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LA PROTECTION
DES
PIGEONS

MON OPINION



LA PROTECTION DES PIGEONS - POURQUOI



Les pigeons ne sont réellement ni domestiques comme les chiens et les chevaux, ni prisonniers comme les poules. Ce sont plutôt des captifs volontaires, des hôtes fugitifs qui ne se tiennent dans le logement qu'on leur offre qu'autant qu'ils s'y plaisent... Tous les pigeons ont de certaines qualités qui leur sont communes : l'amour de la société, l'attachement à leurs semblables, la douceur de leurs mœurs, la fidélité réciproque, la propreté, le soin de soi-même qui suppose l'envie de plaire, l'art de se donner des grâces, les caresses tendres, les mouvements doux. Nulle humeur, nul dégoût, nulle querelle, tout le temps de la vie employé au soin de ses petits, toutes les fonctions pénibles également réparties. Le mâle, aimant assez pour les partager et même se charger des soins maternels, couve régulièrement à son tour et les œufs et les petits, pour en épargner la peine à sa compagne, pour mettre entre elle et lui cette égalité dont dépend le bonheur de toute union durable : Quel modèle pour l'homme s'il savait les imiter !

BUFFON


Comme le titre le suggère, j'exprime ici mon opinion sur la protection des pigeons de roche. En effet je connais beaucoup de personnes qui s'investissent dans sa protection. J'entends par protection toute action visant à améliorer sa survie dans le monde moderne comme ramasser les oiseaux blessés (adultes ou jeunes) pour les soigner soi-même ou les porter chez les soigneurs de pigeons (qui ne sont pas les centres de soins agréés...), libérer ou signaler les oiseaux enfermés, nourrir les pigeons, tenir un refuge.

Ces personnes ont souvent des difficultés et parfois vivent un enfer. En effet la société non seulement a diabolisé les pigeons mais aussi leurs protecteurs. Par exemple telles personnes qui ont l'habitude de soigner quelques pigeons dans leur appartement qui se trouvent harcelées par les voisins. Quand ce n'est pas des agressions physiques qu'elles subissent! Mais mon but dans cette page n'est pas de traiter ce sujet. Je veux en fait traiter un autre problème plus grave auxquelles ces personnes se trouvent exposées, un problème qui s'il n'est pas résolu rend leur vie difficile et parfois infernale. Quand on recueille et soigne des jeunes pigeons, on veut les garder car on a peur de les relâcher, voyant le sort qu'il leur est réservé à l'extérieur. Et on essaye de les placer dans des refuges où ils pourront vivre soit captifs en volière, soit à la campagne en semi-liberté. Le problème ici c'est que les quelques refuges existants, dont les responsables, eux aussi, ne veulent pas les relâcher dans la nature, se trouvent très rapidement surchargés. Des pigeons il en arrive, il en arrive. On les entasse et puis les épidémies arrivent avec les problèmes sanitaires sans parler de la piètre qualité de vie des oiseaux ayant un faible volume pour évoluer. On ne peut prendre tous les pigeons de la terre en pension!

Certes c'est très bien de garder en captivité les oiseaux ne pouvant vivre en liberté à cause de séquelles de maladies ou de blessures mais pourquoi garder à grande échelle les adultes, les jeunes qu'on a soignés et qu'on a vu grandir? Certes on peut en garder comme animal de compagnie, oui, mais ces volières de milliers de pigeons, pigeons qu'on ne peut relâcher de temps en temps à cause des voisins, ces volières qui se remplissent toujours plus. Certes si on vit à la campagne et si on a l'espace on peut garder quelques pigeons vivant en liberté (quand on dépasse la trentaine dehors, les voisins finissent par les empoisonner, même les pigeons voyageurs maintenant, quelle époque) ou une ou deux centaines en grandes volières. Par exemple j'ai sauvé 120 pigeons destinés à être gazés que j'ai capturés en région parisienne. Je vis à la campagne et ils vivent en volière avec un pigeonnier. Donc je ne critique pas. Je veux surtout traiter du problème des grands refuges submergés par les pigeons que les protecteurs vivant en zone urbaine apportent. Oui ces grands refuges devraient essayer d'en relâcher pour se délester, c'est sûr. Pour essayer de débloquer la situation trois modestes réflexions ci-dessous.

