par les habitants de la ville et par les associations de protection animale.

La variation du nombre de pigeons est liée à à la quantité de nourriture disponible, aux conditions climatiques, aux épizooties, à la pollution... Mais dans l'ensemble elle est stable et supérieure au chiffre acceptable pour une bonne intégration dans la cité.





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ACTUALITE SUR LA GRIPPE AVIAIRE ET LES PIGEONS

La bataille est rude pour éviter que les pigeons, sous le prétexte de la grippe aviaire soient encore massacrés.






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