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En réponse à l'article paru sur le périodique « pour la science » de mars 2005 écrit par Philippe Clergeau



écologue, animateur de l'équipe « Gestion des populations invasives » de l'INRA à Rennes :


Quant les oiseaux envahissent les villes

Plusieurs espèces d'oiseaux indésirables – étourneaux, goélands et pigeons notamment – prolifèrent dans les villes. Effarouchement ou destruction des œufs n'ont qu'une action limitée. Et si les citadins cessaient de nourrir ces oiseaux ?

Dans cet article Philippe Clergeau nous montre son ignorance de l'histoire du pigeon biset et du fonctionnement des pigeonniers contraceptifs, véhiculant les poncifs habituels sur cet oiseau : il serait vecteur de maladies contagieuses et dégraderait les bâtiments.
Il y parle de la colonisation des villes par les étourneaux et les goélands et surtout propose comme unique solution des mesures coercitives contre les citadins nourrisseurs de ces oiseaux, ceux-ci censés être responsables de ces invasions.





Pour les pigeons biset des villes il insinue que cet oiseau, au même titre que les choucas et les moineaux domestiques aurait envahi les villes depuis au moins le Moyen-Âge.
Ignore t-il que le pigeon biset est une espèce domestiquée depuis l'antiquité, élevée massivement dans des pigeonniers (Au XVII ième siècle on estimait le nombre des colombiers en France à 42 000. En Angleterre l'introduction des pigeonniers remonte à l'arrivée des Normands et suit - via la Normandie - une tradition apportée par les Romains, au milieu du XVII ième siècle on estimait à 26 000 le nombre des colombiers d'Angleterre...) ?
Cette espèce est le fruit d'une longue sélection et a donné celle qu'on nomme le pigeon des villes, caractérisée par une grande capacité reproductive. L'homme avait créé cette race en grande partie pour une production de viande et d'engrais, sa forte capacité de reproduction venant d'une sélection génétique effectuée à travers les âges.


Or Philippe Clergeau compare le pigeon biset aux oiseaux sauvages, ce qui est faux !
L'agriculture évoluant cet élevage fut progressivement délaissé et le pigeon laissé à l'abandon. Les nourrisseurs ne sont pas responsables de sa forte capacité de reproduction et de sa prolifération en ville. Pour Philippe Clergeau seuls ceux-ci le sont; il évite ici de s'en prendre aux vrais responsables à savoir ceux qui promeuvent une gestion chaotique et mercantile de la nature.


Philippe Clergeau nous sort encore les poncifs habituels sur le pigeon biset :

- il transmettrait des maladies contagieuses, ignore t-il que cet animal n'est pas plus contagieux qu'un chien ou que n'importe quel animal ? Des études scientifiques l'ont démontré. Et il est certainement beaucoup moins contagieux qu'un autre .... humain.

- il abîmerait les immeubles, mais tient il compte de la pollution atmosphérique massive qui dégrade beaucoup plus les bâtiments ?



Philippe Clergeau dit que les pigeonniers sont parfaitement inutiles. Il prétend que c'est surtout les jeunes pigeons qui viennent occuper les nouveaux pigeonniers, venant parfois d'une ville voisine et non les individus ayant déjà un nid en ville.
Là on voit que Philippe Clergeau méconnaît profondément cet oiseau. Comme expliqué plus haut cet oiseau domestique se multiplie sans cesse car il a été sélectionné pour cela. On observe dans nos agglomérations beaucoup de pigeons dormant en plein vent, sans lieux de nidification. Quand on crée un pigeonnier vous croyez que ces pigeons adultes, aguerris vont laisser leur place aux jeunes pigeons bien moins forts, et vont les laisser occuper le pigeonnier ?


Philippe Clergeau dit que le prélèvement des œufs en pigeonnier fait partir les pigeons : ne parvenant pas a se reproduire ils vont chercher ailleurs, et d'autres individus viennent les remplacer dans le pigeonnier et ainsi de suite. Le résultat est une augmentation faible, mais régulière, de la population de pigeons.
Là tout est faux. En pigeonnier on ne prélève déjà pas les œufs, on les stérilise puis on laisse le couple couver l'oeuf mort pour éviter qu'il ne ponde à nouveau juste après. D'autre part on laisse naître un certain nombre de pigeonneaux pour éviter justement le phénomène indiqué. C'est affaire d'expérience.
Quand on installe un pigeonnier on devrait faire un recensement des lieux de nidification situés dans le rayon d'action du pigeonnier et lors de l'installation définitive du pigeonnier on devrait neutraliser, détruire ceux-ci. En procédant ainsi la capacité totale des lieux de nidification dans le rayon d'action du pigeonnier reste la même avant et après l'installation.
Le pigeonnier est une méthode très efficace pour contrôler les populations de pigeons des villes.


Pourquoi Philippe Clergeau dénigre systématiquement ces pigeonniers ? En vertu de l'adage « il n'y a pas de fumée sans feu », j'ai moi, ma petite idée la-dessus.
L'entretien du pigeonnier exige une formation très spécialisée que beaucoup n'ont pas. Et il est vrai que certains pigeonniers ne fonctionnent pas. Le marché du dépigeonnage génère chaque année un chiffre d'affaires non négligeable et les entreprises qui capturent et tuent les pigeons, sentant le vent tourner, proposent maintenant leurs services en installant des pigeonniers fort chers. Ces entreprises qui vivent du malheur de cet oiseau promettent monts et merveilles, installent le pigeonnier, encaissent la monnaie et pour la suite, l'entretien du dispositif, il n'y a plus personne ...... Perversité des hommes.
Ce qui ne remet certainement pas en cause le principe du pigeonnier et heureusement quelques entreprises et amoureux de la nature savent parfaitement rendre efficient le pigeonnier.



Pour lutter contre la prolifération des étourneaux et goélands Philippe Clergeau propose, encore, c'est une manie, de s'en prendre aux nourrisseurs.


Philippe Clergeau nous explique que nos villes sont envahis par les étourneaux en raison d'une surpopulation de cet oiseau à la campagne causée en grande partie par les mono-cultures intensives. C'est le maïs servant à nourrir les bovins qui en porterait la plus grande responsabilité.
Pour les goélands son surnombre viendrait des décharges d'ordures ménagères, des rejets de poissons des pêcheurs professionnels et de l'augmentation du nombre des élevages de moules.
On voit ici que les nourrisseurs citadins ne sont absolument pas responsables du surnombre de ces oiseaux.
Mais Philippe Clergeau persiste et veut qu'on les sanctionne, inutilement d'ailleurs car qu'elle importance ont les petites quantités de nourriture distribuées par les citadins par rapport aux phénomènes de masse décrits : la mono-culture du maïs, les rejets des pêcheurs professionnels, les élevages de moules et les décharges d'ordures ménagères.



Philippe Clergeau ne veut s'en prendre qu'au peuple, aux petites gens mais pas aux vrais responsables :. aux industriels, aux agriculteurs et à l'état, faisant ainsi le jeux des sociétés privées qui viendront proposer leur service pour « résoudre » le problème, décelant ici une niche non écologique mais économique.



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