Enfin comme vous l'avez compris les refuges ont un criant besoin de financement. Qu'on soit d'accord ou pas sur le fait de garder systématiquement en captivité des pigeons adultes et en bonne santé il faut tout de même saluer le travail incroyable effectué. Si vous voulez faire une bonne oeuvre vous pouvez subventionner ce refuge :

Lapalomatriste : association pour la protection et le traitement éthique des pigeons des villes.

 





PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES



...Les animaux sauvages qu'on trouve au pays des humains en particulier vivent constamment dans la peur. Ils ne peuvent manger une seule bouchée de nourriture sans inquiétude. Ils s'entre-dévorent et nombreux sont ceux qui les tuent : chasseurs, bêtes féroces, etc. Les éperviers tuent les petits oiseaux, les petits oiseaux tuent les insectes, ils accumulent continuellement le mauvais karma de s'entre-tuer.... Ainsi les animaux vivent-ils dans d'inconcevables souffrances. Quand nous voyons un être torturé de la sorte mettons-nous mentalement à sa place et pensons dans le détail à tout ce qu'il subit....Comme il n'en existe pas un seul, jusqu'au plus petit des insectes, qui ne ressente le plaisir et la douleur.....cultivons envers eux l'amour et la compassion....

Patrul Rinpoché (grand saint du 19° siècle du Tibet) Éditions Padmakara Laugeral 24290 Saint-Léon-sur-Vézère


La citation ci-dessus décrit le monde animal, la condition animale; un monde de souffrances, de souffrances bien plus importantes que notre monde humain. Loi du plus fort avec sa sélection impitoyable, absence de loisirs ou temps libres, etc. C'est la condition animale des animaux sauvages. Les pigeons de roche, étant des animaux sauvages, n'y échappent pas. En plus ils sont la cible d'une haine collective qui fait qu'ils sont couramment tués et torturés. Et pourtant ils survivent! Un pigeon biset peut vivre jusqu'à l'âge de 35 ans, couramment 20 ans en captivité mais libre son espérance de vie est bien plus courte. Certains l'estiment à 5 ou 6 ans (espérance de vie négligeant la très forte mortalité juvénile). Je pense que dans les grandes agglomérations s'il ne dépasse pas l'âge de 6 ou 7 ans, cela provient des captures régulières faites par les municipalités. C'est ce que j'ai constaté en région parisienne pour des pigeons que j'ai pu suivre pendant des années; il est très rare de voir le même pigeon dans un lieu de nourrissage plus de 5 ans de suite. C'est un massacre généralisé. Le pigeon est bien dans le royaume animal où les hommes systématiquement torturent, exploitent, rendent en esclavage et tuent la majorité des animaux.

En considération de ce que j'ai mis en évidence, on peut considérer qu'il existe deux niveaux ou exigence dans la protection des animaux sauvages; je néglige ici le niveau de protection se limitant à la seule espèce, niveau niant l'individu et fixé sur la dialectique rare ou abondante, niveau promu par les naturalistes matérialistes.

Le premier niveau :
On ne cherche pas à sortir la bête sauvage de sa condition animale mais on cherche à soulager ses souffrances dues aux circonstances comme une blessure, un petit sans parents, pour lui permettre de vivre sa vie normale d'animal sauvage. C'est ainsi que pour les oiseaux, une fois ceux-ci soignés ou ayant grandi, on cherche à les libérer (en prennant bien entendu les précautions nécessaires). On peut aussi dans cette démarche garder en captivité les animaux incapables de vivre libres car ayant contracté un handicap, mais ce faisant on les sort du premier niveau pour le deuxième.

Le deuxième niveau :
Voyant la condition misérable de certaines espèces animales, comme les pigeons biset dans certaines villes, on peut être tenté de garder à l'abri, en volière ou en semi-liberté, les individus que le sort nous a apportés, pour les soigner, élever. Et pourquoi pas, mais ce faisant on les sort, en quelque sorte, du monde animal pour les placer dans le monde humain en leur donnant nourriture, eau, abri, soins, protections contre les prédateurs (les chats dans les centres-villes), protection contre leur semblable et aussi notre amour et affection. Cette protection très fortement critiquée par les élites matérialistes scientifiques est la meilleure mais entre en conflit avec l'aspiration de liberté de l'animal sauvage, surtout si c'est un oiseau comme le pigeon qui vole merveilleusement et fait régulièrement des jeux de courses pour le plaisir (ils sont merveilleux à voir évoluer avec leur changement de vitesse et de direction). C'est un choix.

Mais quand on recueille comme responsable de refuge des milliers d'oiseaux et qu'on a forcément pas les moyens humains, financiers et matériels pour accueillir tout le monde dans de bonnes conditions, est-il raisonnable de vouloir pratiquer le deuxième niveau? Ne peut-on s'en tenir au premier et relâcher les individus bien portants? Certes en faisant ainsi ils retourneront à leur condition de pigeons de roche sauvages pourchassés et haïs et ayant une faible espérance de vie (sans parler du risque supplémentaire provenant du relâchage d'un individu élevé à la main et donc sans expérience). Mais peut-on refaire le monde et vouloir que les animaux sauvages échappent à leur condition? À chacun de voir et de faire comme il peut.

 





FAUX : LE PIGEON DE ROCHE EST DOMESTIQUE



Idées fausses

  • Les pigeons de roche (ou des tours) vivant en liberté sont des descendants des individus domestiques relâchés à différentes époques.
  • Ils ne peuvent se nourrir seuls et l'effet de leur ancienne domestication est irréversible.
  • Les seuls pigeons non domestiques, rares, vivent en corse ou dans certaines régions rurales isolées.
  • Ils sont prédisposés à la re-domestication.


Bon je vais brièvement évoquer pourquoi nos ornithologues et biologistes classent le pigeon biset marron (féral) comme un animal domestique retourné à la vie sauvage. Actuellement nous sommes dans une phase civilisationnelle que j'appellerai post-matérialiste flamboyante. En effet si au 18 et 19 ° siècle, en occident la vie n'était vue que comme une série de réactions chimiques au 20 ° elle sera vue comme un processus d'évolution des gènes qui sont des invariances biochimiques. Tous les phénomènes vivants pouvant être expliqués, voire contrôlés par les gènes. On se rappelle la fameuse course des équipes de chercheurs à travers le monde pour cartographier le génome humain ainsi que les multiples déclarations de presse tonitruantes comme "nous avons isolé le gène" de l'homosexualité, de la schizophrénie, etc. (dommage qu'ils n'aient pas trouvé celui de la connerie). Vous avez remarqué qu'on ne parle plus maintenant du séquençage du génome humain puisque celui a été achevé. On s'est aperçu que quelque chose cloche dans ce génome, il n'y a pas assez de gènes pour la théorie du tout génétique et que les gènes sont vraiment loin, même très loin de tout expliquer. Je vais pas m'étendre sur ce sujet mais on peut dire que la théorie génétique est maintenant morte.

Je trouve symptomatique que, de la même façon que les scientifiques ne recherchent plus à mettre la main sur l'âme des choses, ils n'ont pas pour objet d'étude "la Vie", mais, par exemple, des processus biochimiques. De leur point de vue, qui est aussi le mien, "la vie", ça n'existe tout bonnement pas !!! C'est un raccourci sémantique, support à mysticisme, mais c'est un concept dont il n'y a rien à faire. On ne peut en déduire ni généralités sur "la matière vivante", ni conséquences éthiques, ni métaphysique, ni rien du tout. Autant le jeter à la poubelle et passer à autre chose !

Charles Darwin


Dans ce contexte idéologique du tout génétique la classification des animaux dits sauvages ou domestiques va s'en trouver affectée. Un animal est domestique s'il a subi une modification génétique de la part de l'homme. Cette modification pouvant provenir de l'ingénierie de la haute-technologie génétique ou tout simplement des méthodes traditionnelles de sélection des races des animaux dits de rente ou de compagnie (chiens, chats, volailles, ruminants, etc.). Une espèce animale, d'après cette classification-croyance, qui aura subi même une seule modification génétique et qui retournera à la vie sauvage restera domestique jusqu'à la nuit des temps. Du n'importe quoi. Comme si la vie se souciait de nos concepts et classifications. Elle est mouvement qui évolue sans cesse et se fiche bien de nos casiers ou tiroirs où l'on veut la ranger. En effet pour classer les animaux suivant cette dichotomie domestique, sauvage il existe une autre méthode, beaucoup moins matérialiste et idéologique, plus pragmatique, à savoir l'observation de leurs comportements. Par exemple la constance ou non d'une surveillance ou d'un contrôle des déplacements voire de la reproduction par l'homme est un critère pertinent. Pour les pigeons marrons (feral) l'Italie a par le jugement n° 284/82 de 1983 du tribunal de Turin reconnu le caractère sauvage du pigeon des villes. Le Tribunal a retenu que : "Bien que le pigeon des villes dérive d'un ancêtre domestique, il doit être considéré comme une espèce sauvage parce qu'il est tourné à la vie sauvage et aussi parce que ses populations sont réglées par les mêmes lois que celles qui régissent l'accroissement des populations d'animaux sauvages." Le pigeon de ville est-il différent des autres espèces considérées comme "sauvages" et résidant en ville ? Non. Il cherche et trouve librement, sans aide, sa nourriture. Se reproduit seul sans aucune intervention humaine. Il a le comportement d'un animal sauvage. Sa dynamique de population obéit aux mêmes lois. En France l'alimentation de cet oiseau a varié avec les époques. Sous l'ancien régime (Au XVIIe siècle on estimait le nombre des colombiers en France à 42 000) il vivait à la campagne dans des colombiers ouverts et se nourrissait dans les champs. Ces oiseaux ont une capacité d'adaptation extraordinaire, pouvant vivre aussi bien à 3000 mètres d'altitude (Inde, Himalaya) que dans les oasis du Sahara. Ces oiseaux peuvent manger dans les centres ville des grandes agglomérations comme Paris, Londres, Rome, Lyon tout ce qu'ils trouvent (pain, sandwichs divers, viennoiserie, etc.) par eux-mêmes ou en quêtant les dons des humains. Mais aussi, en zone rurale où peu d'humains leur laissent de la nourriture, ils peuvent se regrouper près des silos à grain et se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour chercher des champs hébergeant les cultures qu'ils affectionnent (On observe parfois dans certaines régions, rarement il est vrai, à la campagne, dans les champs, des colonies de pigeons biset en compagnie de pigeons ramiers).

J'ai soigné et relâché des merles noirs et des moineaux domestique, espèces considérées comme sauvages. Et je n'ai observé aucune différence entre ces oiseaux et mes pigeons biset sauvages que je garde en captivité chez moi; ils sont aussi farouches et ont peur de l'homme. Contrairement à mes tourterelles domestiques que je peux attraper comme je veux. Pour moi il n'y a aucun doute les pigeons de roche sont bien sauvages, c'est évident.

Toujours dans cette logique matérialiste génétique (qui est maintenant dépassée) qui veut que si un animal a une trace d'une modification génétique provenant de la main de l'homme il est classé comme domestique; les meilleurs spécialistes considèrent qu'il n'existe plus d'individus vivants à l'état sauvage en Europe, même en Corse, n'ayant pas été contaminés par les espèces marronnes (domestiques retournées à l'état sauvage). Donc ils considèrent que le pigeon biset pur jus sauvage a disparu.
Voir ci-dessous.

 





FAUX : ON NE PEUT PAS RELÂCHER UN PIGEON QU'ON A RECUEILLI TRÈS JEUNE



Un adulte malade ou blessé qu'on a recueilli, qu'on garde en captivité moins de 3 mois et qui ne souffre d'aucune séquelle ou handicap peut être relâché sans précautions particulières. N'oubliez pas en outre qu'il est comme les voyageurs et saura retourner au seing de sa colonie. Les pigeons handicapés et ne pouvant voler ne doivent pas être libérés. Les pigeons vivent en groupe, c'est un animal sociable. Ils ne peuvent se passer du groupe où ils vivent. Ce qui ne veut pas dire que les oiseaux ne se battent pas entre eux parfois. En fait ils sont comme les humains, en groupe ils se chamaillent, seuls ils recherchent la compagnie de leur semblable. Les pigeons ne sont pas xénophobes et acceptent les nouveaux individus, surtout les femelles. Certains pigeons qui cherchent à se faire accepter ont énormément de mal à s'insérer dans une colonie. De toute manière les pigeons faiblards, ayant un handicap ou malades peuvent être attaqués et donc rejetés avec violence. Il vaut mieux prendre quelques précautions quand on désire relâcher un pigeon qu'on a recueilli adulte et qu'on a gardé en captivité sur une longue période (de plus de 3 mois). On peut, si on vit en appartement, l'habituer ainsi : lui donner à manger et le faire dormir toujours dans la même pièce puis ouvrir une fenêtre et le laisser sortir et entrer comme il le désire. Il rentrera et sortira à volonté puis un jour il partira pour nidifier. C'est en fait la même procédure que pour les pigeonneaux qu'on a trouvés par terre, tombés du nid, malades ou pas, qu'on a élevés à la main et qu'on voudrait libérer. Mais attention je sais par expérience que l'on ne peut laisser sortir un pigeon que s'il est assez gros, fort et en bonne santé, c'est-à-dire qu'il ne faut rien tenter avant 6 mois, voire plus (un pigeon est adulte au bout d'un an).

Comme vous pouvez-vous en rendre compte libérer un jeune élevé par l'homme n'est pas évident surtout s'il n'a jamais été en contact avec d'autres pigeons. Par contre si le pigeonneau bénéficie de la présence d'adultes et même d'autres pigeonneaux les choses s'améliorent et vous pouvez envisager de le libérer un jour. Sinon je le déconseille, vous le vouez à la mort, une mort bien entendu probable mais non certaine. Un pigeonneau élevé sans aucun contact doit être placé dans un refuge pour une libération ultérieure ou gardé comme animal de compagnie, c'est très sympa un pigeon adulte, seul, qu'on a élevé à la main et qu'on garde à la maison, affectueux, tendre, intelligent et il peut sortir et faire un tour sans se perdre.

Maintenant venons-en aux refuges qui désirent se délester et qui gardent en captivité un nombre important de pigeons adultes en bonne santé et sans handicap. Cette masse de pigeons provenant d'individus capturés adultes, soignés et non relâchés et de pigeonneaux trouvés et élevés à la main. Les adultes recueillis ayant été gardés en captivité sur une longue période (sinon je conseille de les relâcher dès qu'ils sont rétablis au lieu de les garder ainsi sur une longue période). Je conseille de construire des petites volières pouvant contenir 20 pigeons avec abris pour dormir. Dans chaque volière vous faites vivre ensemble pendant 3 mois une vingtaine de pigeons en veillant à respecter, si possible la parité femelle, mâle. La petite colonie formée par le groupe de 20 pigeons pourra être relâchée, ensemble, au bout de 3 mois. Mais attention par n'importe où, ni n'importe comment. Il faut les placer dans un endroit non saturé en pigeons et où les captures effectuées par les municipalités ne sont pas trop fréquentes. Un réseau d'observation pour situer les zones appropriées devrait être créé, c'est certain. Et n'oubliez pas qu'en relâchant ainsi un oiseau sauvage dans un milieu hostile et haineux vous prenez le risque qu'un certain nombre meurent. Mais ils auront leur chance.

 






Le Pigeon marron (le Pigeon biset) : Columba livia J.F. Gmelin, 1789

de Olivier Lorvelec, Jean-Denis Vigne & Michel Pascal


D'après Voous (1960), l'aire initiale de reproduction du Pigeon biset s’étendait du nord de l'Afrique jusqu’à l'Asie centrale, au nord, et le sous-continent indien, au sud, à l'exclusion du massif de l'Himalaya. En Europe, elle englobait l'ensemble des côtes méditerranéennes, la péninsule ibérique et les côtes de Bretagne et des îles britanniques. La forme domestique de l'espèce a été progressivement introduite en milieu naturel sur l'ensemble des autres continents, notamment aux États-Unis d'Amérique dès le début du 17ème siècle (Johnston & Garret, 1994), à l'exception de l'Antarctique (del Hoyo et al., 1997).

Le Pigeon biset est fortement représenté dans le Nafoutien d'Israël (10 000 avant J.- C.) et dans les sites habités du Levant datés du Néolithique précéramique (Masseti, 2002). Si Lever (1987) le suppose domestiqué à cette époque, pour Tchernov (1984) l'évolution morphologique observée sur les restes osseux collectés dans les sites néolithiques précéramiques du Proche-Orient ne signerait pas obligatoirement une domestication, mais plutôt une pré-domestication conséquence d'un commensalisme induit par la mise à disposition de l'espèce d'importantes quantités de céréales provenant de l'essor de l'agriculture. Sa domestication est avérée de façon certaine dès la fin de l'Antiquité (Masseti, 2002). Sans préjuger de sa domestication, indépendante ou non, dans d'autres civilisations et d'autres époques, l'analyse de 5 documents zootechniques datant de la 3ème dynastie d'Ur (fin du 3ème millénaire) amène Limet (1994) à conclure que l'espèce était parfaitement domestiquée en Mésopotamie dès cette époque.

En France, des restes de Pigeons bisets ont été identifiés dans de nombreux assemblages du Pléistocène supérieur du Midi de la France et de Corse (Mourer-Chauviré, 1975 ; Vilette, 1983 ; Louchart, 2001).

Les mentions de l'espèce se raréfient au début de l’Holocène, au Mésolithique et au Néolithique, mais perdurent dans le Midi (Vilette, 1983, 1988) comme en Corse (Vigne et al., 1997). Il est vraisemblable qu'à ces époques l'espèce ait été absente d'une large partie du territoire français.
En effet, ce n'est qu'à partir de l’Âge du Fer (Poulain, 1985), et surtout de la Période romaine, que le Pigeon biset est mentionné dans le Nord et l'Est du pays, au 1er siècle avant J.-C. dans le Pas-de-Calais (Vadet & Vadet, 1993) et à Meaux (Yvinec, 1988) et du1er au 4ème siècle après J.-C. à Lutèce (Oueslati, 2002) et dans les départements de l'Oise, du Pasde- Calais, de l'Aisne, du Nord (Lepetz, 1996), de l'Ain (Vadet, 1981) et de l'Essonne (Leblay et al., 1997). Il est probable qu’il s’agit déjà en majorité de pigeons domestiques ou marrons.
L’augmentation du nombre de mentions, notamment en provenance du Centre, du Nord et de l’Est du pays, pendant le Moyen Âge, ne laisse plus aucun doute quant à la nature domestique ou marronne des sujets dont on trouve les restes en Dordogne dans des couches datées du 11ème au 14ème siècle (Caillat & Laborie, 1997-1998), à Paris dans des sites du 12ème - 13ème (Audoin-Rouzeau, 1989) et du 14ème siècle (Pichon, 1992), dans la Nièvre dans des couches datées du 11ème au 17ème siècle (Audoin-Rouzeau, 1986), à Lille (Vadet, 1986) et à Compiègne (Clavel, 1997) dans des sites du 16ème siècle, et enfin dans de nombreux autres sites du Nord et de l’Est de la France, datés de la période comprise entre le 12ème et le 17ème siècle après J.-C. (Clavel, 2001 ; Marinval, 2002). Toujours au Moyen Âge, l'espèce est aussi mentionnée au nombre des oiseaux consommés (Saly, 1984) et figure sur la liste des espèces à l'étale établie sur 41 marchés allant de 1602 à 1711 (Couperie, 1970).

Les travaux d'archéolozoologie et d'histoire témoignent donc d’un probable indigénat du Pigeon bizet au début de l'Holocène dans le Midi de la France et en Corse, l'indigence des données ornitho-archéologiques en provenance la façade atlantique du pays ne permettant pas de se prononcer pour cette partie du territoire. À partir de l’Antiquité galloromaine au moins, les enregistrements archéologiques témoignent de l’apparition de pigeons domestiques et de leurs inévitables corollaires marronés. Il faut par ailleurs garder à l'esprit que la forme domestique du Pigeon biset a rempli longtemps deux fonctions distinctes, celle de ressource alimentaire et celle de messager, la seconde étant à même de favoriser la disséminatrice de sujets domestiques. En France, sous la royauté, le droit de détenir des pigeons constituait un privilège exclusif de la noblesse, et, sous la République, celui de détenir des pigeons voyageurs a été soumis à l'autorisation du Ministère des Armées jusque récemment.

Columba livia est très proche de deux espèces d'Asie centrale, le Pigeon des rochers, C. rupestris, et le Pigeon des neiges, C. leuconota, dont l'aire de répartition va de l'Himalaya à la Corée. Il est également proche de deux espèces africaines, le Pigeon roussard, C. guinea, originaire de l'Afrique nord-tropicale et du sud, et le Pigeon à collier blanc, C. albitorques, dont la répartition est limitée à l'Éthiopie et à l'Érythrée (del Hoyo et al., 1997). D'après Voous (1960), certains pigeons domestiques extérioriseraient des caractères morphologiques du Pigeon des rochers et du Pigeon roussard. Selon cette appréciation, ces deux espèces auraient donc contribué, avec le Pigeon bizet, à la constitution des actuelles populations de pigeons domestiques.

L'ancienneté de la domestication du Pigeon biset en France rend délicat l'établissement de l'aire initiale de répartition de sa forme sauvage réputée sédentaire, et rupicole. Voous (1960) propose de la limiter aux côtes et aux îles, et dans son inventaire de 1936, Mayaud la cite exclusivement liée aux falaises maritimes des Côtes d’Armor, d'Houat, de Corse, et de la côte méditerranéenne. Depuis, toutes ces populations ont perdu leur pureté phénotypique, à l'exception peut être de celle de Corse (Dubois et al., 2000), et l'évocation de l'existence actuelle de populations sauvages de Pigeon biset dans le Massif Central et en Provence (Patrimonio, 1994) est sujette à caution.

À cette importante réduction de l'aire de répartition de la forme sauvage de l'espèce s'oppose la colonisation de la quasi-totalité des agglomérations urbaines du territoire par des populations marronnes de la forme domestique, processus rapporté pour la ville de Londres dès le 14ème siècle (Lever, 1987).

Initialement autochtone de la Corse, du Midi de la France et probablement d'une partie des rivages maritimes de la France continentale, voire, de sites rocheux continentaux, la forme "sauvage" du Pigeon biset présentait une aire de répartition limitée au début du 20ème siècle. Dès l’Antiquité gallo-romaine et plus encore au Moyen Âge, des individus issus de populations domestiques sont venus se joindre à ces populations sauvages. L’espèce, dans laquelle il est difficile actuellement de déterminer ce qu’il reste du pool génique autochtone, colonise maintenant la totalité du territoire par l'entremise d'un vaste ensemble de populations maronnes.

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